Samedi 1er juin
L'ennemi a prolongé son effort sur sa droite, jusqu'à l'Oise, par de violentes attaques dans la région de l'Ailette. Nos troupes se sont repliées en combattant sur des positions au nord de la ligne Blérancourt-Epagny.
Dans la région de Soissons et plus au sud, les attaques ennemies se sont brisées contre la résistance héroïque de nos troupes, qui ont maintenu leurs positions aux débouchés ouest de la ville et le long de la route de Château-Thierry.
Au centre, l'ennemi a réussi à effectuer une légère avance dans la région au nord de la Marne.
Plus à l'est, ainsi qu'au nord-ouest et au nord de Reims, tous les efforts des Allemands ont été vains. Une contre-attaque, énergiquement menée par nos troupes, nous a permis de reprendre Thillois.
Un détachement des troupes anglaises a enlevé un poste allemand au sud-est d'Arras, et fait quelques prisonniers. Des rencontres de patrouilles au nord-est d'Ypres nous ont valu également quelques prisonniers et une mitrailleuse.
L'ennemi a attaqué un des postes allié au nord-est de Robecq.
L'artillerie ennemie a été active dans les secteurs de Villers-Bretonneux et d'Albert, et entre Festubert et la rivière Clarence.
L'aviation italienne a pris une part active aux combats sur notre front.

Dimanche 2 juin
La poussée de l'ennemi a continué avec une violence redoublée sur le front de Soissons à Château-Thierry.
Dans la région de Soissons et sur la ligne Chaudun-Vierzy, nos troupes, poursuivant leurs contre-attaques avec une énergie inlassable, ont refoulé les masses ennemies lancées sur ce front, gagnant partout du terrain et faisant plusieurs centaines de prisonniers. Au sud de Soissons, l'ennemi a été rejeté sur la Crise.
Plus au sud, Chaudun et Vierzy, pris et reperdus à plusieurs reprises, sont restés entre nos mains, après des combats acharnés. La bataille a été violente également dans la région Chouy-Neuilly-Saint-Front. Nos troupes ont brisé les attaques ennemies et maintenu leurs lignes immédiatement à l'est de ces localités.
Sur la rive nord de la Marne, l'ennemi a poussé ses éléments avancés depuis les lisières nord et est de Château-Thierry jusqu'à Verneuil. Vifs combats sur notre droite, le long de la route de Dormans à Reims. Situation sans changement au nord-ouest et au nord de Reims.
Les Anglais ont exécuté des bombardements à Merville, Armentières, Bapaume, Albert et Valenciennes. Ils ont détruit vingt-huit avions et deux ballons captifs; ils ont jeté des bombes sur les gares de Metz-Sablons, Thionville, Courcelles et Esch.

Lundi 3 juin
La pression allemande s'est poursuivie avec intensité sur le front entre l'Oise et la Marne.
Des tentatives extrêmement violentes dans la région lisière nord du bois de Carlepont et Moulin-sous-Touvent, ont été enrayées par nos troupes, qui ont rejeté l'ennemi au nord de cette dernière localité. Le mont de Choisy, attaqué à quatre reprises par les Allemands et pris par eux, a été enlevé de nouveau à la baïonnette par nos soldats, qui en sont restés maîtres.
Entre Vierzy et l'Ourcq, l'ennemi s'est emparé de Longpont, Corcy, Faverolles et Troesnes, mais, par un énergique retour offensif, nos troupes out occupé à nouveau ces localités.
Sur la Marne, les Allemands ont atteint les hauteurs à l'ouest de Château-Thierry; nous tenons la partie de la ville située sur la rive gauche.
De violents combats se sont livrés aux abords de la route de Dormans à Reims que les Allemands ont dépassée légèrement au sud d'Olizy-Violaine et de Ville-en-Tardenois.
Les Anglais ont exécuté un raid heureux au sud-est d'Arras. Ils ont fait vingt-sept prisonniers. D'autres raids, couronnés de succès, ont été effectués par eux au sud-est de Lens et au nord de Béthune.
Activité d'artillerie dans le secteur de Villers-Bretonneux.

L'emploi des tanks et des carterpillars se généralise de plus en plus. Les Allemands, un an après les Anglais et nous, ont adopté ces nouvelles machines de combat qu'ils ont mises en service pour la première fois au combat de Villers-Bretonneux.

Mardi 4 juin
Nos troupes ont poursuivi leurs contre-attaques sur tout le front compris entre l'Ourcq et la Marne et réalisé plusieurs avances en divers points.
Une violente attaque ennemie, lancée de part et d'autre de la route de Château-Thierry à Paris, a été brisée par nos feux au sud-est de Bouresches. Partout ailleurs, nous avons maintenu nos positions. Les pertes subies par l'ennemi au cours de ces actions ont été lourdes. Nous avons fait une centaine de prisonniers.
Les Anglais ont exécuté des opérations locales dans le voisinage de Vieux-Berquin et de Merris. Ils ont avancé un peu leur ligne sur ces deux points, fait 193 prisonniers et capturé un certain nombre de mitrailleuses et de mortiers de tranchées. Leurs pertes sont légères.
D'heureux coups de main, exécutés au sud-est d'Arras, au nord-est de Lens et à l'ouest de Merville, leur ont valu vingt prisonniers, trois mitrailleuses et un mortier de tranchée.
Une tentative de raid ennemi a été brisée près de Villers-Bretonneux.
Sur le front italien, un détachement britannique a pénétré dans la ligne ennemie, infligeant des pertes notables a l'adversaire.

Mercredi 5 juin
Entre l'Oise et l'Aisne, l'ennemi, maintenu par l'énergique résistance de nos troupes, n'a fait aucun progrès.
Entre l'Aisne et l'Ourcq, la bataille s'est poursuivie avec acharnement. De violentes attaques ont eu lieu sur la région Pernant-Saconin-Missy-aux-Bois-Troesnes. Pernant est tombé aux mains de l'ennemi, après une défense opiniâtre, qui a coûté des pertes élevées aux assaillants. Plus au sud, nos troupes ont cédé un peu de terrain, à l'ouest de Saconin et de Missy-aux-Bois. Faverolles, attaqué par l'ennemi, a été conservé par nous, ainsi que Troesnes.
Lutte vive aussi dans la région au sud de l'Ourcq. L'ennemi, appuyé par l'artillerie, a porté son effort sur Mosloy-Veuilly-la-Poterie-Torcy-Bouresches. Une contre-attaque nous a permis de reprendre Mosloy. Veuilly-la-Poterie a été le théâtre de combats violents. Le village pris et repris, est resté aux mains des Allemands.
Les Américains ont enrayé l'avance des forces allemandes qui cherchaient à pénétrer dans le bois de Veuilly, et par une magnifique contre-attaque, les ont rejetées au nord de ce bois. L'ennemi, plus au sud, n'a réalisé aucun gain.
Sur la Marne, un bataillon ennemi qui s'était glissé sur la rive gauche, à la hauteur de Jaulgonne, a été contre-attaqué par les Franco-Américains, et rejeté sur l'autre rive, avec de lourdes pertes. La passerelle a été détruite et cent prisonniers sont restés entre nos mains.
Les Anglais ont réussi un coup de main à l'ouest de Merville. I1s ont brisé une attaque près de Vieux-Berquin.
Nos aéroplanes ont jeté 18 tonnes de bombes. Nos attaques ont été dirigées spécialement sur les gares de Saint-Quentin, Douai et Luxembourg.

Jeudi 6 juin
Attaques locales sur plusieurs parties du front.
Aux lisières nord du bois de Carlepont, deux attaques ennemies ont été arrêtées par nos mitrailleuses.
D'autres tentatives dans la région d'Autrèches, à l'est de Dommiers et vers Corcy ont également échoué.
Au nord de Corcy, une action d'infanterie, appuyée par des chars d'assaut, nous a permis de rectifier notre ligne aux lisières de la forêt.
Au sud de l'Ourcq, les Allemands ont dirigé de violentes attaques sur Chézy et au sud-est de cette localité. Nos troupes ont brisé tous les assauts et infligé des pertes sérieuses à l'adversaire.
L'activité de l'artillerie continue, très vive, au nord de l'Aisne et dans la région de Reims.
Les Anglais ont exécuté des raids heureux aux environs de Lens et au sud du canal de la Bassée et fait quelques prisonniers.
Au sud-ouest de Mor1ancourt, un coup de main ennemi, tenté ce matin de bonne heure, à la faveur d'un vigoureux bombardement, a été repoussé. Des Allemands ont été capturés.
Activité de l'artillerie ennemie au nord de la Scarpe et de la Lys, et dans les secteurs de Merris et du canal Ypres-Commines.

Vendredi 7 juin
A l'est de Sampigny, nos troupes ont poursuivi le refoulement de groupes ennemis qui avaient réussi à franchir l'Oise. Nous avons fait une centaine de prisonniers.
Au nord de l'Aisne, nous avons amélioré sensiblement nos positions au nord et à l'ouest de Hautebraye. Cinquante prisonniers sont restés entre nos mains.
Actions d'artillerie assez vives, particulièrement dans les régions de Longpont, Veuilly-la-Poterie et à l'est de Reims.
L'ennemi a tenté un coup de main contre les positions anglaises au sud-est de Morlancourt. Il a été repoussé avec pertes. Un autre coup de main a permis à l'ennemi d'enlever un poste anglais dans le voisinage de Rayelles.
L'ennemi a également tenté des coups de main au nord de Lens, au nord de Béthune, et à l'est de la forêt de Nieppe. Il a été partout repoussé avec pertes.
Activité de l'artillerie ennemie dans le secteur de Strazeele. Sur le front belge, activité d'artillerie dans les zones de Dixmude et de Merckem.
Les sous-marins allemands ont fait leur apparition sur le littoral des Etats-Unis, où ils ont coulé un certain nombre de bâtiments.

Samedi 8 juin
Nombreuses actions locales à notre avantage.
Nous avons réussi des coups de main au nord de Montdidier et à l'ouest de Noyon.
Nous avons enlevé le village de Le Port, à l'ouest de Fontenoy, réalisé une progression à l'ouest de Longpont et fait des prisonniers, amélioré nos positions au sud-est d'Ambleny.
Une attaque, menée par les troupes franco-américaines nous a permis d'avancer notre ligne d'un kilomètre environ dans la région de Veuilly-la-Poterie-Bussiares; 270 prisonniers, dont dix officiers, sont restés entre nos mains. Nous avons ensuite conquis le village de Susly, ainsi que les boqueteaux à l'est. La station de Veuilly-la-Poterie et les lisières nord de ce village sont également en notre possession.
Les troupes franco-américaines ont gagné du terrain sur le front Torcy-Belleau-Bouresches.
A l'ouest de Château-Thierry, une action vivement menée nous a rendu la cote 204.
Entre la Marne et Reims, les troupes britanniques ont repris pied dans le village de Bligny, que nous avons perdu, et infligé de fortes pertes à l'ennemi.
Les aviateurs anglais ont bombardé Trèves et Coblentz, ainsi que la gare de Metz-Sablons et les voies ferrées de Thionville. Ils ont abattu sept avions.

Dimanche 9 juin
Grande activité d'artillerie au sud de L'Aisne, notamment dans la région de Faverolles.
An sud-est d'Ambleny, nous avons amélioré nos positions pendant la nuit.
Au sud de l'Ourcq, nos troupes, continuant leur pression, ont réalisé de nouveaux progrès. Nous avons porté nos lignes jusqu'aux abords ouest de Dammart, à l'est de Chezy et à plus d'un kilomètre au nord de Veuilly-la-Poterie.
Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers. Plus au sud, l'ennemi a violemment attaqué à deux reprises nos positions sur le front Bouresches-le Thiolet. Nous avons brisé ses assauts en lui infligeant de lourdes pertes.
Nos alliés britanniques ont fait des prisonniers au cours d'un raid heureux aux environs d'Houthulst. Dans le secteur de Strazeele, leurs patrouilles ont infligé des pertes à l'ennemi et capturé une mitrailleuse.
Canonnade au nord d'Albert et au sud-est d'Arras.
Les aviateurs britanniques ont détruit quatorze avions allemands et contraint huit autres appareils à atterrir désemparés. Ils ont également détruit trois ballons d'observation. Ils ont jeté vingt-huit tonnes de bombes sur les gares de Valenciennes, le Cateau, Busigny et Saint-Quentin.
Le calme règne sur le front italien.

Lundi 10 juin
Les Allemands ont déclanché une violente préparation d'artillerie depuis la région au nord de Montdidier jusqu'à l'est de l'Oise.
Nos batteries ont intensifié immédiatement leur tir de contre-préparation. A 4 h. 30 du matin, l'infanterie ennemie s'est portée à l'attaque de nos positions, entre Montdidier et Noyon. Nos troupes résistent avec une magnifique vaillance dans la zone de couverture.
Entre Avre et Aisne, nous avons exécuté une opération de détail à 1'est de Haute-Braye et gagné du terrain, en faisant une soixantaine de prisonniers.
Au sud de 1'Ourcq, nous avons amélioré nos positions à 1'est de Chezy. L'ennemi, qui avait réussi à pénétrer dans nos lignes, vers Vinly, en a été rejeté aussitôt par une contre-attaque. Nous avons enlevé le bois d'Eloup et le bois immédiatement au sud de Bussiares. Ces opérations nous ont donné deux cents prisonniers, dont cinq officiers.
A l'ouest de Reims, après un vif bombardement, l'ennemi a attaqué dans la région de Vregny et a subi des pertes sérieuses sans obtenir de résultat.
Les troupes anglaises ont réussi un coup de main an sud de Beaumont-Hamel et fait trente prisonniers.
Des coups de main ennemis ont été repoussés au sud-est et à l'est d'Arras, et dans le voisinage de Givenchy-lès-la Bassée.
Vive canonnade de Villers-Bretonneux à Albert, et de Givenchy à Robecq.

Mardi 11 juin
L'attaque allemande se développe violemment. Elle n'a obtenu de résultat, et encore sont-ils partiels, qu'au centre.
A l'aile gauche, vers Montdidier, les assauts ennemis, incessamment renouvelés, ont été brisés par nos feux et par nos contre-attaques. Pris et repris, Courcelles est resté entre nos mains.
A droite, nous nous sommes maintenus au sud et à l'est de Ville, qui a été âprement disputé. Plus de cinq cents prisonniers ont été par nous capturés.
Au centre, l'ennemi jette division sur division. Après avoir pris Ressons-sur-Matz, il a réussi à atteindre les abords sud de Cuvilly, les bois de Ressons et le plateau de Bellinglise.
Plus à l'est, la lutte se poursuit dans le bois de Thiescourt. Aux dires unanimes des prisonniers, les Allemands ont subi des pertes énormes.
Au nord de l'Aisne, nous avons poursuivi notre avance à l'est de Hautebraye et fait cent cinquante prisonniers.
Entre Ourcq et Marne, nous avons brisé plusieurs offensives ennemies à l'est de Vinly. Dans la région de Bussiares, les unités franco-américaines ont progressé, portant à deux cent cinquante le nombre de leurs prisonniers et capturant trente mitrailleuses.
Les Anglais ont fait un coup de main heureux au nord-est de Béthune. Ils ont repoussé une attaque dans le bois d'Haveluy.


SUR LE PAS DES ARMEES IMERIALES ALLEMANDES



Eglise d'attichy ............. Eglise de Tracy

Mercredi 12 juin
L'ennemi a continué sa pression en direction d'Estrées et de Ribécourt.
A gauche, la résistance de nos troupes a été efficace. l'ennemi n'a pu enlever ni le Ployron, ni Courcelles. Le village de Mery, perdu par nous, a été repris.
Au centre, le principal effort des Allemands s'est porté sur le front Belloy-Marquéglise. Une puissante attaque menée avec de gros effectifs, a réussi à nous rejeter d'abord jusqu'à l'Aronde, mais, par un magnifique retour offensif, nos troupes ont refoulé l'ennemi sur tout ce front et rétabli leurs positions sur la ligne sud de Belloy et de Saint-Maur, sud de Marquéglise et de Vandélicourt.
A notre droite, des combats violents se sont livrés dans le massif boisé, au nord de Dreslincourt. L'ennemi, qui avait accumulé dans cette région de grandes forces, a pu atteindre Antoval, obligeant nos troupes à reporter leur ligne de résistance à l'ouest et au sud de Ribécourt.
Les troupes australiennes ont exécuté avec un plein succès une opération de détail dans le voisinage de Morlancourt. Leur ligne a été avancée de près d'un demi-mille et sur une largeur d'un mille et demi. Elles out capturé deux cent trente-trois prisonniers, vingt et une mitrailleuses et un mortier de tranchées.
Nos alliés britanniques ont accompli des raids heureux au sud de la Scarpe et à l'est de la forêt de Nieppe. Combat d'artillerie à l'ouest de Lens.
Sur le front italien, l'artillerie ennemie a essayé à plusieurs reprises de développer des actions partielles entre la Vallarsa et le val Astico. Elle a été vigoureusement contrebattue.
A l'est de Capo Sile, les patrouilles italiennes ont mis en fuite la garnison des premières lignes ennemies, capturé une mitrailleuse, vingt-quatre bombardes et du matériel de guerre. Cinq avions autrichiens ont été abattus.
Deux petits torpilleurs italiens ont attaqué une division navale austro-hongroise formée de deux dreadnoughts et de dix contre-torpilleurs. Les dreadnoughts ont reçu l'un deux, l'autre une torpille. Les unités italiennes sont rentrées indemnes.



...................................................................Eglise de Ribécourt...........................Cimetière de Suzoi

Jeudi 13 juin
Entre Montdidier et l'Oise, la bataille se poursuit. Toutes les tentatives de l'ennemi ont été brisées à gauche où, par une brillante contre-offensive, nous avons repris de deux à quatre kilomètres, reconquérant la ligne occupée lundi soir. Nous avons réalisé de nouveaux progrès à l'est de Mery et du bois de Genlis.
Par de violentes attaques, les Allemands ont également tenté de nous rejeter sur l'Aronde. Sur le front Saint-Maur-ferme des Loges-Antheuil, nos troupes ont soutenu le choc, gardé leurs positions et infligé de lourdes pertes aux assaillants.
Sur notre droite, les Allemands, malgré leurs efforts réitérés, n'ont pu déboucher sur la rive sud de Matz. Nous tenons la partie sud de Chevincourt et de Marest-sur-Matz. En réalité, notre contre-attaque de la veille avait devancé une forte offensive ennemie et bousculé les effectifs allemands déjà agglomérés.
Au sud de l'Aisne, les Allemands ont attaqué entre la rivière et la forêt de Villers-Cotterets. Des combats acharnés se sont livrés sur le front Dommiers-Cutry-sud d'Ambleny.
Les Anglais ont fait un heureux coup de main à Boyelles.



Pont de Béthencourt

Vendredi 14 juin
Nouvelles attaques ennemies entre Montdidier et l'Oise. A notre gauche, elles ont partout échoué. Nous avons progressé dans la région du bois de Belloy et de Saint-Maur, fait 400 prisonniers nouveaux, capturé plusieurs canons et de nombreuses mitrailleuses.
A notre droite, les Allemands avaient repris leurs attaques sur le Matz. Après plusieurs tentatives, ils avaient pris pied sur la rive sud dans le village de Melicocq et sur les hauteurs de la Croix-Ricard. Mais des contre-attaques nous ont permis de ressaisir ces positions et de rejeter l'ennemi sur la rive nord du Matz, en capturant une centaine de prisonniers et des mitrailleuses.
A l'est de l'Oise, les troupes françaises ont effectué leur repli sur la ligne Bailly-Tracy-le-Val-ouest de Nampcel sous la protection de détachements de couverture. Dans la région de Haute-Braye, nous avons repoussé une attaque ennemie et fait des prisonniers.
Au sud de l'Aisne, violents combats. L'ennemi a pris pied à Dommiers, Cutry, puis à l'ouest de ces villages et à l'est de Laversine, dans Coeuvres et Saint-Pierre-Aigle.
Au nord de la Marne, nous avons enlevé Montécourt, les boqueteaux d'Eloup et la partie sud de Bussiares.
Une violente attaque allemande sur le front Bouresches-bois de Belleau, a été brisée par le Américains.

Samedi 15 juin
Situation plus calme sur l'ensemble du front.
Nous avons réussi plusieurs incursions dans les lignes ennemies, au nord de Grivesnes, dans la région de Courcelles et ramené une trentaine de prisonniers.
Vers la ferme des Loges, nous avons réalisé quelques progrès. Une attaque ennemie a été brisée près de la ferme d'Antheuil.
Entre la forêt de Villers-Cotterets et Château-Thierry, la lutte d'artillerie s'est poursuivie activement pendant la nuit.
Nos patrouilles ont fait des prisonniers dans la région de Bussiares, à l'ouest de Reims et en Champagne.
Les Anglais ont effectué des raids heureux vers la Neuville-Vitasse et Givenchy-lès-la Bassée. Rencontres de patrouilles à leur avantage au sud-ouest de Gavrelles et au nord-ouest de Merville. Ils ont fait des prisonniers et capturé des mitrailleuses. Ils ont repoussé une grosse attaque au sud-ouest de Merris et, là encore fait des prisonniers.
Canonnade dans le secteur de Villers-Bretonneux et dans la vallée de la Scarpe.
Les Italiens ont arrêté une offensive ennemie dans la région du Tonale et fait 130 prisonniers.

Dimanche 16 juin
Lutte d'artillerie assez vive entre Montdidier et l'Oise, au sud de l'Aisne, ainsi qu'à l'ouest de Reims, vers Champlat et Bligny.
Au matériel pris à l'ennemi le 11 et déjà dénombré, il faut ajouter 9 canons dont sept lourds, et 40 mitrailleuses. Nos patrouilles, opérant en Champagne, ont ramené des prisonniers. Dans le secteur au nord de Bailleul, nous avons fait des prisonniers.
Les bataillons anglais et écossais ont réussi une opération au nord de Béthune. Plus de 60 prisonniers sont restés entre les mains de nos alliés. Ils ont également réussi un coup de main dans le secteur de Villers-Bretonneux où 3 mitrailleuses ont été capturées. Ils ont repoussé une attaque dans le bois d'Aveluy.
Un combat local s'est livré dans le voisinage d'un poste avancé de la forêt de Nieppe.
Sur le front américain, au nord-ouest de Château- Thierry, actions réciproques d'artillerie très violentes, accompagnées de gaz.
Deux appareils allemands ont été abattus.
La canonnade devient plus violente sur l'ensemble du front italien.

Lundi 17 juin
Nous avons repris le village de Coeuvres et capturé 130 prisonniers.
Des actions locales au nord-est du bois de Genlis, au sud de Dammard et dans la région de Vinly, nous ont permis de faire 70 prisonniers et de capturer des mitrailleuses.
Une tentative ennemie pour franchir le Matz, en bordure de l'Oise, a échoué sous nos feux.
Un détachement anglais a pénétré dans un poste allemand au sud-ouest de Merris et ramené 11 prisonniers. D'autres raids ont été exécutés par nos alliés au sud de la Somme et dans le voisinage d'Hébuterne. Ils ont amené la capture de 17 prisonniers et de 3 mitrailleuses.
L'activité de l'artillerie ennemie s'est développée considérablement au nord de Béthune et entre Locre et le canal d'Ypres à Comines. Elle a été particulièrement intense dans le voisinage du lac de Dickebusch.
Les Autrichiens ont attaqué les Italiens sur un front de 150 kilomètres entre Asiago et la mer. Après avoir cédé du terrain sur quelques points, les Italiens en ont repris la plus grande partie, et les Autrichiens avouent qu'ils ont dû rétrograder sur la Brenta et aux Sept-Communes. Nos alliés ont fait 3000 prisonniers.

Mardi 18 juin
Entre Oise et Aisne, nous avons réussi une opération de détail qui nous a permis d'élargir nos positions au nord et au nord-ouest de Hautebraye. Nous avons fait une centaine de prisonniers et capturé des mitrailleuses.
Au bois des Caurières et dans les Vosges, nous avons repoussé des coups de main ennemis.
Les Anglais ont fait, à l'est d'Arras, un raid heureux qui leur a valu des prisonniers. Ils ont arrêté un coup de main tenté par les Allemands aux environs de Givenchy.
Au nord-ouest d'Albert, pendant une courte période de la nuit, l'artillerie ennemie a vigoureusement bombardé nos positions.
La lutte se développe sur le front italien. Les Autrichiens, sur le plateau d'Asiago et sur le mont Grappa, se sont bornés à lutter contre le retour contre-offensif de nos alliés, qui ont pu obtenir pourtant des succès partiels.
Sur la Piave, la bataille continue avec violence. Les ennemis ont maintenu leurs positions et tâchent d'élargir leur occupation du Montello.
Les troupes italiennes défendent bravement les passages du fleuve de San Andrea à Fossalta.
Le nombre des prisonniers faits par elles est de 4500 hommes et de 1200 officiers, y compris ceux capturés par les Franco-Anglais.

Mercredi 19 juin
Au sud de l'Aisne, nous avons réussi une opération locale.
Au sud d'Ambleny et à l'est de Montgobert, nous avons fait une centaine de prisonniers, dont deux officiers. Une autre opération heureuse, au sud de Valsery, nous a valu encore 100 prisonniers.
Entre l'Ourcq et la Marne, nos patrouilles ont capturé quelques Allemands.
Canonnade sur le front de la Somme.
Les Anglais ont repoussé un coup de main au sud-est de Villers-Bretonneux et fait des prisonniers.
Ils ont également fait des prisonniers et capturé une mitrailleuse au cours de coups de main heureux au sud-ouest d'Albert et dans le voisinage de Moyenneville, ainsi que dans des rencontres de patrouilles à l'est de la forêt de Nieppe.
L'artillerie ennemie a été plus active que d'habitude dans la vallée de l'Ancre, au sud d'Albert. Elle a montré également quelque activité à l'ouest de Serre.
Sur le front belge, lutte d'artillerie en face de Dixmude et au sud de Bixschoote.
Les Italiens continuent à briser l'offensive autrichienne sur tout le front. Ils ont fait plus de 2000 prisonniers nouveaux.
La violence de la bataille s'est atténuée légèrement dans la région montagneuse, mais s'est accrue graduellement sur la Piave. La 3eme armée a arrêté de puissantes forces ennemies devant Maserada et Candelu.
De Fossalta à Capo Sile, la lutte s'est déployée sans arrêt. Des contre-offensives italiennes ont paralysé toutes les attaques.
Les aviateurs ont partout participé au combat.
Sur le bord septentrional du Montello, nos alliés ont renforcé leurs positions sur le fleuve jusqu'à Cosa Serena. Deux attaques autrichiennes ont été contenues. Dans la région de Mont Grappa, nos alliés ont repoussé deux attaques partielles. D'autres ont été réprimées dans le val Brenta et à l'est du val Frenzela.
Des détachements français et italiens ont progressé dans la direction du versant de Costalonzo et ont fait des prisonniers.
Le cabinet bulgare, après la démission de M. Radoslavof, serait reconstitué par M. Malinof, chef du parti démocrate.

Jeudi 20 juin
Les Allemands ont déclenché une violente préparation d'artillerie sur tout le front de Reims, depuis la région de Vrigny, à l'ouest, jusqu'à l'est de la Pompelle. Ils ont ensuite attaqué par des masses d'infanterie nos positions. Nos troupes ont résisté avec un plein succès au choc de l'ennemi que nos tirs de contre-préparation avaient fortement éprouvé. Entre Vrigny et Ormes, les troupes d'assaut allemandes ont dû refluer à plusieurs reprises sur leurs lignes de départ et n'ont pu finalement aborder nos positions.
Sur la périphérie de Reims, de violents combats se sont déroulés. L'ennemi a été partout repoussé. A l'est de Reims, la lutte s'est aussi terminée à notre avantage.
Les Anglais ont repris un poste dans le secteur de Vieux-Berquin et capturé des prisonniers.
Les Italiens ont repoussé des actions locales dans la région du mont Grappa et du Montello. Ils ont exécuté des pointes sur le plateau d'Asiago.
Une bataille a repris sur la Piave. Toutes les tentatives autrichiennes ont été brisées. L'ennemi est réduit à la défensive au nord de Capo Sile. Le chiffre des prisonniers faits par nos alliés dépasse 9000.

Vendredi 21 juin
Nos détachements ont pénétré dans les lignes ennemies entre Montdidier et l'Oise et dans la région du bois Le Chaume. Ils ont ramené 20 prisonniers.
Les Anglais ont exécuté plusieurs raids aux environs de Boyelles, Lens, Givenchy, et dans les secteurs de Strazeele et d'Ypres. De certaines opérations, il est résulté de vifs combats, au cours desquels l'ennemi a subi des pertes importantes. Nos alliés ont fait 18 prisonniers et capturé 3 mitrailleuses.
Dans le village de Morlancourt, un raid ennemi a été pris sous notre feu et dispersé.
L'artillerie ennemie s'est montrée active entre la Somme et l'Ancre. Au cours de la nuit, l'activité de l'artillerie s'est développée considérablement de part et d'autre au nord d'Albert et dans le secteur du canal de la Bassée.
Les Italiens continuent à maintenir ou à refouler les Autrichiens des montagnes d'Asiago à la Basse-Piave. Ils ont fait plus de 1200 prisonniers sur les pentes du Montello qui dominent immédiatement la plaine, et plusieurs centaines d'autres en différents points du front. Les troupes françaises ont contribué à en capturer.
Une insurrection a éclaté à Kiev et dans plusieurs autres centres de l'Ukraine contre le gouvernement de Skoropatsky, soutenu par l'Allemagne.

Américains dans un village proche du front Samedi 22 juin
Nous avons amélioré nos positions au nord de Faverolles et dans la région au sud de Hautevesnes. Une vingtaine de prisonniers sont restés entre nos mains.
Les Anglais, au cours de raids et de rencontres de patrouilles dans le bois d'Aveluy, aux environs d'Hébuterne et de Boyelles et sur les deux rives de la Scarpe, ont fait des prisonniers et infligé des pertes considérables à l'ennemi.
Ils ont repoussé avec pertes pour l'adversaire plusieurs tentatives faites par lui pour reprendre du terrain au nord-ouest de Merris.
Les Américains ont avancé leurs lignes et amélioré leurs positions dans la région de Château-Thierry. En Woëvre et dans les Vosges, dans leurs secteurs, vive lutte d'artillerie.
Les Italiens ont vigoureusement contenu la pression autrichienne sur le Montello. Ils ont fait dans cette région 400 prisonniers et capturé des mitrailleuses et des canons. Ils ont brisé une offensive et regagné du terrain sur la Piave, en faisant plusieurs centaines de prisonniers.
A l'ouest de San Dona, plusieurs tentatives autrichiennes ont échoué. Au nord de Cortellazo, 200 prisonniers ont été faits. Le nombre de ceux-ci, depuis le début de la bataille, atteint à 12000.


Dimanche 23 juin
Nous avons repoussé des coups de main ennemis dans la région de Belloy et en Haute-Alsace. De notre côté, nous avons enlevé un poste ennemi au sud-est de Saint-Maur et fait des prisonniers.
Les Anglais ont exécuté des raids et fait des prisonniers dans le secteur de Villers-Bretonneux et de Strazeele.
Sur le front belge, activité d'artillerie dans la zone de Boesinghe. Lutte de bombes à Dixmude.
Sur le front italien, l'offensive de l'ennemi, brisée et contenue sur l'ensemble du front de bataille, a recommencé.
Les Autrichiens ont déclenché une forte attaque locale dans la direction de Losson (sud-ouest de Fossalta) : ils ont été repoussés avec des pertes sanglantes. Leurs violentes concentrations de feux sur le Montello et dans la région au nord-ouest du mont Grappa, ont été efficacement contrebattues et des tentatives d'avances, faites par les troupes d'infanterie, ont été arrêtées.
A Cavazuccherina, les marins et bersagliers italiens ont élargi la tête de pont et capturé 150 soldats avec du matériel et des armes. Actions locales sur le reste du front. A Asiago, un poste avancé ennemi a été enlevé et les occupants ont été capturés. Dix avions ennemis ont été abattus.

Lundi 24 juin
Nous avons exécuté plusieurs coups de mains entre Montdidier et l'Oise et fait des prisonniers.
Entre la Marne et Reims, les Allemands ont attaqué la montagne de Bligny et réussi à s'emparer un moment du sommet. Une contre-attaque vigoureuse des troupes italiennes les en a rejetés peu après en faisant des prisonniers. Notre ligne est intégralement rétablie.
Les Anglais ont repoussé une vive attaque locale entreprise par l'ennemi contre leurs positions à l'ouest de Merris.
Aux environs de Morlancourt et de Bucquoy, au cours de raids heureux, ils ont fait des prisonniers.
Activité de l'artillerie allemande près de la forêt d'Aveluy.
Les Italiens ont pris l'offensive entre le Montello et la mer et repoussé les Austro-Hongrois au delà de la Piave.
Les Anglais, sur le front italien, ont exécuté heureusement un coup de main au sud d'Asiago. Ils ont infligé à l'ennemi de lourdes pertes, capturé 31 prisonniers et une mitrailleuse. Le corps d'aviation britannique a détruit, en dix jours, 23 avions ennemis.
On annonce une fois de plus la démission du premier ministre autrichien von Seidler.

Mardi 25 juin
Une opération de détail, près de le Port, nous a valu de capturer 170 soldats allemands.
Assez vive canonnade entre l'Aisne et la Marne.
Les Américains ont amélioré leurs positions au nord-ouest de Château-Thierry, malgré la vive résistance de l'ennemi. Activité des deux artilleries dans cette région.
Dans les Vosges où les actions de patrouilles ont été fréquentes, les Américains ont repoussé un raid allemand.
Calme au front britannique. Peu d'activité aérienne à raison du temps brumeux et du vent. Les avions anglais ont fait cependant du travail de repérage. Pas de combat aérien.
15 tonnes d'explosifs ont été lancées sur Bapaume, sur les dépôts de munitions et les gares de Steenwerck, d'Armentières et de Bac-Saint-Maur. Les docks de Bruges ont été attaqués.
En Albanie, nous avons repoussé des détachements ennemis.
Les Italiens ont réalisé de sérieux résultats. L'ennemi avait commencé sa retraite dans la nuit du 22 au 23. Il a continué à passer la Piave sous le feu de l'artillerie alliée, tandis que les troupes italiennes le talonnaient. Le Montello et la rive droite de la Piave ont été reconquis.
Le nombre des prisonniers atteint 4000. Une quantité de matériel a été capturée. Le nombre des cadavres d'Autrichiens qui jonchent le sol est très élevé.

Mercredi 26 juin
Au nord de l'Aisne, après un violent bombardement, un combat à la grenade s'est engagé dans les ouvrages que nous avions conquis la veille au nord-est de le Port. Notre front a été intégralement maintenu.
Actions d'artillerie assez vives dans la région de Faverolles et de Corcy.
Nous avons exécuté en Woëvre et en Lorraine trois coups de main qui nous ont valu une vingtaine de prisonniers.
Sur le front britannique, à Neuville-Vitasse, des troupes canadiennes ont exécuté un raid sur les tranchées ennemies et ramené 22 prisonniers et 6 mitrailleuses. Au cours d'une attaque heureuse au sud de la Scarpe, nos alliés ont fait quelques prisonniers et pris une mitrailleuse.
Pendant la nuit, l'artillerie ennemie a été active entre Villers-Bretonneux et Morlancourt, au sud d'Avion et à l'ouest de Merville et a fait amplement usage d'obus toxiques.
Les Italiens ont poursuivi le refoulement des troupes austro-hongroises et ont capturé environ 2000 ennemis. Ils ont réoccupé complètement la rive droite de la Piave, enlevé un poste sur la pointe de Escarallo, accompli un raid heureux sur les pentes du Mont di Valbella, infligé de lourdes pertes à l'ennemi sur les pentes du Grappa.
Ils ont abattu 9 avions ennemis. L'aviateur Baracca se serait suicidé pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi.
Paris a été classé dans la zone des armées.
Von Kuhlmann, le ministre des Affaires étrangères allemand, a prononcé un important discours devant la grande commission du Reichstag. Il a déclaré que si l'Entente énumérait ses conditions de paix, les Empires Centraux seraient prêts à les entendre. C'est la formule de M. Balfour retournée. Hertling a fait, à son tour, un discours.

M.Clemenceau visite les escadrilles de combat Jeudi 27 juin
Nous avons exécuté plusieurs coups de main dans la région de Mailly-Raineval, de Melicocq, de Vinly, du Cornillet, et en Lorraine. Ils nous ont valu des prisonniers et des mitrailleuses. Une nouvelle tentative allemande contre nos petits postes au nord de le Port a été repoussée.
Les troupes américaines ont effectué une brillante opération de détail dans les bois de Belleau. 150 prisonniers, dont un capitaine ont été, de prime abord, dénombrés.
Les Anglais, au cours de combats de patrouilles, ont fait des prisonniers aux environs de Sailly-le-Sec et à l'ouest de Merville.
Activité de l'artillerie ennemie aux environs de Ville-sur-Ancre, Gomécourt, Bailleul, sud de Lens et dans le secteur d'Hazebrouck.
Des tentatives ennemies sur les postes de nos alliés ont échoué sous le feu des occupants.
Les avions britanniques ont attaqué avec succès des voies latérales, des usines de Sarrebruck, des hangars, des locomotives, les casernes d'Offenburg, les usines d'explosifs et la gare de Carlsruhe.
De nombreux coups au but ont été observés. En Macédoine, sur la rive droite du Vardar, l'ennemi, après une violente concentration de feux, a attaqué nos ouvrages au nord de Rayadag. L'attaque a dû refluer avant d'avoir atteint nos lignes.
Un détachement grec a accompli un raid heureux sur la Strouma.


Vendredi 28 juin
Au nord-est de Montdidier, nous avons exécuté un coup de main au nord du parc de Grivesnes et infligé des pertes à l'ennemi, auquel nous avons fait des prisonniers.
Le nombre des prisonniers capturés par les Américains dans la région des bois Belleau, est de 264, dont 5 officiers.
Nous avons abattu 22 avions ennemis, et incendié 3 drachens. Nos avions de bombardement de nuit et de jour ont jeté 17 tonnes de projectiles sur des terrains d'aviation, des bivouacs, des cantonnements dans la zone du front.
L'aviation britannique a été active, repérant des batteries ennemies et faisant des clichés. Dix avions ennemis ont été abattus et quatre autres contraints d'atterrir, désemparés. Dix tonnes de bombes ont été lancées.
Les aviateurs américains ont bombardé la gare et les voies de Conflans.
Les Italiens, après avoir réoccupé la tête de pont de Caposile, ont soutenu des contre-attaques de nombreuses forces ennemies. Ils ont capturé 8 officiers et 371 soldats. Canonnade sur le reste du front.
Les escadrilles italiennes ont lancé plusieurs tonnes de bombes sur les dépôts de munitions ennemis dans la plaine vénitienne et sur la voie ferrée de Matarella. Sept avions ennemis ont été abattus.
Quelques centaines de prisonniers ont encore été capturés au cours du nettoyage du champ de bataille.

Samedi 29 juin
Activité de l'artillerie au sud de l'Aisne, dans la région de Coeuvres.
Dans les Vosges, trois coups de main nous ont valu des prisonniers.
Nos alliés britanniques, par une heureuse opération de détail, exécutée de nuit, ont pris un élément fortifié ennemi à l'ouest de Vieux-Berquin. Ils ont fait un certain nombre de prisonniers et capturé quelques mitrailleuses.
L'artillerie ennemie a montré de l'activité sur différents points entre Givenchy et Robecq. Elle a fait usage d'obus à gaz sur la partie nord-est de la forêt de Nieppe.
L'infanterie américaine continue à se distinguer dans la région de Château-Thierry.
D'après les évaluations italiennes, les pertes autrichiennes sur la Piave ne seraient pas inférieures à 150.000 hommes. Le nombre des prisonniers faits par nos alliés est de 18000 hommes. L'ennemi a évacué même les parties de la basse Piave qu'il occupait encore.
Kerenski a fait sa réapparition au Congrès travailliste de Londres et réclamé l'appui des socialistes de l'Entente contre les bolcheviks.
Charles 1er a chargé, après la démission de von Seidler, le comte Silva Tarouca de prendre des informations en vue de la constitution d'un nouveau cabinet à Vienne.

Dimanche 30 juin
Activité intermittente d'artillerie dans plusieurs secteurs.
Au nord-ouest de Montdidier, nous avons réalisé une légère avance au bois Senecat et fait une trentaine de prisonniers.
Entre la Marne et l'Ourcq, une opération de détail au sud de Dammart, nous a permis de faire 22 prisonniers.
Les troupes britanniques ont repoussé un raid contre un de leurs postes dans les environs de Moyenneville, au sud d'Arras. Elles ont infligé des pertes à l'ennemi.
Un de leurs détachements a exécuté avec succès un raid en plein jour près de Mericourt et fait quelques prisonniers.
Leur artillerie s'est montrée active aux environs du bois du Rossignol, au sud-est de Gommécourt, où leurs patrouilles ont infligé des pertes à l'ennemi.
Leurs avions ont attaqué les usines de produits chimiques de Ludwigshafen, les manufactures et voies de garage de Sarrebruck et l'aérodrome de Bolchen. Plusieurs bombes sont tombées sur un haut fourneau en activité à Sarrebruck. A l'aérodrome de Bolchen, deux hangars ont été incendiés ainsi qu'un appareil. Tous les avions anglais sont rentrés indemnes.
Sur le front américain, des groupes ennemis qui tentaient des coups de main sur les positions de nos alliés dans les Vosges ont été repoussés.
La Bulgarie a invité l'Allemagne et l'Autriche à rompre avec la Grèce, elle-même étant en guerre avec ce pays.