Jeudi 1er mai
D'après certaines informations, l'Italie songerait à déléguer M. Luzzatti à la Conférence de Paix.
Le Sénat belge a approuvé un discours de M. Favereau, faisant appel à l'Entente pour que la Belgique obtienne réparation de tous les dommages qu'elle a subis.
M. Bonar Law a été mandé à Paris par M. Lloyd George.
La Finlande a lancé un ultimatum aux bolchevistes.
Les forces gouvernementales d'Hoffmann ont commencé l'assaut de Munich. De nombreuses arrestations de socialistes ont eu lieu à Nuremberg.
L'Entente a sommé les Allemands de retirer leurs troupes de Libau, où un coup d'Etat avait été accompli par les barons baltes, sous leur couvert.

Vendredi 2 mai
Les Trois se sont réunis au ministère de la Guerre pour discuter la question de Kiao-Tchéou. Satisfaction a été donnée au Japon, qui voulait entamer des pourparlers directs avec la Chine sur la remise à la République Céleste de l'ancienne colonie allemande.
Les Huit, c'est-à-dire deux délégués par grande puissance, ont délibéré sur la question des câbles dont la solution n'est pas encore définitive.
M. de Brockdorff-Rantzau, chef de la délégation allemande, a rendu visite à M. Jules Cambon, président de la commission de vérification des pouvoirs à Versailles, et lui a remis les pouvoirs de ses collaborateurs. Il lui a, en même temps, présenté plusieurs de ses codélégués.
D'importants conciliabules ont eu lieu à Rome entre les membres de la mission italienne à Paris. Pour revenir en France, M. Orlando attendrait de nouvelles propositions des Alliés.
Une élection en Angleterre a donné succès à l'opposition libérale.

Samedi 3 mai
Nouvelles conférences des Trois au ministère de la Guerre.
Les délégués italiens, qui doivent revenir à Paris, se sont réunis à Rome, sous la présidence de M. Orlando. Ils ont envisagé diverses éventualités. En même temps, des pourparlers continuent entre la Consulta et les ambassades de France et d'Amérique. M. Barrère a rejoint son poste à Rome.
Petrograd serait évacuée. L'armée Koltchak menace Oremburg.
La bataille se déploie autour de Munich, et les troupes de Noske ont pénétré en Bavière.
Les Roumains expliquent leur intervention en Hongrie par la nécessité de défendre leurs frères de race.
Une élection complémentaire a eu lieu en Angleterre. Le candidat du gouvernement a été battu.
Une crise ministérielle a éclaté à Sofia.
La situation du cabinet Maura, à Madrid, paraît des plus précaires.

Dimanche 4 mai
Les Trois ont délibéré sur deux points :
1° La question des câbles. La solution qui à été adoptée est très favorable à la France. Nous garderons à notre disposition un certain nombre de ces câbles;
2° Les relations futures de l'Allemagne avec l'Autriche-Hongrie et la Russie. Il a été décidé qu'une clause de désintéressement de l'Etat germanique serait insérée, à cet effet, dans les préliminaires de paix : c'est-à-dire que le cabinet de Berlin s'engagerait à souscrire toutes décisions que les alliés adopteront touchant le régime des territoires d'Autriche, de Hongrie et de Russie.
Les troupes d'Hoffmann sont entrées à Munich.
Le gouvernement de l'Etat des serbes, Croates et Slovènes fournit une explication de l'entrée de ses troupes en Carinthie, province jusqu'ici comprise dans l'Autriche allemande. Il affirme que ce sont les populations carinthiennes elles-mêmes qui l'ont appelé. L'Autriche a pris des mesures militaires et mobilisé des classes.
L'avance finlandaise se poursuit sur Petrograd.
Hindenburg a notifié son intention de prendre sa retraite.
M. Maura demeure au pouvoir avec faculté de dissoudre les Cortès.

Lundi 5 mai
Les Trois ont délibéré sur la question italienne.
Un conseil des ministres a eu lieu au cours duquel a été lu et examiné le traité de paix.
Conseils des ministres aussi à Rome et à Bruxelles. La Belgique continue à manifester un vif mécontentement au sujet de la condition qui lui est faite au point de vue de ses desiderata territoriaux et financiers.
Munich est tout entière aux mains de l'armée d'Hoffmann. Plusieurs chefs communistes ont été fusillés.
Bela Kuhn a capitulé. Budapest sera occupée par les forces de l'Entente.
Une vive agitation se manifeste en Espagne, où la dissolution des Cortès est critiquée par les partis de gauche.

Mardi 6 mai
Le conseil des ministres à entendu communication du texte des préliminaires de paix, qu'il a approuvés, après un exposé de M. Tardieu.
M. Barrère et M. Nelson Page ont eu de nouveaux entretiens à Rome avec M. Orlando. Une vive émotion continue à se manifester à Bruxelles où les conditions de paix obtenues pour la Belgique apparaissent insuffisantes.

Mercredi 7 mai
MM. Qrlando et Sonnino sont arrivés à Paris.
Une conférence plénière confidentielle a eu lieu au ministère des Affaires étrangères. Y assistaient: les délégués des puissances qui ont rompu avec l'Allemagne. Un exposé verbal des préliminaires de paix leur a été présenté.

Jeudi 8 mai
Le texte des préliminaires de paix, après avoir été communiqué aux délégués des puissances qui ont rompu avec l'Allemagne, a été communiqué aux délégués allemands eux-mêmes, puis publié.
Le conseil suprême économique a pris des mesures telles que le blocus de l'Allemagne put être renforcé si elle se refusait à signer le traité.
On dément que les délégués allemands se soient résolus a quitter Versailles dans certaines éventualités.
La Chine a adressé une protestation à la conférence.
Le ministre de la Guerre tchéco-slovaque, général Stefanick, s'est tué en avion.
On annonce la mort du chevalier de Stuers représentant des Pays-Bas à Paris depuis 1885.
La reddition du gouvernement communiste de Budapest est confirmée.
L'amiral Koltchak continue son avance au delà de l'Oural.
Un contre-torpilleur français est arrivé à Dantzig.

Vendredi 9 mai
Les délégués allemands étudient le texte des préliminaires de paix. M. de Brockdorf-Rantzau ayant, par avance, déclaré qu'il n'accepterait d'autre paix que celle qui serait conforme aux principes wilsoniens.
Un pacte a été conclu entre MM. Wilson, Clemenceau et Lloyd George.
Il a été porté à la connaissance du public par la note suivante:
« En plus des garanties fournies par le traité de paix, le président des Etats-Unis d'Amérique s'oblige à proposer au Sénat des Etats-Unis, et le premier ministre de la Grande-Bretagne s'oblige à proposer au parlement de la Grande-Bretagne un engagement soumis à l'approbation du Conseil de la Société des nations aux termes duquel les Etats-Unis et la Grande-Bretagne viendront apporter immédiatement leur assistance à la France en cas d'une agression non provoquée dirigée contre-elle par l'Allemagne. »
M. Barzilai est revenu à Paris.
Les Trois continuent à délibérer sur la question de l'Adriatique. Un texte de préliminaires devant être remis sous peu à l'Autriche, dont les délégués seront mandés à Saint-Germain-en-Laye.


Comment l'Allemagne paye son ravitaillement




Les Allemands manquant de toutes les denrées nécessaires à la vie, les alliés ont dû effectuer le ravitaillement de nos ennemis. Mais, en attendant les restitutions qui nous sont dues, on exige des Germaniques le paiement en or. La somme est donc expédiée dans des caisses de Berlin à Rotterdam. On voit ici des soldats écossais prenant des colis à la Banque Sud-Africaine. Ensuite, les tommies portent les précieuses caisses sur des navires anglais, qui, sans crainte des sous-marins, vogueront vers londres.


Samedi 10 mai
MM. Pichon, Balfour, Sonnino, Lansing et Makino se sont occupé de la question autrichienne. Ils ont entendu les rapports qui avaient été rédigés par 1es commissions territoriales: commissions des affaires roumaines, yougo-slaves, tchéco-slovaques et polonaises. Ils ont adopté en bloc la solution qui leur a été proposée, c'est-à-dire que les frontières des nouveaux Etats et les nouvelles frontières des anciens Etats sont tracées.
Le matin et l'après-midi, MM. Clemenceau, Wilson, Lloyd George. Orlando, ont repris le débat sur l'Adriatique. M. Barzilaï est attendu à Paris et MM. Salandra et Salvago Raggi, les deux autres membres de la délégation italienne, ne tarderont pas à le rejoindre. MM. Barrère, ambassadeur de France à Rome, et M. Nelson Page, ambassadeur des Etats-Unis, viennent de même participer aux conférences qui ont pour thème le sort de Fiume et de la Dalmatie.
La presse allemande se déchaîne contre le texte des préliminaires de paix, dont elle demande le rejet.
Par contre, ce texte est, en général, bien accueilli en France, en Angleterre et en Amérique.
On annonce que la Bulgarie mobiliserait de nouveau contre la Serbie.
La Belgique proteste contre la répartition des colonies allemandes.

Dimanche 11 mai
L'Allemagne officielle se livre à toute une série de manifestations contre les préliminaires: discours de Fehrenbach et de Scheidemann à la commission de la paix de l'Assemblée nationale; appel d'Ebert au peuple allemand; autre appel aux Allemands de l'Est. Discours aux Chambres de Prusse et de Wurtemberg. Mais la presse ne dit pas qu'il ne faudra point signer.
Les Quatre et les Cinq ont continué les discussions sur la question d'Autriche.
Le président Wilson annonce qu'il restera en Europe jusqu'à la signature du traité de paix.
La Belgique, qui protestait contre la répartition des mandats coloniaux en Afrique, aura une satisfaction: on va réviser cette répartition.

Lundi 12 mai
M. de Brockdorf-Rantzau a adressé deux notes à M. Clemenceau: l'une au sujet de l'esprit des conditions de paix, l'autre sur la Ligue des nations. M. Clemenceau y a répondu aussitôt: il déclare que les conditions de fond de la paix ne pourront être modifiées.
Les Quatre ont continué à délibérer sur la question de l'Adriatique. Il ne semble pas encore qu'un résultat ait été atteint.
Les Cinq ont discuté et adopté un rapport de la commission spéciale de la Yougo-Slavie sur les frontières yougo-slaves vers l'Autriche allemande. Une consultation populaire aura lieu dans la partie de la Carinthie dont Klagenfurt est le centre.

Mardi 13 mai
M. de Brockdorf-Rantzau a fait remettre deux nouvelles notes à M. Clemenceau.
L'une traite des prisonniers de guerre, l'autre de la législation internationale du travail. Les Quatre se sont réunis pour préparer la réponse.

Mercredi 14 mai
Scheidemann a prononcé un grand discours à l'Assemblée nationale de Berlin. Il déclare les préliminaires de paix inacceptables, mais il ajoute qu'il veut continuer à négocier.

Jeudi 15 mai
Une crise gouvernementale apparaît imminente à Berlin. Les catholiques et les démocrates prétendent vouloir se retirer du cabinet, et les socialistes indépendants refusent d'assumer les charges du pouvoir.
Les délégués autrichiens sont arrivés à Saint Germain.
Le transport des troupes polonaises à travers 1'Allemagne serait suspendu.
Les Tchèques annoncent qu'ils ont subi une attaque du côté hongrois.
Brockdorff-Rantzau s'est fait interviewer. Il a déclaré que l'Allemagne subissait la méfiance générale et qu'elle devait prouver par des actes qu'elle avait changé d'esprit.

Vendredi 16 mai
Brockdorff-Rantzau a fait remettre à M. Clemenceau trois nouvelles notes.
La première visait les responsabilités. Tout en reconnaissant que l'Allemagne devait des réparations pour les dommages causés, elle s'efforçait de diviser ces responsabilités et d'en rejeter une partie sur les adversaires de l'empire.
La seconde avait trait à la situation économique de l'Allemagne, et tendait à montrer que cette situation était quasi-désespérée. Tout, en effet, disait-elle, manquait ou allait manquer, puisqu'on prenait à l'Etat germanique sa houille et sa potasse, qu'on le privait de sa marine marchande, qu'on lui refusait les matières premières, etc.
Le troisième document, le plus développé, concernait les cessions territoriales. Il étudiait minutieusement chacune d'elles en parlant de la Sarre, de Moresnet, de Malmédy, etc., et confrontait les revendications de l'Entente avec les thèses wilsoniennes.

Samedi 17 mai
On annonce de nouvelles notes de Brockdorff-Rantzau.
Les Quatre ont statué sur les clauses du désarmement de l'Autriche, et les Cinq sur la délimitation de la Bulgarie.
Le traité secret de Londres a été publié à Rome.
Le maréchal Foch s'est rendu sur le Rhin pour prendre certaines dispositions en prévision d'un refus que l'Allemagne opposerait à la signature de la paix.
Lenine a envoyé un ultimatum à la Roumanie.

Dimanche 18 mai
Les Cinq ont délibéré sur les frontières de la Bulgarie.
Les forces alliées ont occupé Salonique : les Grecs ont pris position dans la ville, les Français dans les forts, les Anglais et les Italiens aux environs. Le gouvernement ottoman avait été, la veille, informé, par les soins des autorités navales alliées, de l'opération qui s'est effectuée aux termes de l'article de l'armistice. Celui-ci prévoit, pour les alliés, le droit d'occupation, dans le cas où un état de choses menaçant pour leur sécurité viendrait à se produire.
La commission de la paix s'est réunie à Berlin. L'Allemagne ne pourra éviter de signer, déclare lord Curzon.
Lenine annonce une victoire sur les troupes roumaines.

Lundi 19 mai
Brockdorff-Rantzau est parti pour Spa, où il doit conférer avec des hommes politiques et des financiers allemands. Il a remis une contre-proposition à la Conférence au sujet de la Sarre.
Cette contre-proposition s'inspire en fait de la note du 14 mai où Brockdorff-Rantzau protestait contre le transfert des mines de la Sarre à la France. Le chef de la délégation allemande insinuait qu'il y avait d'autres moyens d'indemniser notre pays de la destruction des charbonnages du Nord et du Pas-de-Calais. Ce sont ces moyens qu'il a envisagé dans le document.
Les Quatre ont tenu une séance intéressante, M. Montagu, sous secrétaire d'Etat britannique pour l'Inde et le maharajah de Bikanir ont fait valoir contre une mutilation trop grande de l'empire ottoman les sentiments des musulmans hindous.
Les conversations sur Fiume n'ont encore produit aucun résultat.

Mardi 20 mai
La délégation allemande à Versailles a remis une neuvième note à M. Clemenceau. Elle a trait à la condition des missions religieuses germaniques en Chine et en Afrique.
Les Cinq se sont réunis pour entendre M. Hymans, ministre des Affaires étrangères de Belgique, et M. van Karnebeek, ministre des Affaires étrangères de Hollande, sur la révision des traités de 1839.
Le Congrès américain a entendu un message de M. Wilson.

Mercredi 21 mai
Nombreuses réunions à la Conférence.
Les Quatre ont tenu séance dans la matinée. Le thème de la conversation a été le sort de la Turquie d'Europe et d'Asie. Aucune solution n'a été adoptée.
Les Cinq ont siégé dans l'après-midi (MM. Pichon, Balfour, Lansing, Sonnino, Makino). Ils ont entendu, de nouveau M. Hymans et M. van Karnebeek. Le ministre des Affaires étrangères de Belgique a exposé le point de vue de son pays, en ce qui touche la révision du traité de 1839; il a évoqué les problèmes juridiques, comme les questions territoriales (Limbourg, Flandre zélandaise) et économiques (navigation de l'Escaut). M. Hymans a formulé un certain nombre de suggestions.

Jeudi 22 mai
M. Clemenceau a répondu à la note de Brockdorff-Rantzau sur les responsabilités.
Les représentants des Yougo-Slaves ont déposé devant la commission des affaires balkaniques.
MM.Orlando et Crespi ont quitté Paris pour assister à un conseil des ministres qui se tient à Bardonnèche, à la frontière, et où la question de l'Adriatique sera de nouveau examinée.
Le message de M. Wilson au nouveau congrès américain a trait surtout aux rapports du capital et du travail et au problème fiscal.

Vendredi 23 mai
Un délai supplémentaire de huit jours a été accordé à l'Allemagne pour remettre ses contre-propositions. Brockdorff-Rantzau a été autorisé à faire venir un train d'imprimerie.
M. Orlando est revenu à Paris après avoir tenu conseil à la frontière.
Les gouvernements alliés se préoccupent du nouveau conflit ukraino-polonais.
la marche des Esthoniens se poursuit vers Petrograd.
On annonce que M. Sasonoff serait accueilli à Londres comme ambassadeur de l'amiral Koltchak.

Samedi 24 mai
Brockdorff-Rantzau et ses délégués sont repartis pour Spa où ils vont conférer avec les ministres allemands.
Dernburg et Max de Bade ont déclaré que l'Allemagne ne pourrait pas signer les préliminaires de paix dans leur forme actuelle.
Une note officielle italienne dit que M. Orlando et ses collègues sont parfaitement d'accord sur la question de l'Adtiatique.
Le cercle de l'offensive antibolcheviste se resserre autour de Pétrograd.
La situation est devenue assez grave à la frontière de l'Afghanistan. La guette sainte a été proclamée dans ce pays.

Dimanche 25 mai
M. de Brockdorff-Rantzau est revenu à Versailles après avoir conféré avec Scheidemann.
Les Quatre ont continué l'examen des clauses à soumettre à l'Autriche. Ils ont statué sur les obligations militaires que cette puissance devrait assumer et sur les réparations qu'elle devrait acquitter.
Les Cinq se sont occupés du ravitaillement des provinces baltiques.
Le journaliste autrichien Frischauer a été expulsé à la suite d'incartades qu'il a commises.
Les socialistes indépendants allemands continuent à prendre une position agressive vis-à-vis des majoritaires, et ils semblent gagner du terrain dans l'opinion.

Lundi 26 mai
Les Quatre ont tenu deux séances.
Ils ont examiné le problème de la répartition de la dette autrichienne, en considérant séparément celle qui a été contractée avant la guerre et celle qui a été contractée pendant la guerre.
Ils ont discuté l'éventualité de la reconnaissance de l'amiral Koltchak et décidé qu'elle ne pourrait avoir lieu qu'en vertu d'une décision simultanée des grandes puissances.

Mardi 27 mai
M. de Brockdorff-Rantzau a fait remettre une treizième note à M. Clemenceau.
Ce document est très développé et il constitue une contre-réponse au sujet des responsabilités et des réparations. Brockdorff-Rantzau essaie, une fois de plus, de nier ou d'atténuer les responsabilités de l'Allemagne dans la guerre.
Le gouvernement italien ayant interdit à d'Annunzio de participer à une manifestation où il devait être question de Fiume et de l'Adriatique, le poète, qui est lieutenant-colonel dans l'aviation, a demandé sa mise en congé.
M. Taft, ancien président des Etats-Unis, a prononcé un discours en faveur de la Société des Nations.
Les Afghans ont demandé au gouvernement de l'Inde la cessation des hostilités.

Mercredi 28 mai
Les Quatre n'ont pas délibéré à nouveau sur le problème de la reconnaissance de l'amiral Koltchak. Le débat en est exactement au point où il était resté la semaine précédente. Les gouvernements alliés inclinent à cette reconnaissance, mais ils en étudient encore les modalités, et ils la subordonneront à certaines conditions.
MM. Clemenceau, Wilson, Lloyd George et Orlando se sont entretenus surtout de la remise des préliminaires à l'Autriche. La délégation autrichienne demande à être avisée à bref délai des conditions de l'Entente, afin que les négociations puissent s'ouvrir. Elle fait valoir que son séjour à Saint-Germain-en-Laye est très onéreux pour un pays qui va être réduit à d'assez minces ressources.
L'armée russe du Nord a pris Peterhof, à vingt-quatre kilomètres de Petrograd. On annonce que Pskoff serait tombé aux mains des Esthoniens.

Jeudi 29 mai
Les Quatre ont repris l'examen du problème russe et statué sur la reconnaissance de l'amiral Koltchak. Ils ont décidé d'adresser un message à l'amiral, et ce document est parti.
Les chancelleries signataires déclarent que leur seul objectif est de donner au peuple russe le moyen de statuer sur son sort. Elles reconnaîtront le gouvernement d'Omsk, si celui-ci fait savoir sa volonté de respecter la liberté de ce peuple et de réunir, dès qu'il sera possible, une Constituante.
Si la réponse est telle qu'on l'attend, l'amiral Koltchak sera invité à désigner un représentant à la Conférence.
On annonce la remise imminente à la délégation autrichienne d'une partie des préliminaires qui la concernent.
M. Klotz a déposé à la Chambre le nouveau projet d'impôts.

Vendredi 30 mai
L'Allemagne a publié ses contre-propositions qui ont été remises à M. Clemenceau.
Elle accepte la réduction des effectifs à 100.000 hommes. Elle prétend que les limites territoriales ne devraient pas être changées sans plébiscite préalable. Elle accepte que Dantzig soit déclaré port libre. Elle demande que l'Entente retire ses troupes des territoires occupés dans les quatre mois qui suivront la signature des préliminaires de paix. Elle demande également son admission immédiate dans la Ligue des nations.
Elle est disposée à rembourser, surtout à la France et à la Belgique, le montant des dommages; elle déclare qu'elle aura payé vingt milliards de marks en 1926, et qu'elle paiera ensuite une somme annuelle, mais le total ne devra pas excéder cent milliards de marks.
L'Allemagne refuse de livrer le kaiser, ainsi que les autres personnages indiqués comme responsables de la guerre. L'Allemagne demande enfin le droit de reprendre son commerce d'outre-mer et d'avoir une marine marchande.
L'armée Koltchak a pris Orenbourg.

Samedi 31 mai
On prévoit un règlement amiable et rapide de l'affaire de Fiume.
La remise du texte des préliminaires de paix à l'Autriche a été ajournée à lundi, sur la demande de la Roumanie.
Une dépêche de Washington fait prévoir des modifications dans les clauses de paix soumises à l'Allemagne.
L'armée finlandaise serait à vingt milles de Petrograd.