Samedi 1er mai
Nous avons progressé au nord d'Ypres, dans la région de Streenstraate; nous avons gagné là une profondeur de 500 mètres à un kilomètre, en enlevant deux lignes de tranchées successives et en faisant de nombreux prisonniers. Reims a reçu 500 obus, dont quantité d'obus incendiaires - qui ont allumé plusieurs incendies, mais ceux-ci ont été éteints rapidement. En Champagne, l'ennemi a bombardé une de nos ambulances et blessé un médecin. Dix-neuf obus de 380 sont tombés sur Dunkerque : ils provenaient de canons placés dans les lignes allemandes. Vingt personnes ont été tuées, quarante-cinq blessées, et plusieurs maisons détruites. Une importante conférence a eu lieu à Rome, entre MM. Salandra, Sonnino et le général Cadorna, chef de l'état-major. Les combats demeurent incessants au col d'Usjok, dans les Carpathes; ils continuent à tourner à l'avantage des Russes. Ceux-ci refoulent également les avant-gardes allemandes qui attaquaient vers le Niémen. Trois vapeurs anglais ont été coulés par des sous-marins allemands. François-Josef a mandé en consultation le comte Goluchowsky, ancien ministre des Affaires étrangères d'Autriche-Hongrie, qui avait toujours été partisan de l'entente russe. 
Dimanche 2 mai
Journée relativement calme à considérer l'ensemble du front. Deux attaques allemandes ont été repoussées à Bagatelle, en Argonne. Au bois Le Prêtre (Pont- à-Mousson), nous avons enlevé des tranchées, fait des prisonniers et organisé le terrain conquis. Une dizaine d'obus sont encore tombés sur Dunkerque, où il y a eu des victimes. Les Allemands tentent d'envahir les provinces baltiques, au nord-est de la Prusse orientale. Leur but serait de couper les voies ferrées qui relient Varsovie à cette région. Les Russes, qui ont des forces suffisantes pour répondre à cette diversion, progressent dans les Carpathes. Un de nos avions qui survolait Somme-Py a été atteint par un éclat d'obus. Les aviateurs ont pu rentrer cependant indemnes dans nos lignes. Des zeppelins ont été aperçus près de la côte anglaise, où un taube a vainement essayé d'opérer. Un navire russe a été coulé par un sous-marin allemand à la pointe sud-ouest de l'Irlande. Un navire anglais a eu le même sort. L'Italie et la Roumanie négocient. Les Turcs ont été refoulés dans la région du canal de Suez où l'une de leurs troupes s'était aventurée. Les relations maritimes sont reprises entre l'Angleterre et la Hollande. 
Lundi 3 Mai
Peu de faits intéressants en Belgique. Une seule attaque allemande, au nord d'Ypres, a été immédiatement arrêtée par nos mitrailleuses. Au sud de Chaulnes, 80 Allemands armés de cisailles, de grenades, de brownings et de couteaux ont attaqué notre ligne; ils ont été tués ou capturés. Dans la vallée de l'Aisne et en Champagne, l'ennemi a expérimenté divers procédés chimiques dont les effets ont été nuls. Une tentative qu'il a esquissée au bois Le Prêtre a été arrêtée net. Nous avons bombardé la face sud du camp retranché de Metz. L'efficacité de notre tir a été constatée sur un fort et sur des casernes. Il se confirme que les Allemands auraient utilisé contre Dunkerque un canon portant à 38 kilomètres, mais le bombardement s'étant atténué, on croit que ce canon a été déterioré par le tir de nos avions. Les Russes ont fait 1000 prisonniers dans les Carpathes. La Chambre grecque a été dissoute et les nouvelles élections sont fixées au 13 mai. Les sous-marins allemands ont coulé un vapeur anglais et un steamer américain. Le contre-torpilleur anglais Recruit a été attaqué par des sous-marins allemands en mer du Nord et coulé. Deux contre-torpilleurs allemands qui escortaient le sous-marin ont été également détruits. 


Mardi 4 mai
Les Allemands ont tentés une série d'attaques au nord et au sud d'Ypres et au bois Le Prêtre. Elles ont toutes été repoussées.
Sept navires de diverses nationalités ont encore été coulés par des sous-marins allemands. Dans le nombre se trouve un vapeur français l'Europe.
Sur le front oriental nos ennemis ont été partout arrêtés : ils ont perdu des milliers d'hommes.
Les ministres italiens ont tenu conseil. Ils ont décidé qu'étant donné la situation internationale, ni le roi, ni aucun d'entre eux ne quitterait Rome pour aller participer à la cérémonie de Quarto.
Les avions alliés ont bombardé le quartier général du prince de Wurtemberg. Plusieurs officiers supérieurs ont été tués.
Le gouvernement italien a proclamé l'état de guerre en Libye, où une sanglante bataille a eu lieu.

Mercredi 5 mai
Notre progression en Belgique s'est poursuivie dans la région Steenstraete. Les troupes britanniques ont repoussé une attaque allemande au nord d'Ypres.
En Champagne, nous avons brisé trois offensives successives et infligé à l'ennemi des pertes très sérieuses, dans la région de Beauséjour. En Argonne, nous avons prononcé une attaque qui a abouti. De nombreux morts allemands ont été trouvés sur le terrain. Une nouvelle attaque nous a permis d'élargir notre gain au bois Le Prêtre.
De violents combats ont eu lieu dans la presqu'île de Gallipoli. Les Turcs ont dirigé des attaques en masses contre les positions des alliés. Mais les troupes franco-anglaises ne se sont pas bornées à défendre leurs retranchements, elles ont contre-attaqué les Turcs dans les leurs et s'avancent régulièrement.
La flotte russe a bombardé efficacement les forts du Bosphore : ses obus ont provoqué une explosion au fort Elmas.
Des aviateurs alliés ont survolé Essen.
Le conflit sino-japonais s'est aggravé, la Chine refusant de donner satisfaction aux demandes du cabinet de Tokio. La situation apparaît critique.
Des taubes ont réussi à venir jusqu'à Nancy. Mais, pourchassés par nos aéroplanes, ils ont dù s'éloigner.

Jeudi 6 mai
Journée calme en Belgique. Nous avons poussé nos lignes en avant, entre Lizerne et Hetsas. Des attaques allemandes ont été repoussées, en Champagne, à l'ouest de Perthes, et en Argonne, au Four-de-Paris. Actions très vives entre Meuse et Moselle. L'ennemi a canonné et attaqué nos positions des Eparges et de Calonne, mais son échec a été complet et ses pertes sont très élevées. Nous avons fait des prisonniers.
Trois régiments allemands ont attaqué nos positions du bois d'Ailly. Ils ont réussi à occuper une croupe, mais nous en avons repris immédiatement la moitié, et nous avons prononcé une contre-attaque pour reprendre le reste.
Au bois de Mortmare, nous avons remporté un succès caractérisé en enlevant deux lignes de tranchées sur la route de Flirey à Essey. Toutes les contre-attaques ont été repoussées. Enfin, en Alsace, nous gagnons du terrain dans la région de Metzeral.
Les Russes ont infligé des échecs aux Allemands en Pologne et dans les Carpathes; mais ils ont reculé légèrement sur la Dounaietz.
La cérémonie des Mille, à Quarto, a eu lieu avec un plein succès.
Neuf chalutiers anglais ont été coulés par des sous-marins allemands.

Vendredi 7 mai
Nous repoussons, en flandre, une attaque allemande, à Steenstraete. Au sud d'Ypres, à Zwartelen, les énnemis ont attaqué les tranchées de la fameuse cote 60, conquise en avril par les Anglais. Usant de gaz asphyxiants, ils ont réussi d'abord à se rendre maîtres de la position, mais une contre-attaque de nos alliés a permis à ceux-ci de reprendre une grande partie du terrain perdu.
Au bois d'Ailly, notre contre-attaque a progressé en nous restituant encore quelques tranchées.
En Alsace, nous avons reperdu un mamelon du Sillackerwasen (région de la Fecht), mais consolidé le reste de nos gains récents.
Le gouvernement frangais a déposé un projet de loi sur la résiliation des baux à loyers. Il a décidé de faire procéder à la réquisition des stocks existants de blé et d'organiser la vente des blés achetés, au prix même fixé pour les réquisitions.
Un communiqué du gouvernement russe dément la prétendue victoire allemande de la Dunajec et l'agence Wolff elle-même proteste contre les exagérations publiées à cet égard.
Le Vatican a invité tous les religieux de nationalité allemande ou austro-hongroise à quitter Rome par mesure de précaution. Les journaux de Berlin reconnaissent que la rupture est imminente entre l'Italie et les deux empires.
Des troupes allemandes ont été envoyées dans le Trentin pour le défendre. D'énormes préparatifs militaires ont été faits par l'état-major de Vienne en Carinthie, en Styrie et dans le Frioul.
Six bâtiments ont été coulés par les sous-marins allemands.

Samedi 8 mai
Quelques attaques secondaires, le temps étant généralement mauvais, à l'ouest de Péronne, à Beauséjour et à Bagatelle. Combats d'artillerie à Vauquois et sur les Hauts-de-Meuse.
Un nouveau forfait, plus odieux que les précédents, a été commis par la marine allemande. Le grand paquebot anglais Lusitania, de la Cunard Line, qui contenait 1978 personnes, a été torpillé au large de la côte d'Irlande.
Les Russes ont livré des combats favorables à leurs armes en Courlande. Ils ont remporté un succés important en Pologne; en Galicie, autour de Tarnow, ils ont subi de lourdes pertes, mais autour de Stryj, ils ont fait 2000 prisonniers.
Les Chambres italiennes ne se réuniront que le 20 mai, au lieu du 12, comme il avait été préalablement arrêté. Le prince de Bülow a fait au roi et au pape deux visites qui ressemblent à des visites de congé.
Le japon a réellement lancé à la Chine un ultimatum qui expire le 9, à six heures du soir.
Il est avéré que ce sont des spéculateurs sans scrupules qui avaient fait courir à Berlin le bruit d'une énorme victoire allemande dans les Carpathes.
M. Ribot a prononcé à la Chambre un magnifique discours pour justifier le projet financier qu'il a fait voter, et qui élève à 6 milliards la limite d'émission des bons du Trésor.


Dimanche 9 mai
En Belgique, les Allemands ont attaqué les lignes anglaises près de Saint-julien. Cette attaque a été repoussée avec de grosses pertes pour l'ennemi. Au sud d'Ypres, à la cote 60, les Anglais ont repris une partie des tranchées qu'ils avaient perdues.
A Lens, un de nos bataillons a réussi à enlever un ouvrage allemand. Nous avons arrêté trois tentatives d'attaque au bois Le Prêtre. Nous avons progressé d'un kilomètre sur la rive droite de la Fecht, près de Metzeral.
Le torpillage du Lusitania a fait près de 1500 victimes. Il n'y a que 703 survivants sur 2160 passagers et marins. L'ambassadeur d'Allemagne à Washington marque sa satisfaction.
On annonce que l'ambassadeur d'Autriche à Rome se prépare à partir. On confirme, en dépit d'un démenti du Vatican, que M.de Bulow a été reçu par le Pape. L'ambassadeur allemand, dans sa dernière visite au Quirinal aurait fait une suprême démarche auprès du souverain pour l'exhorter à ne pas rompre les liens entre les Hohenzollern et la maison de Savoie. La presse allemande déchaîne ses fureurs contre l'Italie.
La grande bataille des Carpathes continue à se déployer. L'avance austro-allemande semble avoir cessé.
D'après certaines informations, l'entente se rétablirait entre la Chine et le japon, ce dernier acceptant de corriger certaines de ses exigences. Toutefois, une partie de la flotte nipponne a déjà pris la mer. L'Amérique, la France et l'Angleterre auraient prêché la modération.

Lundi 10 mai
Les Allemands ont attaqué, entre Nieuport et la mer et ont été repoussés avec de grosses pertes.
Les troupes britanniques ont progressé dans la région de Fromelles (18 kilomètres de Lille).
Nous avons réalisé de sérieux progrès dans la région d'Arras, vers Loos et Carency. Nous avons enlevé deux et même trois lignes de tranchées fortifiées sur un front de 7 kilomètres. Près des villages de la Targette et de Neuville-Saint-Vaast, nous avons avancé de 4 kilomètres, pris 2000 hommes et 6 canons.
En Champagne, nous repoussons une attaque près de St-Thomas. Au bois le Prêtre et en Alsace, dans la vallée de la Fecht, combat d'artillerie.
Les Russes ont détruit un torpilleur allemand dans le port de Libau. Ils ont obtenu un succès à Mlava, en Pologne, et infligé d'énormes pertes à l'ennemi dans les Carpathes, où la bataille continue. Une de leurs divisions, bien qu'enveloppée, à réussi à percer les lignes austro-allemandes.
M. Dernburg, l'agent officieux de l'Allemagne, laisse entendre à New-York que d'autres paquebots pourront avoir le sort du Lusitania.
M. Giolitti est rentré à Rome, où il a été quelque peu sifflé par les partisans de l'intervention. Des centaines de milliers de soldats italiens sont concentrés autour de Vérone. M de Giers, le nouvel ambassadeur de Russie est arrivé à Rome.
L'incident sino-japonais est clos.

Mardi 11 mai
Trois attaques allemandes ont été repoussées au nord de Lombaertzyde, en Flandre. A l'est de St-Georges, nos fusiliers marins ont enlevé la ferme de l'union, où nos ennemis s'étaient fortifiés.
Dunkerque a reçu deux obus.
Au nord d'Arras, nous avons maintenu tous nos avantages et nous les avons même élargis. Nous avons pris 3000 hommes, 10 canons et 50 mitrailleuses.
Deux attaques allemandes ont été repoussées, l'une à Berry-au-Bac, l'autre au bois le Prêtre. En Alsace, lutte d'artillerie.
Les Allemands ont occupé Libau, port de la Courlande; ils ont subi plusieurs échecs en Pologne et en Galicie.
Deux zeppelins ont survolé l'embouchure de la Tamise, a 90 kilomètres de Londres. Ils ont jeté 100 bombes et tué deux personnes.
Le président Wilson est assailli de lettres qui réclament une action énergique contre l'Allemagne. M. Roosevelt se prononce dans le même sens.

Mercredi 12 mai
Au nord de Dixmude, les troupes belges ont repoussé une attaque allemande, en leur infligeant de fortes pertes; une division belge a progressé au sud de Dixmude.
A l'est d'Ypres, les troupes anglaises, attaquées à l'aide d'un gaz asphyxiant, ont laissé passer le nuage à l'abri de leurs masques, puis ont anéanti a bout portant les colonnes allemandes.
Nos succès continuent à se développer entre Arras et Loos. Devant Loos, nous avons enlevé un gros ouvrage allemand; à Notre-Dame-de-Lorette, nous avons pris le grand fortin et la cbapelle et poursuivi l'ennemi au delà de cette dernière. Dans les tranchées, des centaines de cadavres allemands ont été trouvés; nous avons investi plus étroitement encore Carency où les prisonniers ont été faits par nous, et les communications de l'ennemi avec cette localité deviennent de plus en plus difficiles. Nous avons pris le cimetière de Neuville-Saint-Waast où l'ennemi s'était fortifié.
Les Allemands ont jeté des obus sur Bergues, au sud-est de Dunkerque, faisant quelques victimes.
Aux Dardanelles, avance sensible des Franco-Anglais qui arrivent aux abords de Krithia, à 10 kilomètres de l'entrée.
Les troupes russes ont reculé sur la Wislocka en Galicie, mais partout ailleurs opéré des contre-attaques heureuses.
Une grande agitation parlementaire se constate à Rome, où M. Giolitti voudrait imposer au cabinet Salandra la continuation de la politique de négociations avec l'Autriche, mais M. Salandra déclare qu'il ne se laissera pas dicter de conditions.

Jeudi 13 mai
Les combats au nord d'Arras continuent à être très violents. Plusieurs contre-attaques ont été prononcées par les forces ennemies, qui ont été repoussées avec de très grosses pertes à Neuville-Saint-Vaast, à Carency et à Ablain. Nous avons largement progressé à l'est de Carency, enlevant trois lignes de tranchées et faisant 525 prisonniers. A Neuville-Saint-Vaast, où une bataille de rues s'est poursuivie, nous avons réalisé une nouvelle avance. Au total, nous tenons 4000 prisonniers. Des offensives allemandes ont été brisées sur d'autres points du front, à Berry-au-Bac, à Beauséjour et à Bagatelle. En Courlande, les forces russes reprennent une vigoureuse action vers Chavli, gros noeud de voies ferrées de la région. Plusieurs succès ont été acquis par elles en Galicie et en Bukovine. Le cabinet Salandra-Sonnino a déclaré qu'il ne céderait pas aux manoeuvres des neutralistes. Il repousse les dernières propositions autrichiennes. Des manifestations interventionnistes ont eu lieu à Turin, à Milan et à Rome, où le poète d'Annunzio a été porté en triomphe. Le président des Etats-Unis, M. Wilson, a adressé une note énergique au cabinet de Berlin pour le rappeler au respect des règlements internationaux. Des scènes d'émeute se sont produites à Londres, où des boutiques allemandes ont été saccagées.
 
Vendredi 14 mai
Nous remportons de brillants succès dans le Nord. A Notre-Dame-de-Lorette, nous subissons une série de contre-attaques qui n'ébranlent en rien notre position, mais qui coûtent fort cher à l'ennemi. Nous prenons d'assaut le village de Carency, où nous capturons 1050 hommes et 30 officiers. Le butin en matériel est considérable. Les pertes ennemies sont très fortes. Plus au nord, nous avons enlevé Ablain-Saint-Nazaire, avec quelques centaines de prisonniers. A Neuville-Saint-Vaast, nous nous rendons maîtres de 17 canons. Deux attaques allemandes ont été repoussées dans l'Argonne. La totalité du bois Le Prêtre, près de Pont-à-Mousson, est maintenant entre nos mains. Le cuirassé anglais Goliath a sauté dans les Dardanelles : 500 morts. Le gouvernement britannique a décidé d'interner ou d'expulser tous les Austro-Allemands. Il envisage, pour l'armée, l'institution du service personnel obligatoire. Les Russes ont remporté un certain nombre d'avantages en Galicie. Ils ont fait plusieurs milliers de prisonniers au sud du Dniester et refoulé les Allemands dans la région de Chavli (provinces baltiques). On annonce que le roi Constantin de Grèce est gravement malade. 


GOLIATH

Samedi 15 mai
L'action est difficile, le terrain étant détrempé par les pluies. Toutefois, dans le Pas-de-Calais, à l'ouest d'Angres, nous avons attaqué sur la route d'Aix-Noulettes-Souchez et enlevé, au nord de cette route, une tranchée d'un kilomètre et au sud un bois et une tranchée : les pertes allemandes ont été considérables. Plus au sud, nous avons nettoyé les pentes de l'éperon de Lorette et progressé dans Neuville-St-Vaast. Depuis le 9, nous avons capturé 100 officiers, 20 canon, 100 mitrailleuses.
Sur l'Aisne, nous détruisons quatre blockhaus allemands.
Au bois d'Ailly, nous rejetons une attaque et faisons une centaine de prisonniers à l'ennemi.
Les Russes ont reformé leur front entre Vistule et Carpathes. Dans la Galicie orientale, ils pousuivent leur offensive et forcent les Autrichiens à une retraite précipitée.
A la suite de la démission du cabinet Salandra, le roi d'Italie a commencé ses consultations. On prétend que M. Marcora, ancien garibaldien, président de la Chambre, sera chargé de constituer le cabinet. Les manifestations interventionnistes continuent dans toute l'Italie. A Rome, les étudiants ont envahi le palais de Montecitorio, où siègent les députés, et y ont commis quelques dégâts. On sait maintenant officiellement qu'à la date du 9 mai, le gouvernement italien avait dénoncé le traité de la Triple Alliance.
Le gouvernement anglais a prescrit l'arrestation en masse des sujets allemands et austro-hongrois demeurés dans le Royaume-Uni. Ils seront internés, s'ils sont en âge de porter les armes, ou autrement expulsés.

Dimanche 16 mai
Au nord d'Ypres, nous infligeons un échec à l'ennemi; nous conquérons des tranchées, à Hetsas et enlevons une position de Streenstraete, en y faisant cinquante prisonniers. Le combat a continué au nord d'Arras. Au sud-est de Notre-Dame-de-Lorette, nous avons débordé la sucrerie de Souchez et repoussé une contre-attaque. Nous progressons dans le combat de rues de Neuville-Saint-Vaast. En Lorraine, nous faisons cinquante prisonniers, dans la plaine que domine le bois Le Prêtre. Le roi d'Italie a refusé la-démission de M. Salandra. De violentes manifestations en faveur de l'intervention armée ont eu lieu encore à Rome, Milan, Florence, Gênes, Bologne, etc., et les partisans de la neutralité n'osent plus faire des démonstrations opposées.
La presse américaine a approuvé unanimement la note très ferme et très courtoise à la fois que le président Wilson a lancée au cabinet de Berlin. L'opinion s'accrédite aux Etats-Unis que de l'échange de documents qui va suivre pourrait sortir une rupture. On annonce que M. Dernburg, qui doublait l'ambassadeur officiel, le comte Bernstorff, comme ambassadeur officieux de l'Allemagne, va quitter le territoire américain. On réclame de même le départ du comte Bernstorff.
Un vapeur danois a été torpillé sur la côte d'Ecosse, par un sous-marin allemand.
Un spécialiste a été appelé auprès du roi de Grèce, mais les dernières nouvelles du souverain portent qu'il va mieux.
Sir Edward Grey, ministre des Affaires étrangères anglais, souffre vivement d'une affection aux yeux.

Manifestation interventionniste en Italie

Lundi 17 mai
Une contre-attaque allemande a été repoussée à Streenstraete, en Flandre. Nous avons consolidé notre gain. Plus au sud, les troupes britanniques ont infligé à l'ennemi un sérieux échec. Elles ont pris 1000 mètres de tranchées au sud-ouest de Richebourg-l'Avoué et 1500 au nord-est de Festubert. Les pertes allemandes sont trés élevées. Au nord d'Arras, nous avons poursuivi pied à pied nos succès en délogeant les Allemands des derniers points où ils'accrochaient. Gain de 200 mètres vers la sucrerie de Souchez; prise de maisons à Neuville. En Champagne, brillante action à Ville-sur-Tourbe. Huit compagnies allemandes ayant tenté une attaque, nous avons tué plus de mille hommes et fait près de quatre cent prisonniers. Les Russes se sont repliés derrière le San, en Galicie. Le cabinet Salandra reprend officiellement le pouvoir avec sa constitution antérieure. Un incident de frontière s'est produit près d'Udine. L'enthousiasme pour l'intervention s'est encore accentué dans toute l'Italie. Grandes manifestations à Milan, Gênes, Venise, Naples, etc.
 
Mardi 18 mai
En Belgique, les Allemands, menacés d'enveloppement, ont évacué leurs dernières positions à l'ouest du canal de l'Yser. Succès anglais au nord de la Bassée. Les troupes britanniques ont enlevé à l'ennemi plusieurs lignes de tranchées en lui infligeant des pertes sensibles. Sept cents Allemands ont péri sous le feu croisé des mitrailleuse anglaises et de leur propre artillerie. Mille ont été capturés. Lutte très vive au nord d'Arras, où nous repoussons, une série de contre-attaques allemandes. Une attaque allemande a été arrêtée près de Berry-au-Bac. Une offensive au bois d'Ailly nous a valu de faire 250 prisonniers. Deux bataillons ennemis ont été arrêtés à la lisière du bois Le Prêtre. La situation des Russes ne se dessine pas encore nettement en Galicie occidentale, où ils prennent un nouveau dispositif tactique. En Bukovine, ils accentuent leur retour offensif. Nouveau raid de zeppelins sans résultat sérieux, à l'embouchure de la Tamise. Un dirigeable, d'autre part, a survolé Calais. Le cabinet italien a décidé de se présenter le 20 devant le Parlement. De grandes démonstrations interventionnistes ont encore eu lieu dans la plupart des centres importants. 
Mercredi 19 mai
Les combats sur le canal de l'Yser ont été très meurtriers pour les Allemands, qui ont laissé 2000 morts. Nous nous consolidons à l'est du canal. Une contre-attaque très violente de l'ennemi a encore été repoussée. Deux offensives ennemies ont été arrêtées au nord de Notre-Dame-de-Lorette, sur la route d'Aix-Noulettes à Souchez. Nous avons enlevé un groupe de maisons près du cimetière d'Ablain. Dans toute cette région le combat d'artillerie est très vif et nos ennemis ont recommencé à bombarder Arras. Nous avons arrêté une attaque à Berry-au-Bac. La situation des Russes s'est améliorée. Ils ont contraint les Allemands à évacuer une partie des provinces baltiques, après avoir refoulé leurs tentatives sur le noeud de chemins de fer de Chavli. De nouveaux combats se livrent sur le San, mais plutôt en s'éloignant de Przemysl. En Bukovine, les troupes du tsar ont atteint la ligne de Koloméa. Le bruit court qu'elles auraient repris Czernovitz. Les deux ambassadeurs d'Allemagne et d'Autriche, le prince de Bulow et le baron Macchio, ont eu une brève entrevue avec M. Sonnino. le ministre des Affaires étrangères d'Italie. On croit que la rupture est maintenant décidée. Les archives diplomatiques des deux ambassadeurs ont déjà passé la frontière. Le général Gouraud est arrivé aux Dardanelles, où il a pris le commandement de notre corps expéditionnaire.
 
Jeudi 20 mai
Le mauvais temps continue à contrarier les opérations. On ne peut signaler que des essais d'attaques ennemis arrêtés à l'est de l'Yser et au bois Le Prêtre. Nouveaux combats entre Russes et Allemands dans la région de Chavli (provinces baltiques). De grandes masses austro-allemandes demeurent en contact avec les armées du grand-duc Nicolas, depuis Opatoff , en Pologne, sur la rive gauche de la Vistule, jusqu'aux marais du Dniester. Près d'Opatoff, les Russes ont fait 3.000 prisonniers. Près de Jaroslaw, malgré les pertes énormes qu'ils subissent, les Allemands cherchent à se consolider sur la rive droite du San. Ils bombardent Przemysl. En Bukovine, les attaques austro-allemandes sont demeurées infructueuses. Les pertes des coalisés sont sensibles sur tout le front. Le chancelier allemand de Bethmann-Hollweg ayant énuméré, devant le Reichstag, les concessions offertes par l'Autriche à l'Italie pour obtenir le maintien de sa neutralité, le journal officieux de M. Sonnino, le GiornaLe d'Italia, riposte que ces concessions sont venues trop tard et que l'Italie avait déjà pris préalablement des engagements vis-à-vis de la Triple Entente. M. Asquith, le premier ministre britannique, déclare aux Communes que le cabinet qu'il préside va s'élargir, pour prendre le caractère d'un cabinet de défense nationale. Tous les partis y seront représentés. Une dépêche officielle du Caire signale les progrès des troupes franco-anglaises dans la presqu'île de Gallipoli. 



Débarquement anglais près de Gallipoli



Vendredi 21 mai
Le terrain est détrempé en Flandre et dans le Pas-de-Calais. On signale seulement un violent combat d'artillerie; nous avons abattu deux avions ennemis.
En Champagne, près de Beauséjour, nous réalisons des progrès à la mine et arrivons jusqu'aux tranchées ennemies. Nous repoussons une attaque à Bagatelle, dans l'Argonne. Nous gagnons du terrain et faisons des prisonniers au bois d'Ailly.
Une grande séance a eu lieu à la Chambre italienne. M. Salandra a exposé sa politique extérieure et demandé pleins pouvoirs pour la guerre éventuelle. Ses propositions ont été acceptées par 407 voix contre 74.
Les Russes ont fait de nombreux prisonniers aux Allemands dans la région du Niémen. La bataille a continué en Galicie occidentale et y a pris une énorme intensité. Au sud de Jaroslaw, l'armée du grand-duc Nicolas se maintient sur les deux rives du San. Plus à l'est, l'ennemi a subi, surtout autour de Stryj, d'énormes pertes.
L'Angleterre, fait sans précédent, a décidé de suspendre temporairement les courses de chevaux.
Deux chalutiers britanniques ont encore été coulés par les sous-marins allemands.
L'insurrection qui avait d'abord éclaté à Trieste et à Pola se propage dans toute l'Istrie.
Samedi 22 mai
Au nord d'Ypres, l'ennemi a tenté une attaque qui est demeurée infructueuse pour lui. Il a eu au moins 500 morts, et nous avons fait 150 prisonniers.
Les troupes britanniques ont réalisé quelques progrès au nord de la Bassée.
Sur les pentes sud de Notre-Dame-de-Lorette, nos troupes ont prononcé une attaque qui a donné de brillants résultats. Le massif de Lorette et ses contreforts sont désormais tout entiers en notre pouvoir; nous avons aussi conquis la partie d'Ablain où les Allemands tenaient encore. Nous avons pris 250 hommes et un canon.
Le Sénat italien, à l'unanimité de 281 votants, a approuvé à son tour la politique de M. Salandra. Une grande manifestation pour la guerre a eu lieu devant le Quirinal.
L'état-major autrichien a fait couper les voies et interrompu le service postal à la frontière vénitienne. L'ambassadeur italien, M.Bollati, a été insulté à Berlin.
Les combats redoublent de violence entre Russes et Austro-Allemands, aussi bien dans les provinces baltiques qu'en Galicie occidentale et qu'en Bukovine, sans qu'une solution soit encore intervenue. Mais les Austro-Allemands perdent, en moyenne, 10000 hommes par jour.

Dimanche 23 mai


Les troupes britanniques, attaquées au nord de la Bassée, ont vigoureusement repoussé l'ennemi en lui infligeant de fortes pertes. Au nord d'Arras, un violent combat d'artillerie s'est prolongé. Nous avons continué à prendre des maisons d'Ablain et à nettoyer les tranchées de la région, en faisant de nombreux prisonniers. Au nord de Neuville, nous avons arrêté une attaque.
Un taube, a lancé huit bombes sur Paris, dans le quartier du Champ-de-Mars; pas de victimes, dégâts insignifiants.
La poussée austro-allemande a faibli en Galicie. Les Russes ont repris heureusement l'offensive sur la rive gauche du San. Ils ont fait des prisonniers dans la région de Stryj; vers Opatow, l'ennemi demeure immobile.
Le roi d'Italie a décrété la mobilisation générale des troupes de terre et de mer. Il a mis en état de guerre les provinces du nord-est. Les ambassadeurs d'Allemagne et d'Autriche ont eu un suprême entretien avec M. Sonnino.
Une terrible collision a eu lieu à la frontière d'Ecosse entre un train de voyageurs et un train utilitaire. Un grand nombre de soldats ont été tués.
Dans la presqu'île de Gallipoli, les troupes australiennes et néo-zélandaises ont inffigé un échec aux Turcs.
Le roi de Grèce a subi une opération.

   

Lundi 24 mai
L'ennemi a prononcé plusieurs attaques entre la mer et Arras. Il a été partout repoussé avec de grosses pertes. L'une de ces tentatives a eu lieu au nord d'Ypres, deux autres sur les pentes du plateau de Lorette, deux autres auprès de Neuville-Saint-Vaast.
L'armée britannique a progressé près de Festubert (La Bassée). A la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette et à Neuville-Saint-Vaast, notre cheminement a continué.
En Argonne, nous avons infligé de sérieux échecs à l'ennemi.
Un avion allemand a lancé trois bombes sur la ville ouverte de Château-Thierry.
Aux Dardanelles, deux divisions turques, commandées par Liman von Sanders, ont attaqué les troupes britanniques à Kale-Tepe. Elles ont été refoulées. Un submersible anglais a coulé, dans le détroit, deux torpilleurs et deux transports ennemis chargés de troupes.
L'Italie a déclaré la guerre à l'Autriche, remis ses passeports à l'ambassadeur autrichien, baron Macchio, et rappelé son propre ambassadeur à Vienne, le duc d'Avarna. Le gouvernement italien autorise les agents diplomatiques autrichiens et allemands auprès du Vatican à rester à leur poste.
L'état du roi de Grèce Constantin continue à inquiéter son entourage.
Les Russes ont infligé un échec aux Allemands sur le Niémen.


Mardi 25 mai
Les Allemands ont prononcé des attaques a l'aide de gaz asphyxiants entre Steenstraete et Ypres. Ces attaques ont été repoussées. Les Anglais ont progressé au nord de La Bassée. Nous avons infligé de lourdes pertes à l'ennemi dans la région au nord d'Arras, à Neuville-Saint-Vaast principalement.
L'Allemagne a déclaré la guerre à l'Italie. Les ambassadeurs des deux empires auprès du Quirinal et auprès du Vatican ont quitté Rome.
La flotte autrichienne a pris l'offensive contre le littoral italien. Des torpilleurs et des avions austro-hongrois ont paru à Venise, Ancône, Barletta, etc.; leur attaque n'a produit que des dégâts insignifiants, et ils ont dû se retirer aussitôt. Par contre, un destroyer italien a opéré avec succès à Buso, à la frontière de la Vénétie. Il a capturé un certain nombre de soldats autrichiens.
L'offensive austro-allemande sur le San est réellement arrêtée. Les Russes ont fait, au cours des dernières journées, beaucoup de prisonniers et les bulletins officiels de Berlin sont devenus d'un laconisme absolu en ce qui concerne le front oriental.

Mercredi 26 mai
Une attaque est brisée en Belgique, sur la route de Langemark à Ypres. Nos succès s'accentuent dans le secteur d'Arras à Liévin. D'abord, deux attaques ennemies sont arrêtées à Ablain et quatre autres à Neuville, notre artillerie infligeant de grosses pertes aux agresseurs. Puis, au nord-ouest d'Angres, nous enlevons deux ouvrages fortifiés. Plus au sud, à l'est de la route Aix-Noulette-Souchez, nous nous saisissons d'une tranchée longue d'un kilomètre et qui était disputée depuis quinze jours. A l'ouest de cette même route, nous atteignons le ravin du fond de Buval où la canonnade allemande nous avait interdit jusque-là de desdendre.
L'armée italienne a pénétré sur le territoire autrichien (province de Goritz); elle a capturé un certain nombre de localités dont la plus importante est Cormons, sur la voie ferrée d'Udine à Trieste.
Les Russes réduisent partout leurs adversaires à la défensive. Ils ont progressé au sud de Chavli et continué à déblayer les provinces baltiques et le gouvernement de Kovno. En Galicie, ils attaquent sur presque tout le front. Sur la rive gauche du Dniester, ils poursuivent leurs avantages et ont fait 2.200 prisonniers dont 40 officiers. Au delà du Dniester et vers les montagnes, la bataille a cessé. Il paraît que Guillaume II se montre découragé des résultats obtenus sur le front oriental.
Les troupes françaises se sont avancées victorieusement dans la presqu'île de Gallipoli, tandis qu'une brigade indienne refoulait une offensive turque.
 
 

Jeudi 27 mai
Les troupes britanniques ont progressé dans la direction de la Bassée.
Dans le secteur Arras-Lens, l'ennemi a tenté de très violents efforts pour reprendre les positions qu'il avait perdues. C'est surtout dans la région d'Angres que s'est déployée son offensive. Elle s'est brisée à notre résistance sur la plupart des points. Nous avons réalisé une avance sur la route d'Aix-Noulette à Souchez. Malgré un feu d'artillerie intense, nous avons de nouveau gagné du terrain dans le fond de Buval et au nord-est de la chapelle de Lorette. A Neuville-Saint-Vaast, nous avons enlevé un groupe de maisons.
Un avion français a abattu un aviatik près de Braine (région de Soissons).
Notre escadrille aérienne a opéré avec succès à Roisel, à Saint-Quentin et à Douai.
De violents combats ont eu lieu sur le front oriental, dans les provinces baltiques, à la rive gauche de la Vistule et sur le San. Nos alliés, reprennent l'avantage.
L'armée italienne a pénétré en Autriche par les frontières Ouest, Sud et Est du Trentin. Le roi Victor-Emmanuel III a rejoint les troupes de première ligne, après avoir confié au duc de Gênes la lieutenance générale du royaume.

Vendredi 28 mai
Nous avons consolidé sérieusement nos progrès dans le Nord. Au nord d'Arras, l'action reste très chaude. Près d'Angres, nous avons rejeté deux attaques et infligé de grosses pertes à l'ennemi. Près d'Ablain, nous avons enlevé plusieurs tranchées, puis le cimetière, qui avait été puissamment organisé par les Allemands et progressé en avant de ce cimetière. Nos troupes ont fait 400 prisonniers, dont plusieurs officiers. Un combat d'artillerie s'est livré un peu plus au sud.
Une escadrille de nos avions a bombardé à Ludwigshafen, sur le Rhin, la grande fabrique Badische-Anilin, convertie en usine d'explosifs.
Les combats ont accru à nouveau leur intensité - au front oriental, à Ossowietz, en Pologne, et sur toute la ligne qui va de la Vistule au Dniester. C'est principalement sur le San qu'ils sont meurtriers.
Le croiseur anglais Triumph a été torpillé dans les Dardanelles.
les Italiens consolident leurs positions au Monte-Baldo, à la frontière du Tyrol, - et à l'Est de la voie ferrée Pontebba-Udine, sur la lisière de la Carniole et du Frioul.
Le comte Tisza, premier ministre hongrois, a prononcé un violent discours contre l'Italie.
Deux zeppelins ont survolé Southend (Essex), en Angleterre. Il y a deux morts.


Avanti


Samedi 29 mai
De nouvelles attaques de l'ennemi ont été repoussées à Angres, A Ablain, l'offensive de nos troupes se poursuit avec un plein succès. Elles ont pris un îlot de maisons, puis d'importantes tranchées. Malgré une nouvelle contre-attaque, elles ont gardé tout le terrain conquis. Plus à l'est, elles ont pris un gros ouvrage, le fortin des Quatre-Boqueteaux, où la lutte a été des plus vives. De nombreux prisonniers on été faits. A Ecurie-Roclincourt, violent bombardement. Aux lisières du bois Le Prêtre, une dernière attaque nous a permis d'arriver en deux points à la route de Fey-en-Haye à Norroy; nous avons fait 150 prisonniers. Nous avons aussi réalisé des progrès en Alsace, au Schnepfenrieth. Les Russes ont avancé dans la région de Chavli (Courlande), où ils ont pris 1000 Allmands. 6000 Austro-Allemands ont été capturés en Galicie. Au nord de Sieniawa, qui a été enlevée, il y a eu encore 1000 prisonniers. En Arménie, nos alliés sont entrés dans Van. D'aprés le communiqué de l'amirauté italienne, la flotte austro-hongroise a eu plusieurs unités endommagées au cours des opérations navales du 24. L'armée italienne a occupé Grado, dans le frioul. La 12eme armée austro-allemande se concentre à Botzen, dans le Trentin. En sautant dans le port de Shernees, le croiseur auxilliaire anglais Princess Irene a fait 400 victimes. 
Dimanche 30 mai
Dans la région au nord d'Arras, la nuit du 28 au 29 avait été marquée par une lutte d'artillerie très violente, l'ennemi ayant spécialement bombardé les pentes de Lorette. Au jour, nous repoussons d'abord une attaque sur Ablain-Saint-Nazaire, puis nous prenons l'offensive et enlevons les dernières maisons de ce village encore occupées par nos adversaires. C'était une affaire très chaude, au cours de laquelle nous anéantissions et mettions en fuite trois compagnies. A Neuville-Saint-Vaast, de même, nous conquérions un nouveau groupe de maisons. Près de Thiescourt, aux abords de Lassigny, nous avons abattu un aviatik, qui a pris feu en tombant en avant de nos lignes. Les Italiens, par leur feu d'artillerie, ont endommagé plusieurs forts autrichiens du côté du col de Torsala. Ils ont enlevé la ville d'Ala, à la frontière du Tyrol, entre Vérone et Trente, continué leur pénétration en Carniole et en Frioul. Ils ont capturé un hydravion autrichien. M. de Bethmann-Hollweg a prononcé un discours d'une extrême violence au Reichstag, discours dirigé surtout contre l'Italie. L'Allemagne a remis sa réponse à la note américaine au sujet du Lusitania. Un sous-marin a coulé le vapeur anglais Ethiopie. Les marins du Léon-Gambetta, internés en Italie et libérés par cette puissance, vont rentrer en France. L'armée russe, maîtresse de Van, a occupé aussi Ourmia, en Arménie. 
Lundi 31 mai
Avance des troupes françaises à Pilleken (Belgique), vers Ablain, dans la région de Lorette, au bois Le Prêtre, au Schnepfenrieth, en Alsace. Dans la région de Chavli, les Russes ont largement progressé et les Allemands battent en retraite désordonnée. Les Allemands ont également reculé et subi des pertes énormes aux abords de la vallée du San. Leurs attaques ont été vigoureusement repoussées, depuis le grand marais du Dniester jusqu'à Doliena. Sur la Lomnitza, les Russes ont fait 3200 prisonniers, dont 72 Officiers. En Arménie, ils ont occupé après Van, Ourmia. L'armée italienne qui marche sur le Trentin s'est rendue maîtresse de plusieurs points de la route de Brescia à Riva. Elle a enlevé un fort autrichien au nord du plateau d'Asiago. C'est l'archiduc Eugène qui prend le commandement en chef des forces autrichiennes de ce côté. Les alliés ont avancé de deux kilomètres dans la presqu'île de Gallipoli. La note de l'Allemagne est parvenue aux Etats-Unis. On dit que M. Wilson ne se contentera pas d'une réponse évasive et qu'il réclamera la cessation de la piraterie navale à l'égard des navires américains. Il est maintenant avéré, au dire des experts, que le Nebraskan a été torpillé.