Lundi 1er novembre
Vives actions d'artillerie en Artois et en Flandre (Bois-en-Hache, Souchez, Lombaertzyde). Au nord-est de Neuville-Saint-Vaast, nous avons reconquis une partie des éléments de tranchées que nous avions perdus.
En Champagne, après un violent bombardement, l'ennemi a lancé des masses d'infanterie sur un front de 8 kilomètres, de la cote 193 jusqu'au village de Tahure. Il a déployé une énergie extrême, mais a toutefois subi un sérieux échec. Ses vagues d'assaut décimées par nos feux n'ont réussi à atteindre que le sommet même de la butte de Tahure. Partout ailleurs il a été refoulé en laissant de nombreux cadavres. Cette première tentative a été suivie de quatre autres contre le village de Tahure et l'ouvrage de la Courtine. Elles ont été brisées par nos tirs de barrage. Les Allemands ont subi de grosses pertes et nous ont laissé 356 prisonniers valides dont trois officiers.
Combat d'artillerie dans les Vosges (Violu, Ban-de-Sapt).
Les Russes ont progressé sur la rive gauche du Styr. Les Allemands auraient évacué Kovel.
Les Italiens ont gagné du terrain sur le Carso.
Les Bulgares ont repris Velès et occupé le défilé de Katchanik, au nord d'Uskub. Les Serbes ont également reculé sur leur front nord-ouest. Par contre, ils résistent victorieusement, de concert avec les Monténégrins, sur la Drina du sud.
Les généraux roumains se seraient, en majorité, prononcés pour l'action aux côtés de la Quadruple entente.
 
 
Mardi 2 novembre
Les combats se sont poursuivis dans la région de Tahure sans modification appréciable. Nous avons encore capturé 100 prisonniers valides.
En Belgique (Lombaertzyde), les ennemis ont procédé à un très vif bombardement qui a été accompagné de préparatifs d'attaques apparents, auxquels l'intervention de notre artillerie a empêché de donner suite.
Les Autrichiens continuent à se heurter à de vives résistances des Monténégrins sur la Drina du sud.
Les Bulgares ont été repoussés par les troupes françaises sur les hauteurs de Krivolak (rive gauche du Vardar). Ils ont subi de très grosses pertes. Les effectifs alliés poursuivent leur débarquement à Salonique.
Le roi de Roumanie a déclaré à plusieurs personnalités qu'il règlerait sa politique extérieure sur l'avis du Parlement. Le cabinet de Bucarest a appelé la classe 1916 sous les drapeaux.
Le cabinet russe subit de profonds remaniements. On annonce que M. Goremykine dirigerait désormais la diplomatie avec M. Shebeko, comme collaborateur. M. Sazonoff quittant le pouvoir, M. Kvostoff, ministre de l'Intérieur, deviendrait premier ministre. MM. Krivocheine et Kharitonov rentreraient dans la vie privée.
Le bombardement de Varna a repris : les Bulgares ont mis à l'abri leur unique croiseur et leurs navires de commerce.
Les négociations anglo-suédoises relatives au trafic des marchandises ont été rompues.
 
 
Mercredi 3 novembre
Violente canonnade réciproque à l'ouest de Liévin, autour de la fosse Calonne.
Vifs combats rapprochés dans les boyaux avancés du secteur de Neuville-Saint-Vaast.
Au sud de la Somme (Chaulnes, Fouquescourt), notre artillerie concentre efficacement ses feux sur les tranchées allemandes et atteint des rassemblements ennemis.
En Argonne, plusieurs mines allemandes ont explosé sans résultat. Nos feux d'infanterie ont empêché l'ennemi d'occuper les entonnoirs.
En Belgique, bombardement à Saint-Jacques-Capelle et à la Maison du Passeur.
L'armée russe, en divers combats sur l'ensemble du front a capturé 4500 Allemands et Austro-Hongrois. Elle continue à progresser en Galicie.
En Serbie, les Austro-Allemands ont progressé sur la Morava et la Lepenitza. Comnbats près de Pirot et à l'ouest de Zayetchar. Les Monténégrins ont pris des canons aux Autrichiens, près de zayetchar.
Un torpilleur anglais a coulé, à la suite d'une collision, dans le détroit de Gibraltar.
M. Asquith, premier ministre britannique, a exposé, dans un grand discours aux Communes, la situation diplomatique et militaire.
Les socialistes allemands réclament la convocation du Reichstag pour que cette assemblée examine le problème du renchérissement de la vie.
 


Jeudi 4 novembre
Nous avons bouleversé sur la somme, près de Frise, d'importants travaux de mines ennemies. Lutte d'artillerie et d'engins de tranchées dans le secteur de Beuvraignes.
En Champagne, les Allemands, après un bombardement d'obus suffocants, ont tenté d'aborder nos positions du Sud de la ferme Chausson (près de Massiges). Ils ont été partout repoussés, hormis de quelques éléments de tranchées avancées à la cote 199. Leurs pertes ont été lourdes.
Dans les Vosges, notre artillerie a tiré efficacement sur les tranchées et ouvrages ennemis de la région du Violu.
Les Bulgares marchent de Velès sur Perlepe, mais ils ont été arrêtés par les Serbes dans les défilés du massif montagneux.
Le cabinet Briand s'est présenté devant le Parlement. Il a lu sa déclaration et a obtenu un vote de confiance à l'unanimité.
Les manoeuvres pacifistes que l'Allemagne tente dans différentes capitales neutres ont piteusement avorté.
Les journaux allemands continuent à dénoncer le manque de vivres et reprochent au gouvernement l'insuffisance des mesures adoptées par lui.
 
 


Vendredi 5 novembre
Notre artilIerie a bombardé en Belgique les positions ennemies de la région de Lombaertzyde et contre-battu efficacement des batteries allemandes. Vifs combats à la grenade autour de Neuville-Saint-Vaast. Engagements d'artillerie dans le secteur du bois de Givenchy et au sud de la somme, près de Beauvraignes. En Champagne, lutte active dans la région de la ferme Chausson, entre la cote 199 et Maisons de Champagne. Nous avons d'abord complètement chassé l'ennemi des dernières positions de notre tranchée avancée qu'il tenait encore. Puis en fin de journée, il a réussi, par une nouvelle attaque extrêmement acharnée, à prendre pied en quelques points. Il a été repoussé dans une offensive devant la Courtine. Duel d'artillerie au Violu, dans les Vosges. Les Russes ont remporté des avantages sur un certain nombre de points de leur front. Ils ont réussi à capturer près de 6000 Allemands et Autrichiens. On dément la démission de M. Sazonof. Les troupes de Mackensen marchent, en Serbie, dans la région de Kragougevatz. Les alliés pousuivent leur débarquement à Salonique. La bataille entre Autrichiens et Italiens se développe très violente dans le Carso, spécialement aux abords de Goritz. M.Venizelos a renversé par 147 voix contre 114 le cabinet Zaïmis, après un débat long et passionné.
 
Samedi 6 novembre
Actions d'artillerie en Artois, particulièrement dans le secteur de Loos. Violents combats en Champagne. Deux attaques allemandes, appuyées par des jets de liquide enflammés, ont été brisées devant la Courtine. Au cours d'attaques ultérieures, l'ennemi a pu pousser quelques éléments dans notre tranchée de première ligne à la cote 109. Partout ailleurs il a été tenu en échec. Une de nos mines à détruit un blockaus allemand à la Chapelotte (Vosges). En Alsace, nos avions ont bombardé, à Dornach, une usine de gaz suffocants. En Serbie, nos troupes ont enlevé les ponts de la Cerna, près de Krivolak, et refoulé toutes les tentatives bulgares. Près de Rabrovo, elles se sont emparées de deux villages; elle ont attaqué les crêtes frontières. Les combats entre Russes et Allemands continuent autour de Dwinsk, à l'avantage de nos alliés. Le roi de Grèce a nommé aide de camp attaché à sa personne le minsitre le la Guerre renversé par le parti venizeliste. On croit qu'il rappellera M. Zaïmis au pouvoir et dissoudra le Parlement. L'agitation interventionniste prend de nouveaux développements en Roumanie. La Chambre allemande refuse de convoquer le Reichstag.
 
Dimanche 7 novembre
Vive canonnade en Artois (régions du Bois en Hache et du bois de Givenchy). Au nord de l'Aisne, nos batteries ont effectué des concentrations de feu très efficaces sur les organisations allemandes de Vingre, de Nouvron et de Commelincourt. En Champagne, bombardement réciproque par obus de gros calibres dans toute la région entre Tahure et la cote 199. Nous avons repoussé une nouvelle attaque devant les tranchées de la Courtine. Nos fourneaux de mines, en explosant, ont endommagé fortement les organisations allemandes du secteur de Malancourt (entre Argonne et Meuse). Combats de tranchées dans le bois le Prêtre. Lutte d'engins de tranchées dans les Vosges (La Chapelotte et le Violu). Accalmie sur le front belge. Violents combats sur le front russe dans la région de Dwinsk. Victoire importante des Serbes entre Perlepe et Velès, dans le massif de Babouna; les Franco-Anglais ont concouru à leur succés. Victoire des Monténégrins à la frontière de l'Herzégovine. Le roi de Grèce, sur le refus de M. Zaïmis de constituer le cabinet, s'adresse à M. Rhallis. Lord Kitchener va inspecter le front d'Orient.
 


Comment une tranchée fut dévastée et réedifiée dans nos lignes
 
 
A 40 mètres des Allemands, en Champagne. Les effets d'une torpille aérienne ennemie
 
Tandis que nous préparions notre attaque par des tirs d'artillerie tels que, de l'aveu des Allemands, leurs tranchées, par endroits, se trouvaient nivelées, les engins ennemis ne demeuraient pas inactifs. Ces trois photographies, prises en Champagne, sont assez démonstratives des effets du tir allemand et de notre activité. On voit ici :
  1. Une tranchée munie de ses périscopes, de son grillage pare-grenades et de son flanquement de mitrailleuses. Le veilleur est à son poste d'observation, l'oeil au créneau.
  2. La même tranchée dix minutes plus tard, après l'éclatement d'une torpille.
  3. La même encore après une demi-heure de travaux. Le soir, tout se trouvait en ordre et un grillage neuf était en place.
 

Lundi 8 novembre
Lutte d'engins de tranchée particulièrement active en Belgique (Hetsas, Boesinghe).
En Artois, entre Somme et Oise, et en Champagne, de violents combats d'artillerie ont eu lieu, spécialement dans les secteurs de Givenchy, de Beuvraignes et de Tahure.
Une attaque à la grenade tentée par les Allemands contre nos positions à l'est de la butte de Mesnil a été repoussée.
Une de nos mines à détruit, à la cote 235, en Argonne, une sape allemande dans laquelle l'ennemi était en plein travail.
Combats dans les Vosges, à la Chapelotte. Tir très efficace de notre artillerie.
Des taubes ont jeté huit bombes sur la région de Dunkerque. Un enfant a été blessé.
Sur le front de Macédoine et de Bulgarie nous avons progressé du côté de Rabrovo puis consolidé nos positions. De nouvelles attaques ont été repoussées à Krivolak.
Les Russes ont capturé 8500 Austro-Allemands en Galicie (Strypa) et 700 autres en Volhynie.
Le roi Constantin de Grèce a constitué son cabinet. Le nouveau président du Conseil, M. Skouloudis, groupe autour de lui les anciens collègues de M. Zaïmis. Le roi renonce à dissoudre la Chambre, pourvu que M. Skouloudis y trouve une majorité.

Mardi 9 novembre
Violents combats s'artillerie dans plusieurs régions du front, notamment en Artois (Loos et bois de Givenchy), au nord de l'Avre (Andéchy) et en Champagne (est de Tahure et nord de Massiges).
Nos batteries ont démoli, au nord de Saint-Mihiel, une pièce allemande contre-avions.
Lutte de bombes et de pétards à la Chapelotte (Vosges).
Les Russes continuent à infliger des échecs à leurs adversaires aux abords de Dwinsk.
Les troupes franco-anglaises ont enregistré de nouveaux succés entre Krivolak et Stroumitza.
Les Italiens ont enlevé une forteresse de premier ordre au col de Lana dans le Trentin.
Les Etats-Unis ont adressé une note au gouvernement anglais pour protester contre le blocus des mers. Cette note est longuement commenté par la presse de Londres.
Le croiseur allemand Undine a été coulé dans la Baltique.
Un croiseur auxilliaire britannique a été torpillé dans la Méditerranée orientale, tandis que la piraterie navale s'exerçait à nouveau dans la mer du Nord.
La capitale de l'Autriche manque de divers aliments et la foule proteste.
Le premier ministre roumain, M. Bratiano, a déclaré à sa majorité qu'il persistait dans sa politique de neutralité.

Mercredi 10 novembre
Fusillade continue dans la région de Loos. Combats de patrouille à nos avantages en Artois.
Actions d'artillerie sur le plateau de Nouvron, où nous avons effectué des concentrations de feux très efficaces sur les organisations ennemies.
Violent bombardement ennemi dans le secteur de Beuvraignes et en Champagne dans la région du Trapèze. Notre artillerie riposte énergiquement.
Dans les Vosges, au sud de Lusse, nos canons de tranchées démolissent un blockhaus et des abris ennemis.
La prise du col de Lana par les Italiens leur ouvre un large débouché sur le Trentin. Ils ont encore enlevé une cime importante près de ce col.
Les Allemands reconnaissent que leur offensive dans la région de Pinsk, en Russie, a totalement échoué.
Les Autrichiens prétendent passer de l'Herzégovine en Montenegro avec trois corps d'armée.
Les sous-marins allemands, en Méditerranée, ont coulé un transport japonais, un transport britannique, un vapeur français et un vapeur italien.
M. Krivocheine, ministre russe de l'agriculture, et qui semblait désigné pour la présidence du Conseil, a remis sa démission.
Les alliés ont décidé de faire une avance de 40 millions à la Grèce. M. Skouloudis leur a renouvelé l'assurance de sa neutralité bienveillante.
Le lord-maire s'est installé à Londres avec le cérémonial traditionnel. Au banquet du Guidhall, d'importants discours ont été prononcés par M. Asquith, le premier ministre, et par notre ambassadeur M. Paul Cambon.
Le gouvernement français a décidé d'ouvrir un emprunt à 5% et de taxer les bénéfices de guerre.

  Jeudi 11 novembre
En Belgique, notre artillerie a exécuté sur les organisations allemandes de la région des Dunes et du secteur de Boesinghe, un bombardement systématique.
En Artois, nos tirs de barrage ont arrêté une attaque ennemie dans le bois de Givenchy.
En Champagne, après un violent bombardement, l'ennemi a tenté deux assauts contre nos positions de la butte de Tahure. Le premier, immédiatement arrêté, n'a pu aborder nos tranchées. Le second, après y avoir pénétré sur un point, a été rejeté par une contre-attaque.
Combats de bombes et de grenades en Argonne orientale (Vauquois, Malancourt).
Entre Meuse et Moselle, nos batteries ont riposté à la canonnade ennemie et dispersé une colonne d'infanterie en marche.
Les Russes progressent sensiblement en Courlande, aux alentours de Mitau.
Les Italiens ont poursuivi leur cheminement dans le haut Cordevole.
Les Serbes ont accentué leurs succès dans le massif de Babouna. La situation apparaît satisfaisante sur le front franco-anglais de Stroumitza.
Les sous-marins allemands ont fait de nouvelles victimes en Méditerranée et dans la mer du Nord.
 
Vendredi 12 novembre
Canonnade réciproque très active dans le secteur de Loos, la région de la fosse Calonne et de Souchez.
Nos mines ont produit de bons résultats. Au sud de la Somme (Fay), nous avons bouleversé des galeries et fait sauter un poste allemand. A Beuvraignes, nous avons détruit une chambre de mines ennemie en chargement. En Argonne, nous avons endommagé les ouvrages allemands à la Haute-Chevauchée et à la cote 285.
Aux Eparges, une mine a bouleversé la tranchée allemande; nous avons occupé l'entonnoir.
Nos lance-bombes ont infligé de gros dommages à l'ennemi entre Meuse et Moselle.
Les Russes ont, grâce à leur artillerie, remporté un gros succès sur le Styr, et capturé 2000 Austro-Allemands.
Les Italiens ont complété leur avance autour du col di Lana.
Les Bulgares ont subi de nouveaux échecs dans la région des monts Babouna.
Les puissances de la Quadruple Entente ont demandé à la Grèce de se prononcer nettement. Sa neutralité sera-t-elle ou non une neutralité bienveillante ?
Le torpillage de l'Ancona, vapeur italien, par un sous-marin autrichien, ou plutôt allemand, a fait plus de 200 victimes.
 
 
  Samedi 13 novembre
Canonnades en Belgique, dans la région de Boesinghe; en Artois, dans le secteur de la fosse Calonne; au nord de la Somme (Dompierre) et en forêt d'Apremont, entre Meuse et Moselle.
Lutte de mines en Argonne et au nord de Flirey.
Le gouvernement anglais a décidé d'imposer l'obligation du service militaire aux jeunes gens célibataires.
Les Bulgares ont violemment bombardé la gare de Krivolak. Nous avons enlevé deux villages sur la rive gauche de la Cerna.
Les Russes ont capturé une très importante position en Courlande, près de la rivière Aa. Ils ont fait au total 3500 prisonniers au cours de leur victoire de Kolki sur le Styr.
Deux sous-marins allemands auraient été coulés par les croisières anglaises en Méditerranée.
Le cabinet anglais a constitué son comité de guerre qui comprend cinq ministres.
Le roi de Grèce a prononcé la dissolution de la Chambre. Les nouvelles élections auront lieu le 19 décembre.
L'état de siège a été proclamé à Bucarest.
L'Amérique a prescrit une enquête sur le torpillage de l'Ancona.
 
Dimanche 14 novembre
En Belgique (Boesinghe), notre artillerie concentre ses feux sur les positions allemandes, notamment sur le Moulin-à-Vapeur qui a été rasé. Les batteries ennemies ont été réduites au silence.
Canonnade sur l'Avre (Andechy, l'Echelle-Saint-Aurin), au nord de l'Aisne (la Ville-au-Bois), et en Champagne (la butte du Mesnil).
Nos batteries opèrent efficacement près des Eparges.
Bombardement réciproque dans le secteur de Flirey.
Les troupes russes ont progressé à l'ouest de Riga, enlevant plusieurs villages. Elles ont également avancé autour de Dwinsk. Elles ont capturé plusieurs centaines de soldats ennemis, près de Rafalovka.
Les troupes françaises en Macédoine ont eu un succès près de Velès. Le général Kouropatkine commanderait les effectifs russes destinés à opérer en Bulgarie. Les Bulgares réclament des renforts aux Austro-Allemands et aux Turcs.
M. Winston Churchill, chancelier du duché de Lancastre, donne sa démission et demande sa place dans l'armée anglaise du front français.
Un sous-marin britannique a été coulé dans la mer de Marmara.
 
 
  Lundi 15 novembre
En Artois, au Labyrinthe, les Allemands ont réussi à pénétrer dans une tranchée de première ligne, mais ils ont été aussitôt rejetés par une contre-attaque et ont dû laisser tous leurs blessés sur place.
Canonnade à Loos et à Souchez.
Au nord de l'Aisne, sur le plateau de Nouvron, nous pratiquons une canonnade efficace.
Lutte d'artillerie en Champagne (butte du Mesnil) et sur les Hauts-de-Meuse (bois des Chevaliers).
Les Russes progressent vers Mitau, que les Allemands ont partiellement évacué.
Les Serbes tiennent bon vers Tetovo et se concentrent au sud de la Marava. Les troupes franco-anglaises menacent de plus en plus Velès. Les Monténégrins ont fait plusieurs centaines de prisonniers.
Goritz semble sur le point de tomber aux mains des Italiens.
Trois avions autrichiens ont bombardé Vérone : leurs bombes ont fait 28 morts et 31 blessés.
Un sous-marin autrichien a torpillé le vapeur italien Bosnia.
Une mission austro-allemande, arrivée à Athènes, a demandé au roi de Grèce d'arrêter désormais le débarquement des Franco-Anglais. Le roi a répondu que l'indépendance du pays n'était pas menacée par cette opération.
Le cabinet roumain a été remanié.
 
Mardi 16 novembre
Lutte d'artillerie en Artois, sans engagement d'infanterie. 279 cadavres ennemis ont été retrouvés devant le Labyrinthe. Nous avons bombardé des trains en gare de Roye.
Canonnade soutenue dans la région de Soissons, aux alentours de Berry-au-Bac et en Argonne.
Nos batteries ont exécuté des concentrations efficaces entre Argonne et Meuse, au nord-est de Bethincourt et en Woëvre, au nord de Regniéville.
En Macédoine, nos troupes ont progressé dans la région de Rabrovo. Une violente action s'est engagée sur la rive gauche de la Cerna, où les Bulgares contiennent sans succés leurs attaques. Nous sommes en liaison de plus en plus étroite avec les Serbes qui opèrent dans la région de Prilep. On annonce toutefois que les Bulgares auraient repris Tetovo.
Combat de mines sur le front de Gallipoli. Nos postes d'écoute ont été poussés jusqu'au contact des tranchées turques. Les monitors anglais ont bombardé les établissements militaires de Gallipoli.
Les Italiens continuent à livrer d'âpres combats pour la possession de Goritz.
Les journaux anglais prennent un ton de plus en plus énergique vis-à-vis de la Grèce. Ils demandent qu'elle soit sommée de se prononcer et annoncent que le cabinet de Londres a mis l'embargo sur les navires grecs et a concentré une flotte à Malte.
 
 
  Mercredi 17 novembre
Actions d'artillerie particulièrement intenses en Champagne, en Argonne, en Woëvre, dans la forêt d'Apremont et en Alsace, dans la région d'Ammertzviller.
Sur le front britannique, l'artillerie, des deux côtés, a fait preuve d'activité, en particulier au sud de la Bassée, près de Kemmel et près d'Ypres; aucune action d'infanterie.
Sur le front belge, bombardement de nos postes avancés au nord de Dixmude et près de Saint-jacques-Capelle.
Les troupes françaises, progressant en Macédoine, ont enlevé Kosturino. Une violente action s'est engagée sur la rive gauche de la Cerna. Nos soldats ont établi une liaison étroite avec les Serbes, près de Prilep. Les pertes serbes, depuis le début de la campagne, en tués, blessés et prisonniers, sont évaluées à 30.000 hommes. Celles des Bulgaro-Allemands sont beaucoup plus considérables.
Les avions autrichiens ont bombardé Brescia, faisant sept morts et dix blessés.
Les Russes, au cours du dernier mois, ont fait 50.000 prisonniers. Ils ont progressé près de Riga et près d'Illouxt.
Un zeppelin a été détruit aux environs de Grodno.
M. Winston Churchill ayant mis l'amiral Fisher en cause, dans un discours qu'il a prononcé pour sa propre justification aux Communes, l'amiral lui a brièvement répondu.
L'armée italienne a fait 278 prisonniers autrichiens sur le Carso.
M. Denys Cochin est arrivé à Athènes, où il a reçu un acceuil cordial et même enthousiaste. Les rues étaient illuminées.
M. Asquith, Sir Edward Grey, M. Balfour et M. Lloyd George, ministres anglais sont arrivés à Paris pour conférer avec leurs collègues français.
Le Sénat a voté le projet d'emprunt 5% que M.Ribot, ministre des Finances, a défendu devant lui en un éloquent discours.
Le cabinet italien a tenu un conseil important pour déliberer sur la question balkanique.
 

Jeudi 18 novembre
Violente canonnade en Artois, autour de Loos, Angres et Souchez.
Nos batteries ont effectué des tirs de concentration sur les bois de Fay, au sud-ouest de Péronne.
Lutte d'artillerie en Champagne (ferme Navarin, Tahure).
Nous faisons exploser deux fourneaux de mines en Argonne, en détruisant des tranchées allemandes sur une assez grande étendue.
Le calme règne sur le front belge.
Les Bulgares ont abandonné leurs attaques sur notre front de la rive gauche de la Cerna, près de Krivolak. Ils se sont repliés au nord de Cicevo, avec de fortes pertes. On calcule qu'ils ont eu en morts, blessés, prisonniers, 4000 manquants. Nos pertes sont légères. Nous avons canonné un convoi ennemi près de Rabrovo.
Les Serbes continuent à se défendre dans le massif de Babouna.
Les ministres anglais arrivés à Paris : MM. Asquith, Lloyd George, Balfour et sir Edward Grey ont tenu avec leurs collègues français deux conseils de guerre au ministère des Affaires étrangères et à l'Elysée.

Vendredi 19 novembre
Canonnade dans le bois de Givenchy, en Artois.
Au sud de la Somme (Andéchy, l'Echelle-Saint-Aurin, le Cessier), notre artillerie a exécuté sur les organisations ennemies un bombardement très efficace : un poste allemand a été bouleversé et les batteries ennemies ont été réduites au silence.
Nous avons aussi bombardé très énergiquement les tranchées d'Autrèches, sur la rive nord de l'Aisne.
A l'est de l'Argonne, lutte de mines dans la région de Vauquois et du bois de Malancourt. Un ouvrage allemand a été détruit; un camouflet a bouleversé des travaux souterrains.
Sur le front belge, canonnade intermittente.
Sur le front d'Orient, les Bulgares ont attaqué nos positions vers Kosturino; ils ont été repoussés.
Mais les Serbes ont battu en retraite de la passe de Babouna vers Prilep. L'on croit qu'une grande bataille s'engagera aux environs de Monastir. Des effectifs anglais, avec une forte artillerie, se sont dirigés vers cette ville.
M. Denys Cochin a été reçu par le roi et la reine de Grèce.
Le vaisseau-hôpital anglais Anglia à sombré dans la Manche après avoir heurté une mine. Un vaisseau charbonnier, qui venait au secours de l'Anglia, le Lusitania, a également coulé.
Les Russes ont de nouveau bombardé Varna.

Samedi 20 novembre
En Alsace, sur le plateau d'Uffholz, et à l'Hartmannswillerkopf, lutte très vive de l'artillerie et des engins de tranchées, accompagnée de jet de grenades.
Huit avions ennemis ont essayé de survoler Lunéville. Pris en chasse, cinq d'entre eux ont fait demi-tour; les autres ont lancé sur la ville quelques bombes qui ont blessé trois personnes. Les dégâts matériels sont peu importants.
Sur le front belge, les Allemands ont canonné la région de Pervyse. L'artillerie belge a dispersé des travailleurs ennemis. Les avions de nos alliés ont bombardé des cantonnements allemands.
Sur le front d'Orient, le calme a régné sauf dans la région de Stroumitza, où nous avons repoussé les Bulgares en leur infligeant des pertes sensibles.
On annonce qu'une flottille allemande se trouve dans le Sund et une escadre anglaise dans le Cattégat.
M. Denys Cochin a quitté Athènes pour Chalcis et Salonique.
Les Italiens ont encore resserré leur investissement autour de Goritz.
Les Russes ont obtenu des succés près de Mitau et sur le Styr.
L'Amérique se prépare à demander le rappel de l'attaché militaire allemand von Papen.

Dimanche 21 novembre
Les tirs de concentration de notre artillerie ont obtenu des résultats d'une efficacité constatée, notamment en Belgique, dans la région de Boesinghe, où des ouvrages allemands ont été bouleversés et dans la Somme, près de Beuvraignes, où nous avons démoli des petits postes et une coupole blindée de l'ennemi.
Activité habituelle des deux artilleries sur l'ensemble du front.
Combats à la grenade, en Artois, au Labyrinthe, en Argonne, à Courtes-Chausses et Vauquois, et en Lorraine, près de Reillon.
Les pertes allemandes sur le Styr sont énormes et la situation de l'ennemi est devenue pénible sur la majeure partie du front russe.
L'armée serbe, qui se concentre dans le sandjak de Novi-Bazar, se prépare à se replier sur le Monténégro.
Le gouvernement anglais dément absolument qu'une révolte ait éclaté aux Indes.
Les combats entre Autrichiens et italiens autour de Goritz tournent de plus en plus à l'avantage de nos amis, de l'avis même de la presse viennoise.
L'Angleterre a pris des mesures de défense sérieuse à la frontière égyptienne.
Les manifestations socialistes contre le renchérissement de la vie et contre la durée de la guerre s'accentuent outre-Rhin.

Lundi 22 novembre
Vives actions d'artillerie en Artois, autour de Loos et d'Hulluch, ainsi qu'au nord de la Somme et au nord de l'Aisne. Notre tir a vivement endommagé les ouvrages ennemis à Armancourt, Dancourt, Tilloloy, ainsi que près de Soissons.
Nous avons fait exploser avec succès deux fourneaux de mines à Bolante, en Argonne. Violente canonnade à Vauquois.
Un fourneau de mines a fait explosion sur les Hauts-de-Meuse, au bois des Chevaliers. Aucun dégât n'a été causé dans nos lignes.
Sur le front belge, les abords de Dixmude ont été bombardés. Les aviateurs belges ont bombardé les cantonnements d'Essen.
Le calme a régné sur le front français d'Orient. Toutes les attaques des Bulgares à Kosturino ont été repoussées avec des pertes très sensibles pour nos adversaires.
Les débarquements se poursuivent régulièrement à Salonique.
La légation de Grèce à Athènes a adressé à la presse un communiqué pour dire que les ports hellènes ne recevraient plus de marchandises tant que M. Skouloudis n'aurait pas précisé son attitude.
Lord Kitchener a conféré à Salonique avec le général Sarrail.
Le ministre de la Justice italien, M. Orlando, a parlé à Palerme devant 50000 personnes. Il a déclaré que son pays ne ferait pas de paix séparée et laissé prévoir l'intervention dans les Balkans.

Mardi 23 novembre
Activité marquée d'artillerie en Artois et en Champagne.
La lutte de mines, en Argonne, s'est poursuivie à notre avantage.
Canonnade en Alsace, à l'Hartmannswillerkopf et au plateau d'Uffholz.
Sur le front belge, accalmie.
Sur le front de Macédoine, nous avons repoussé une attaque bulgare près de la Cerna. L'action s'est a nouveau engagée sur le Rajek, affluent de cette rivière.
Aux Dardanelles, une division anglaise a enlevé une tranchée et un dépôt de bombes. Elle a été appuyée par l'artillerie d'un croiseur cuirassé français. Toutes les contre-attaques ennemies, si violentes fussent-elles, ont été repoussées.
Les Serbes, après plusieurs journées de combat, ont vaincu les Bulgares en leur infligeant des pertes énormes, entre Nisch et Vrania. Ils ont imprimé un recul à l'ensemble de la ligne ennemie.
Plus au sud, les Bulgares ont évacué Prilep et même la passe de Babouna.
Les Italiens ont remporté de nouveaux succès sur les massifs de collines qui dominent Goritz et où leur avance est devenue très caractéristique.
La Grèce a donné de nouvelles assurances satisfaisantes aux puissances alliées et le ton de la presse anglaise à son égard s'est quelque peu radouci.

Mercredi 24 novembre
Journée calme sur l'ensemble du front. L'action de l'artillerie est ralentie par le brouillard. Nous réduisons au silence les batteries ennemies qui tiraient sur nos tranchées de Roclincourt, en Artois, sur nos positions entre Aisne et Argonne et dans la région du bois Le Prêtre.
Explosions de mines en Argonne, au nord de la Houyette et dans le bois de Malancourt.
Sur le front belge, légère canonnade allemande. L'artillerie belge disperse des groupes de travailleurs ennemis.
Sur le front d'Orient, accalmie dans le secteur de la Tcherna et dans le secteur de Stroumitza.
Les Allemands et les Autrichiens ont redoublé de vigueur dans la pression qu'ils exercent à Bucarest, mais sans résultat appréciable.
M. Denys Cochin est de retour à Athènes. Il a déjeuné au palais royal. L'Angleterre dément qu'elle exerce un blocus réel contre la Grèce. Les quatre puissances alliées ont fait remettre une note à la Grèce pour lui demander de préciser ses intentions.
Un bateau-vigie allemand a été coulé par les Russes dans la Baltique.
Malgré de furieuses contre-attaques dirigées contre eux par les Autrichiens, les Italiens ont conservé toutes leurs positions sur l'Isonzo moyen.
La viande de porc a atteint des prix fabuleux outre-Rhin, où les journaux sont pleins de doléances à ce sujet.
Lord Kitchener a annoncé, dans une interview, que l'Angleterre aurait bientôt 4 millions d'hommes sur pied.

jeudi 25 novembre
Matinée calme dans l'ensemble du front, sauf en Woëvre, au bois Brûlé, où l'ennemi a lancé des obus suffocants, sans résultat.
Dans l'après-midi, activité d'artillerie en Artois, où la gare d'Arras a reçu une cinquantaine d'obus; dans la région de Loos et de Souchez; du côté de Soissons et en Champagne; en Lorraine, dans les secteurs de Flirey et de Reillon; dans les Vosges, à la Tête-de-Faux, et à l'Hartmannswillerkopf. Nos batteries ont partout riposté et gardé l'avantage.
Les batteries belges ont dispersé des travailleurs, canonné des tranchées et des postes d'observation.
Les Russes ont remporté des succès sur le Styr, et il se confirme, d'autre part, que les Allemands ont subi de très fortes pertes dans la région de Dwinsk.
Les Italiens ont capturé un certain nombre de prisonniers sur l'Isonzo.
Les Serbes ont quelque peu amélioré leurs positions et les Bulgares ont suspendu leurs attaques dans la région de Monastir.
La Grèce a accueilli favorablement, dans l'ensemble, la remise de la note des alliés.


   


Vendredi 26 novembre
Combats à la grenade, en Artois et en Lorraine, sur quelques parties du front.
Notre artillerie a exécuté des tirs efficaces sur des emplacements de mitrailleuses dans la région de Frise (vallée de la Somme) et dans la région de Roye, sur la station de Beuvraignes et sur Laucourt.
Canonnade sur l'ensemble du front.
Sur le front d'Orient, nos troupes ont eu un combat avec les Bulgares, à l'est de Krivolak. Les Bulgares ont été repoussés.
Les Serbes luttent vigoureusement entre Prilep et Monastir et dans le secteur de Katchanick.
Aux Dardanelles, les Turcs ont vainement tenté trois assauts contre le front anglais. Ils ont été décimés par les feux de l'infanterie et de l'artillerie anglaises auxquels se joignaient ceux de l'artillerie française. Nos avions ont par ailleurs bombardé la voie ferrée Constantinople-Dedeagatch.
Le grand emprunt 5% a été ouvert dans toute la France.
La Grèce a remis aux alliés une réponse favorable.
L'armée anglaise du golfe Persique s'est avancée jusqu'aux approches de Bagdad. Elle a fait 800 prisonniers. Elle a 2000 morts et blessés.

Samedi 27 novembre
Canonnade intermittente sur tout le front. L'activité de l'artillerie a pris un tour plus vif en Argonne: nos batteries ont fait sauter un dépôt de munitions allemand dans la région de la Fille-Morte.
Dans le secteur de Courtes-Chausses, combat à la grenade; nous occupons un entonnoir de mine, après en avoir délogé l'ennemi.
La neige tombe en abondance sur le versant oriental des Vosges.
Bombardement violent et réciproque sur le front belge.
Les Serbes poursuivent leur mouvement de repli vers l'Albanie.
Les Russes ont remporté des succès au sud de Dwinsk et à l'ouest de Riga. Le général allemand qui commande l'armée de Volhynie a reçu l'ordre d'enlever le passage du Styr : à défaut, il sera destitué.
Les Italiens ont fait de nombreux prisonniers sur les pentes qui dominent Goritz.
Lord Kitchener est arrivé à Rome, où il a conféré avec MM. Sonnino et Salandra.
M. Denys Cochin a été fêté en grande pompe par le conseil municipal d'Athènes. La Grèce négocie avec la Quadruple Entente sur les détails de la neutralité bienveillante.

Dimanche 28 novembre
Vives actions d'artillerie en Belgique (régions de Lombaertzyde et de Boesinghe, et au sud de la Somme (secteur de Fouquescourt).
Au nord de Saint-Mihiel, nous avons démoli une batterie ennemie à la cote Sainte-Marie. A Billy-sous-Mangiennes, nous avons dispersé un fort détachement par un feu à longue distance.
Les ennemis ont fait une triple tentative par gaz suffocants dans le secteur Forges-Bethincourt, à l'ouest de Verdun. Ces trois émissions ont abouti à un échec total.
Dans le secteur français de Macédoine, nos avions ont bombardé les environs de Stroumitza et la ville d'Istip.
Nos troupes, à raison du repli des Serbes, sont revenues de la rive gauche sur la rive droite de la Cerna.
Aux Dardanelles, notre artillerie a détruit des pièces turques de gros calibre, et notre travail de mines a heureusement progressé.
Les ministres alliés à Athènes ont remis un aide-mémoire à M. Skouloudis pour préciser leurs desiderata.
Une mission militaire russe est arrivée à Londres. Le général russe Gilinsky est venu également en mission à Paris.

Lundi 29 novembre
Canonnade sur l'ensemble du front. A Berry-au-Bac, une forte reconnaissance a été dispersée.
En Belgique, nous avons abattu un taube qui est tombé à la mer près de Westende. Un torpilleur et des canots allemands sont sortis pour le sauver. Un canot a été coulé par les hydravions alliés et par notre artillerie.
Dix avions français ont bombardé les hangars d'Habsheim, à l'est de Mulhouse : les hangars ont pris feu. Nos projectiles ont endommagé un aviatik. Vainement l'ennemi a essayé de nous poursuivre. Nous avons forcé un aviatik à atterrir: un autre a capoté.
Près de Nancy, un avion de chasse français a abattu un avion allemand et contraint un autre à faire demi-tour.
En Macédoine, calme relatif dans notre secteur. Serbes et Bulgares combattent avec acharnement entre Prilep et Monastir. Les Allemands prétendent s'être rendus maîtres de la plaine de Kossovo.
Les Turcs ont essayé en vain de nous faire reculer à Gallipoli en lançant des gaz suffocants.
Les Russes ont progressé près de Mitau, en Courlande.
Les Anglais ont pris des mesures de police contre des agitateurs qui travaillaient les Bédouins de la frontière syrienne.

Mardi 30 novembre
Combats à la grenade en Artois, aux abords de la route de Lille, et en Lorraine, autour de Reillon.
Au nord du Labyrinthe, nous avons, par une vive attaque, chassé l'ennemi de l'entonnoir qu'il occupait. Il a subi des pertes sensibles.
C'est un sérieux échec que les Allemands ont essuyé à Berry-au-Bac, devant un de nos ouvrages. Ils ont laissé des morts et des prisonniers.
Ouatre taubes ont survolé Verdun et jeté des bombes. A titre de représailles, cinq de nos avions ont bombardé la gare de Brieulles, au sud de Stenay, coupant la voie ferrée et forçant un train à rebrousser chemin.
Un de nos avions a dû atterrir à Dompcevrin (rive gauche de la Meuse). Les aviateurs sont sains et saufs.
Avance russe en Courlande.
Les Italiens ont fait encore plusieurs centaines de prisonniers autour de Goritz.
La situation à Monastir est devenue assez précaire. Néanmoins, les Bulgares n'ont pas encore attaqué la ville qui est défendue par le colonel Vassich. Le mauvais tenmps continue à suspendre les opérations dans le secteur français de Macédoine.
Les échanges de notes se poursuivent entre les alliés et la Grèce : aucun résultat définitif n'est encore acquis.
Le roi de Roumanie a lu le discours du trône qni n'éclaircit toujours pas l'avenir.
Lord Kitchener a traversé Paris.