Vendredi 1er octobre
En Belgique, notre artillerie lourde a appuyé l'action de la flotte britannique contre les batteries de la côte.
En Artois, pas d'action importante.
Activité ennemie aux environs de Roye. Une forte reconnaissance a été dispersée par notre feu.
Devant Beuvraignes, nous avons fait exploser plusieurs mines et bouleversé les tranchées allemandes.
En Champagne, nous avons pris pied sur plusieurs points de la seconde ligne allemande, à l'ouest de la butte de Tahure et à l'ouest de la ferme de Navarin. En ce dernier point, certains éléments de nos troupes ont franchi la ligne ennemie, mais ils n'ont pu maintenir leur progression devant les tirs de barrage. Une violente action s'est engagée pour la possession de l'ouvrage dit de la " Défaite ".
A l'heure actuelle, 121 pièces de canons ont été prises par nous en Champagne.
Nos avions ont bombardé les gares de Cuignicourt, de Bazancourt, Warmériville, Pont-Faverger, Saint-Hilaire-le-Petit, ainsi qu'une colonne en marche vers Somme-Py.
Les Russes ont encore obtenu quelques succès sur l'ensemble du front.
M. Venizélos a prononcé un important discours à la rentrée de la Chambre hellénique; il y a déclaré que la situation était grave, et a évoqué indirectement le traité qui lie la Grèce à la Serbie.

Samedi 2 octobre
Nous progressons en Artois. Après avoir repoussé deux contre-attaques allemandes dans le bois de Givenchy et à la cote 119, nous avons gagné du terrain à Givenchy, fait 61 prisonniers et délivré des Français que l'ennemi avait capturés.
Canonnade et fusillade au nord de l'Aisne, près de Soupir.
Une contre-attaque allemande a été brisée net près de Maison-de-Champagne. Un coup de main entre Auberive et l'Epine de Vedegrange nous a permis d'enlever de nouvelles mitrailleuses et une trentaine de prisonniers. Les Allemands ont dirigé sur quelques-unes de nos nouvelles positions un bombardement intermittent auquel nos batteries ont efficacement répondu.
Un bombardement de nos tranchées en Argonne, au nord de Houyette, a été enrayé par un tir de représailles.
Nous avons canonné a longue distance des trains en gare de Vigneulles-les-Hattonchâtel et provoqué de violentes explosions. Les Allemands ont lancé, à longue portée, des obus sur Verdun et Nomény.
Notre dirigeable Alsace a bombardé Amagne-Lucquy, la gare d'Attigny et celle de Vouziers. Il est rentré à son port d'attache.
Sur le front belge, combat d'artillerie.
Les Russes condidèrent que la nouvelle offensive dirigée sur leur front par Hindenburg a totalement échouée. En tout cas, ils redressent leurs lignes dans la région de Dwinsk, et les journaux allemands reconnaissent qu'ils ont progressé sur plusieurs points.
La situation est devenue très grave dans les Balkans.



On connaît les conditions dans lesquelles nos troupes ont enlevé en Artois l'importante
position de Souchez convoitée depuis si longtemps. Située au bord de la voie ferrée
de la ligne de Frévent à Lens, le village de Souchez avait 1232 habitants.
 
Dimanche 3 Octobre
Notre artillerie lourde coopère avec la flotte britannique au bombardement de la côte belge.
En Artois, canonnade réciproque dans la région de Souchez et de Neuville-Saint-Vaast. Nous progressons sensiblement sur les hauteurs de la Folie.
En Champagne, les Allemands canonnent (en faisant parfois usage d'obus suffocants) nos nouvelles lignes près de l'Epine de Védegrange et de la ferme de Navarin. Nom avons conquis un nouvel élément des positions ennemies au nord de Mesnil.
Canonnade réciproque près de Berry-au-Bac et de Sapigneul.
Deux fortes reconnaissances allemandes sont repoussées par nous en Lorraine, près de Moncel et de Sornéville.
Nous abattons un ballon captif allemand. Soixante-cinq de nos avions bombardent les gares de Vouziers et de Challeranges.
Les Anglais ont conservé toutes leurs positions au nord-ouest de Hulluch.
Les Russes avancent sur tout le front. Ils ont remporté des succès signalés dans la région lacustre au sud de Dwinsk et ont rejeté les Allemands au delà de la Chara. Leurs effectifs s'augmentent d'ailleurs rapidement.
Les Italiens livrent des combats acharnés pour la possession de Tolmino.
La concentration bulgare s'opère à la fois à la frontière serbe et à la frontière grecque.  


Lundi 4 octobre
Entre Souchez et Givenchy, nous avons repoussé toute une série d'attaques à la grenade. Nous avons ensuite progressé en enlevant un blockhaus et des retranchements au sud du bois de Givenchy.
Bombardement réciproque assez violent au sud de la Somme, aux environs de Beaufort et de Bouchoir.
En Champagne, nous brisons une contre-attaque allemande contre les positions que nous avions conquises au nord de Mesnil.
L'ennemi a bombardé notre arrière-front avec des obus suffocants, particulièrement dans la vallée de la Suippe. Mais notre artillerie, prenant à partie les batteries allemandes, a réduit plusieurs d'entre elles au silence.
Bombardement réciproque dans l'Argonne.
Des attaques ennemies ont été refoulées entre le col de Sainte-Marie et le col du Bonhomme (Vosges).
Nos avions ont opéré au-dessus de la gare, du pont du chemin de fer et des bâtiments militaire de Luxembourg.
Les Anglais ont reconquis dans le Nord, plusieurs éléments de tranchées.
La Bulgarie publie une note pour dire que l'intervention franco-anglaise en Macédoine hâtera l'explosion du conflit.
Une escadrille russe a bombardé Zunguldak dans la mer Noire.
Les Allemands se mettent sur la défensive devant Dwinsk.



Le château de Carleul, dont il a été si souvent question, est également détruit.
 
Mardi 5 octobre
La lutte s'est poursuivie en Artois. A la cote 119, nous occupons le carrefour des Cinq-Chemins, puis l'ennemi y reprend pied. Partout ailleurs, les Allemands sont repoussés, malgré la violence de leurs contre-attaques réitérées.
Lutte d'engins de tranchées au sud de la Somme, dans le secteur de Lihons et de Chaulnes, ainsi qu'au nord de l'Aisne, dans la vallée de la Miette et aux environs de Sapigneul.
Nous avons abattu un taube et capturé les deux aviateurs.
En Champagne, bombardement réciproque près de la ferme Navarin. L'ennemi dirige des obus suffocants sur notre arrière-front. Deux contre-attaques ont été par nous dispersées près de Mesnil.
Dans l'Argonne orientale, nos batteries lourdes ont pris sous leur feu une colonne ennemie en marche de Baulny sur Apremont.
Une attaque allemande a été refoulée à Celles-sur-Plaine, dans les Vosges. Bombardement à l'Hartmannswillerkopf.
Une escadrille de nos avions a jeté 400 obus sur la gare des Sablons, à Metz.
Les Anglais, attaqués par les Allemands, près d'Hulluch, ont tenu ferme. Mais plus au nord, ils ont reperdu la plus grande partie de la redoute Hohenzollern.
La situation des Russes se consolide sur tout le front oriental. Ils ont détruit des canons et capturé des prisonniers.
La Russie a adressé au cabinet de Sofia une note très énergique à laquelle les autres puissances de la Quadruple Entente se sont associées et qui laisse prévoir le rappel des agents diplomatiques.

 


Mercredi 6 octobre
Violent bombardement de part et d'autre sur tout le front, au nord de la Scarpe et à l'est d'Arras.
Combat de bombes et de torpilles dans les secteurs de Quennevières, de Vic-sur-Aisne et sur le plateau de Nouvron.
En Champagne, canonnade réciproque dans la région de l'Epine-de-Vedegrange, près de la ferme de Navarin et de la butte de Souain. L'ennemi se sert toujours d'obus suffocants contre notre arrière front.
Lutte d'artillerie en Argonne (secteur de Houyette), aux Eparges, en forêt d'Apremont, et en Lorraine, près de Moncel, d'Arracourt et d'Ancerviller.
L'ennemi a tenté un coup de main contre nos postes à l'est d'Orbey, dans les Vosges. Il a été complètement repoussé.
Notre dirigeable Alsace a été capturé par les Allemands près de Rethel. Nos escadrilles d'avions ont opéré près de Péronne.
Les Russes ont à nouveau remporté une série de succés et l'on considère le plan de Hindenburg comme désormais avorté.
M.Venizelos, bien qu'ayant obtenu la majorité à la Chambre pour une politique de coopération avec la Quadruple Entente, a démissionné à la suite d'un entretien avec le roi Constantin.

Jeudi 7 octobre
Notre action en Champagne a abouti à de nouveaux et sérieux résultats.
Nos troupes d'infanterie, après une solide préparation d'artillerie, ont enlevé d'assaut le village de Tahure et atteint le sommet de la butte de ce nom qui formait point d'appui dans la seconde ligne de résistance ennemie.
Nous avons aussi progressé près de la ferme Navarin.
Le chiffre des prisonniers est d'un millier.
Combats d'artillerie en Artois (Givenchy), en Argonne (La Harazée), au bois Le Prêtre, en Lorraine (Leintrey, Reillon, Badonviller) et dans les Vosges (Metzeral).
Bombardement sur le front belge.
Les Russes ont remporté quelques avantages autour de Dwinsk. Les Allemands se retranchent devant cette place.
Le roi de Grèce a offert le pouvoir à M. Zaïmis, un ami de M. Venizélos.
Les ministres de la Quadruple Entente et le ministre serbe, jugeant la réponse de M. Radoslavof insuffisante, ont demandé leurs passeports.

Vendredi 8 octobre
Bombardement violent et réciproque, sans action d'infanterie, dans le secteur belge.
Activité d'artillerie en Artois; nous avons légèrement progressé au sud de Thelus, près de la route d'Arras à Lille.
Nous avons fait échouer un coup de main de l'ennemi sur un de nos postes avancés au sud de Roye.
Nos batteries, sur l'Aisne, ont provoqué deux explosions dans les lignes ennemies, dans la région de Juvincourt, et incendié la gare de Guignicourt.
En Champagne, les Allemands ont prononcé deux contre-attaques à l'ouest de la ferme Navarin. ILs ont été repoussés avec des pertes sérieuses.
Combats de bombes et de grenades en Argonne (Fille-Morte, Haute-Chevauchée).
Canonnade en Lorraine (Arracourt, Bures, Reillon, Badonviller).
Une reconnaissance allemande est dispersée à l'est de Sondernach.
Nous avons détruit en Champagne un ballon captif ennemi.
Avances russes et progression italienne.
Le cabinet grec s'est formé sous la présidence de M. Zaïmis. Il comprend les anciens présidents du Conseil, entre autres MM. Theotokis et Gotinaris.
L'agent diplomatique bulgare à Rome a été rappelé.
Trois classes nouvelles ont été convoquées en Italie.

Samedi 9 octobre
Les Allemands, après un violent bombardement, dirigent une attaque intense contre Loos (près de lens). Ils sont complètement repoussés avec de très grosses pertes.
Au nord d'Arras, canonnade vers Souchez et ses abords, ainsi que sur la crête de Vimy.
Activité de l'artillerie ennemie, et ripostes de la nôtre, dans la région de Roye et au nord de l'Aisne, vers Tracy-le-Val et au bois Saint-Mard.
En Champagne, les Allemands bombardent nos positions entre les routes de Saint-Hilaire à St-Souplet et de Souain à Somme-Py. Nous avons répondu et fait de sensibles progrès au sud de Tahure. Nous avons pris pied dans l'ouvrage dit du " Trapèze ", enlevé deux fortins et capturé 200 prisonniers.
A Malancourt (Argonne orientale), une de nos mines a bouleversé les travaux de sape de l'ennemi.
Canonnade au bois Le Prêtre et dans les Vosges.
Les Russes ont remporté un important succés près de Smorgony, où ils ont occupé des positions aménagées par les Allemands.
Les Austro-Allemands prétendent avoir rassemblé 350000 hommes à la frontière serbe.
Un grand conseil de guerre s'est tenu à Londres, entre ministres anglais et ministres français.
Le nouveau cabinet grec Zaïmis proclame sa volonté de maintenir une neutralité sympathique aux alliés.

Dimanche 10 octobre
Les Allemands, bien qu'ils aient déjà subi sur ce point de lourdes pertes, ont renouvelé leurs attaques contre nos tranchées devant Loos. Ils ont été refoulés dans les leurs.
Ils ont été repoussés également au sud-est de Neuville-Saint-Vaast.
Violent bombardement de part et d'autre sur tout le front d'Artois.
Des démonstrations ennemies ont été arrêtées à l'est de Souchez; d'autres ont eu le même sort, sur l'Aisne, près du Godat.
Canonnade à Lihons, à Quennevières et à Nouvron.
En Champagne, nous avons rejeté une contre-attaque à l'est de la ferme Navarin et une autre contre la butte de Tahure.
Lutte de bombes en Argonne et sur les Hauts-de-Meuse.
Plusieurs reconnaissances allemandes ont été dispersées sur le front de Lorraine.
Les Russes ont progressé dans plusieurs secteurs, capturant en tout 4000 prisonniers.
Les Austro-Allemands ayant franchi le Danube et la Save, en face de Belgrade, ainsi qu'à l'est et à l'ouest de cette ville ont subi une série d'échecs qui leur ont occasionné de lourdes pertes.
La Bulgarie a protesté auprès de la Grèce contre les facilités que cette dernière a offertes au débarquement franco-anglais à Salonique.

Lundi 11 octobre
Actions réciproques d'artillerie en Belgique, près de Lombaertzyde, et sur tout le front d'Artois.
Lutte très vive d'engins de tranchées dans la région de Lihons et au nord de l'Avre.
Bombardement à Quennevières et Nouvron.
En Champagne, nous avons encore progressé au nord-est de Tahure; par un brillant assaut, nous nous sommes rendus maîtres d'une nouvelle tranchée allemande, au sud-est du village.
Bombardement en Argonne (Courtes-Chausses, la Fille-Morte) et entre Meuse et Moselle (Flirey).
Lutte de bombes et de torpilles dans les Vosges, à l'Hartmannwillerkopf.
Nous avons abattu un taube à Puvenelle, au sud de Pont-à-Mousson. Une de nos escadrilles a jeté cent obus sur les gares de l'arrière front de Champagne.
Les Anglais ont à nouveau progressé dans la région de Loos-Lens. Ils ont infligé de grosses pertes à l'ennemi.
Les Italiens ont rejeté une offensive dans le Carso.
Les Russes, dans différents secteurs de leur front, ont capturé encore 1800 prisonniers.
Les Serbes ont perdu Belgrade, mais partout ailleurs refoulé les Austro-Allemands. Un traité secret bulgaro-allemand donnerait aux Bulgares Salonique et Cavalla. Sa publication fait grande impression à Athènes.

Mardi 12 octobre
Progrès sensibles de nos troupes à l'ouest du chemin de Souchez à Angres, dans la vallée de la Souchez et à l'est du fortin du bois de Givenchy.
Nous gagnons du terrain sur les crêtes de la Folie. Cent prisonniers appartenant à la garde sont restés entre nos mains.
En Champagne, nous avons progressé au nord-est de Tahure et enlevé un ouvrage allemand au sud-est du village, près du ravin de la Goutte. Nous avons capturé 108 prisonniers, dont deux officiers.
Notre artillerie contrebat efficacement l'artillerie allemande.
Canonnades aux Eparges, au bois Le Prêtre, à Reillon en Lorraine, et dans les Vosges, à Steinbach et près de Thann.
Les renseignements recueillis par l'état-major britannique prouvent que l'échec subi par les Allemands au sud du canal de la Bassée a été des plus sérieux.
L'offensive russe s'accentue en Bukovine. L'action entre les armées austro-allemandes et serbes se déploie sur un très vaste front le long du Danube, du Drin et de la Save. Les Serbes ont repoussé victorieusement les agresseurs.
Le courant de l'opinion italienne se manifeste de plus en plus énergiquement en faveur d'une intervention dans les Balkans.
Les partis roumains favorables à la Quadruple Entente demandent une réponse à M. Bratiano au sujet de l'opportunité d'une mobilisation générale.
M. Viviani, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères par intérim, a fait une déclaration à la Chambre sur la question d'orient. Il a dit que la Russie associerait son action militaire à la nôtre.

Mercredi 13 octobre
L'ennemi bombarde des tranchées que nous lui avons prises au nord-est de Souchez. Pendant cette action, nous avons capturé 164 hommes et 3 officiers.
Canonnnade au sud de la Somme (Tilloloy et Piennes), et sur l'Aisne (Nouvron).
L'ennemi lance des obus sur Soissons : nous effectuons un tir de répression efficace.
Nous accentuons notre progression en Champagne vers le ravin de la Goutte que nous dominons sur un large front.
Nous repoussons une attaque près de Manhoué en Lorraine, et une autre beaucoup plus considérable dans les Vosges, au Linge et au Schratzmaennele.
Les Russes refoulent l'ennemi aux alentours de Dwinsk; ils ont accompli des progrès marqués sur le Styr, et sur la Strypa, en Galicie. Ils ont franchi ce fleuve, pris 2000 Autrichiens, 4 canons et 10 mitrailleuses.
Les Bulgares ont attaqué les Serbes avec deux divisions sur le Timok; ils ont échoué.
Les autorités turques de Beyrouth ont violé notre consulat malgré la résistance du consul américain chargé de la défense de nos intérêts.
M.Delcassé a donné sa démission de ministre des Affaires étrangères. M. Viviani, président du Conseil, sans portefeuille, remplace M. Delcassé à la direction des affaires extérieures.

Jeudi 14 octobre
La Bulgarie déclare la guerre à la Serbie

L'ennemi a renouvelé avec des forces importantes ses attaques au nord-est de Souchez, à l'est du chemin de Souchez à Angres, contre nos positions aux abords des Cinq-Chemins, sur la crête de Vimy, contre le fortin précédemment conquis par nous dans le bois de Givenchy et quelques tranchées avoisinantes.
L'ennemi, en dépit de la violence du bombardement, n'a pénétré que dans quelques éléments de tranchées. Partout ailleurs, il a été repoussé avec des pertes très élevées.
Combats d'artillerie au sud de la Somme, dans le secteur de Lihons, en Champagne, au nord de Souain et de Massiges, en Argonne et entre Meuse et Moselle.
Plusieurs attaques allemandes ont été dissipées par notre feu, au Linge, dans les Vosges.
Les Russes ont remporté un brillant succès sur la Strypa, en Galicie, et l'on prévoit l'évacuation de la Bukovine par les Autrichiens.
Les Austro-Allenlands ont été à plusieurs reprises repoussés par les Serbes devant Semendria. Les Bulgares ont été rejetés devant Vrania, entre Nisch et Uskub.
Le cabinet Viviani, interrogé sur les affaires d'Orient, a repoussé le comité secret et a obtenu un vote de confiance.

Vendredi 15 octobre
La Grande-Bretagne et le Monténégro déclare la guerre à la Bulgarie

Actions d'artillerie en Artois (vallée de Souchez et bois de Givenchy).
Canonnades réciproques sur le front de l'Aisne, près de Reims, et en Champagne (Auberive, ferme Navarin).
Combats à coups de bombes et de torpilles sur les Hauts-de-Meuse (secteur de Calonne et de Troyon).
En Lorraine, les Allemands bombardent vigoureusement nos positions dans la région de Reillon. Nos batteries ripostent avec efficacité. Vingt de nos avions ont opéré à la gare de Bazancourt (arrière-front de Champagne). Nous avons abattu un ballon captif près de Monthois et un taube au nord de l'Aisne.
Un raid de zeppelins a eu lieu sur la banlieue londonienne. Il y a eu huit morts et trente-quatre blessés. Un zeppelin a survolé la région de Château-Thierry sans y provoquer de pertes humaines.
Les Russes accentuent leur succès en Galicie orientale.
M. Viviani a annoncé au Sénat qu'il y avait lieu de penser que l'Italie nous donnerait son concours dans les Balkans.
L'artillerie serbe a fauché les régiments macédoniens à l'est de Nisch.
Sir Edward Grey a fait aux Communes un exposé de la situation balkanique.

Samedi 16 octobre
L'Italie et la France déclare la guerre à la Bulgarie

Violent bombardement en Artois (Loos, le « Bois-en-Hache », le bois de Givenchy).
A la faveur du bombardement qu'il poursuit en Champagne, l'ennemi a pu reprendre pied à l'est d'Auberive, dans une de ses anciennes tranchées.
Dans l'Argonne, l'explosion d'une de nos mines a bouleversé les abords des lignes ennemies.
En Lorraine, nous avons repris des éléments de tranchées, où l'ennemi s'était maintenu au nord de Reillon. Nous avons fait cinquante prisonniers.
Dans les Vosges, les Allemands ont prononcé une forte attaque sur un front de cinq kilomètres. L'assaut préparé par des rafales d'obus et de grosses bombes avec projection de pétrole enflammé, a été repoussé sur la presque totalité du front; l'ennemi n'a réussi à réoccuper que des tranchées situées au sommet de l'Hartmannswillerkopf.
Notre canonnade a bouleversé les tranchées allemandes et démoli deux blockhaus au Violu.
Les Russes ont livré de violents combats, souvent heureux devant Dwinsk et à l'ouest du Sereth, en Galicie.
Les Bulgares ont attaqué sur toute la ligne les Serbes qui résistent énergiquement. La Serbie a notifié aux chancelleries sa déclaration de guerre au cabinet de Sofia.
La Roumanie a décidé de prolonger sa neutralité.
Un sous-marin anglais a détruit un torpilleur allemand au large des côtes danoises.

Dimanche 17 Octobre
Une nouvelle attaque allemande a été repoussée, en Artois, dans le « Bois-en-Hache » et dans la vallée de la Souchez.
Combats de tranchée à tranchée et canonnade au sud de la Somme (Lihons, le Quesnoy-en-Santerre).
Bombardement, par les Allemands, de notre arrière-front de Champagne avec emploi d'obus lacrymogènes. Notre artillerie riposte.
Lutte de bombes et de grenades en Argonne (La Houyette, Vauquois).
Une contre-attaque dans les Vosges nous a permis de reprendre nos positions à la cime de l'Hartmannswillerkopf et de capturer en même temps un fortin tenu par l'ennemi.
Nos avions ont bombardé la gare des Sablons, à Metz. Un train a dû s'arrêter.
Sur le front russe, les combats se poursuivent dans les régions du Pripet et de la Strypa.
Les sous-marins anglais continuent leurs opérations heureuses dans la mer Baltique.
L'Angleterre a déclaré la guerre à la Bulgarie.
Nos troupes qui ont débarqué à Salonique se mettent en posture de couvrir le chemin de fer du Vardar.
Le gouvernement italien publie de nouvelles notes officielles pour affirmer son entière solidarité avec les autres puissances alliées en Orient.

Lundi 18 octobre
En Artois, nous enlevons une forte barricade près de Neuville-Saint-Vaast et nous nous y maintenons aprés avoir repoussé deux contre-attaques. Violents combats d'artillerie devant Loos, au « Bois-en-Hache », à l'est de Souchez. Progression près de Givenchy.
Bombardement réciproque près de Lihons. Combats à la grenade sur l'Aisne, aux environs du Godat.
Bombardement intense et réciproque en Champagne, et en particulier autour de Tahure.
Nous avons, en Lorraine, gagné 100 mètres de tranchées au nord de Reillon, après un combat opiniâtre. Notre canonnade a allumé plusieurs incendies près de Leintrey, Amenoncourt et Gondrexon. Toutes les contre-attaques ennemies, dans ce secteur, ont été brisées.
Nos avions ont bombardé les centres de ravitaillement allemands de Maizières, d'Azoudange et la gare d'Avricourt. Une escadrille a jeté 30 obus sur la ville de Trèves qui a été ainsi atteinte pour la seconde fois.
La situation apparaît calme aux Dardanelles.
Les Russes ont repoussé l'ennemi sur l'Eckau, sur la Duna et sur la Strypa. Les Allemands, sur ce front, passent à la défensive.
Les Serbes ont infligé une série d'échecs, sur leurs deux fronts, aux Austro-Allemands et aux Bulgares.
La France a constaté que l'état de guerre existait entre elle et la Bulgarie.
Six transports allemands ont été coulés dans la Baltique.

Mardi 19 octobre
Les Allemands ont fait mine de nous attaquer en Artois, ayant massé d'importants effectifs dans leurs tranchées du Bois-en-Hache et de la vallée de la Souchez. Notre artillerie, par un barrage énergique, les a empêchés de déboucher.
Lutte d'artillerie à notre avantage au sud de la Somme, aux environs de Tilloloy et de Saint-Léocade.
Nos patrouilles ont fait des prisonniers sur la rive gauche de l'Aisne.
Bombardement actif en Champagne. Nos batteries ont provoqué l'explosion d'un important dépôt de munitions.
Vifs combats à la grenade dans les Vosges, au Schratzmaennele; canonnades à l'Hartmannswillerkopf et dans la vallée de la Thur.
Les Russes ont progressé dans la région des lacs au nord, et dans la région du Pripet.
Les troupes serbes, françaises et anglaises combinées se sont heurtées aux Bulgares, à Valandovo. Le général Sarrail a pris le commandement du corps expéditionnaire.
L'Italie participera au bombardement de Dédéagatch.
Les troupes italiennes ont remporté un sérieux succès dans le Trentin, aux environs immédiats de Riva (lac de Garde).

Mercredi 20 octobre
Les Allemands ont procédé à trois sérieuses attaques dans le « Bois-en-Hache » (nord-est de Souchez). Ils ont été repoussés par notre infanterie et par nos batteries.
Fusillade très vive au sud de la Somme, dans le secteur de Lihons.
Violente attaque ennemie sur un front de 10 kilomètres, entre la Pompelle et Prosnes, à l'est de Reims. Elle a abouti à un échec total. Elle avait été préparée par un bombardement prolongé avec emploi d'obus suffocants et de nappes de gaz chlorés. L'infanterie allemande, qui avait réussi à pénétrer dans quelques éléments de tranchées de première ligne, en a été chassée. Ses pertes ont été importantes.
Canonnade en Artois (Loos), à Nouvron (nord de l'Aisne), aux Eparges, dans la forêt d'Apremont (entre Meuse et Moselle) et en Lorraine (Leintrey) .
Sur le front belge, les Allemands après avoir pris un poste à l'est du canal de l'Yser, ont dû rétrograder.
Les Russes ont remporté une série de succés qui leur ont valu de faire 3300 prisonniers.
L'Italie a proclamé l'état de guerre avec la Bulgarie.
Le tsar a publié un manifeste pour flétrir la félonie du gouvernement bulgare. En même temps ce manifeste proclame l'état de guerre avec la Bulgarie.
Un aide de camp du kronprinz a été tué.
Le général Monro remplace le général Ian Hamilton à la tête des troupes britanniques d'Orient.
L'armée italienne a progressé à nouveau dans le Trentin, au nord d'Ala et repoussé des attaques autrichiennes dans le Carso et en Carnie.

Jeudi 21 octobre
Combats d'artillerie très violents au nord d'Arras ( Loos, bois de Givenchy, abords de la route de Lille).
Les feux de nos batteries ont fait sauter d'importants dépôts de munitions dans les lignes ennemies au nord de l'Aisne et au nord de la ferme Navarin.
Violent bombardement allemand avec des obus de tous calibres et des projectiles suffocants, à l'est de Reims. Notre artillerie riposte énergiquement.
Les Russes ont développé leurs succès sur le Styr, mais les Allemands ont accentué leur offensive en Courlande. Ils ont six corps d'armée de Riga à Dwinsk.
L'Italie a établi toute une série d'impôts nouveaux à percevoir extraordinairement pendant la durée de la guerre.
Les communications télégraphiques sont coupées entre Nisch et Salonique.
La Suisse a protesté auprès du cabinet de Berlin contre la violation de sa frontière commise par l'aviatik qui a bombardé la Chaux-de-Fonds.
Les sous-marins anglais ont torpillé de nouveaux navires allemands dans la Baltique.
La Russie émet un emprunt intérieur de deux milliards.

Vendredi 22 octobre
Les Allemands ont renouvelé leur attaque à l'est de Reims, sur un front de 8 à 9 kilomètres, entre la butte de tir et Prunay. En dépit de la violence de la canonnade et de l'usage de gaz suffocants très denses, ils ont essuyé un nouvel échec. A trois reprises leurs colonnes ont été fauchées par nos mitrailleuses; ils se sont arrêtés devant nos réseaux de fils de fer, sans pouvoir aborder nos tranchées.
Une autre attaque a été repoussée au bois de Givenchy, au nord-est de Souchez.
Un coup de main allemand a échoué en Lorraine, près de Moncel.
Sur le front belge, canonnade près de Steenstraete.
Les Russes, par un coup de main heureux, ont fait 4000 prisonniers, près de Baranovitchi, centre de chemin de fer important.
Les Bulgares ont occupé Velès sur la voie ferrée, entre Uskub et Salonique, coupant ainsi les communications directes entre ce port et l'armée serbe. Le corps diplomatique à Nisch s'est rendu à Kralievo (Haute-Morava de l'ouest).
Nos alliés ont fait de nouvelles propositions à la Grèce. L'Angleterre en particulier serait prête à lui céder l'île de Chypre. On parle également d'une cession éventuelle de la côte bulgare de l'Egée; en échange la Grèce devrait offrir son concours armé immédiat contre les Bulgares.
Les troupes anglo-indiennes de Mésopotamie approchent de Bagdad.

Samedi 23 octobre
Nous arrêtons net des tentatives d'attaque ennemies aux environs de Lombaertzyde, en Belgique.
Une attaque allemande a été repoussée devant les saillants du fortin de Givenchy, une autre dans la vallée de la Souchez.
Notre artillerie a bombardé les tranchées et cantonnements ennemis, entre l'Avre et l'Oise.
Canonnade violente en Champagne (ouest de Tahure, est de la butte du Mesnil, Ville-sur-Tourbe). Nous avons maîtrisé le feu de l'ennemi par celui de nos batteries.
Nos avions ont bombardé le parc d'aviation allemand de Cunel, entre Argonne et Meuse.
Les Russes ont capturé 148 officiers et 7500 hommes, près de Tarnopol (Galicie).
Les flottes alliées ont bombardé Dedeagatch et Porto-Lagos (côte bulgare de l'Egée).
La Grèce a refusé les offres conditionnelles que lui faisait la Quadruple Entente.
Un sous-marin allemand a attaqué un submersible suédois. La Suède a protesté à Berlin.
On signale des désordres graves en Bulgarie (Stara-Zagora et Yamboli).

Dimanche 24 octobre
Des groupes allemands ont essayé de sortir de leurs tranchées, en Artois, dans la partie sud du Bois-en-Hache et près du fortin de Givenchy. Ils ont été dispersés.
En Champagne, nous avons refoulé et partiellement détruit de fortes reconnaissances ennemies qui, appuyées par des tirs d'obus suffocants, essayaient d'aborder nos positions près de la butte de Tahure.
En Lorraine, un combat opiniâtre nous a donné une tranchée tenue par l'ennemi près du croisement des routes Lintrey-Gondrexon et Amenoncourt-Reillon.
Le bombardement de Dedeagatch a produit de réels dommages, d'après les communiqués français et anglais.
Les troupes franco-anglaises se sont soudées aux troupes serbes en Macédoine. Les Serbes contiennent résolument les Austro-Allemands au sud de Belgrade. Il se confirme, d'autre part, que les Bulgares n'ont fait qu'un raid de cavalerie sur Vrania. Les journaux de Berlin reconnaissent la difficulté de la campagne sur le terrain nouveau.
Les Russes ont fait encore 3600 prisonniers sur le front oriental.
Le gouvernement français a décidé de soumettre au Parlement un projet établissant la taxation des denrées et des matières nécessaires aux subsistances, au chauffage et à l'éclairage.
Le roi d'Angleterre a lancé un appel à la nation britannique pour activer les enrôlements.


  Lundi 25 octobre
Canonnade active au sud du canal de la Bassée.
Les Allemands ont subi un huitième échec devant le bois de Givenchy et aux environs de la falaise de Vimy (cote 140). Ils ont été décimés et contraints de rentrer dans leurs tranchées.
Lutte d'artillerie dans la Somme (Lihons, Canny, Beuvraignes).
Nos batteries ont effectué des tirs de destruction en Champagne (sud-est de Tahure), entre Meuse et Moselle (Regniéville), et en Lorraine (Emberménil et Domèvre).
Quatre de nos aviateurs ont livré des combats avantageux.
Nos troupes se sont heurtées aux Bulgares vers Rabvova, à 14 kilomètres au sud de Stroumitza. Nous avons pris la localité avec des pertes légères.
Les Serbes restent inébranlables sur les deux fronts. Ils ont repris Velès que les Bulgares avaient occupée. Ils ont infligé à leurs adversaires une série d'échecs sur le Timok, près de Pirot et sur la Nitchava.
Les Russes ont capturé des prisonniers sur le Pripet et sur le Styr.
Le parti interventionniste accentue son agitation en Roumanie.
La crise de la cherté des vivres prend une acuité plus vive en Allemagne et en Hongrie.

 


Mardi 26 octobre
Nos troupes ont remporté un succès en Champagne. Elles ont enlevé un saillant fortement organisé en avant de la seconde ligne ennemie, à 2 kilomètres au nord de Mesnil-les-Hurlus. Cet ouvrage s'appelait la « Courtine » et avait 1200 mètres sur 250, comprenant plusieurs lignes de tranchées. Les pertes de l'ennemi ont été sérieuses et il a laissé 200 prisonniers.
Il a essayé d'un retour offensif. Il n'a réussi à réoccuper que quelques positions de tranchées au centre du fortin et la lutte s'y poursuit.
Les Allemands redoublent d'acharnement sur le front de la Duna pour enlever Riga et Dwinsk. Ils y ont sacrifié d'énormes effectifs.
Un sous-marin anglais a torpillé un croiseur allemand du type Prinz-Aldebert.
Les avions autrichiens sont venus à plusieurs reprises, en quelques heures, jeter des bombes sur Venise.
Les Serbes se replient sur le Danube comme sur le Timok. Ils ont perdu Uskub. Les Autrichiens ont franchi le Drin venant d'Herzégovine, et le Danube à Orsova, venant de Hongrie.
Les Russes ont fait savoir qu'ils seraient bientôt prêts à intervenir par terre en faveur des Serbes.
M. de Wangenheïm, ambassadeur d'Allemagne à Constantinople, est mort.

Mercredi 27 octobre
La lutte s'est poursuivie pied à pied à la "Courtine", en Champagne, avec des fluctuations de peu d'étendue.
Nous avons réussi à briser l'effort des contre-attaques ennemies.
Une attaque brusquée au nord de Massiges nous a rendus maîtres d'une tranchée allemande à proximité des positions que nous avions récemment conquises.
Un aviateur français a pris en chasse et attaqué un avion ennemi près de Dormans. L'avion atteint par ses balles a dû atterrir près de Jaulgonne (vallée de la Marne). Les deux officiers qui le montaient ont été capturés au moment où ils essayaient de détruire leur appareil.
Sur le front belge, violent bombardement près de Nieuport, Pervyse, Oostkerkee.
Sur le front d'Orient, les Bulgares qui avaient attaqué nos troupes près de Stroumitza ont été complètement battus.
Les Serbes ont repris Velès aux Bulgares, mais ceux-ci se sont rendus maîtres de Negotin. La Russie a concentré trois divisions d'infanterie en Bessarabie et l'on annonce qu'elle négocie avec la Roumanie en vue du passage de ses troupes. Les Italiens se préparent aussi plus directement à intervenir.
La presse américaine manifeste une vive colère contre les conspirateurs allemands qui surgissent de tous côtés aux Etats-Unis.
Les Italiens ont enregistré de nouveaux succés près de Riva, sur la rive gauche du Ponale.
Sir Edward Grey dans son discours aux Communes anglaises dit que, la Grèce n'ayant pas accepté en temps utile l'offre de Chypre, cette offre est devenue caduque. Lord Landsdowne à la Chambre des Lords, a annoncé que les experts militaires examinaient les conditions d'une intervention efficace dans les Balkans.
Plusieurs espions ont été arrêtés à Londres.

Jeudi 28 octobre
Après avoir fait exploser aux abords de la route d'Arras à Lille, au sud-est de Neuville, une série de puissants fourneaux de mines, nos troupes ont occupé les entonnoirs. Elles s'y sont maintenues en dépit de toutes les contre-attaques.
Nos batteries ont causé de violents dommages aux organisations allemandes dans le secteur de Roche, à l'ouest de Soissons.
A l'est de Reims, près de Prosnes, les Allemands ont renouvelé leurs tentatives d'attaque avec emploi de gaz suffocants. Nos troupes ont brisé net l'effort des assaillants qui ont été repoussés.
Canonnade sur le front anglais, à l'est d'Ypres et au sud du canal de la Bassée.
L'artillerie ennemie se manifeste sur le front belge (Furnes et Loos). Les Russes ont progressé de nouveau sur la rive gauche du Styr.
Les Bulgares battent en retraite dans la vallée de la Bregalnitza.
M. Pachitch, premier ministre serbe, a adressé un appel émouvant à l'Angleterre.
La Bulgarie manifeste des velléités de faire pression sur la Grèce pour obtenir le droit de poursuivre éventuellement les Serbes sur le sol hellénique. Des combats out eu lieu entre soldats grecs à la frontière et les comitadjis Bulgares.

Vendredi 29 octobre
Actions d'artillerie intenses et prolongées en Belgique, sur le front, Hetsas-Steenstraete, au nord d'Arras, au Bois-en-Hache et dans la région de Roclincourt.
L'ennemi a bombardé violemment en Champagne, nos positions de Tahure et de Maisons-de-Champagne. Nos batteries ont riposté par des tirs de répression systématique sur les tranchées ennemies.
Une de nos reconnaissances dans les Vosges a détruit une tranchée allemande au Reichackerkopf. Une contre-attaque allemande a été facilement repoussée.
Les troupes allemandes au front oriental renouvellent vainement leurs attaques dans la région de Dwinsk. Le feu d'artillerie est d'une énorme intensité. L'ennemi a subi un échec grave dans la région du confluent du Strypa et du Dniester.
Les Serbes ont reculé sur leur front nord, à 60 kilomètres au sud du Danube et près de Kragoujevatz. En Macédoine, les communications sont rétablies entre Velès, qu'ils ont reprise, et Salonique. Le général Bryan Mahon a été placé à la tête des troupes britanniques qui opèreront dans les Balkans.
Les Italiens appellent de nouvelles classes sous les drapeaux.
Le Reichstag allemand a été convoqué pour le 9 décembre.
Les Russes ont bombardé Varna, le port bulgare de la mer Noire.

Samedi 30 octobre
Combats à coups de bombes et de torpilles au nord de l'Aisne, dans les secteurs de Puisaleine et de Quennevières.
Bombardement en Champagne (Tahure et Maisons-de-Champagne). Combats d'artillerie et d'infanterie autour de la Courtine, dont certaines positions sont encore occupées par les Allemands. Nous avons réalisé un sensible progrès en enlevant, sur un front de 150 mètres, plusieurs tranchées que nos adversaires ont défendues avec un extrême acharnement. Ils ont laissé 200 prisonniers valides entre nos mains, et ont perdu en outre 400 tués et blessés.
En Lorraine, bombardement allemand très intense, entre la forêt de Parroy et Vezouse. Notre artillerie y a répondu par des tirs efficaces sur les batteries et ouvrages ennemis. Elle a atteint un train militaire en gare de Berthécourt.
Sur le front russe, on constate une accalmie près de Dwinsk.
Le bombardement de Varna par la flotte russe a été supèrieurement dirigé. Nos alliés n'ont subi aucune perte.
Les Italiens ont poursuivi leurs succés sur le Carso. En cinq jours, ils ont fait 5000 prisonniers.
Les troupes françaises dans les Balkans continuent à investir Stroumitza.
M. Briand a constitué le cabinet français, en appelant autour de lui plusieurs anciens présidents du Conseil. La presse alliée ou neutre salue cette constitution du nouveau cabinet.

Dimanche 31 octobre
Violents combats en Artois. Nous progressons à la grenade dans le Bois-en-Hache. Au sud-est de Souchez, les Allemands qui tentaient une attaque dans la région de la cote 140 ont été repoussés par nos tirs de barrage et nos mitrailleuses.
Au nord-est de Neuville-Saint-Vaast, ils ont réussi à réoccuper par surprise quelques éléments de tranchées récemment perdues par eux. Leur progression a été aussitôt arrêtée par les feux de nos tranchées de soutien immédiat.
A l'est du Labyrinthe, les Allemands ont fait sauter une mine à proximité d'une de nos barricades. Mais ils ont été rejetés par notre fusillade de l'entonnoir ainsi creusé.
En Champagne, quatre contre-attaques ennemies ont été enrayées. Une violente canonnade de part et d'autre a suivi.
Sur le front russe, peu d'actions importantes. Toutefois on annonce que les Allemands, à la suite des succès de nos alliés sur le Styr, évacuent Kovel.
Les Bulgares qui essayaient de reprendre Velès ont été repoussés par les Serbes.
La presse roumaine presque tout entière prêche l'intervention aux côtés des alliés.
Le japon a adhéré à l'accord franco-anglo-russe du 4 septembre 1914, s'interdisant par là toute négociation de paix séparée.