Samedi 1er mars
Le Comité des Dix a décidé qu'une commission centrale serait créée pour délibérer sur les questions territoriales. Il a entendu ensuite un exposé de la question sionique.
La Chambre a voté la prime de démobilisation.
M. Clemenceau est retourné au ministère de la Guerre où il a repris la direction des services.
La commission du budget de la Chambre a continué à délibérer sur la question financière. Elle s'est prononcée contre l'impôt du capital.
Un nouveau mouvement révolutionnaire se dessine en Allemagne. Il y a des troubles à Augsbourg et à Dusseldorf; la grève générale a été proclamée en Saxe et en Thuringe et Weimar est, en quelque sorte, isolée. Ludendorf demande a être traduit devant un tribunal.
Les mineurs anglais ont décidé d'ajourner au 22 mars la proclamation de la grève. La conférence industrielle s'est ouverte à Londres.
M. de Romanones, en présence des difficultés intérieures et extérieures, a décidé de suspendre les Cortes. Cette décision est très commentée à Madrid, où l'on parle de l'éventualité d'une crise ministérielle. La situation a d'ailleurs empiré à Barcelone.
Les bolchevistes mettent Petrograd en état de défense. Les Lithuaniens annoncent qu'ils ont remporté une victoire sur eux.

Dimanche 2 mars
Le Comité des Dix s'est réuni pour entendre des rapports de la commission des Finances et de la commission économique. Le principe d'une section financière de la Ligue des Nations a été adopté.
Des froissements graves se sont produits à Laybach, entre Italiens et Yougo-Slaves.
Le prince régent de Serbie a quitté Paris.
Les commissions sénatoriales des Finances et des Affaires étrangères ont estimé nécessaire qu'on demande d'urgence une provision à l'ennemi, qu'on fit connaître le caractère privilégié de certaines créances et qu'on ajournât toute création d'impôt nouveau jusqu'au jour où auraient été fixées les bases sur lesquelles serait réglée la dette de l'ennemi.
Il a été décidé que les officiers ne seraient pas soumis à la révision des grades.
L'extrême gauche est, de nouveau, maîtresse de Munich. Des incidents graves se sont produits au comité des C.O.S.
La Hollande se refuse à désarmer.
Le gouvernement hongrois a décidé de convoquer une Constituante.
Des grèves ont éclaté à Madrid, Barcelone et Valence.
M. Wilson continue à défendre dans toutes ses conversations la Société des Nations. Il partira le 5 pour la France.

Lundi 3 mars
Le Comité des Dix a siégé. Le maréchal Foch a déposé le rapport des représentants militaires alliés sur les conditions militaires à imposer à l'ennemi.
M. Crespi, au nom du comité de rédaction financier, a formulé le questionnaire à résoudre dont les solutions ont été confiées à la commission financière.
M. Clémentel, au nom du comité de la rédaction économique, a donné le détail des questions de cet ordre à résoudre par le traité de paix; la solution a été confiee à la commission économique.
Les commissions territoriales, de leur côté, commissions des affaires grecques, belges, polonaises, ont hâté leurs travaux.
La Pologne recouvrerait, du côté de la Prusse, la frontière de 1772. La Grèce recevrait la côte d'Asie mineure entre Aivali et le golfe de Cos. Il a été décidé encore que le Slesvig septentrional serait consulté en bloc sur son rattachement au Danemark et que le Slesvig central voterait par tranches.
M. Orlando a prononcé un important discours à la Chambre italienne pour affirmer les prétentions du cabinet de Rome dans l'Adriatique.
Le plus grand trouble continue à régner à Munich. La République des Conseils a été proclamée à Brunswick. L'Assemblée de Weimar a voté une motion présentée par les femmes-députés contre le maintien du blocus. Le bruit court que Scheidemann aurait démissionné.
L'état de siège a été proclamé à Madrid.

Mardi 4 mars
Le conseil supérieur interallié s'est réuni pour entendre le rapport du maréchal Foch. Les experts militaires y étaient présents ainsi que le marquis Saïonji. M. Lloyd George est de retour à Paris.
La France a désigné comme délégués à la commission financière MM. Klotz et Sergent, et à la commission économique, MM. Clémentel et Morel.
Une délégation danoise est partie pour Paris.
Une délégation sénatoriale est arrivée à Metz pour enquêter sur les besoins de la Lorraine.
La nouvelle qu'une révolution se serait produite à Luxembourg est démentie.
M. Wilson a convoqué M. Taft à une réunion contradictoire avant de repartir pour l'Europe, afin de discuter le problème de la Société des Nations.
Le gouvernement allemand, qu'effraie de plus en plus la tournure prise par les événements, vient de lancer une proclamation pour dénoncer le péril d'anarchie. La grève générale semble imminente à Berlin. Trente-quatre villes de l'Allemagne centrale sont déjà en grève. Les troupes gouvemementales sont rentrées dans Halle.
Le gouvernement espagnol met à l'étude un vaste programme de réformes sociales.
Le gouvernement belge a révoqué un haut fonctionnaire, M. Verhees, directeur au ministère de l'lndustrie et du Travail, pour avoir prêté un concours actif aux tentatives allemandes qui visaient à rompre l'unité nationale.
Toute une conspiration d'espionnage austro-allemande a été découverte à Prague.

Mercredi 5 mars
Le conseil supérieur de guerre a entendu les rapports qui lui étaient présentés au sujet du désarmement de l'ennemi. Il a chargé le maréchal Foch de les coordonner.
Un incident s'est produit à la réunion des petites puissances qui devaient désigner leurs délégués aux commissions des affaires financières et économiques. Elles ont refusé d'opérer ces désignations, estimant que leur part était insuffisante.
Un certain nombre de députés demandent qu'un palais national soit mis à la disposition de M. Wilson lorsqu'il arrivera à Paris. L'attorney Grégory accompagnera Wilson. M. Hoover a été chargé par M. Wilson d'assurer le ravitaillement de l'Europe.
Le cabinet danois a démissionné.
Des troupes bavaroises marchent sur Munich.
Les Ukrainiens, d'énonçant l'armistice conclu avec les Polonais, attaquent à nouveau la ville de Lemberg.
M. Lloyd George a prononcé un discours à Londres pour inciter les petites nations à se garder de tout impérialisme.
Les bolchevistes bombardent Narva.
Il y a un million de chômeurs outre-Rhin.
Nansen, le célèbre explorateur norvégien, est parti pour Paris.
La grève générale menace en Espagne. Le tunnel franco-espagnol entre Aix et Puycerda est complètement percé. Trois cents personnes ont été arrêtées à Madrid.
es premiers trains de charbon venant du bassin de la Sarre sont arrivés à Paris.
La reine Marie de Roumanie est débarquée à la gare de Lyon.
L'Amirauté britannique a vendu vingt-cinq sous-marins allemands; d'autres seront remis aux Etats alliés.
Le consul allemand a été expulsé de Prague.
M. Wilson a prononcé un grand discours à New-York au sujet de la Société des Nations.
Quatre officiers ont été arrêtés à Berlin comme responsables du meurtre de Rosa Luxembourg et Liebknecht. Koenigsberg et Halle ont été repris par les troupes gourvernementales allemandes. Scheidemann a soumis à l'Assemblée de Weimar un projet de socialisation.

Jeudi 6 mars
La commission des affaires belge a décidé de proposer au Comité des Dix l'abrogation du traité du mois d'août 1839 qui fixait le statut de la Belgique. Il s'agit de la neutralité de ce pays et de ses limites. On sait que plusieurs groupements belges préconisent des remaniements territoriaux.
Les grandes puissances ont désigné leurs délégués aux trois commissions qui ont été constituées.
A la commission des questions territoriales, la France envoie M. A. Tardieu; l'Amérique, M. Mézès; l'Angleterre, sir Eyre Crowe ; l'Italie, le marquis Salvago Raggi; le Japon, M. Ijuin.
Délégués à la commission économique : Grande-Bretagne, sir George Foster et M. H. Loevling Smith; Italie, MM. Crespi et Ciuffelli; France, MM. Clémentel et Morel ; Japon, MM. Matsui et Soukoui.
Délégués à la commission financière: Italie, MM. Salandra et Crespi; Japon, MM. Chinda et Mori; France, MM. Klotz et Sergent.
Le litige est à l'état aigu - au moins à la Conférence de la paix - entre la Chine et le Japon. La Chine se plaint que le Japon ait voulu établir sur elle un protectorat mal déguisé, une protestation américaine ayant seule fait échouer cette tentative.
M. Lloyd George est arrivé à Paris.

Vendredi 7 mars
Le Comité des Dix s'est réuni.
Le président a entretenu le Conseil des diverses questions de procédure relatives à la fixation des ordres du jour des prochaines séances.
La discussion a porté en suite sur les conditions éventuelles de ravitaillement de l'Autriche-Hongrie. Puis le docteur Gwosdanovitch, ministre du Montenegro à Washington, a exposé, au nom du roi Nicolas, le point de vue du gouvernement royal sur la situation et l'avenir du Montenegro.
M. Wilson a prononcé un discours sensationnel au Metropolitan Théâtre de New-York. Prenant la parole après l'ex-président Taft, il a montré que la guerre eût pu être évitée si une organisation mondiale eût existé. Il a fait appel aux masses populaires pour défendre cette grande idée; il a dénoncé l'attitude de ceux qui ne la comprennent pas et qui en rétrécissent la portée ; il a proclamé le devoir du peuple américain dans les conjectures présentes et la nécessité pour, l'avenir, de supprimer toutes les alliances qui s'enchevêtrent. On considère qu'il a remporté un très grand succès et qu'il a confondu l'obstruction américaine. C'est après avoir prononcé ce discours qu'il s'est embarqué sur le George Washington, qui le ramène en Europe.
Les batailles de rues Continuent à Berlin où les tanks circulent pour abattre les barricades. Le nombre des grévistes augmente dans la capitale.
Le général Nudant a protesté à Spa contre le retard des livraisons allemandes.
Des fonctionnaires alliés vont être admis outre-Rhin pour assurer certains services télégraphiques.


Samedi 8 mars
Le Conseil, supérieur interallié a tenu une longue séance. Il a accepté la proposition américaine tendant à inviter les commissions à présenter avec leurs rapports, des conclusions sons formes d'articles à insérer dans les préliminaires de paix.
La discussion a ensuite porté sur les conditions militaires, navales et aériennes à imposer à l'ennemi. Les clauses navales ont été adoptées.
L'incident relatif aux petites puissances, qui demandent une représentation plus forte dans les commissions, continue à se développer. La commission belge a terminé ses travaux, et la commission des affaires helléniques a presque achevé les siens.
La situation reste très trouble en Allemagne. Le gouvernement se dit sûr de maîtriser la nouvelle insurrection spartacienne à Berlin, mais, en même temps, il négocie avec les comités d'ouvriers et soldats et il fait voter la loi de socialisation par l'Assemblée nationale. La cour martiale fonctionne. Les grèves se sont encore étendues dans l'Allemagne centrale.
La commission interalliée de Pologne s'est rencontrée avec la commission allemande, près de Bromberg. Elle a posé la question du passage des troupes polonaises par Dantzig.
Le gouvernement de Berlin a proclamé l'état de siège dans la Prusse orientale.
M. Winston Churchill a enlevé, à, une très forte majorité, le vote des crédits militaires nécessaires au maintien des effectifs, malgré le vote des travaillistes.
M. Orlando a eu un ordre du jour de confiance à la Chambre italienne.
Les bolchevistes ont procédé à une nouvelle attaque sur le front d'Arkhangel.
Un grand industriel belge a été arrêté pour complicité avec l'ennemi.
Un remorqueur a sauté sur une mine au large de Marseille.


Dimanche 9 mars
Le Conseil suprême de guerre s'est réuni. La réunion a été saisie du fait de l'interruption des négociations de Spa, relatives à la livraison de la flotte allemande, et d'une proposition de M. Lansing, au sujet des câbles allemands.
A la demande de la délégation italienne, la nomination d'une commission militaire interalliée d'enquête, sur les incidents de Laybach, a été décidée. La discussion au sujet du ravitaillement des pays de l'ancienne Autriche-Hongrie a été ensuite continuée et terminée.
M. Lloyd George a entretenu le conseil des conditions militaires des préliminaires de paix avec l'Allemagne.
L'incident de Spa s'est produit parce que l'Allemagne refusait de livrer sa flotte marchande, contrairement aux termes de l'armistice de janvier, si on ne lui garantissait pas la fourniture de 3.200.000 tonnes de denrées alimentaires avant l'été. Les délégués français et allemands sont retournés, les uns à Paris, les autres à Berlin, pour demander des instructions complémentaires.
M. Lloyd George a opposé au projet du maréchal Foch et des autres experts militaires limitant l'armée allemande à 200.000 hommes un autre texte qui substituerait à la circonscription le volontariat.
Les combats de rue, se poursuivent à Berlin. Le gouvernement d'Ebert se dit maître du centre de la ville, mais les spartaciens résistent dans les faubourgs.
Un nouveau cabinet turc, purement ententophile, s'est constitué.
Deux des leaders de la révolution russe, Tcheitze et Tserefelli, sont arrivés à Paris.
Le débat financier s'est ouvert à la Chambre. Les orateurs ont été unanimes à dire que l'Allemagne devrait payer tout ce q'elle pourrait donner.
Une élection symptomatique a eu lieu aux Etats-Unis. Un partisan de M. Wilson a remplacé un républicain hostile à la conception présidentielle de la ligue des nations.

Lundi 10 mars
Le Conseil suprême des alliés s'est réuni au quai d'0rsay. Les généraux anglais (Gordon), français (Savy), américain (Treat), italien (Segre), formant la commission de Laybach ont été nommés.
M. Tardieu a donné connaissance du rapport de la commission chargée de l'étude des questions belges; les conclusions tendant à la révision du traité de 1839 ont été adoptées.
M. Cambon a rendu compte de la réunion des petites puissances relative à leur représentation dans les commissions financière et économique. Une décision sera prise lundi à cet égard.
La discussion a porté ensuite sur l'interruption des négociations à Spa. A cet égard, il a été décidé que les Alliés se tiendraient fermes sur les positions adoptées par leurs représentants à la commission de Spa. L'Allemagne devra livrer d'abord sa flotte marchande, qui doit servir à la fois à son ravitaillement et à celui du reste de l'Europe. On ne refusera pas ensuite de lui fournir les subsistances nécessaires.
M. Orlando, président du Conseil italien, est reparti pour Paris, après avoir obtenu l'ajournement de la Chambre.
On dément le bruit d'un attentat contre le roi des Belges.
L'Autriche allemande a adressé une note à l'Entente pour demander que la population de la Bohême allemande soit consultée sur son avenir par voie de referendum.
Presbourg a été occupée par les troupes franco-italiennes.
La grève de Berlin est terminée. On compte qu'au cours des récentes batailles de rues, dans la capitale allemande, il y a eu 1.000 morts et blessés. Les indépendants essaient de se rapprocher des spartaciens. Le travail a repris dans les mines de l'Allemagne centrale.
Les pourparlers germano-polonais ont recommencé. La commission interalliée de Pologne s'est installée à Posen.

Mardi 11 mars
Il a été décidé que les négociations interrompues à Spa avec la délégation allemande au sujet de la remise de la marine marchande et du ravitaillement reprendraient à Bruxelles: C'est l'amiral Weymiss qui les dirigera au nom de l'Entente. Le point de vue des alliés, reste le même. L'Allemagne est tenue de livrer sa flotte commerciale. On consent à la traiter " humainement " en lui fournissant des vivres.
Le Comité des Dix a décidé qu'il choisirait lui-même les représentants des Etats à intérêt limité à la commission financière et à la commission économique. Mais il consent à allonger la liste, et, ainsi, l'incident sera clos par un compromis.
Le bruit court que l'Allemagne reviendrait sur l'attitude d'intransigeance qu'elle avait adoptée à Spa, et aussi que des dissentiments se seraient de nouveau produits entre Scheideman et Brackdorff-Rantzau. Les combats, qui ont continué à Berlin, ont été très sanglants. On parle de 1.000 à 1200 morts et blessés. Des tanks et des avions ont participé à la lutte.
M. Venizelos est parti pour Londres.
Le meurtrier d'Eisner, qui est réellement le comte d'Arco Valle, a fait des aveux.
L'Angleterre doit être à la fois agricole et industrielle, déclare M. Auckland Geddes.
Les tableaux pris à Lille par les Allemands commencent à rentrer dans cette ville.

Mercredi 12 mars
Le Conseil supérieur de guerre s'est prononcé pour la désignation par les grandes puissances des représentants des puissances à intérêts particuliers dans la commission économique et la commission financière.
La délibération a ensuite porté sur le rapport des experts militaires, présenté par le maréchal Foch, et relatif aux statuts militaires définitifs de l'Allemagne. Les termes de ce rapport ont été arrêtés et les conclusions ont été adoptées. Le projet voté comporte les points suivants:
L'Allemagne devra substituer l'armée volontaire avec contrat de 12 ans, à l'armée de la conscription.
Cette armée volontaire ne devra pas comprendre plus de 1oo.ooo hommes.
Le contingent en officiers sera limité dans une proportion égale.
Le matériel sera réduit aux besoins de la nouvelle armée. Pour l'avenir, on fixera les calibres et les quantités de munitions qui ne pourront-être dépassés. On fera en sorte que l'armée allemande cesse d'être une armée capable d'offensive.
Le contrôle sera exercé par des commissions et des sous-commissions interalliées qui circuleront à travers l'Allemagne.
Les controverses continuent aux Etats-Unis au sujet de la Société des nations.
Les combats n'ont pas encore cessé dans les faubourgs de Berlin. Ebert est rentré dans la capitale.
Le gouvernement des Soviets a décidé de libérer les français qui sont encore emprisonnés en Russie.

jeudi 13 mars
Au conseil interallié, le président a donné connaissance des communications envoyées par la commission d'armistice sur la situation en Pologne. Cette situation a retenu l'attention du conseil.
Il a été donné ensuite lecture d'une demande de la république des Tchéco-Slovaques relative aux intrigues allemandes, autrichiennes et hongroises contre le nouvel Etat. Le Conseil a pris cette demande en considération: il l'examinera au fond lorsque la documentation en sera parvenue à la Conférence.
On a étudié ensuite les conditions de participation des puissances à intérêt particulier et des Etats en formation aux discussions relatives à leurs frontières avec les grandes puissances.
Une grande manifestation franco-américaine a eu lieu au cercle de la presse interalliée. MM. Tardieu et Lansing et le maréchal Foch ont pris la parole.
Le débat financier a continué à la Chambre des députés. M. Bouilloux-Lafont a établi et préconisé un projet aux termes duquel la Société des nations établirait des surtaxes internationales.
Le maréchal Foch a fait savoir à la commission allemande d'armistice que les représentants des gouvernements alliés se rencontreraient à Bruxelles avec les délégués allemands pour leur communiquer les décisions concernant la flotte allemande de commerce, le ravitaillement de l'Allemagne en denrées alimentaires et pour régler les questions financières s'y rattachant.
M. Schmidt, ministre allemand du Ravitaillement a déclaré que les rations seraient réduites. L'armée gouvernementale allemande reconquiert progressivement les faubourgs. Un incident s'est produit aux pourparlers de Posen. M. Noulens a fait expulser un secrétaire allemand.
On annonce que lord Curzon succéderait à M. Balfour au ministère des Affaires étrangères de Londres.
Le président Wilson se rendra dans quinze jours à Bruxelles.
L'interdiction de l'entrée des matières premières est levée en Angleterre.
Une escadre anglaise est arrivée à Libau.
La crise bavaroise serait terminée.




le plus grand hydravion du monde



Le Curtiss "N.C.I.", vient d'être essayé à la station aéro-navale de Rockavay Park (Long Island). Voici quelques-unes des dimensions de l'hydravion géant : envergure de l'aile supérieure d'une extrémité à l'autre 38 mètres, largeur des ailes 3,65 mètres, distance entre les plans supèrieur et inférieur 3.65 mètres également, longueur de l'hélice à la queue 21 mètres. Malgré ces dimensions, cet hydravion peut s'élever à une hauteur de 600 mètres en quelques minutes.



Vendredi 14 mars
Le Conseil supérieur interallié a adopté les clauses aériennes du désarmement germanique. L'Allemagne devra remettre tous ses avions et dirigeables. Elle ne gardera que ceux de ses hydravions qui lui seront nécessaires pour la relève des mines et la police des côtes. Pour l'avenir, on prendra des mesures afin que l'Allemagne ne puisse pas reconstituer sa flotte aérienne de guerre.
Le Comité des Dix a fixé la liste des petites puissances qui seront représentées dans les commissions.
Commission financière: Belgique, Grèce, Pologne. Roumanie, Tchéco-Slovaquie, Serbie.
Commission économique : Belgique, Brésil, Chine, Pologne, Roumanie, Serbie.
Les autres puissances à intérêt particulier pourront être entendues quand leurs intérêts seront traités.
L'Italie publie le memorandum de ses revendications territoriales ( Trentin, Istrie et Dalmatie ). Elle fournit de longues justifications en invoquant des arguments d'ordre stratégique, ethnique, linguistique, économique, etc.
Les négociations de Posen sont interrompues entre les Alliés et l'Allemagne.
M. Hoover a été chargé du ravitaillement de l'Autriche. M. Taft a prononcé un discours en faveur de la Société des nations.

Samedi 15 mars
M. Wilson est arrivé à paris. Il a été reçu à la gare des Invalides par les membres du gouvernement.
Le Comité des Dix a invité les Etats neutres à lui envoyer avant le 20 mars leurs observations au sujet de la Ligue des nations.
L'Allemagne annonce que ses délégués à la Conférence de la paix seront : le comte de Brockdorf-Rantzau, les ministres David et Giessbert, le professeur Schuking, M. Max Warbourg et M. Adolf Mueller. M. Erzberger aurait refusé de faire partie de la délégation.
La rupture serait accomplie entre l'Autriche allemande et la république tchéco-slovaque.
Le gouvernement de Vienne essaie de répondre, par des arguments spécieux, aux accusations que le gouvernement de Prague a portées contre lui.
Le débat financier continue au Palais Bourbon, M. Klotz a pris la parole et déclaré que l'Allemagne devrait d'abord payer. On verrait ensuite s'il y a lieu d'imposer à la France des charges nouvelles. L'ordre du jour pur et simple a été adopté à la demande du gouvernement.
La bataille de rues n'est pas finie à Berlin où les insurgés garderaient encore un faubourg. Noske, ministre de la Guerre, a prononcé un discours pour flétrir les spartaciens. De nouvelles grèves sont en perspective outre-Rhin. L'état de siège a été proclamé dans plusieurs villes de l'Allemagne centrale.
Sir William Robertson, commandant des forces métropolitaines anglaises, remplacera le maréchal Douglas Haig à la tête de l'armée britannique.
M. Coreman, directeur au ministère belge des Sciences et des Arts, a été condamné comme activiste, à quinze ans de travaux forcés.


Reconstitution sur place de l'attentat contre M. Clemenceau





Le document du haut montre les diverses phases de l'attentat : c'est du point 1 que Cottin a tiré sur la voiture de M.Clemenceau, alors engagée dans la rue Franklin, à quelques mètres de son point de départ. La première balle traversa les deux glaces des portières. Du point 2, Cottin tira deux balles qui atteignirent les glaces du devant, alors que l'auto prenait le boulevard Delessert; le chauffeur fut blessé par des éclats de verre. Du point 3, Cottin tira sept balles qui atteignirent l'arrière de la limousine et dont trois blessèrent M. Clemenceau. En bas, de gauche à droite : 1° le chauffeur Conjat; 2° les traces de balles sur le devant de l'auto; 3° les sept balles de l'arrière; 4° l'agent Goursat, blessé à la joue droite.

Dimanche 16 mars
La commission des responsabilités de la Conférence de la paix a établi son rapport qui relève toute une série de faits criminels à la charge des empires centraux et qui prévoit de lourdes sanctions. Elle défère les criminels soit aux tribunaux nationaux, soit, à un tribunal supranational.
Le secrétaire de la Conférence a fait savoir aux organisations féminines que leurs délégués seraient entendus par les commissions.
Cottin, le libertaire qui avait tiré plusieurs coups de revolver sur M. Clemenceau a été condamné à mort à l'unanimité par le conseil de guerre.
L'ordre à Berlin reste précaire. Les fusillades d'insurgés y continuent. Un mouvement se manifeste dans la région de Cologne, en faveur de la création d'une république occidentale allemande.
Les conférences de Bruxelles au sujet de la livraison de la flotte allemande et du ravitaillement de l'Allemagne ont duré deux jours. L'amiral Weymiss ayant posé nos conditions, elles furent transmises à Weimar. Le gouvernement d'Ebert a totalement capitulé.
Le gouvernement de l'Autriche allemande s'est constitué avec quatre socialistes et trois chrétiens-sociaux.
M. Pralon, consul général de France, a été envoyé comme chargé d'affaires à Varsovie.
De violents combats ont lieu aux frontières polonaises.
On annonce la publication des traités secrets sino-japonais. L'attitude de Tokio vis-à-vis de Pékin est devenu extrêmement délicate.

Lundi 17 mars
Le Conseil suprême interallié n'a siégé que dix minutes, M. Wilson a fait demandé quelque répit pour étudier le projet de désarmement rédigé par les experts militaires. Au cours de sa brève réunion, le Conseil suprême s'est entretenu de la situation en Pologne et de l'adjonction de quelques délégués des Etats secondaires à la commission de l'aéronautique.
La commission centrale des affaires territoriales a siégé hier, et, après avoir approuvé la délimitation adoptée pour la Pologne par la commission spéciale, elle a fixé la frontière austro-allemande.
Une note officieuse, publiée au sujet des pourparlers de Bruxelles, dit que les Allemands ont consenti à livrer d'importantes quantités de charbon.
M. Noulens a sommé les délégués allemands à Posen de lui donner une réponse à échéance déterminée, sans quoi les pourparlers suspendus, seraient rompus.
Les combats diminuent à Berlin. On a discuté à la Chambre hollandaise l'extradition de Guillaume II.
Un sous-marin allemand a tenté de s'enfuir du Ferrol. Rejoint, il a plongé et son équipage a été recueilli par des bâtiments espagnols.
Le général comte Armin a été assassiné en Bohème.
Une campagne se dessine en Autriche, du moins dans les milieux catholiques, contre l'annexion à l'Autriche allemande.
Une tentative de meurtre a été dirigée contre Trotski. Les bolcheviks auraient fait de nouvelles propositions à l'Entente.

Mardi 18 mars
La commission des affaires roumaines, désignée par la Conférence de paix, a terminé ses travaux et rédigé une proposition définitive.
Les Etats scandinaves et la Suisse ont nommé les représentants qu'ils enverront à Paris pour présenter leurs observations sur la conférence de la paix.
Un nouvel attentat a été commis contre Lénine.
D'après les indications qu'on a reçues de Londres, la France recevrait dans la distribution de la flotte commerciale allemande 100.000 tonnes de grands vapeurs transatlantiques et un quart des cargo-boats.
Les négociations de Posen ont repris entre les délégations alliés et les Allemands : ceux-ci étant rentrés de Berlin à la suite de la sommation que leur a adressée M. Noulens.
Les arrestations et les perquisitions continuent à Berlin.
Le parlement yougo-slave s'est réuni à Belgrade.
Les privilèges militaires des Etats allemands sont abolis. La Bavière proteste, d'accord avec le Wurtemberg.
Des bruits de crise ministérielle circulent en Belgique.
La controverse américaine se poursuit sur la Société des nations.
Les socialistes hongrois mènent une active propagande en vue des élections prochaines.
Les ouvriers anglais se préparent à prendre des décisions importantes.
Le chancelier autrichien Renner a fait un discours pour préconiser le rattachement de L'Autriche allemande à l'Allemagne.

Mercredi 19 mars
Le Conseil supérieur interallié a tenu une longue et importante séance. Le projet du désarmement allemand, mis à jour par le comité des experts, a été sanctionné. Deux points ont été réservés :
1° Quelle serait l'affectation des câbles transatlantiques allemands capturés par les alliés?
2° Quel serait le sort du canal de Kiel?
Une discussion s'est encore engagée sur ce thème essentiel: l'Entente signerait-elle avec l'Allemagne une convention d'armistice définitive ou voudrait-elle tout de suite dicter des préliminaires de paix?
Le débat sur la frontière germano-polonaise n'a pas été abordé, mais on a envisagé les moyens de mettre fin au conflit qui se déploie sous Lemberg entre Polonais et Ukrainiens.
Un incident serbo-italien vient de se produire. Le gouvernement de Belgrade a refusé de recevoir les lettres de créance du ministre italien prince Borghèse, celles-ci ne comportant pas reconnaissance du nouvel Etat des Serbes, Croates et Slovènes.
Il a été entendu que les navires allemands livrés aux alliés circuleraient sous pavillon interallié et que la répartition actuelle n'en serait que provisoire.
Les envoyés de la Suisse à la Conférence de la paix sont arrivés à Paris.
L'Allemagne versera 450 millions d'or à la Belgique.
Les nationalistes égyptiens ont fomenté des troubles au Caire et à Tantah. Il y a eu des morts et des blessés.
Les partis gouvernementaux allemands menacent de refuser de signer la paix si l'Entente pose des conditions trop dures.


Jeudi 20 mars
MM. Wilson, Clemenceau et Orlando ont écrit une lettre à M. Lloyd George pour le prier de prolonger d'une quinzaine son séjour à Paris.
Le Conseil supérieur interallié a inscrit à son ordre du jour la question polonaise. Le professeur Lord a exposé devant la commission spéciale des affaires polonaises la situation critique de Lemberg.
M. Thomas, leader des cheminots anglais, est venu en avion à Paris pour s'entretenir de la crise minière avec M. Lloyd George.
" Guillaume Il n'a été qu'un pillard et un déserteur ", dit à la Diète prussienne l'ancien ministre Hoffmann.
Les Berlinois présentent une note de 512 millions au gouvernement, à raison des dommages causés par la dernière insurrection.
Le prince régent de Serbie a ouvert l'Assemblée nationale de Belgrade.
On annonce que M. Allizé, ministre de France à la Haye, ancien ministre à Munich, deviendrait notre agent diplomatique à Vienne.
Le gouvernement de la Bavière vient de se reconstituer.
On prévoit une crise ministérielle à Lisbonne.



Vendredi 21 mars
Le Conseil supérieur interallié s'est occupé de la Pologne. Des vues ont été échangées sur la situation militaire en Galicie. Le Conseil s'est mis d'accord sur une injonction à adresser aux armées qui sont en présence devant Lemberg, les belligérants étant invités à cesser immédiatement les hostilités, sous certaines conditions. Le Conseil a ensuite examiné le tracé des frontières occidentales de la Pologne, et entendu le rapport de la commission des affaires polonaises, présenté par M. Jules Cambon, sous président.
Voici le texte de l'injonction adressée au général polonais - la même, au surplus, ayant été adressée au général ukrainien :
" Au cours de sa séance du 19 mars, le Conseil suprême de la Conférence de la paix a décidé d'inviter les deux parties en présence à Lemberg à conclure une trêve dès réception du présent télégramme.
" En conséquence, les chefs des gouvernements alliés et associés s'adressent au général Rozwadowski pour lui faire part de l'invitation du Conseil suprême de la Conférence de la paix à arrêter immédiatement, en ce qui le concerne, les hostilités devant la ville et dans la région de Lemberg, invitation qui est simultanément adressée au général Pawlenko, commandant les forces ukrainiennes devant Lemberg.
" Pendant la durée de la trêve, les troupes des deux parties resteront sur leurs positions, les communications par voie ferrée entre Lemberg et Przemysl devant toutefois rester libres dans la mesure strictement nécessaire au ravitaillement journalier de la ville.
" Le Conseil suprême est disposé à entendre l'exposé des revendications territoriales de l'une et de l'autre partie en cause et à s'entremettre à Paris auprès des délégations polonaises et ukrainiennes ou par l'intermédiaire de telle représentation qualifiée que les parties jugeront devoir choisir, en vue de transformer la suspension d'armes en armistice.
" L'audition des représentants polonais et ukrainiens concernant leurs revendications concurrentes est d'ailleurs subordonnée à la condition formelle d'une suspension immédiate des hostilités.
Signé: WOODROW WILSON, LLOYD GEORGE, CLEMENCEAU, ORLANDO. "
Les pourparlers pour la solution de la crise ouvrière continuent à Londres. M. Lloyd George a décidé de rester à Paris.
Les négociations de Posen sont de nouveau arrêtées.
Les bolchevistes progressent dans la région d'Odessa.
La Chambre Luxembourgeoise a voté le referendum au sujet du futur statut politique du grand duché.

Samedi 22 mars
Il résulte des nouvelles informations arrivées à Paris que l'état-major allemand est pleinement responsable de la rupture de Posen et qu'il aurait tout combiné pour créer des difficultés. M. Noulens et le général Niessel vont repartir pour Paris.
Le Conseil supérieur interallié a continué l'examen de la question polonaise. Il a été saisi de propositions supplémentaires de la commission des affaires polonaises.
Les neutres ont été entendus par la commission de la Société des Nations.
Londres n'a pas confirmation de l'évacuation d'Odessa par les troupes alliées.
Les troupes lettones se sont emparées de Mitau.
Le rapport de la commission d'enquête des mines a été déposé à Londres. M. Bonar Law a fait un discours aux Communes pour en exposer les conclusions et exprimer l'espoir que la grève serait évitée.
Les Polonais ont remporté une victoire sous Lemberg et dégagé cette ville.
M. Millerand, ancien ministre de la Guerre, a été nommé commissaire général d'Alsace et de Lorraine.
Le général Allenby a été entendu à Paris par les chefs de gouvernements.

Dimanche 23 mars
Le Conseil supérieur a délibéré de nouveau sur les affaires de Pologne, mais sans adopter de résolution. Il a envisagé surtout la question du transport des troupes du général Haller à Dantzig.
Les Polonais confirment que leur armée a dégagé la ville de Lemberg, qui était cernée par les Ukrainiens.
Les gouvemements alliés ont décidé de charger une commission d'enquêter sur les affaires de la Turquie d'Asie avant répartition des mandats.
La commission de la Société des Nations a tenu une importante réunion. Des amendements ont été soumis par les neutres au projet primitivement déposé.
La situation est devenue plus grave en Egypte. Le général Allenby a été nommé haut commissaire au Caire.
Le général Franchet d'Esperey est envoyé à Odessa. Mais les bolchevistes annoncent, d'autre part, qu'ils avancent vers la ville.
Une terrible explosion s'est produite à la gare de Tirlemont, en Belgique, où cent cinquante wagons de munitions étaient rassemblés.
Les grèves anglaises sont ajournées, et l'on espère encore que le conflit se réglera à l'amiable.

Lundi 24 mars
Le Conseil interallié a délibéré sur la question polonaise. Il a envisagé de nouveau le tracé de la frontière entre l'Allemagne et la Pologne, la commission spéciale ayant maintenu les propositions qu'elle avait faites antérieurement et qui avaient donné lieu à certaines critiques.
M, Wilson a présidé la séance de la commission chargée de mettre sur pied le projet de Société des Nations. Plusieurs amendements qui avaient été déposés par les neutres ont été discutés. Tout un courant en faveur de la politique wilsonienne s'affirme au Sénat américain en opposition avec le courant antiwilsonien.
Les bolcheviks continuent à annoncer leur avance sur Odessa. Mais le général commandant les troupes françaises dans la ville qu'il ne l'évacuera pour aucune raison. Les communiqués esthoniens signaient des succès obtenus contre les bolchevistes.
Le gouvernement hongrois, mécontent de la création d'une zone neutre entre Maggyars et Roumains, dans le nord de la Hongrie, a démissionné, disant qu'il remet le pouvoir au prolétariat.
La situations s'améliorerait en Egypte.
Le conflit ouvrier anglais continue à évoluer vers la liquidation.
Le blocus de l'Autriche-Hongrie est supprimé.

Mardi 25 mars
Le Conseil supérieur a siégé pour examiner les questions de Pologne.
Un gouvernement communiste s'est constitué à Budapest - les fractions socialistes ayant opéré leur fusion. Il a lancé une proclamation pour dire qu'il réalisera le socialisme. Il a télégraphié un message à Lenine pour lui demander une alliance et Lenine l'a félicité.
L'Allemagne fait annoncer par ses journaux qu'elle s'opposera au débarquement des troupes du général Haller à Dantzig. Erzberger se déclare personnellement hostile à cette opération, qui, dit-il, déterminerait des collisions sanglantes. Des tendances séparatistes continuent à se manifester dans toute l'Allemagne du Sud. Le chef des spartaciens de Berlin serait le capitaine von Berfelde, qui avait été frappé par l'ancien régime pour avoir fait circuler le mémoire de Lichnowsky.
L'entente entre patrons et ouvriers n'est pas encore réalisée outre-Manche, mais on a l'impression que la crise s'achemine vers une solution amiable.
D'après les informations qui ont été publiées, la délégation allemande a la Conférence se composerait surtout d'industriels, de banquiers et de commerçants. La fédération des mineurs bavarois a repoussé la grève générale.
M. Daniels, ministre américain de la Marine, est arrivé à Brest.
Le général italien Rosso, qui commandait à Caporetto, a été acquitté par un conseil de guerre.
De nouvelles arrestations d'activistes ont eu lieu en Belgique.

Mercredi 26 mars
La Conférence n'a publié que la note suivante:
" Le Conseil suprême des alliés s'est réuni de 4 heures à 6 heures. La question des câbles sous-marins ennemis capturés par les alliés a été examinée. Le régime futur de ces câbles a été arrêté et la disposition relative à ce régime a été renvoyée à la commission de rédaction.
La proposition américaine concernant le pouvoir de décision de la commission de Teschen a été adoptée. "
Mais il est certain que d'autres questions ont été traitées. Il est évident que le problème hongrois, en particulier, a donné lieu à une longue délibération. On sait, au surplus, qu'avant la réunion du Conseil supérieur, les chefs de gouvernements avaient tenu séance.
Le gouvernement révolutionnaire de Budapest a édicté un certain nombre de mesures. Il annonce en particulier la séparation de l'Eglise et de l'Etat et la formation d'une armée rouge. D'après les nouvelles informations qu'on reçoit, le passage de l'état ancien à l'état nouveau ne s'est pas opéré sans effusion de sang.
La grève générale a éclaté à Barcelone. Le cabinet Romanones, qui avait l'intention de démissionner, demeure en fonction.
De nombreuses réunions ont eu lieu en Allemagne pour protester contre le détachement de Dantzig, de la Prusse occidentale et au bassin de la Sarre.
Des bruits de crise ministérielle ont circulé à Prague. On n'a pas confirmation à Paris de la démission du cabinet Kramarz.
Un grand débat s'est engagé à la Chambre à propos de la politique extérieure de la France et spécialement de l'intervention en Russie.
Le gouvernement bavarois a ordonné une socialisation intégrale des industries. Une discussion s'est ouverte à la Chambre de Prusse au sujet des territoires rhénans. Les députés du centre, démentent qu'ils aient l'intention de créer un Etat wesphalo-rhénan.
M. Winston Churchill a prononcé aux Communes où il étudue, région par région, la situation militaire sur les fronts russes.

Jeudi 27 mars
Le Comité des Quatre remplace temporairement le Comité des Dix. Il a siégé chez M. Clemenceau, au ministère de la Guerre.
Les Alliés commencent à prendre possession de la flotte marchande allemande. D'autre part, des navires allemands de ravitaillement sont attendus à Hambourg.
M. Harmsworth déclare à la Chambre des Communes qu'Odessa n'est nullement menacé. On signale un recul bolcheviste dans la Russie du Sud. M. Winston Churchill déclare aux Communes qu'en raison de la situation dans l'Europe orientale, il n'y a nullement lieu de démobiliser. La panique règnerait à Budapest. Le gouvernement tchéco-slovaque a mobilisé plusieurs classes.
La situation est plus calme à Barcelone. M. Maura a été appelé à Madrid.
La Suisse reconnaît le nouveau gouvernement allemand.
Ludendorf a été acclamé à Berlin par un cortège d'officiers.

Vendredi 28 mars
M. Pichon a prononcé un grand discours à la Chambre pour exposer la politique du gouvernement en Russie. Nous sommes, a-t-i1 dit, avec les Russes contre les agresseurs de la Russie.
De nouvelles conférences ont eu lieu entre les Quatre.
La section financière de la Ligue des Nations est virtuellement constituée en vertu d'un rapport de la commission financière.
Les journaux allemands annoncent que leurs délégués financiers à Versailles seront les banquiers hambourgeois Melchior et Warburg, le directeur Ubrig, de la Société d'Escompte et l'industriel Merten.
La Roumanie fait de nouveau appel à l'Entente pour qu'on lui vienne en aide contre la disette. Le bruit court que Karolyi aurait été assassiné à Pesth.
Lenine a envoyé un message à Bela Kuhn pour lui dire que la révolution hongroise ne doit pas imiter en tous points la révolution russe. L'état de siège a été proclamé en Bohême.
La Bavière demande le maintien de ses libertés particulières, à rencontre des stipulations du projet constitutionnel allemand. Une haute cour va être constituée à Berlin pour examiner les responsabilités de la guerre.

Samedi 29 mars
Il y aura désormais un Comité des Cinq à côté du Comité des Quatre. Ce comité des Cinq, qui examinera un certain nombre de questions particulières, comprendra les ministres des Affaires étrangères de France, d'Angleterre, d'Italie, le secrétaire d'Etat de l'Union et le premier délégué japonais. Le Comité des Quatre a progressé dans ses travaux.
M. Wilson a fait une importante déclaration pour montrer que les délibérations de la commission pour la Ligue des Nations n'ont nullement entravé ni ralenti le labeur général.
Brockdorff-Rantzau s'est rendu à Weimar pour discuter avec le cabinet une série de question qui concernent directement les pourparlers de la paix.
La mission militaire alliée a quitté Budapest. Seul un officier américain est resté.
Le colonel Vix a démenti les informations publiées par le gouvernement communiste, en ce qui concerne la nature de la démarcation récemment tracée en Hongrie : démarcation militaire et non politique.
Deux corps d'armée roumains auraient pénétré en Galicie orientale. On dément du reste qu'il y ait eu un soulèvement bolcheviste dans ce pays. Une tentative contre-révolutionnaire se préparerait en Hongrie. Le gouvernement des Soviets mobilise la flotte russe.
La Haute-Egypte est isolée.

Dimanche 30 mars
Les Quatre ont continué à discuter chez M. Wilson la question des réparations et celle de la frontière franco-allemande.
Réunis au quai d'Orsay, les Cinq, M Pichon, Balfour, Lansing, Sonnino, Makino ont délibéré sur le ravitaillement de l'Autriche allemande. Ils ont pris des mesures pour que les denrées qui seraient adressées à l'Autriche allemande, ne puissent pas être réexpédiées en Allemagne.
Ils ont ensuite nommé une commission chargée d'étudier la levée des servitudes qui pèsent sur le Maroc en vertu de l'acte d'Algésiras. Cette question avait été déjà envisagée par le conseil supérieur allié.
Le bruit selon lequel la mission alliée de Dantzig aurait été internée par ordre des autorités allemandes ne s'est pas confirmé.
Mais l'Allemagne a publié une note par laquelle elle continue à s'opposer au débarquement des troupes polonaises à Dantzig. Elle offre Memel, Libau ou Koenisgberg. Elle rouvre ainsi le débat qui avait déjà abouti à la rupture de Posen. Scheidemann a été définitivement pris à partie à l'Assemblée nationale de Weimar par les réactionnaires et par les socialistes indépendants.
Bela Kuhn, le chef des communistes hongrois, a déclaré qu'il était prêt à négocier avec l'Entente.
La grève des chemins de fer qui avait éclaté à Vienne ne serait que partielle.
Les grèves minières du pays de Galles ne se développent point. Au contraire, il y a eu une reprise du travail.
Le roi d'Italie a décoré le prince héritier de Serbie.
Un cabinet Cardoso se constitue à Lisbonne.

Lundi 31 mars
Le débat s'est poursuivi à la Chambre sur les douzièmes. Un amendement tendant à réduire les crédits militaires de 10 millions, afin de protester contre l'intervention des Alliés en Russie, a été rejeté par 362 voix contre 131, après que M. Pichon eût posé la question de confiance. Le ministre des Affaires étrangères a annoncé qu'il fournirait prochainement des précisions sur les préliminaires de paix.
Villain, le meurtrier de Jaurès, a été acquitté par le Jury de la Seine.
MM. Noulens et Paderewski ont quitté Varsovie pour Paris.
Les troupes roumaines sont entrées en lutte avec les bolcheviks sur la rive gauche du Dniester, en Ukraine.
Ludendorff annonce une revanche de l'Allemagne.
La mission française de Pest est arrivée à Belgrade.
Une Constitution soviétique est en préparation en Hongrie.
Une grande réunion de travaillistes a eu lieu à Londres.
Le gouvernement allemand accumule les difficultés dans l'affaire de Dantzig.
Essad pacha et le ministre des Affaires étrangères d'Albanie sont arrivés à Paris.
La grève des chemins de fer a cessé en Autriche.
Le pape a écrit une lettre au cardinal Hartmann au sujet de la libération des prisonniers allemands.


HANGARS MODELES POUR DIRIGEABLES ALLEMANDS




Cologne et Trèves abritaient confortablement leurs dirigeables et leurs ballons


Ces photos, trouvées dans un lot de clichés allemands pris en avion, montrent les hangars perfectionnés édifiés pour abriter les dirigeables et les ballons. Les photos du haut représentent un hangar à Cologne, l'immense nef laisse pénétrer la lumière partout, une grande porte à deux vantaux ferme l'entrée, chaque vantail, glissant sur des galets, peut-être manoeuvré par un seul homme. En bas, un hangar pour ballons captifs à Trèves, dont la porte s'ouvre également sous une poussée trés faible