Samedi 1er septembre
A l'est de Cerny, une patrouille allemande, qui tentait d'aborder nos lignes, a été repoussée par nos feux.
Activité réciproque de l'artillerie sur les deux rives de la Meuse.
En Alsace, un coup de main ennemi au sud de l'Hartmannwillerskopf, a complètement échoué.
Sur le front britannique, les Allemands ont violemment bombardé les positions avancées au nord-ouest d'Arleux-en-Gohelle, et tenté un coup de main qui a entièrement échoué.
Les Italiens ont enlevé une partie de San Gabriele et fait 627 prisonniers.
Les Russes ont encore reculé sur deux points, mais ce fléchissement, à raison des mesures prises, semble ne devoir comporter aucune conséquence grave.
Sur le front de Macédoine, vifs combats à la Serka di Legen et à l'ouest de Oronte. Sur la Serka di Legen, après une violente préparation d'artillerie, deux fortes attaques bulgares, qui avaient pris pied, de nuit, dans quelques unes de nos tranchées avancées, ont été presque complètement chassées de ces éléments par des contre-attaques prononcées à l'aube. L'ennemi a renouvelé ses attaques, il a été repoussé. A l'ouest de Monte, les Serbes, pénétrant dans les premières positions de l'ennemi, lui ont fait des prisonniers.

Dimanche 2 septembre
Sur le front de l'Aisne, après une courte préparation d'artillerie, nous avons attaqué les positions ennemies au nord-ouest d'Hurtebise. Nos troupes ont enlevé d'un seul bond tous les objectifs assignés sur un front de 1500 mètres et sur une profondeur de 300. Nous avons ensuite brisé par nos feux trois violentes contre-attaques et élargi le terrain conquis. 180 prisonniers dont 6 officiers ont été faits.
Les reconnaissances effectuées ont constaté la présence d'un grand nombre d'ennemis tués tant au cours de la préparation d'artillerie que pendant la lutte, qui a été très violente. L'aviation a participé à l'attaque, se maintenant à des hauteurs variant de 100 à 600 mètres et mitraillant l'ennemi dans ses tranchées et ses batteries. Tous les appareils sont rentrés.
En Champagne, au sud de la butte du Mesnil nous avons repoussé un fort coup de main et fait des prisonniers.
Canonnade en avant de Verdun.
Sur le front Italien, lutte dans les pentes nord du mont San Gabriele, et à l'est de Gorizia. L'ennemi a été repoussé. Nos alliés ont fait 685 prisonniers, parmi lesquels 32 officiers. Le total depuis le début de la bataille est de 27300.
Sur le front russe, les Austro-Allemands n'ont tenté que de légères attaques, qui ont été brisées.

Lundi 3 septembre
Sur le front de l'Aisne, l'activité des deux artilleries s'est maintenue très vive. Des tentatives de coups de main sur nos postes de la région de Cerny ont échoué. Au nord-ouest d'Hurtebise, les Allemands ont contre-attaqué de nouveau les positions que nous avons conquises dans la soirée du 31 août. Nos feux, dirigés avec précision, ont complètement brisé l'attaque, qui n'a pu aborder nos lignes.
Sur la rive gauche de la Meuse, action d'artillerie intermittente au nord de la cote 304. Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons arrêté à deux reprises des coups de main ennemis.
Deux avions allemands ont été abattus par le tir de notre artillerie antiaérienne. Le premier était à 2000 mètres; le second à 5000.
Les Allemands ont dirigé une violente attaque à la grenade contre les postes avancés britanniques, au sud-ouest d'Avrincourt. Nos alliés durent d'abord évacuer les postes, puis ils les reprirent au prix de pertes légères.
Des aviateurs navals britanniques ont bombardé l'aérodrome de Ghistelles. Ils ont aussi provoqué des explosions sur une voie ferrée adjacente à la ligne Ostende-Thourout.
Les Italiens ont repoussé une série d'attaques autrichiennes sur le San Gabriele.
Les Russo-Roumains ont brisé toutes les offensives de Mackensen en Moldavie. Les Allemands ont progressé sur le front de Riga.

Mardi 4 septembre

Canonnade intermittente en divers points du front, plus vive sur la rive gauche de la Meuse.
En Champagne, nous avons réussi un coup de main à l'ouest de la route de Saint-Hilaire à Saint-Soupplet et ramené des prisonniers.
Les Anglais ont repoussé une nouvelle attaque allemande sur leurs postes avancés au sud-ouest d'Havrincourt.
Un coup de main exécuté avec succès au sud-est de Monchy-le-Preux leur a permis de surprendre complètement l'ennemi et de lui enlever 18 prisonniers, après avoir détruit les abris et les mitrailleuses.
Sur le front d'Orient, nos troupes, après une violente préparation d'artillerie, ont pénétré dans les tranchées ennemies, à l'ouest de la Cerna et ramené quelques prisonniers.
La lutte d'artillerie reste violente entre le lac de Doiran et le Vardar et dans la région de Monastir.
Les Italiens ont repoussé près de Gorizia une nouvelle série d'attaques autrichiennes en faisant 350 prisonniers.
Les Russes ont reculé sur la rive gauche de la Dwina, dans la direction d'Uxkul. Sur la rive nord, les Allemands ont donné des assauts acharnés et forcé une partie des positions de nos alliés.
Le haut-commandement russe a donné ordre d'évacuer le secteur de Riga.
Sur le front de Moldavie, les troupes de Mackensen, qui entreprenaient une offensive, ont été repoussées.

Mercredi 5 septembre
Dans la région d'Hurtebise, nos feux ont brisé une attaque menée par des détachements d'assaut ennemis qui ont subi de sérieuses pertes.
A l'est de Sapigneul, nos reconnaissances ont pénétré par surprise dans un saillant de la ligne ennemie. Un vif combat s'est engagé, au cours duquel la garnison allemande a été tuée ou faite prisonnière.
En Champagne, nous avons exécuté de part et d'autre de la route de Souain à Somme-Py un large coup de main. Nos détachements ont pénétré dans les tranchées adverses sur un front de 800 mètres. Après avoir détruit de nombreux récipients à gaz et fait sauter des abris, nos troupes sont revenues dans leurs lignes ramenant une quarantaine de prisonniers, quatre mitrailleuses, un canon de tranchée et un important matériel.
Sur la rive droite de la Meuse, nous avons arrêté net trois tentatives ennemies au nord du bois des Caurières.
Les Anglais ont exécuté avec succès, immédiatement au nord de Lens, un coup de main qui leur a permis de tuer un certain nombre d'ennemis et de ramener des prisonniers.
Les Italiens ont fait un important raid d'avions au dessus de Pola.
Les armées russes ont évacué la ville de Riga, après avoir détruit les fortifications. Dans la région d'Ikskull les Allemands ont élargi leur succès vers le nord. Ils ont essayé de tourner les positions de Dwinsk et réussi à enfoncer le front de nos alliés sur une largeur de 13 kilomètres.
Un nouveau raid aérien allemand a fait, en Angleterre, 107 morts et 86 blessés.



Semaine du 6 au 12 septembre

POLITIQUE ET DIPLOMATIE
La révolution russe – L'accord qui paraissait s'être finalement établi, à la conférence de Moscou, entre le général Kornilof et Kerensky, n'a malheureusement pas persisté. Le dissentiment s'est même aggravé entre le chef militaire et le chef politique au point de dégénérer en rupture et peut-être en guerre civile. Kornilof a, en effet, adressé à Kerensky, un ultimatum le sommant de lui laisser constituer le gouvernement de salut public indispensable à la Russie. Kerensky a répondu en destituant Kornilof. Mais celui-ci n'a pas accepté sa déchéance et il a pris à la tête d'une armée, le chemin de Petrograd. Les membres du gouvernement provisoire ont donné leur démission collective afin de laisser toute liberté d'action à Kerensky pour lequel s'est d'autre part prononcée la flotte de la Baltique. Cependant d'autres généraux ont d'ores et déjà fait cause commune avec Kornilof, notamment le général Kaledine, chef des Cosaques du Don, et le général Klembowski, commandant les armées du Nord, que Kerensky avait pourtant lui-même, investi des fonctions de généralissime, en remplacement de Kornilof.

Le Ministère Painlevé – A la suite de la démission de M. Malvy, ministre de l'Intérieur, le président du Conseil français avait songé à remanier l'ensemble de son cabinet avant la rentrée des Chambres. A cet effet, il avait demandé à tous ses collaborateurs de se désister de leurs fonctions et il avait reçu du président de la République mandat de former un nouveau ministère. Mais l'opposition qu'il rencontra chez les socialistes empêcha M. Ribot d'aboutir dans ses négociations. M. Painlevé, ministre de la Guerre sortant, fut alors chargé de constituer le cabinet. Après quarante-huit heures de démarches, il soumettait, dans la soirée du 11 septembre, la liste de ses collaborateurs désignés au président de la République lorsqu'un nouvel incident, provoqué encore par les socialistes, fit échouer la combinaison élaborée. Malgré cet échec, M. Poincaré a, dans la nuit du 11 au 12, prié M. Painlevé de reprendre sa tentative sur d'autres bases. Les pourparlers ont enfin abouti à la constitution d'un ministère où M. Ribot conserve le portefeuille des Affaires étrangères mais dans lequel ne figure aucun socialiste. M. Albert Thomas est remplacé à l'Armement par M. Loucheur.
Un scandale diplomatique – Le secrétaire d'Etat américain Lansing a livré à la publicité le texte de télégrammes chiffrés, interceptés et traduits par la sûreté des Etats-Unis, au moyen desquels le comte Luxbourg, chargé d'affaires d'Allemagne à Buenos-Aires, correspondait librement avec Berlin. Cette correspondance était possible grâce à la complicité de la légation suédoise de Buenos-Aires qui transmettait les dépêches en question au ministère des Affaires étrangères de Stockholm, comme étant des messages officiels suédois. La neutralité diplomatique a été de la sorte rompue d'une façon d'autant plus grave que le comte Luxbourg donnait des indications sur les navires argentins qu'il convenait de couler « sans laisser de traces ».

Les Opérations Militaires

Front Français
Le 8 septembre au matin, sur la rive droite de la Meuse, la division Monroe, du 32e corps, commandée par le général Passaga a engagé une opération locale destinée à amèliorer notre situation à l'est de Beaumont par l'occupation de la tête des ravins ainsi que du plateau marqué par la cote 351, un des observatoires des côtes.

Nos soldats ont brillamment attaqué les lignes ennemies sur une largeur de 2 kilomètres entre le village de Beaumont et la lisière de la Woëvre. Ils ont gagné du terrain au Nord du bois des Fosses, conquis le bois de Chaume en entier, puis enlevé la crête au nord du bois des Caurières, reliant ainsi notre nouvelle position avec l'ancienne. Dès lors ils dominent à 1200 mètres les maisons du gros village d'Ornes, et ils approchent de la forteresse érigée par les Allemands au double mamelon détaché de la falaise des Côtes et qui s'appelle les « Jumelles » d'Ornes. 800 prisonniers sont restés entre leurs mains. Au cours de la nuit suivante et de la journée du 9, l'ennemi a répété de violentes contre-attaques, soit pour nous arracher directement le terrain conquis, soit pour tenter la reprise de la cote 344, par laquelle l'ensemble du secteur est commandé. Les colonnes d'assaut furent pour la plupart dispersées par nos feux; quelques détachements ayant pris pied dans nos tranchées en furent aussitôt expulsés. Toute la journée du 10 septembre, la canonnade resta violente dans la même région, sans nouvelle action d'infanterie. Le 11, elle s'affaiblit par intermittences.


Front Britannique
Aucun événement n'est venu modifier la situation sur le front britannique, tant en Belgique qu'en France. Les luttes d'artillerie ont continué presque partout, souvent gênées par des brumes ou des pluies. Nos alliés ont gagné quelque terrain au sud de Lens et auprès d'Avion; par contre, une vigoureuse attaque allemande les contraignit à consentir quelque recul au nord de Frezenberg, hameau situé sur la route d'Ypres à Roulers.

Front Russe
La retraite russe en Livonie s'est arrêtée le 7 septembre sur une ligne oblique par rapport au rivage du golfe de Riga et au cours de la Dwina, sur lesquels s'appuient les ailes du nouveau front. Celui-ci ne saurait être fixé de manière exacte, en raison de l'imprécision des communiqués; mais il semble qu'il puisse être approximativement, tracé par le nord-est de Sevegold, station de la ligne de Riga à Venden, par les environs de Nitau et de Neu-Kaipen, jusqu'à un point de soudure avec le front de la Dwina, situé à l'est de Kokenhusen.

Par suite, la nouvelle façade russe prolonge la ligne défensive toujours maintenue de Jacobstadt à Dwinsk, dans la forme rectiligne que réclame de nos jours toute résistance efficace.
Celle-ci, d'ailleurs, est favorisée, entre le golfe de Riga et l'Aa livonienne, par la présence de nombreux étangs, égrenés dans une région marécageuse. Au sud de l'Aa, elle s'appuie sur des collines boisées, représentant l'un des maigres reliefs de l'immense plaine septentrionale de l'Europe.

De leur côté, les Allemands, peut-être un peu surpris de leur rapide succés, obtenu avec des moyens insuffisants pour de plus vastes desseins, se hâtent d'amener en Livonie et en Courlande toutes les forces dont ils peuvent disposer sans affaiblir outre mesure les autres secteurs du front oriental. Les meilleurs parmi les régiments engagés en Galicie et en Moldavie sont transportés vers les gares terminus des rives de la Dwina, où, d'après les reconnaissances aériennes russes, règne une activité extraordinaire.
Au nord de Riga, de nombreux pont sont jetés sur l'Aa livonienne, et l'aile gauche de la 8ème armée allemande se masse au delà de cette rivière. Jusqu'à présent, de seules escarmouches ont été livrées entre les éléments de couverture des concentrations ennemies et les arrière-gardes russes. D'autre part, il est bien évident que les décisions stratégiques du grand commandement allemand seront directement influencées par les événements intérieurs d'une gravité exceptionnelle qui sont en cours, tant à Petrograd que sur les routes conduisant à la capitale.

Front Roumain
La défaite russe sur la Dwina et la victoire italienne sur l'Isonzo ont eu sur le théatre compris entre le Dniester et le Danube une double répercussion, favorable à la vaillante résistance de l'armée roumaine. D'autre part, les Allemands ont renoncé à leur offensive, imminente d'apparence, pour porter vers le Nord la puissance de leur effort; d'autre part, les Autrichiens ont dirigé en hâte vers le front italien plusieurs divisions appartenant aux armées de l'Archiduc Joseph. Celui-ci a donc suspendu son mouvement sur le Trotus, jusqu'alors coordonné avec l'offensive de Mackensen, parallèle au Sereth.
Aussi, tandis qu'un calme complet a régné aux frontières de Bessarabie, quelques combats sans valeur appréciable se sont seuls succédé autour d'Oena, sur l'Oitoz et au nord de Focsani.

Front Italien
La prise de San Gabriele, un instant obtenue par le magnifique élan de la 2eme armée, n'a pas été maintenue. La bataille livrée autour des pentes de cette montagne, désormais célèbre, a été sans doute l'une des plus acharnées de la guerre italienne. La cime est, à plusieurs reprises, passée de main en main, nos alliés demeurant accrochés au revers septentrionaux et occidentaux du massif.
Depuis le 6 septembre, les actions d'infanterie ont perdu de leur ampleur et de leur intensité; l'artillerie, cependant, poursuit une lutte violente, qui reste étendue aux autres secteurs de l'Isonzo.
Sur le plateau de Bainsizza, aucune modification n'est survenue dans les situations respectives. Les troupes italiennes travaillent à l'établissement des voies nécessaires à leurs communications dans une région dépourvue de routes, au travers de laquelle les ravitaillements ne peuvent encore être assurés qu'à dos de mulet.

Dans la zone maritime, les Autrichiens ont tenté, les 4 et 5 septembre, une contre-offensive, développée depuis Castagnivizza jusqu'à la mer. Nos alliés ont partout maintenu leurs positions, après quelques alternatives, notamment dans le vallon de Brestovizza.
A la date du 10 septembre, le chiffre total des prisonniers capturés depuis le 19 août s'élevait à 30671, dont 858 officiers. Le butin dénombré comprenait 145 canons, dont environ 89 de moyen et gros calibres, 94 bombardes et lance-bombes, 322 mitrailleuses, plus de 11000 fusils.

Front Macédonien
En Macédoine, et depuis les derniers jours d'août, l'activité à repris sur tout le front de l'Armée d'Orient. Les Anglais ont fait quelques progrès sur la rive gauche du Vardar; de même nos troupes, entre le fleuve et le Skra di Legen. Les Serbes ont refoulé des attaques bulgares devant le Dobrapolje.
Les 9 et 10 septembre, aux confins de l'Albanie, des détachements français et russes, après plusieurs affaires de détail, ont vivement progressé au nord-ouest du lac Malik, dans la région qui sépare cette nappe marécageuse du lac d'Okhrida.

GUERRE NAVALE

Baltique : Dans le communiqué russe du 7 septembre, nos alliés assurés que leurs canonnières et torpilleurs, en quittant Riga, avaient emmené tous les navires et le matèriel flottant de la forteresse et du port. Quels sont donc les navires dont ils annoncent de nouveau la présence dans le golfe de Riga ? Quelques retardataires, des mouilleurs de mines, probablement. D'ailleurs, les Allemands, installés maintenant à Dunamunde où ils ont trouvé les quais et l'outillage du port intacts, draguent méthodiquement les mines dans le golfe et les chenaux d'accés, en prévision, sans doute, de l'arrivée prochaine d'une force navale importante. Leurs sous-marins et dragueurs opèrent jusque dans le golfe de Finlande. Il n'y a guère que 200 miles de l'entrée du golfe de Riga à Cronstadt, distance que le plus lent cargo-boat peut franchir en moins d'un jour. C'est le chemin de Petrograd le plus court que l'ennemi peut suivre jusqu'à la fin de novembre, sans être gêné par les glaces.
Atlantique : Le rapport de l'amiral Cleaves, qui commandait la flotille de torpilleurs d'escorte du premier convoi de troupes américaines, établit que les Allemands étaient renseignés, au moins approximativement, sur les itinéraires que devaient suivre les quatre divisions du convoi. En effet, à l'exception de la troisième division, les autres furent attaquées par un ou deux sous-marins, sans succès heureusement.

Le sous-marin allemand U-293, de 600 tonnes de déplacement, remorqué par le torpilleur espagnol n°11, est entré le 9 septembre, à 9h1/2 du matin, dans le port de Cadix, ne pouvant plus continuer sa croisière parce que sa provision de matières lubrifiantes était épuisée, ce qui prouve que les sous-marins ennemis n'ont plus les mêmes facilités de ravitaillement à la mer qu'auparavant. Les autorités espagnoles l'ont interné à l'arsenal de Carraca. Il est commandé par le lieutenant de vaisseau von Mellenthin, son équipage est de 30 hommes. C'est le troisième sous-marin allemand entré dans un port espagnol; le premier, U-C-52, a été relâché après réparation; le second, U-B-23, a été interné.

Méditerranée : Le patrouilleur français Golo II, ayant à bord 257 passagers et hommes d'équipage, a été coulé par un sous-marin, le 22 août; 37 hommes appartenant à la marine militaire et un officier serbe ont disparu. Quatre officiers serbes ont été faits prisonniers par le sous-marin.

Blocus sous-marin : D'après les communiqués de l'Amirauté britannique, 615 navires anglais ont été coulés pendant la période du 17 février au 29 juillet, dont 452 de plus de 1600 tonneaux et 163 au-dessous.
L'aéronautique navale française montre une grande activité; d'après la dernière statistique officielle nos avions ont effectué 3589 sorties et nos dirigeables 131, pendant le mois de juillet.

Jeudi 13 septembre
Aucune action d'infanterie. Activité moyenne de l'artillerie sur la plus grande partie du front, plus marquée en Belgique et sur la rive droite de la Meuse.
Quatre avions allemands ont été abattus par nos pilotes. Dix autres appareils ennemis sont tombés dans leur ligne gravement endommagés. Nos avions de bombardement ont lancé de nombreux projectiles sur les gares de Roulers, Cortemark, Staden, le terrain d'aviation de Colmar, les gares de Conflans-Jarny, les usines militaires au sud-est de Sarrebourg.
Les Anglais ont développé leurs succès de détail près de Villeret et conquis 400 mètres de tranchées allemandes. Ils ont fait, en outre, des prisonniers. Ils ont ensuite repoussé successivement trois attaques. Ils ont réussi des coups de main au nord-est de Gueudecourt et au sud de Lombaertzyde.
Actions d'artillerie sur le front italien. Les Autrichiens ont subi un échec près du lac de Ledro et un autre sur le San Gabriele. Aux bouches du Timavo, leurs détachements d'assaut ont été mis en fuite.
En Albanie, succès franco-italien au sud-est de Berat.
En Macédoine, les Italiens rejettent un détachement ennemi. Canonnade dans la région de Monastir. Dans la région des lacs, nos troupes ont enlevé le village de Pogradec, et repoussé les Bulgares à 4 kilomètres de là.




Vendredi 14 septembre
En Belgique, la lutte d'artillerie reste très violente, dans la région de Bixschoote.
Sur le front, au nord de l'Aisne, notre artillerie, dominant les batteries allemandes particulièrement actives dans la région au sud de Juvincourt, a rendu impossible toute attaque de l'infanterie.
En Champagne, nous avons repoussé plusieurs coups de main ennemis dans le secteur de la Main-de-Massiges, à l'est de la Butte-du-Mesnil, au nord et au nord-ouest de Saint-Hilaire.
Canonnade dans la région des Monts.
Activité de l'artillerie sur la rive droite de la Meuse, dans la région des Caurières, sans action d'artillerie.
En Alsace, un coup de main sur les tranchées allemandes, à l'ouest du village du Bonhomme, nous a permis de ramener des prisonniers.
Des avions allemands ont bombardé la région de Dunkerque. Notre aviation a bombardé Hooglede, Cortemark, Gils, Gûte et les terrains d'aviation près de Thourout.
En Macédoine, canonnade près de Monastir. Dans la région des lacs, nos troupes ont atteint Momulista ( près du lac d'Okrida ) et la cote 1704 (10 kilomètres nord-ouest de Momulista). Elles ont capturé 160 prisonniers, 2 canons et 3 mitrailleuses.
Les Autrichiens ont subi un échec au San Gabriele.
Après avoir pris les armes contre lui, Kornilof a offert à Kerenski de se rendre sous condition. Kerenski lui a répondu qu'il devait se rendre sans condition.

Samedi 15 septembre
Sur le front au nord de l'Aisne, les Allemands ont exécuté au petit jour, contre nos positions du plateau des Casemates, un coup de main qu'ils avaient fait précéder d'un violent bombardement. Aprés un combat corps à corps, l'ennemi, qui avait essuyé des pertes sérieuses, a été rejeté dans ses lignes.
En Champagne, au cours d'une opération de détail, nous avons pénétré dans les tranchées allemandes, à l'ouest de la ferme de Navarin et fait des prisonniers.
Sur les deux rives de la Meuse, canonnade. Sur la rive droite, les Allemands ont attaqué les positions que nous avons récemment conquises au nord du bois des Caurières. Sur un front de 500 mètres, ils ont réussi à pénétrer dans notre ligne avancée, où le combat continue.
En Macédoine, deux reconnaissances ennemies ont été repoussées, laissant des prisonniers entre nos mains.
Action d'artillerie autour de Monastir. Le total de nos prisonniers à Pogradec est de 370. Nous avons capturé 5 canons, 8 mitrailleuses et plus de 1000 fusils.
Les Russes ont repris leur activité en Moldavie, où ils ont fait 400 prisonniers, et en Livonie, où ils se sont emparés de deux villages.
Le gouvernement américain, par une publication de documents, a prouvé que la diplomatie suédoise servait au Mexique les interêts allemands.

Dimanche 16 septembre
En Champagne, nous avons repoussé deux coups de main ennemis au nord de Prosnes.
Activité assez grande des deux artilleries dans les régions du Cornillet et du mont Blond. Nous avons exécuté avec succès un coup de main sur les tranchées allemandes de la région du mont Haut. Nous avons détruit un observatoire et de nombreux abris et ramené une dizaine de prisonniers.
En Argonne, une tentative de l'ennemi sur nos petits postes vers Boureuilles, à complètement échoué.
Sur la rive droite de la Meuse, après un vif combat, nous avons rejeté l'ennemi de la majeure partie des éléments de tranchée où il avait pénétré au nord du bois des Caurières.
Les Anglais ont légèrement amélioré leur position à l'est de Westhoeck. Un détachement ennemi a attaqué le terrain conquis par eux au nord-est de Saint-Julien. Ce détachement a été dispersé par un barrage d'artillerie.
Les Russes ont continué leurs progrès sur la route de Pskow à Riga et pris quatre villages.
Action d'artillerie de grande intensité dans le Trentin et dans les Alpes Juliennes. Les Italiens ont rectifié leur front dans la zone septentrionale du plateau de Bainsizza. Ils ont capturé des prisonniers. Sur le font du Carso, leurs aviateurs ont bombardé l'arrière des lignes ennemies en lançant trois tonnes de projectiles.

Lundi 17 septembre
Au nord-ouest de Reims, un fort coup de main ennemi sur nos postes de la région de Loivre a échoué sous nos feux.
Sur le front de l'Aisne, grande activité des deux artilleries dans la région Braye-Cerny.
Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont prononcé une nouvelle attaque sur nos positions au nord du bois des Caurières. Nos feux, déclanchés avec précision, ont contraint les assaillants à refluer vers leurs tranchées de départ.
Sur la rive gauche, vive lutte d'artillerie dans la région du Mort-Homme.
A la suite d'un raid exécuté avec succès à l'ouest de Cherisy, les troupes britanniques ont exécuté dans la même région un coup de main qui leur a permis de pénétrer dans les positions allemandes jusqu'à la lisière ouest de Cherisy. Un certain nombre de prisonniers et deux mitrailleuses sont tombés au mains de nos alliés. Ils ont repoussé un coup de main au nord de Lens et une contre-attaque au nord du bois d'Inverness.
Sur le plateau de Bainsizza, les Italiens ont progressé vers le bord sud-est, capturé 17 officiers et 400 hommes.
Les Russes ont repoussé des attaques sur la chaussée de Pskow. Kornilof s'est rendu au général Alexeief, qui l'a arrêté.

Mardi 18 septembre
Actions d'artilleries assez vives, notamment dans la région de la ferme Froidmond, à l'ouest de Craonne et dans le secteur de Massiges.
Après un violent bombardement, les Allemands ont prononcé une attaque sur nos positions de la forêt d'Appremont. Quelques fractions ennemies, qui avaient pris pied dans nos éléments avancés, en ont été rejetées après un vif combat. Notre ligne a été intégralement rétablie.
Un coup de main allemand a été repoussé dans le secteur du Rhône au Rhin; un autre au Violu, dans les Vosges.
Des régiments anglais et écossais ont exécuté avec succès des coups de main sur les positions allemandes, à l'est d'Epehy, aux abords de la voie ferrée Arras-Cambrai et au sud de Gavrelle. Ces opérations ont permis à nos alliés de ramener des prisonniers, de capturer des mitrailleuses et de faire sauter des abris.
Sur le front Italien, dans le val Giudicaria, de petits groupes ennemis ont été dispersés par la fusillade. Sur le plateau de Bainsizza, l'ennemi a tenté, par plusieurs contre-attaques successives, de réoccuper le terrain perdu. Nos alliés ont fait 75 prisonniers.
La flotte anglaise manifeste un regain d'activité dans la mer du Nord.
Kerenski a proclamé la république en Russie. Il a formé un Directoire exécutif de cinq membres.

Mercredi 19 septembre
Nous avons arrêté deux tentatives ennemies sur nos petits postes. L'un au sud-est de Saint-Quentin, l'autre dans la région des Bovettes. De notre côté, nous avons réussi des coups de main vers Etancourt et la ferme de la Royère.
Au sud de la Miette, à la suite d'un violent bombardement, des détachements ennemis ont abordé nos lignes vers la route de Neufchatel. Un vif combat s'est engagé dans nos éléments avancés d'où l'ennemi a été entièrement rejeté après avoir subi des pertes sensibles. Nous avons fait des prisonniers.
Sur la rive droite de la Meuse, grande activité des deux artilleries dans la région du bois des Fosses.
Sur le front britannique, rencontre de patrouilles dans le secteur d'Ypres.
On ne signale que des escarmouches sur le front italien.
Sur le front russe, calme dans la région de Riga. Au sud de Frederikstadt, nos alliés se sont, après combat, emparés d'un point fortifié au sud du village de Badeg et ils ont capturé une mitrailleuse.
Dans la vallée de la Susita, les Roumains, après une préparation d'artillerie, ont occupé un secteur de la position fortifiée ennemie. Ils ont repoussé une tentative allemande sur leurs positions de la région Panticu-Merechesti.
Le sous-secrétaire d'Etat allemand Haddenhausen a désavoué verbalement les menées du comte de Luxbourg à Buenos-Aires.

Jeudi 20 septembre
Les Allemands ont attaqué un saillant de nos lignes à l'ouest de la ferme Froidmond. Après un court et violent combat, nous avons rejeté l'ennemi d'un saillant de tranchée dans lequel il avait pris pied.
De notre côté, nous avons effectué un coup de main dans la région du Four-de-Paris, infligé des pertes à l'ennemi et ramené du matériel. Canonnade intermittente sur le reste du front, vive et soutenue en Champagne, dans la région de Souain et du Téton.
L'artillerie belge a exécuté de nombreux tirs sur les lignes de communications allemandes en représailles d'autres tirs exécutés par l'ennemi dans les secteurs belges. Lutte de bombes aux abords de Dixmude. Sur le front britannique, vive activité des deux artilleries dans le secteur d'Ypres. Les appareils d'artillerie ont continué leur travail en dépit des conditions atmosphériques très défavorables. Un avion allemand a dû atterrir, désemparé, mais deux avions anglais ne sont pas rentrés.
En Macédoine, canonnade dans la boucle de la Cerna et dans la région montagneuse, à l'est de cette rivière. Dans la région des lacs, un détachement français a pris une hauteur sur la rive ouest du lac d'Okrida. Une attaque bulgare a été repoussée à l'ouest du lac de Prespa.
Les Italiens ont fait 200 prisonniers dans le val Sugana.

Vendredi 21 septembre
Activité d'artillerie, dans la région au sud de l'Oise, en Champagne, dans le secteur du Cornillet et du mont Haut, et sur les deux rives de la Meuse.
Les Anglais ont attaqué sur un large front à l'est d'Ypres. Les premiers rapports mentionnent de satisfaisant progrès ainsi que la prise d'importantes positions.
Les Allemands, en Livonie, ont pris l'offensive dans la région située à l'ouest de Lembourg. Les Lettons, soutenus par l'artillerie, ont, par une contre-attaque hardie, repoussé l'ennemi avec de grandes pertes.
Les aviateurs russes ont jeté avec succès des bombes sur des dépôts ennemis, dans la région de Podregyna, sur la rive septentrionale du lac Narotch. Par contre, les pilotes allemands ont bombardé les gares de Dubno et de Madzivilow.
En Moldavie, dans la région d'Okna, les Allemands, par des contre-attaques, ont forcé les Roumains à évacuer un secteur qu'ils avaient occupés au sud de Grozeschi. Les Roumains ont fait 35 prisonniers.
Le Sénat argentin, par 25 voix contre 1, a voté une motion concluant à la rupture avec l'Allemagne.

Samedi 22 septembre
Nous avons aisément repoussé des coups de main ennemis au nord de Vauxaillon, dans le secteur de Cerny et sur le front de Verdun, vers Lamorville et Béthincourt.
En Champagne, activité d'artillerie dans la région des Monts. Une attaque allemande sur le mont Haut a été dispersée par nos feux avant d'avoir pu aborder nos lignes. L'ennemi a subi des pertes sérieuses.
L'offensive anglaise de Flandre, à l'est d'Ypres, s'est développée sur un front de 13 kilomètres, entre le canal d'Ypres à Comines et la voie ferrée d'Ypres à Stades. Nos alliés ont obtenu un succès considérable, conquérant les positions de grande importance et infligeant à leurs adversaires de lourdes pertes.
Les premiers objectifs furent atteints de bonne heure : ils consistaient en points d'appui bétonnés et en fermes organisées. Le bois d'Inverness, le bois de Glencorse et Nonne Bosschen furent pris d'assaut, ainsi que les fermes de Potsdam, de Vampir et le point d'appui de Gallipoli. A droite, il y eut un violent combat au nord du canal d'Ypres. Au centre, le gain fut de 1600 mètres en profondeur. Au nord, Zevankote fut enlevé. Le nombre des prisonniers dépasse 2000. Les pertes britanniques sont légères.
Sur le front russe, on signale toute une série de combats aériens, et des bombardements par avions.
Le croiseur anglais Glasgow, arrivé à Buenos-Aires, a été acclamé par la population, dont la colère monte contre l'Allemagne.

Dimanche 23 septembre
Activité marquée des deux artilleries sut tout le front de l'Aisne, notamment vers la ferme Bonnejean, dans les régions de Cerny et de Cuoy.
En Champagne, les Allemands ont prononcé une attaque sur nos positions entre Maisons-de-Champagne et la Main-de-Massiges. Quelques fractions ennemies ont pu aborder nos lignes et prendre pied dans un élément de tranchée d'où nous les avons rejetées, après un vif combat.
Nous avons pénétré dans une tranchée allemande vers Beauséjour, détruit des abris et ramené du matériel.
Sur la rive droite de la Meuse, canonnade vers Bezonvaux.
Rencontre de patrouilles en Haute-Alsace. Dans les dix derniers jours, nous avons abattu 15 avions allemands.
Les Allemands continuent à contre-attaquer en Flandre. Ils subissent des pertes considérables. Ils ont échoué dans une tentative à l'ouest de St Julien et sur plusieurs autres points. Nos alliés gardent leurs lignes intactes. En particulier, les ennemis ont été fauchés à l'est de Langemarck.
Les Russes ont perdu la tête de pont de Jacobstadt, sur la Dwina inférieure.
L'Allemagne et l'Autriche ont répliqué à la note du pape. Elles ne fournissent aucune précision, en ce qui touche les questions de territoire.

Lundi 24 septembre
Les Allemands ont attaqué de nouveau après un violent bombardement, nos positions de la région de Maisons-de-Champagne. Nos feux ont brisé l'attaque avant qu'elle est pu aborder nos lignes. La lutte d'artillerie a été vive dans la région des Monts. Un coup de main ennemi vers le mont Haut, n'a donné aucun résultat. Nous avons pénétré dans les lignes allemandes au sud de Vaudesincourt et opéré des destructions importantes.
En Woëvre, une tentative allemande sur nos tranchées, entre Fay et Regnéville, a également échoué. Nous avons fait des prisonniers.
Les troupes britanniques ont exécuté avec succès un coup de main au nord-est de Gouzeaucourt. Elles ont infligé de sérieuses pertes à l'ennemi.
Canonnade dans le secteur d'Ypres.
En Macédoine, la lutte d'artillerie se poursuit sur le Vardar. Des coups de main des Bulgares ont été repoussés, notamment dans le secteur italien. Un détachement français a accompli un raid heureux en contact avec les contingents albanais d'Essad pacha, dans la vallée de Skumbi. Il a fait 442 prisonniers.

Mardi 25 septembre
Sur le front de l'Aisne, la lutte d'artillerie s'est poursuivie très vive dans la région Braye-Cerny-Hurtebise. Nous avons repoussé un coup de main sur nos petits postes au nord de Braye-en-Laonnois.
Sur la rive droite de la Meuse, après un violent bombardement, les Allemands ont attaqué nos tranchées au nord du bois le Chaume, sur une étendue de 2 kilomètres. Menée par quatre bataillons, appuyée par des troupes spéciales d'assaut, l'attaque a été désorganisée par nos feux et a été impuissante à aborder nos lignes sur la plus grande partie du front attaqué. Dans quelques éléments de tranchée, au centre, où l'ennemi avait réussi à prendre pied, un violent combat s'est engagé qui a fini à notre avantage. Nos soldats ont infligé de lourdes pertes à l'adversaire et sont restés maîtres de leurs positions. Au même moment, deux attaques secondaires, prononcées l'une au nord de Bezonvaux, l'autre au sud-est de Beaumont, subissaient également un sanglant échec, grâce à la vaillance de nos troupes, qui se sont portées avec fougue au devant de l'assaillant. Nous avons encore repoussé deux tentatives.
Sur le front de Macédoine, canonnade active sur le Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Une attaque bulgare, qui avait pris pied à l'est de lac Prespa, a été chassée de la position par une contre-attaque.


Mercredi 26 septembre
Une lutte d'artillerie très vive se maintient dans les régions d'Hurtebise et de Craonne et sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur du bois de Chaume. Sur ce dernier point, l'ennemi a renouvelé ses tentatives pour pénétrer dans nos tranchées. Malgré un emploi intensif de lance-flammes, il a été repoussé avec de lourdes pertes sans obtenir aucun avantage.
Nos avions ont effectué diverses opérations de bombardement : 10000 kilos de projectiles ont été jetés au cours de ces opérations, notamment sur les gares de Cambrai, Luxembourg, Longuyon, Brieulle. Plusieurs incendies ont éclaté dans les bâtiments bombardés.
Nos alliés britanniques ont exécuté avec succès un coup de main à l'est d'Epehy : ils ont fait un certain nombre de prisonniers. L'ennemi qui tentait d'enlever un poste avancé au nord-est de Lens, a été rejeté à la suite d'un combat à la grenade.
Activité d'artillerie aux alentours d'Ypres.
Au petit jour, et grâce à un épais brouillard, l'ennemi a lancé une forte contre-attaque à la hauteur de Towerhamlet et du bois du Polygone. Il a été repoussé sur la plus grande étendue de ce front, mais en deux points, au nord de la route Ypres-Menin au au sud du bois du Polygone. Il a réussi à pénétrer dans les tranchées. Il a été ensuite rejeté des positions qu'il avait occupées. Nos alliés ont rétabli tout leur front.
Les Italiens ont brisé une offensive autrichienne au Monte Nero et d'autres attaques à l'est de Gorizia.
Les Russes ont arrêté une attaque allemande en Livonie et réussi un coup de main sur le front roumain.
Dans une note complémentaire au Vatican, l'Allemagne promet de reconnaître l'indépendance de la Belgique sous des conditions qui lui donneraient un pouvoir de tutelle sur ce pays. On considère toutefois que ce premier pas a coûté au Kaiser.
Guynemer est déclaré disparu.

Jeudi 27 septembre
Activité marquée des deux artilleries en quelques points du front de l'Aisne et sur la rive droite de la Meuse. Nos batteries ont pris sous leur feu et dispersé des rassemblements ennemis au nord de Beaumont. Deux avions allemands ont été abattus et deux autres gravement endommagés.
Les gares de Roulers et de Lichtervelde, les cantonnements de Nantillois, les gares de Brieulles, de Metz-Woippy, etc, ont été copieusement arrosés de projectiles par nos escadrilles.
Nos alliés britanniques ont attaqué sur un large front dans le secteur de bataille à l'est et au nord-est d'Ypres. Les rapports signalent une avance très satisfaisante.
Un coup de main a été effectué à l'est de Gouzeaucourt par des troupes de Suffolk qui ont rencontré une vigoureuse résistance. Deux abris occupés ont été détruits et de nombreux ennemis ont été, en outre, tués à la baïonnette.
En Macédoine, la canonnade a réduit son intensité, sauf sur la Basse-Strouma, où elle a pris une certaine activité.
Les aviateurs britanniques et serbes ont bombardé les campements bulgares aux environs de Demir-Hissar et de Doiran.
Les zeppelins et les avions allemands ont accompli en Angleterre deux nouveaux raids, dont l'un aux abords de Londres. Il y a eu des victimes.



Vendredi 28 septembre
Sur le front de l'Aisne, les Allemands ont manifesté une particulière activité. Après un violent bombardement de nos positions, depuis les Vaux-Mérous jusqu'à l'ouest de Cerny, l'ennemi a attaqué au sud de l'arbre de Cerny, mais il a dû, sous nos feux, regagner ses lignes non sans avoir subi de lourdes pertes. Une seconde attaque, déclenchée entre le plateau des Casemates et le plateau de Californie, a été également refoulée.
Deux coups de main allemands : l'un sur la rive droite de la Meuse, dans la région de Beaumont; l'autre en Alsace, dans la région du Linge, ont complètement échoué.
L'attaque anglaise entre Tower-Hamlet et St-Julien a fort bien réussi. Nos alliés ont achevé la conquête de l'éperon de Tower-Hamlet et livré un combat victorieux au nord de la route d'Ypres à Reims. Ils ont chassé l'ennemi de ses positions. Plus au nord, les Australiens ont enlevé le reste du bois du Polygone. A leur gauche, les Anglais, Ecossais et Gallois ont pénétré de 1600 mètres en profondeur dans les lignes allemandes et pris Zonnebecke. Entre St-Julien et Gravenftatel, l'avance a été de 2400 mètres. Toutes les contre-attaques allemandes ont été repoussées. Plus de 1000 prisonniers ont été faits. 17 aéroplanes ennemis ont été abattus.
Les Allemands ont tenté des reconnaissances dans le golfe de Riga.
Les Anglais continuent à bombarder journellement le littoral flamand.

Samedi 29 septembre
Les Allemands ont tenté une série de coups de main sur le front de l'Aisne, dans la région du Panthéon, au sud de la Royère, dans la région au sud d'Ailles et sur nos tranchées, au nord-est de Courcy. Tous ont été repoussés par nos feux.
En Argonne, au Four-de-Paris, puis au nord-ouest de Tahure et à l'ouest de la ferme Navarin, l'ennemi a lancé sur nos positions trois attaques successives, mais nos tirs d'artillerie et d'infanterie l'ont empêché d'aborder nos lignes et lui ont fait subir de lourdes pertes.
Vives actions d'artillerie sur la rive droite de la Meuse, en particulier dans la région de la cote 344.
Malgré les conditions atmosphériques défavorables, nos escadrilles de bombardement ont, au cours de la nuit, copieusement arrosé de projectiles les terrains d'aviation de Marville et de Mars-la-Tour, les gares de Brieulles, Fléville et Romagne-sous-les-Côtes, les cantonnements de Peuvillers et de Sivay-sur-Meuse.
Les Anglais ont brisé une contre-attaque ennemie sur leurs positions de Zonnebeke. Ils ont enlevé, au sud de Tower-Hamlet et du bois du Polygone, des points d'appui isolés où des groupes ennemis tenaient encore à proximité de leurs nouvelles positions. Ils ont effectué avec succès un coup de main au sud-ouest de Cherisy.
Canonnade au sud de Lens.

Dimanche 30 septembre
Aucune action d'infanterie.
La lutte d'artillerie a pris une assez grande intensité sur le front de l'Aisne, notamment dans les secteurs du Panthéon et d'Hurtebise.
Sur la rive droite de la Meuse, le bombardement continue, violent de part et d'autre, dans la région au nord du bois le Chaume. Deux avions allemands ont été abattus par nos pilotes.
Des escadrilles ont bombardé les terrains d'aviation de Staden, Roulers, Cortemark et les cantonnements de la région.
Sur le front belge, activité d'artillerie normale. De nombreuses patrouilles allemandes ont tenté de faire des incursions dans les lignes de nos alliés. Leurs tentatives ont été vaines sauf sur un point, d'où l'agresseur a été, d'ailleurs, aussitôt chassé.
En Macédoine (Strouma et Vardar), activité d'artillerie assez sérieuse de part et d'autre. Rencontres de patrouilles sur la Strouma et dans la vallée de Devoli.
Les Russes ont perdu un contre-torpilleur qui a coulé sur une mine.
Les troupes italiennes, par un coup de main bien réussi, ont rectifié leur ligne entre la Serra di Dol et les pentes nord du San Gabriele. Elles ont capturé 8 officiers et 216 hommes. Malgré les retours offensifs de l'adversaire, elles ont maintenu leurs positions. Les avions italiens ont bombardé la zone de Voichazza (Carso) et la place de Pola.