Nos villes de province mutilées








Les deux grandes cités, Saint-Quentin et Amiens détruites



Lorsque d'un simple coup d'oeil l'on regarde les deux photographies, il semble que toutes les maisons sont intactes. C'est un dangereux mirage. Cette impression est ressentie quand nous approchons d'un village par un beau temps de printemps. Avec quelques toits de tuiles rouges, l'église et un monument, le village conserve son aspect accueillant, prometteur d'une heureuse étape, tandis qu'en réalité il ne reste rien. Les toits laissent couler l'eau dans les pièces délabrées, les intérieurs sont saccagées, les meubles ont disparus. Etudiez ces photos, vous verrez combien il y a de toits crevés, de maisons en ruines, sans parler du pillage pour Saint-Quentin et de l'incendie pour Amiens.











Des cités de Montdidier et de Grivesnes, il ne reste que des ruines



Au milieu des coteaux boisés de la Picardie, Montdidier, grimpàée sur une petite colline, faisait une tache blanche et gaie, la ville était propre et très animée; elle reçut quelques obus lancés par un canon à longue portée au moment de la retraite de 1917, mais n'en souffrit pas trop. Hélas! prise en 1918 dans l'offensive de Ludendorff, elle resta aux mains de l'ennemi pendant plusieurs mois et fut complètement rasée. Il en est de même pour le délicieux village de Grivesnes, noyé dans le parc de son château. Violemment disputé aux envahisseurs, Grivesnes resta en notre pouvoir, un bataillon de chasseurs à pied s'illustra dans la défense du parc. il ne reste plus que des tas de pierres de ce frais village de Picardie.












Noyon est entièrement saccagé. Moreuil n'a plus une maison



"Les Allemands sont toujours à Noyon", écrivait souvent M.Clemenceau, avant d'être président du Conseil, pour rappeler à tous que Paris pouvait être menacé brusquement. Ils y restèrent longtemps, partirent, puis revinrent avec la vague de destruction lancée par Ludendorff et qui devait être la dernière. Lors de leur premier départ, Noyon ne fut pas trop saccagé, mais quand il fallut partir pour la dernière fois et qu'ils sentirent que ce devait être pour ne plus jamais revenir, les Allemands incendièrent complètement cette pauvre ville. Moreuil, qui fut occupé par un état-major d'armée, se trouva placé au terme de l'avance allemande de 1918 et disputé à l'ennemi maison par maison; il fut détruit systématiquement.










Et voici ce qui reste de Roye et de Hangard-en-Santerre



Des matériaux de toutes sortes sur les bords des routes défoncées, c'est tout ce qui reste de Royet et Hangard-en-Santerre. Pendant l'offensive franco-anglaise, de septembre 1916, les cheminées de la rafinerie de Roye marquaient un but à nos soldats. Quant ils préparèrent leur retraite stratégique de 1917, les Allemands firent sauter ces cheminées; ce fut le premier indice de repli. En pénétrant dans Roye, à cette époque, nos soldats ne trouvèrent que des ruines. Le village de Hangard-en-Santerre, centre de ravitaillement important pendant la bataille de la somme, a été rasé en 1918, lors de l'offensive de Ludendorff; il avait peu souffert jusqu'à cette date et représentait pour les combattants un lieu de demi-repos.



Octobre 1918