Péronne, libéré le 1er septembre Dimanche 1er septembre
Nous avons rejeté sur la rive est du canal du Nord les éléments ennemis qui résistaient encore. Catigny et Sermaize ont été enlevés par nous. Nos troupes ont franchi le canal en deux endroits, en face de Catigny et de Beaurains, enlevé Chevilly et la cote 87 et pénétré dans Genvry.
Plus au sud, des combats acharnés se sont livrés dans la région au nord et à l'est de Noyon; nous tenons Haplincourt et le mont Saint-Siméon. Au cours de ces actions, nous avons fait plusieurs centaines de prisonniers.
Entre Avre et Aisne, la lutte a été non moins vive. Sur la rive nord de l'Ailette, nous avons conquis le village de Champs. Au nord de Soissons, nous nous sommes emparés de Chavigny et de Cuffies et nous avons porté nos lignes aux lisières de Crouy.
Les Anglais ont livré de vifs combats au nord et à l'est de Bapaume. Ils ont pris Riencourt et Baucourt, Fremicourt et Vaulx-Vrancourt, et atteint Beugny.
Sur la route Arras-Cambrai, ils sont maîtres des positions ennemies entre Heudicourt et Hancourt, de la ferme de Saint-Servins, et du village d'Eterpigny.
Sur la Lys, ils occupent Lacouture et la ligne de la Lawe, de Vieille-Chapelle à Lestrem. Ils ont pénétré dans Dranoutre et ont progressé au nord du Kemmel.
Sur la Somme, ils se sont avancés à l'est de Cléry en faisant plusieurs centaines de prisonniers.


Lundi 2 septembre
Lutte acharnée dans la région du canal du Nord et au nord de Soissons.
Nos troupes ont progressé pied à pied, et enlevé des centres de résistance que l'ennemi a défendus avec opiniâtreté. Nous avons pris Campagne, sur la rive est du canal.
L'effort de l'ennemi a été très violent sur le village de Chevilly, qui est resté finalement en notre possession, après avoir été repris deux fois par les Allemands. Nous avons fait 200 prisonniers.
Nous avons progressé au nord d'Haplincourt et de Morlincourt.
Au nord de Soissons, nous avons conquis Juvigny et Crouy de haute lutte et atteint Leury. 1250 prisonniers ont été capturés.
Sur le front britannique, les Australiens ont pris la colline et le village du mont Saint-Quentin, au nord de Péronne. Nos alliés ont enlevé Feuillancourt, en y capturant plus de 1500 prisonniers. Ils ont arrêté de grosses contre-attaques allemandes des deux côtés de la route de Bapaume-Cambrai. en infligeant de lourdes pertes à l'assaillant. Ils ont pris Bien-lesBapaume, et amélioré leurs positions entre Vaulx-Vrancourt et Bullecourt.
Les Canadiens ont réussi une opération locale au sud de la route Arras-Cambrai.
Une autre avance a été réalisée entre Sensée et Scarpe.
Le mont Kemmel a été reconquis et les forces britanniques s'approchent d'Estaires.

Mardi 3 septembre
Nos troupes ont pris pied au nord de l'Ailette, dans les bois à l'ouest de Coucy-le-Château, au sud de la rivière, et nous nous sommes emparés du village de Crécy-au-Mont.
Le total des prisonniers faits par nos alliés et par nous aux Allemands depuis le 15 juillet dépasse 128.000.
Les troupes australiennes ont pris Péronne, après avoir repoussé les contre-attaques ennemies au mont Saint-Quentin. Elles ont continué leur avance, en s'emparant des positions allemandes à l'ouest et au nord de Péronne, tandis que de violents combats se livraient dans les rues et les maisons en ruine.
Elles tiennent Flamicourt et Saint-Denis et ont avancé sur les éperons du mont SaintQuentin.
Les troupes de Londres, attaquant au sud-est de Combles, ont enlevé Bouchavesnes et Raucourt, ainsi que les hauteurs qui dominent ces villages et sont parvenues aux abords du bois de Saint-Pierre-Vaast. Elles ont fait 2000 prisonniers.
Nos alliés ont encore repoussé l'ennemi des hauteurs de Morval, pris Beaulencourt et la crête à l'est de Beaucourt et de Fremicourt. Ils sont dans le Transloy et ont conquis Bullecourt et Hendecourt-les-Cagnicourt. Ils ont fait là plusieurs centaines de prisonniers.

Mercredi 4 septembre
Actions d'artillerie entre le front de la Somme et entre Oise et Aisne.
Des coups de main ennemis dans la région de la Vesle et dans les Vosges n'ont obtenu aucun résultat.
Les opérations entreprises par les Anglais au sud de la Scarpe, ont eu un plein succès.
L'ennemi, battu sur ses défenses du système Drocourt-Quéant, a dû se replier sur presque tout le front. Il a subi de lourdes pertes et laissé 10000 prisonniers.
Les troupes de nos alliés, poursuivant leur avance sont entrées dans Pronville, Doignies et Bertincourt.
Les Canadiens ont montré un grand courage, en attaquant la ligue Drocourt-Quéant, ligne perfectionnée pendant dix-huit mois et qui constituait un obstacle formidable. Les Allemands avaient groupé là onze divisions sur huit kilomètres.
A la droite du corps australien, les Anglais et les Ecossais ont attaqué de difficiles tranchées. Ils ont enlevé de haute lutte des défenses particulièrement puissantes et après avoir encerclé Quéant, se sont emparés de cet important pivot. Le corps des tanks a brillamment contribué au succès de ces opérations.
Les escadrilles britanniques ont attaqué l'aérodrome de Buhl et obtenu de bons résultats. Un appareil ennemi a été détruit.

Jeudi 5 septembre
Nos troupes ont continué à pousser l'ennemi à l'est du canal du Nord et entre Ailette et Aisne.
Elles se sont emparées du bois du Chapitre, au nord-est de Chevilly, et, plus au sud de Bussy.
Nos éléments avancés, poursuivant l'ennemi, se rapprochent de Grisolles.
Au nord de l'Ailette, nous avons porté nos lignes aux abords ouest de Coucy-le-Château et de Jumencourt.
Au sud, nous avons progressé à l'est , de Leuilly, atteint les abords de Clamecy et de Braye, et pénétré dans Bucy-le-Long. Le chiffre des prisonniers dépasse 15000. Nos éléments ont franchi la Vesle sur plusieurs points.
Les Anglais ont atteint la partie est du bois de Vaux, au nord de Moislains, et progressé en diverses directions. Ils ont atteint la ligne générale du canal du Nord, et, au nord de la route Arras-Cambrai, occupé Ecourt-Saint-Quentin.
Ils ont progressé au nord et au sud de la Lys. Leurs troupes s'approchent de Neuve-Chapelle et de Laventie et ont pris possession de Sailly-sur-la-Lys, Nieppe et Romarin.
Le grand quartier général allemand a été transferé de Spa à Verviers.

Chauny, libéré le 6 septembre Vendredi 6 septembre
Nos troupes ont contraint l'ennemi à battre en retraite au nord de l'Oise et sur le front de la Vesle.
A l'est de Nesle, nous avons franchi le canal de la Somme, dans la région de Voyennes et d'Offoy.
Plus au sud, nous avons dépassé Hambleux, Esmery-Hallon, Flavy-le-Meldeux et porté nos lignes au nord de Guiscard jusqu'aux abords de Berlancourt.
Entre l'Ailette et l'Aisne, nous avons enlevé Clamecy, Braye et Missy-sur-Aisne.
Nous avons repoussé deux violentes contre-attaques allemandes, sur le mont des Tombes, à l'est de Leuilly, et maintenu nos positions.
La Vesle a été franchie par les troupes franco-américaines sur un front de trente kilomètrres, et elles ont atteint les hauteurs qui dominent l'Aisne. Nos soldats ont ensuite élargi leur action et passé la Vesle entre les Venteaux et Jonchery.
Les Anglais ont livré de violents combats sur le canal du Nord et en Flandre. Ils ont forcé le passage du canal. Ils ont pris la colline 63, au sud-ouest de Messines, capturant cent Allemands et le village de Plogstaert, capturant encore cent Allemands.
Ils tiennent la ligne Voormezeele, Vulverghem, Plogstaert, Nieppe, Laventie, Givenchy. Ils ont amélioré leurs positions à l'est d'Hermies, et aux alentours de Recoures. Depuis le 1er, ils ont fait 16000 prisonniers et capturé cent canons.

Ham, libéré le 6 septembre

Samedi 7 septembre
Nos troupes ont continué à poursuivre l'ennemi en retraite sur le front du canal du Nord et de la Vesle, et réalisé une avance importante.
Nous avons occupé, au sud de Ham, le Plessis-Patte-d'Oie, Berlancourt, dépassé Guivry, Caillouel-Clépigny et Abbécourt.
Au nord de l'Ailette, nous avons atteint les abords de Sinceny et le plateau au nord de Landricourt, Pierremande, Antreville, une grande partie de la basse forêt de Coucy sont en notre possession, ainsi que Coucy-le-Château et Coucy-la-Ville.
Plus de trente autres localités ont été reprises.
Au sud de l'Ailette, nous bordons le ravin de Vauxaillon.
Au nord de la Vesle, nous bordons l'Aisne entre Condé et Vieil-Arcy. A l'est, notre ligne passe au nord de Dhuizel, à Daubonval et sur le plateau de la ferme Beauregard.
Les Américains ont porté leur ligne jusqu'aux abords de Villers-en-Prayères, sur les pentes nord-est de Revillon et ont occupé Glennes.
Les Anglais ont forcé les passages de la Somme au sud de Péronne. Ils ont pris les villages de Saint-Christ, Brie et le Mesnil-Bruntel, ainsi qu'un grand nombre de prisonniers. Leurs troupes, pressant l'ennemi de part et d'autre de la route Amiens-Saint-Quentin, ont atteint Athies et Mons-en-Chaussée.
A l'est de Péronne, nos alliés ont pris Doingt et fait d'importants progrès entre Péronne et Nurlu.
Ils ont gagné du terrain sur le front de la Lys, à l'ouest de la Bassée.

Dimanche 8 septembre
De la Somme à l'Oise, nos troupes ont continué la poursuite, brisant tous les obstacles et talonnant, les arrière-gardes ennemies.
De part et d'autre de la Somme, nous avons occupé Pithon, Sommette, Eaucourt-Dury et Ollezy (cinq kilomètres à l'est de Ham).
Plus au sud, nous tenons Cugny et avons atteint les lisières ouest du bois de Genlis.
Au nord de l'Oise, nos troupes sont entrées dans Tergnier : nous bordons, à l'est de cette ville la voie ferrée et le canal.
Au nord de l' Ailette, la basse forêt de Coucy est tout entière en notre possession, ainsi que Barrois, qui a été enlevé de haute lutte. Nous avons dépassé, au nord de Quincy-Basse, les villages d'Aulers et de Bassoles-Aulers.
Au sud de l'Ailette, nous avons occupé le fort de Condé, Condé-sur-Aisne et Nanteuil-la-Fosse.
Les Anglais ont accompli de nouveaux progrès à l'est et au nord-est de Péronne. Ils se sont emparés de Hancourt, Sorel-le-Grand et Metz-en-Couture. Ils ont pénétré dans les parties ouest du bois d'Havrincourt, en capturant des prisonniers.
Au nord du canal de la Bassée, ils ont progressé aux abords de Canteleux et de Violaines. Ils ont avancé leur ligne dans la direction de Messines et fait 50 prisonniers.

Lundi 9 septembre
L'avance de nos troupes a atteint 7 ou 8 kilomètres en profondeur sur le front de la Somme.
L'ennemi, dont la résistance s'est accrue, n'a pu, en dépit de tous ses efforts, s'opposer au passage du canal de Saint-Quentin, que nos troupes ont franchi à Pont-de-Tugny et à Saint-Simon, après un violent combat. Ces deux localités sont en notre pouvoir.
Au sud de l'Oise, nous avons progressé jusqu'aux abords de Servais. L'ennemi a laissé partout entre nos mains un important matériel.
Sur le front de l'Ailette, et entre Ailette et Aisne, peu de changement. Nous avons progressé au nord de Vauxaillon, enlevé Celles-sur-Aisne et repoussé deux contre-attaques devant cette localité. D'autres contre-attaques ont été brisées au moulin de Laffaux. L'ennemi réagit violemment par son artillerie.
Les Allemands poursuivent leur retraite sur le front britannique. Nos alliés ont pris Villevêque, Sainte-Emilie et la plus grande partie du bois d'Havrincourt. Leurs détachements avancés ont fait des prisonniers et infligé de lourdes pertes à l'ennemi.
Au nord d' Havrincourt, les Anglais ont occupé le point dit Sport Reaf, sur la rive ouest du canal du Nord, en face d' Hermies.
Les Américains ont pris Muscourt et capturé 50 Allemands. Ils ont livré plusieurs contre-attaques.

Mardi 10 septembre
Nouveaux progrès de nos troupes.
Au nord de la Somme, nous avons enlevé Vaux-Fluquières, Happincourt, le Hamel et avancé vers Clastres en occupant la ferme la Motte.
Au sud de la Somme, la résistance allemande a été opiniâtre. De violents combats se sont livrés au nord et à l'est de Saint-Simon. Avesnes a été pris par nous, perdu, puis encore repris avec une centaine de prisonniers. Artemps est entre nos mains.
De part et d'autre de l'Oise, nous avons gagné du terrain à l'est de Fargniers et à l'ouest de Servais.
Entre Oise et Aisne, violentes réactions de l'artillerie et de l'infanterie ennemies. Deux fortes contre-attaques ennemies, dans la région de Laffaux, ont été repoussées, nous laissant 80 prisonniers.
En Champagne, nous avons exécuté un coup de main et fait des prisonniers au mont Sans-Nom.
Les Anglais sont entrés dans la région des anciens ouvrages défensifs allemands. L'ennemi offre une résistance croissante. Nos alliés gagnent du terrain vers Vermand, Herbécourt et Epehy.
Des attaques locales ennemies ont été repoussées près de Ploegstaert et de Vulwerghem.
19.000 prisonniers ont été faits par les soldats britanniques dans la première semaine de septembre.

Mercredi 11 septembre
De nouveaux progrès ont été réalisés par nos troupes en divers points du front de bataille.
Au nord de la Somme, nous avons pris les villages d'Etreillers et de Roupy. Au delà du canal Crozat, nous nous sommes emparés de Grand-Séraucourt, de Clastres, de Montescourt-Lizerolles et de Remigny. Nos éléments avancés occupent la cote 103 au sud de Contescourt, la station d'Essigny-le-Grand et la cote 117.
Au nord de l'Oise, nous avons pris le fort de Liez, les bois au nord-ouest, la ferme Canlers et la ferme Rouge.
Au sud de l'Oise, nous avons enlevé la Briquetterie et la station de Servais.
Nous avons, d'autre part, élargi nos positions dans la région au nord de Laffaux, ainsi qu'entre Aisne et Vesle, dans la région de Glennes.
Les Anglais ont enlevé les positions allemandes sur le plateau entre Pézières et le bois d'Havrincourt.
Après un vif combat, ils ont atteint l'ancienne ligne de tranchées britanniques sur la crête dominant Gouzeaucourt.
D'autres troupes anglaises ont avancé leurs lignes vers les lisières orientales du bois D'Havrincourt. Elles ont fait des prisonniers.
Des attaques ennemies contre les nouvelles positions de nos alliés à l'ouest de la Bassée ont été repoussées.

Jeudi 12 septembre
Entre la Somme et l'Oise, nos troupes ont élargi leurs progrès malgré la vive résistance de l'ennemi.
Nous avons dépassé Hinacourt et repoussé une contre-attaque débouchant d'Essigny-le-Grand. Des combats se sont déroulés le long de la route de la Fère à Saint-Quentin. Nous occupons le village de Travecy.
Au sud de l'Oise, nous avons rejeté plusieurs contre-attaques dans la région de Laffaux.
Dans les Vosges, deux coups de main allemands ont échoué.
Les Anglais ont avancé leur ligne dans la direction d'Attilly et de Vermand. L'ennemi a violemment attaqué les positions de nos alliés, sur la crête ouest de Gouzeaucourt. L'attaque a été complètement repoussée, sauf sur un point où les Allemands ont pris un petit poste.
Des combats locaux ont eu lieu au voisinage de Moeuvres et à Ecourt-Saint-Quentin.
Lutte d'artillerie en Lorraine et dans les Vosges sur le front américain.
Les troupes britanniques ont opéré un brillant coup de main sur le plateau d'Asiago, faisant 71 prisonniers.
Les Italiens ont fait 61 prisonniers sur le mont Asolone, où ils ont également capturé du matériel.


Le "Haricot de Combres", point d'appui de la résistance allemande




Vue prise au lendemain de l'attaque franco-américaine dans le secteur de Saint-Mihiel

Le 12 septembre 1918 restera une date dans l'histoire de la guerre, la date du premier coup, anonciateur de beaucoup d'autres, porté par l'armée américaine à l'armée allemande. Et ce premier coup est déjà une belle victoire : plus de 15000 prisonniers, 200 canons capturés, le saillant de Saint-Mihiel totalement réduit, les Allemands chassés de tous les Hauts de Meuse. Notre photographie montre le "Haricot de Combres", le point d'appui le plus sérieux de la résistance allemande dans les Hauts de Meuse. Elle fut prise des tranchées allemandes après leur occupation par les troupes alliées. On aperçoit, au premier plan, un entonnoir creusé par un obus de 270 français, le 12 septembre, premier jour de l'offensive.

Saint-Mihiel, libéré le 13 septembre Vendredi 13 septembre
Nous avons repoussé une contre-attaque allemande au sud-est de Roupy, en faisant des prisonniers et en capturant des mitrailleuses.
Dans la région de Laffaux et de Celles-sur-Aisne, l'ennemi a tenté six assauts successifs, qui ont été brisés. Nous avons fait 150 prisonniers.
Activité de l'artillerie dans la région de Reims et de Prosnes. Echec de coups de main ennemis en Champagne et dans les Vosges.
Les Anglais ont exécuté une heureuse opération locale au nord d'Epehy. Ils ont avancé leur ligne dans cette localité en faisant des prisonniers. Ils ont enlevé Attilly, Vermand et Vendelles et progressé aux lisières ouest du bois de Holnon. Ils ont repoussé une tentative allemande contre un de leurs postes à l'ouest de Gouzeaucourt. Ils ont progressé dans les secteurs d'Havrincourt et de Moeuvres, franchi le canal du Nord au nord-ouest d'Havrincourt, conquis des installations sur la rive ouest du canal. Ils ont, de nuit, enlevé une position très fortifiée au sud-ouest de la Bassée, en y capturant des hommes et des mitrailleuses.
Les Belges, après une courte mais violente préparation d'artillerie, ont attaqué l'ennemi sur un front de 2 kilomètres et demi. Ils se sont emparés des ouvrages qui constituaient leur objectif, gagnant 400 mètres en moyenne. Ils ont capturé 71 hommes et 5 mitrailleuses.


Samedi 14 septembre
A l'ouest de Saint-Quentin, nos troupes ont progressé jusqu'à la route de Holnon a Savy, en liaison avec les troupes britanniques.
Les Anglais se sont avancés victorieusement dans le secteur d'Havrincourt. Ils ont pris Trescaut et leur ancienne ligne, qui se trouve à l'est et au nord de ce village.
A leur droite, les Néo-Zélandais ont progressé dans le bois de Gouzeaucourt, surmontant la résistance opiniâtre d'une division de chasseurs allemands. A Havrincourt, la 62e division du Yorkshire, qui avait déjà emporté ce village le 20 novembre 1917, a attaqué de nouveau sur le même terrain avec un égal succès.
D'autres troupes anglaises ont attaqué et franchi le canal du Nord, au nord d'Havrinourt. Après un combat violent, elles se sont emparées de ce village et d'une partie de la ligne Hindenburg, entre Havrincourt et le canal.
Les troupes du Lancashire, au nord de la route Bapaume-Cambrai, ont achevé la conquête de Moeuvres, après une lutte opiniâtre. Nos alliés ont fait un millier de prisonniers. Ils ont réalisé de nouveaux progrès dans la partie nord du front, au sud du canal de la Bassée et au nord-est d'Armentières.
L'armée américaine a attaqué dans la région de Saint-Mihiel et réalisé des progrès importants, appuyée par des unités françaises. Elle a avancé de 8 kilomètres sur certains points et fait 8000 prisonniers.


Dimanche 15 septembre
Nous avons progressé entre Savy et la route de Saint-Quentin à Ham.
Au sud de l'Ailette, nous avons élargi nos positions au nord de Nanteuil-Ia-Fosse. Deux contre-attaques allemandes ont été repoussées dans la région de Laffaux et de la ferme Moisy.
Les troupes anglaises ont gagné du terrain dans le secteur Vermand-Jeancourt, au nord-ouest de Saint-Quentin; elles sont en contact avec les détachements avancés de l'ennemi et ont fait des prisonniers.
Au sud-ouest de la Bassée, elles ont continué leurs progrès malgré le feu violent des mitrailleuses ennemies. Elles ont pris la fosse 8 de Béthune et le crassier contigu, qui constitue une importante position locale.
Au nord-ouest, nos alliés occupent la ligne des tranchées allemandes immédiatement à l'ouest d'Auchy-Iez-Ia Bassée et progressent dans le village. Ils ont fait des prisonniers dans le voisinage du lac de Zillebeck.
Les Américains ont obtenu de sérieux succès dans la région de Saint-Mihiel. Les troupes venant de l'ouest ont fait leur jonction avec celles avançant au sud. Tout le saillant a été réduit; la progression a été, en certains endroits de 20 kilomètres. Les prisonniers dénombrés montent à 13300.

Pièces lourdes américaines
Leurs servants Lundi 16 septembre
Au sud de Saint-Quentin, nous avons avancé nos lignes jusqu'aux lisières de Fontaine-les-Clercs.
Entre Oise et Aisne, nous avons procédé en divers points à des attaques locales destinées à améliorer nos positions. Malgré la vive résistance de l'ennemi, nous avons pris le village d'Allemant et le moulin de Laffaux.
Nous avons également accentué notre progression à l'est de Sancy et au nord-est de Celles-sur-Aisne.
Le chiffre des prisonniers dénombrés jusqu'ici est de 2500.
Au sud de l'Aisne, dans la région de Merval, nous avons réalisé des progrès et pris le village de Glennes. Près de 200 prisonniers sont tombés entre nos mains.
Les Anglais, au nord-ouest de Saint-Quentin ont porté leur ligne à l'est des villages de Bihécourt et de Jeancourt. L'ennemi a lancé plusieurs attaques sans succès sur les positions reconquises aux alentours d'Havrincourt. Les Anglais ont avancé leurs lignes de part et d'autre du canal de la Bassée.
Les Américains ont repoussé une contre-attaque allemande près de Jaulny. Ils ont, en un jour, de Saint-Mihiel à Jaulny, libéré 400 kilomètres carrés de territoire, capturé 15000 prisonniers, 100 canons de tous calibres et des centaines de mitrailleuses.
L'aviation britannique et la nôtre ont opéré en Woëvre et dans la région de Metz.


Mardi 17 septembre
Après avoir repoussé trois contre-attaques ennemies dans la région de Vauxaillon, nous nous sommes emparés du plateau situé à l'est de cette localité. Plus au sud, nous avons dépassé la ferme Mennejean et enlevé la croupe au nord-est de Celles-sur-Aisne. Le chiffre de nos prisonniers dans cette région excède 3500.
Les Anglais ont progressé au sud et au nord du bois de Holnon (région de Saint-Quentin). Ils ont pris le village de Maissemy, au nord-ouest de Saint-Quentin et le système de tranchées situé au sud-est et à l'est du village. Ils ont capturé 100 prisonniers et des mitrailleuses.
Sur le reste du front, leurs patrouilles ont ramené des prisonniers. Canonnade sur la route Arras-Cambrai.
Sur le front américain, activité croissante de l'artillerie et de l'aviation dans le secteur de Saint-Mihiel.
A l'aube, l'ennemi a contre-attaqué à Saint-Hilaire. Il a été facilement repoussé et a laissé des prisonniers.
Sur la rive gauche de la Moselle, les Américains ont avancé leurs lignes de un et demi à trois kilomètres, au delà de Vilcey et de Norroy. Ils ont pris 72 canons abandonnés par l'ennemi dans une fuite précipitée.
Le comte Burian a saisi les belligérants d'une offre de conversation confidentielle en pays neutre.

Mercredi 18 septembre
Entre Oise et Aisne, nos troupes ont continué à progresser à l'est de Vauxaillon, et ont enlevé le mont des Singes. Près de 300 prisonniers sont restés entre nos mains.
Au nord-est et à l'est de Sancy, en dépit de la résistance opposée par les Allemands, nous avons avancé d'un kilomètre environ sur un front de quatre. 600 prisonniers et 2 canons de 105 ont été capturés. Nous nous sommes emparés de Vailly. Un coup de main heureux dans la région de Leintrey, en Lorraine, nous a valu des prisonniers.
Les Anglais ont effectué avec succès une opération locale à cheval sur le canal Ypres-Commines. Ils ont avancé leur ligne sur un front de plus de deux milles et capturé de nombreux prisonniers et des mitrailleuses.
Des rencontres ont eu lieu avec des éléments ennemis et des patrouilles dans le voisinage de Moeuvres et près de Gavrelle. Nos alliés ont établi de nouveaux postes dans le voisinage de Sauchy, Cauchy et Oppy.
Les Américains signalent des combats locaux dans le secteur de Saint-Mihiel.
En Macédoine, les troupes franco-serbes ont pris l'offensive, entre Monastir et le Vardar. Elles ont enlevé la première ligne bulgare sur un front de 11 kilomètres, puis la seconde. Elles ont élargi la brèche qui a 25 kilomètres sur 7 et capturé 4000 ennemis.
M. Wilson a repoussé la proposition Burian.
M. Clemenceau l'a flétrie dans un vibrant discours au Sénat.
L'Allemagne a proposé à la Belgique une paix séparée…et inacceptable. Le gouvernement du Havre a repoussé cette offre après avoir consulté ses alliés.

Jeudi 19 septembre
A l'ouest de Saint-Quentin, nos troupes ont réalisé des progrès au cours de la journée, dans la région d'Holmon et de Savy. Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers.
Entre Ailette et Aisne, nous avons continué à élargir nos gains. Des attaques locales nous ont permis de progresser au nord et à l'est d'Allemant. Nous avons fait une centaine de prisonniers.
Nous nous sommes emparés, après un vif combat, d'un point d'appui fortement tenu par l'ennemi à l'est de Sancy.
Sur le front de la Vesle, les Allemands ont été trois fois repoussés devant nos positions de la région de Glennes. Huit avions ennemis ont été abattus. Nous avons lancé dix tonnes de projectiles sur des gares, des bivouacs et des terrains d'aviation ennemis.
Les Anglais ont livré d'importants combats au nord-ouest de Saint-Quentin. Ils ont pris un poste allemand à l'ouest de la Bassée et arrêté une attaque à l'est de Vierstraat. Ils ont abattu quarante-cinq avions allemands; vingt autres ont été contraints d'atterrir, désemparés.
La note autrichienne a été remise par le ministre de Suisse à M. Stephen Pichon.
Les bolcheviks ont été battus sur le front d'Arkhangel.

Vendredi 20 septembre
Nos troupes, opérant en liaison avec l'armée britannique, ont réalisé des progrès dans la région à l'ouest de Saint-Quentin, entre Holnon et Essigny-le-Grand, sur un front d'une dizaine de kilomètres.
Nous avons, malgré la résistance acharnée de l'ennemi, avancé nos lignes de deux kilomètres en moyenne et atteint les abords ouest de Francilly-Selency, conquis le bois de Savy, et Fontaine-les-Clercs.
Plus au sud, nous tenons les lisières de Contescourt et nous nous sommes rapprochés d'Essigny-le-Grand. Nous avons fait plusieurs centaines de prisonniers.
Au nord de l'Aisne, nous avons continué à progresser à l'est de Jouy. L'ennemi a prononcé de fortes contre-attaques à l'est d'Allemant. Il a été refoulé en laissant 130 prisonniers.
Les Anglais ont attaqué d'Holnon à Gouzeaucourt, sur un front de seize kilomètres. Ils ont enlevé les positions ennemies, franchi l'ancien système des tranchées britanniques, emporté les défenses avancées de la ligne Hindenburg sur une grande_étendue.
A droite, nos alliés ont pris Fresnoy-le-Petit, Berthaucourt et Pontru. Au centre, ils tiennent le Verguier, Villeret et Hargicourt, Templeux-le-Guérard, Ronsoy, Epéhy et Pézières. A gauche, ils atteignent Villers-Guislain. Ils ont capturé 6000 prisonniers et des canons.
En Macédoine, la progression des alliés atteint 15 kilomètres. Le butin est considérable.

Samedi 21 septembre
Nos troupes ont poursuivi leurs attaques dans la région au sud-ouest de Saint-Quentin et élargi leurs gains, malgré la résistance de l'ennemi. Nous avons dépassé Contescourt, qui est tout entier entre nos mains, et nous nous sommes emparés de Castres. Plus au sud, nous avons poussé nos lignes jusqu'aux lisières de Benay.
Sur les plateaux à l'ouest de Jouy, l'ennemi a contre-attaqué sans succès. Nos troupes lui ont infligé de lourdes pertes.
Des coups de mains allemands à l'est de la Meuse, dans la région des Chambrettes et dans les Vosges n'ont obtenu aucun résultat.
Les Anglais ont brisé une très violente contre-attaque allemande au nord de Trescault. Des combats ont eu lieu dans le secteur à l'est d'Epéhy, dans le voisinage de Gouzeaucourt, et nos alliés ont progressé au nord du bois Gauche.
Ils ont fait des prisonniers an sud d'Auchy-lez-La Bassée. Depuis la veille, ils ont capturé 10000 ennemis et pris 60 canons.
Les succès des armées alliées s'étendent au front bulgare.
L'ennemi se replie en désordre sur la Cerna, poursuivi par les Franco-Serbes, qui s'emparent des massifs montagneux. Les Anglo-Helléniques ont progressé autour du lac Doiran.

Dimanche 22 septembre
Dans la région de Saint-Quentin, nous avons enlevé Essigny-le-Grand et fait de nouveaux prisonniers.
An sud de l'Ailette, violentes réactions de l'ennemi. A cinq reprises différentes, ses contre-attaques se sont brisées contre nos nouvelles positions au nord d'Allemant et à l'est de la ferme Moisy. L'ennemi, qui a subi de très lourdes pertes, n'a pu obtenir le moindre résultat.
Nous avons conquis du terrain à l'ouest d'Aizy et au nord-est de Vailly. Une tentative ennemie pour franchir la Vesle a échoué à Jonchery. Nos reconnaissances ont pénétré dans les lignes ennemies au nord-ouest de Souain et ramené des prisonniers.
Les Anglais ont attaqué dans le Secteur Lempire-Epéhy. Ils ont progressé de plus d'un kilomètre et demi, pris la forte position de la ferme Malassise ainsi que plusieurs bois et points fortifiés. Ils ont attaqué et repris Moeuvres.
L'ennemi a déclenché une forte attaque au nord-ouest d'Hulluch. Il a échoué en laissant des prisonniers aux mains de nos alliés.
Les troupes britanniques ont fait une heureuse opération locale au nord-ouest de la Bassée. Elles ont progressé sur un front de quatre kilomètres et capturé 160 prisonniers.
L'armée de Salonique a poursuivi son succès en prenant pied sur la rive gauche de la Cerna. Son butin est de 5000 prisonniers et de 80 canons.

Lundi 23 septembre
Grande activité d'artillerie dans la région de Saint-Quentin et au nord de l'Aisne.
Sur le front de la Vesle, nous avons repoussé deux coups de main ennemis.
Nos détachements ont pénétré dans les lignes allemandes, en Champagne et en Lorraine, et ont ramené, des prisonniers.
Les troupes anglaises ont renouvelé leur attaque à l'est d'Epéhy. Elles ont fait de nouveaux progrès, s'emparant de la ferme de Petit-Preil et d'autres points fortifiés. Elles ont capturé un certain nombre d'ennemis.
Au sud de Villers-Guislain, une attaque locale ennemie a été repoussée après de vifs combats. Les Anglais ont avancé leur ligne dans ce secteur. L'ennemi a attaqué de nouveau à Moeuvres et a été repoussé. Nos alliés ont également ici amélioré leurs positions.
Des troupes anglaises ont exécuté une heureuse opération locale au nord de la Scarpe, dans le voisinage de Gavrelle. Elles ont avancé leur ligne sur un front de deux milles et ont pris quelques Allemands.
Une patrouille ennemie a été repoussée à l'ouest d'Acheville.
L'avance franco-Serbe se développe en Macédoine dans la direction de Prilep. Le point important de Kavadar, entre Prilep et le Vardar, a été occupé.
Nouveaux progrès des Anglo-Egyptiens en Palestine, des deux côtés du Jourdain.

Mardi 24 septembre
Dans la région de Saint-Quentin, nos troupes ont poursuivi leur avance en fin de journée et dans la nuit. Nous avons pénétré dans le bois au nord de Ly-Fontaine, enlevé le fort et le village de Vendeuil, et poussé sur ce point j'usqu'à l'Oise.
Nos reconnaissances ont fait des prisonniers au nord de l'Aisne et en Champagne, vers la butte du Mesnil.
Nous avons repoussé des coups de main ennemis au nord de la Vesle et dans les Vosges.
Les Anglais ont exécuté en différents points d'heureuses opérations locales. Ils se sont emparés d'un point fortifié aux environs de la route Ronssoy-Bony, en faisant 80 prisonniers.
Une contre-attaque ennemie, en direction de la ferme Gillemont, a été repoussée avec de lourdes pertes par le feu de notre infanterie et de nos mitrailleuses. Au cours de la nuit, d'autres troupes anglaises ont progressé dans la direction de la ferme Tombois, après plusieurs heures de combats acharnés. Plus au nord, ces troupes se sont emparées d'un ensemble de tranchées et de points fortifiés sur la Saeur, au nord-ouest de Vendhuile.
100 Allemands ont été capturés au sud de Villers-Guislain.
Les Anglais ont poursuivi leurs avantages en Palestine. Deux armées turques sont à peu près anéanties. 25000 prisonniers et 260 canons ont été capturés.
La défaite bulgare se change en déroute dans la région macédonienne. Les Serbes montent vers Prilep et la Babouna, Guevgueli et les passages du Vardar sont entre nos mains.

Mercredi 25 septembre
Activité marquée de l'artillerie dans la région de Saint-Quentin et entre Ailette et Aisne.
En Champagne, deux coups de main sur les tranchées allemandes, dans la région de Perthes, et vers la butte du Mesnil, nous ont permis de faire une quarantaine de prisonniers.
Les Anglais poursuivent à leur avantage des combats à l'est de Vermandon.
Une attaque locale ennemie a été repoussée au nord de la ferme de Petit-Preil, laissant des prisonniers aux mains de nos alliés.
L'ennemi a attaqué les nouvelles positions britanniques au sud-est de Gavrelle, appuyant son assaut d'un barrage d'artillerie lourde. Cette attaque a été aussi complètement repoussée.
Nos alliés ont légèrement amélioré leurs positions au nord de Moeuvres et, à la suite d'une heureuse opération, exécutée pendant la nuit, ils ont reconquis une partie de l'ancienne ligne avancée britannique au sud-est de Voormezeele. Des patrouilles ennemies ont été repoussées à l'est de Bellenglise et à l'est de Neuve-Chapelle.
Les troupes serbes continuent de traverser le Vardar. Elles ont débouché, par ailleurs, sur la chaussée Gradsko-Prilep, et atteint cette dernière ville. La cavalerie française y est entrée. Les forces alliées menacent Vélès.
L'armée du général Allenby, en Palestine, a occupé Caïffa et Saint-Jean-d'Acre. Les Arabes du Hedjaz remontent le long de la voie ferrée, à l'est du Jourdain.

Jeudi 26 septembre
A l'ouest de Saint-Quentin, nos troupes, en liaison avec l'armée britannique, ont réalisé une avance, en prenant Francilly-Selency, l'épine de Dallon et le village de Dallon.
Nous avons fait 500 prisonniers aux lisières ouest de Giffécourt, et capturé un certain nombre de mitrailleuses.
Sur le front de la Vesle, au cours d'une violente attaque dans la région de Glennes, l'ennemi a réussi à prendre pied dans nos éléments avancés. Un retour offensif de nos troupes a rétabli intégralement notre ligne et nous a donné 50 prisonniers.
Nous avons repoussé des coups de main ennemis en Champagne et en Lorraine.
Les Anglais ont progressé dans le voisinage de Selency et de Grécourt. Deux contre-attaques ennemies ont échoué près de Grécourt. Des prisonniers ont été faits. Plus d'un millier d'Allemands ont été capturés sur ce front.
Nos alliés ont avancé légèrement leur ligne au sud-est d'Inchy. Ils ont effectué un raid heureux près de Wulverghem.
En Macédoine, les Anglais continuent la poursuite des Bulgares dans la région du lac Doiran. Leur cavalerie s'avance dans la direction de la Stroumitza.
En Palestine, le chiffre des prisonniers faits aux Turcs dépasse 40000.


Varennes, libéré le 26 septembre



Vendredi 27 septembre
Dans la région à l'ouest de Saint-Quentin, l'ennemi a tenté de nous rejeter de l'épine de Dallon. Tous ses assauts ont été repoussés.
Entre Ailette et Aisne, violentes réactions de l'ennemi sur le plateau de la ferme de Moisy et la région au nord d'Allemant où des combats acharnés ont eu lieu. En dépit de ses efforts répétés, il n'a pas réussi à nous enlever nos gains des jours précédents. Il a subi de lourdes pertes et laissé des prisonniers.
Les Anglais ont livré de vifs combats locaux dans le voisinage de Selency. Ils se sont emparés de cette localité en capturant un certain nombre de prisonniers.
L'ennemi a lancé deux contre-attaques au nord-ouest de Fayet. Elles ont échoué avec pertes pour l'ennemi sous le feu des fusils et des mitrailleuses. Une troisième offensive n'a pas été plus heureuse.
Une attaque allemande par surprise a échoué à l'est d'Epéhy, en laissant un certain nombre de tué. Un coup de main allemand a été repoussé près d'Inchy. Autre échec allemand aux environs de Moeuvres.
Les Alliés ont trouvé un butin considérable sur toutes les routes de Macédoine vers Prilep, Vélès et Gradsko. Les Italiens ont occupé en Macédoine les hauteurs de Topociani.
Le gouvernement de Rome a reconnu la constitution éventuelle de la Yougo-Slavie en Etat libre.

Samedi 28 septembre
Les armées françaises et américaines ont attaqué en liaison de part et d'autre de l'Argonne.
Sur le front de Champagne, nous avons avancé de plusieurs kilomètres et progressé jusqu'aux environs de la Dormoise. 7000 prisonniers sont tombés entre nos mains.
L'armée américaine a opéré au nord-ouest de Verdun, sur un front de trente-deux kilomètres. Elle s'est avancée de onze kilomètres en moyenne. Ses différents corps ont pris Varennes, Montblainville, Vauquois, Cheppy, malgré une résistance acharnée et enserré le bois de Forges, Malancourt, Béthincourt, Montfaucon, Cuisy, Nantillois, Septsarges, Dannevoux, Gercourt, Drillancourt. 5000 prisonniers ont été dénombrés dès la première journée.
Sur le front de Macédoine, les opérations ont été particulièrement heureuses.
Le massif de Belès a été enlevé, la frontière bulgare franchie à Kosturino, les hauteurs de Gradetz-Planina atteintes, la ville d'lstip conquise et dépassée par les Serbes, qui s'approchent de Vélès, les troupes ennemies obligées d'évacuer leurs positions au nord-ouest de Monastir. Plus de 10000 prisonniers ont été dénombrés, plus de 200 canons capturés.
Le roi de Bulgarie a demandé une suspension d'armes en offrant d'envoyer des délégués au quartier général allié. Le général Franchet d'Esperey a refusé l'armistice, mais accepté de recevoir les délégués.

Dimanche 29 septembre
Nos troupes, soutenues par les chars d'assaut, ont réalisé une avance sur tout le front de bataille en Champagne.
Nous avons gagné du terrain entre Sainte-Marie-à-Py et Auberive, pris Somme-Py, enlevé les hauteurs au nord de Fontaine-en-Dormois, progressé au delà de la voie ferrée de Challerange, et au cours d'une avance de huit kilomètres sur certains points, capturé 10000 prisonniers et du matériel.
Un succès local a été obtenu entre l'Ailette et l'Aisne. 250 prisonniers ont été faits au nord-est de Sancy. Nous avons occupé les villages de Jouy et d'Aizy.
Les Anglais ont attaqué sur un front étendu en direction générale de Cambrai et atteint tous leurs objectifs. Ils ont pris Beaucamp, Flesquière et l'éperon qui s'étend de ce point vers Marcoing, Anneux, Graincourt, Arleux-en-Gohelle, Epinoy, Aizy-le-Verger. Ils ont fait plus de 10000 prisonniers et capturé plus de 200 canons.
Les Belges ont engagé une offensive victorieuse dans la région de Dixmude.
Les Américains ont enlevé, au nord-ouest de Verdun, Charpentry, Very, Epinonville, Ivoiry. Ils ont fait 8000 prisonniers, dont 125 officiers.
En Bulgarie, les forces britanniques ont pris Stroumitza.
Les Serbes, partis d'Istip, ont enlevé Kotchana et attaqué Vélès, tandis que d'autres contingents alliés refoulaient une armée bulgare allemande à l'ouest de Krusevo.

Dixmude, libéré le 29 septembre

Lundi 30 septembre
Nous avons forcé l'ennemi à se replier sur l'Ailette, à l'est de la ligne Allemant et Jouy.
Nous avons occupé Pinon, la forêt de Pinon, Vaudesson, Chavignon et le fort de la Malmaison et progressé au nord de VaiIly.
En Champagne, de violentes contre-attaques ennemies ont été brisées. Nous avons progressé au nord-est de Grateuil, en nous emparant des hauteurs de Bellevue. Nous avons pris aussi Manres.
Les Américains ont conquis à nouveau vingt villages et atteint les abords de Brieulles et d'Exermont.
L'attaque belge s'est portée de Dixmude à Ypres. Elle a été préparée par l'artillerie, en coopération avec la flotte britannique. Nos alliés, soutenus par les forces anglaises, ont enlevé la forêt d'Houthulst et tout le terrain environnant. L'avance est de six kilomètres. Les Belges ont fait 4000 prisonniers.
Les Anglais ont progressé de plusieurs kilomètres autour de Cambrai, enlevant Gouzeaucourt, Marcoing, Noyelles-sur-Escaut, Cantaing et Fontaine-Notre-Dame, Raillencourt et Palluel. 16000 prisonniers ont été faits en deux jours.
En Macédoine, progression générale. L'armée serbe, à elle seule, a enlevé 160 canons.
Le général Franchet d'Esperey a reçu à Salonique les parlementaires bulgares, MM. Liaptchef et Radef et le général Loukof.