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Vendredi 1er novembre Des opérations locales, dans la région au sud de Guise, nous ont permis d'enlever plusieurs tranchées ennemies et de nous rapprocher de la route de Guise à Héric-la-Vieville. Nos troupes ont continué leur offensive entre Banogne et Herpy et ont fait des prisonniers. A l'ouest de Saint-Fergeux, vers la cote 145, des combats très vifs ont été livrés. Les Anglais ont fait des prisonniers en divers points. Les Américains ont occupé Aincreville, au nord de Verdun, et repoussé un raid ennemi à l'est de Beaumont. Les Italiens livrent bataille à l'est de la Piave, sur un front de 100 kilomètres de concert avec des troupes franco-anglo-américaines. Ils ont pris Sugusino, Vittorio, atteint la route de Conegliano à Oderzo. Depuis le 24, ils ont dénombré en prisonniers 802 officiers et 32.198 soldats. Plusieurs centaines de canons ont été enlevées. En Mésopotamie, les Anglais poursuivent leur marche vers Mossoul. Ils ont livré des combats victorieux aux Turcs en retraite et fait un millier de prisonniers. Les armées serbes sont arrivées à 60 kilomètres au sud de Belgrade. Samedi 2 novembre Action d'artillerie sur le front de l'Oise. L'ennemi a contre-attaqué à l'ouest de Saint-Fergeux. Il a été repoussé. En deux jours, nous avons fait 1600 prisonniers. La 2e armée britannique a attaqué au sud-ouest d'Audenarde. Elle a atteint tous ses objectifs et fait mille prisonniers. Progression de l'armée belge en Flandre. Les Américains, au nord de Verdun, ont chassé l'ennemi de Brieulles. Activité de l'artillerie entre Aincreville et le bois de Bantheville. Les Italiens continuent à presser les masses austro-hongroises dans les vallées et à précipiter la déroute de l'ennemi. Le Cesen et le Grappa ont été pris. Le nombre des prisonniers dépasse 50.000; celui des canons capturés excède 300. La révolution a éclaté à Pesth, à Prague, où la république a été proclamée, et à Vienne, où elle a été acclamée. La Turquie a signé l'armistice en acceptant toutes les conditions des alliés. Dimanche 3 novembre Les troupes de la 4e armée (Gouraud), en liaison avec l'armée américaine, ont attaqué sur le front de l'Aisne, au nord et au sud de Vouziers. Sur une étendue de vingt kilomètres, de l'est d'Attigny au nord d'Olizy, nous avons pénétré dans les positions allemandes, fortement tenues. A l'est d'Attigny, nous avons enlevé Rilly-aux-Oies. Plus au sud, nos troupes frauchissant l'Aisne, ont emporté Semuy et Voncq. Les Américains ont occupé Saint-Georges-Landres, Saint-Georges, Imécourt, Landreville Chennery, Bayonville, Rémoiville, Andeville, Cléry-le-Grand. 3600 prisonniers ont été faits, dont 151 officiers. Les Anglo-Belges ont bousculé l'ennemi sur l'Escaut, jusqu'à la hauteur de Melden, prenant Amfeghem, Tieghem, Carder et Elfeghem. Au centre de ce front, les Franco-Américains ont enlevé les hanteurs entre Lys et Escaut, et poussé jusqu'au fleuve, sur une largeur de 16 kilomètres, conquérant dix-neuf villages. Les Italiens ont communiqué aux Autrichiens, qui les avaient saisis d'une proposition d'armistice, les conditions des Alliés. Ils ont progressé sur toute la ligne entre les Alpes et l'Adriatique et se sont emparés d'un énorme butin. |
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Mardi 12 novembre Les rois de Wurtemberg et de Bavière se sont enfuis. Guillaume II est arrivé en Hollande. La république a été proclamée dans un grand nombre d'Etats de la confédération germanique. Ebert, chef du parti socialiste majoritaire, devenu chancelier, a lancé plusieurs proclamations au peuple. Des socialistes indépendants doivent collaborer avec lui. On annonce que Krupp et sa femme seraient en fuite. Des scènes sanglantes ont eu lieu à Berlin. Le cabinet Marghiloman a été remplacé en Roumanie par un cabinet Coanda. Mercredi 13 novembre La proclamation de l'armistice a provoqué dans toutes les capitales du monde une profonde émotion. M. Lloyd George a fait une déclaration aux Communes. M. Wilson a prononcé un discours au Congrès de Washington pour dire que tous les buts de la guerre étaient atteints, saluer le changement qui s'était produit en Allemagne et ajouter que les Alliés devaient désormais un secours amical aux peuples émancipés. La révolution continue en Allemagne. La république a été proclamée à Dresde. A Berlin, le gouvernement provisoire, qui s'est formé en attendant la Constituante, comprend trois socialistes majoritaires et trois minoritaires. La plupart des journaux de Berlin ont changé de titre pour prendre des dénominations démocratiques ou révolutionnaires. Guillaume II a été consigné à la frontière hollandaise, en attendant que le cabinet de la Haye prît une décision sur son cas. Il aurait d'abord songé à se rendre à l'Angleterre. Hindenburg s'est mis à la disposition du nouveau gouvernement de Berlin. Les troupes italiennes atteignent le col du Brenne. Du 24 octobre au 4 novembre, elIes ont fait prisonniers 10.658 officiers et 416.116 hommes de troupes. |



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Lundi 25 novembre L'occupation complète des territoires libérées de Lorraine et d'Alsace est en voie d'acheminement. Au cours de la journée, nos troupes se sont installées dans un certain nombre de villes et de villages de la vallée de la Sarre, en particulier à Dillingen, Sarrebruck et Sarrelouis, où le général commandant la 10e armée est entré à la tête de ses troupes. En Alsace, les régiments français, atteignant par leurs avant-gardes l'ancienne, frontière, ont pris possession de Woerth, Frœschwiller, Reichshoffen, Souetz, et Bischwiller. La marche des Anglais continue de manière satisfaisante. Les éléments avancés de la 4 e armée ont traversé l'Ourthe, au sud de Bomal, et progressent à l'est de la rivière. Le nombre des canons abandonnés par l'ennemi est de 600. La 3° armée américaine, poursuivant son avance à travers le Luxembourg, a atteint la frontière allemande de Wallendorf à Schengen. Les éléments avancés belges se sont portés vers la ligne Lourmel-Bourg, Diest. Les souverains belges ont fait leur entrée solennelle à Bruxelles. Albert 1er a lu, devant la Chambre, un vibrant discours. M. Giolitti a été accusé dé trahison devant la Chambre italienne. La commission nommée pour enquêter sur les faits signalés a déclaré qu'elle n'avait été saisie d'aucun document probant. Le président du Conseil bavarois Kurt Eisner declare que l'Allemagne est responsable de la guerre. Le général de l'armée suisse Wille, tenu pour germanophile, a donné sa démission. |