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![]() Vue générale des ministères belges en France |
![]() Le palais du gouvernement à Ste Adresse |
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![]() Hongroises au départ d'un convoi de mobilisés |
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Vendredi 23 octobre Aucune issue du violent combat qui se déroule entre Lille et la mer ne s'est encore produite. Les Allemands se brisent à la muraille tenace des forces franco-anglo-belges. Ils s'y heurtent également, en vain, entre Arras et l'Oise, tandis que nous avons réalisé quelques avancées dans, l'Argonne et en Woëvre. La victore annoncée par les Russes ne semble pas avoir été exagérée. Au bout d'une bataille de sept jours, ils ont contraint les forces austro-allemandes à une fuite précipitée. La Belgique publie un Livre gris, c'est-à-dire un recueil de documents diplomatiques relatifs aux origines de la guerre. Ce Livre gris répond victorieusement aux allégations mensongères du chancelier de Bethmann-Hollweg et de la presse officieuse berlinoise, d'après lesquelles la Belgique aurait violé sa propre neutralité au profit de la France et de l'Angleterre. L'Angleterre multiplie les précautions contre les espions allemands qui pullulaient chez elle comme chez nous. Elle a procédé a des arrestations en masse en même temps qu'elle interdisait le séjour aux sujets allemands et autrichiens à moins de 33 kilomètres de la côte. La disette s'aggrave à Berlin, où les prix des denrées d'alimentation deviennent de plus en plus élevés, et le président de la chambre de Prusse, dans une interview, reconnaît que les jours sont durs et mauvais pour l'Allemagne. |
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| Samedi 24 octobre L'armée allemande ne se lasse par de renouveler ses attaques entre la mer et Lille. Nous avons cédé sur quelques points près de la Bassée; autour d'Armentières; par contre, nous avons progressé, comme entre Amiens et Chaulnes ( vers Rosières), dans la Woëwre et aux environs de Pont-à-Mousson. Trois batteries d'artillerie ont été détruites par nous à l'ennemi, au nord de l'Aisne. Le plan du général von Hindenhurg qui commandait les forces allemandes en Pologne a totalement échoué : les troupes gernaniques ne tiennent plus la Vistule que sur un étroit espace entre l'embouchure de la Pilica dans la Vistule et Ivangorod. Le kaiser marque sa colère en prescrivant des arrestations en masse en Posnanie. Le général de Moltke, chef d'état-major général de l'armée allemande, est mourant, mais la presse berlinoise a reçu l'ordre de tenir cette nouvelle secrète. Le nombre des maisons allemandes et austro-hongroises qui sont mises sous séquestre par décision des tribunaux français s'éléve de jour en jour. D'importants contingents autrichiens ont encore une fois attaqué les troupes serbo-monténégrines en essayant de les enfoncer au nord de Sarajevo en Bosnie, mais elles ont été repoussées énergiquement. A Cattaro, les batteries franco-monténégrines du Lovcen continuent leur besogne de destruction sur les forts autrichiens. Dimanche 25 octobre Notre ligne du côté du Nord forme un zigzag, car si nous avons reculé vers Dixmude et la Bassée, nous avons progressé vers Nieuport, Armentières, etc. Au total, nous tenons bon et les Allemands ont subi de grosses pertes. Dans la Woëvre, notre cheminement a été marqué comme dans l'Argonne, entre Sainte-Menehould et l'Aisne.
Les Russes ont maintenant repoussé les Allemands à 160 kilomètres à l'ouest de Varsovie, et à 50 kilomètres d'Ivangorod. Les Autrichiens, battus sur le San, plus au sud, ont laissé entre les mains des soldats du tsar, des milliers de prisonniers. La situation économique est devenue très grave en Autriche. La classe ouvrière gronde contre le chômage croissant et réclame des secours en argent qui ne sont pas dispensés. Les vivres atteignent, à Vienne, des prix exorbitants. L'état-major, d'autre part, pour combler les vides qui se sont creusés dans une armée décimée, recrute jusqu'aux infirmes. Il est vrai que L'état-major allemand à fait de même : on trouve dans l'armée teutonne jusqu'à des bossus. L'amirauté anglaise annonce que 70 croiseurs français, anglais, japonais sont dans les mers à la recherche des sept ou huit croiseurs allemands qui s'y trouvent encore. Mais elle reconnaît que le sous-marin E3 doit être perdu. 33.000 soldats canadiens sont prêts à rejoindre le front, et 70.000 autres s'apprêtent à traverser l'Atlantique. Le tsar a offert à l'Italie, par l'intermédiaire de l'ambassadeur à Rome, M.Kroupenski de lui rendre les soldats autrichiens de langue italienne capturés par ses armées. M.Salandra a fait mettre la question à l'étude, en remerciant l'ambassadeur. Le Landtag prussien s'est réuni et a voté un nouvel emprunt de guerre de 1625 millions. |
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| Lundi 26 octobre L'ennemi a pu franchir l'Yser, entre Nieuport et Dixmude (Flandre belge) mais il s'est brisé à nos lignes autour de Lille, et a subi un refoulement au nord de l'Aisne et en Woëvre. Tout un régiment allemand a été détruit au défilé de la Chalade, près de Varennes, dans l'Argonne. Au surplus, dans le Nord, d'après les évaluations qui ont été sérieusement faites, les pertes de nos adversaires sont énormes. Ce sont les armées de von Bülow, du prince du Wurtemberg et du prince royal de Bavière qui nous sont maintenant opposées entre la mer et la Somme. Les armées russes de Pologne ont poursuivi inlassablenent leur marche. Après avoir repris Skiernewice, noeud de chemins de fer important, à 100 kilomètres à l'ouest de Varsovie, elles s'approchent de Lodz, à 40 kilomètres encore plus à l'ouest, et que les Allemands commencent à évacuer. Ils ne tarderont pas à rentrer sur territoire prussien. Un contre-torpilleur anglais, le Badger, a coulé un sous-marin allemand sur la côte hollandaise. Les Serbes et les Monténégrins ont livré une sanglante bataille aux austro-hongrois, près de Sarajevo. Attaqués par les forces supérieures, ils ont dû légèrement se replier dans la direction de Visegrade. L'Allemagne qui avait déjà réclamé pour son état-major la direction des forces autrichiennes en Galicie, et qui semble avoir fait trés mauvais usage de ce pouvoir nouveau, prépare maintenant la défense du Trentin contre l'Italie. L'Angleterre, qui était une grosse cliente des fabricants de sucre d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie, vient d'interdire l'importation sur son territoire des sucres provenant de ces deux pays. Elle leur inflige de la sorte un préjudice considérable, en les empêchant de tirer parti de leur production. Mais les Anglais n'en souffriront pas, le gouvernement s'étant assuré le concours des Antilles. Il y a là encore l'un des éléments de la ruine du commerce germanique. Le gouvernement de Petrograd a pris, de son côté, des dispositions pour que les Allemands et les Autrichiens ne puissent plus devenir propriétaires d'immeubles dans la partie occidentale de l'empire. Le nombre des chômeurs qui est grand, par toute l'Allemagne, est surtout considérable en Saxe, où six ouvriers en moyenne se présentent pour un emploi disponible. |
