Vendredi 1er juin
Actions d'artillerie au sud de Saint-Quentin et sur le chemin des Dames, au nord de Jouy, vers Cerny et Hurtebise, où ont eu lieu également de nombreuses rencontres de patrouilles.
En Champagne, l'ennemi a tenté, sur plusieurs points de notre front, de vives attaques précédées de bombardements violents par obus toxiques et de gros calibres. Au nord-ouest d'Auberive et sur le mont Blond, toutes les tentatives ont été arrêtées par nos feux. L'effort des Allemands s'est porté particulièrement sur nos positions du Téton, du Casque et du mont Haut, qu'ils ont attaquées à quatre reprises différentes avec un extrême acharnement. La lutte qui a commencé à 2 heures du matin, s'est prolongée jusqu'au jour. Brisées par nos feux ou refoulées à la baïonnette, les vagues d'assaut ennemies ont dû chaque fois refluer en désordre vers leurs tranchées de départ, après avoir subi des pertes élevées. Sur un seul point du front attaqué, au nord-est du mont Haut, des fractions ennemis ont pris pied dans quelques éléments avancés. Nous avons capturé des prisonniers.
Les Anglais ont repoussé un raid allemand au sud d'Armentières et fait un certain nombre de prisonniers. Activité d'artillerie sur la rive droite de la Scarpe.

Samedi 2 juin
L'artillerie ennemie, contre-battue par la nôtre, a bombardé nos premières lignes au nord du moulin de Laffaux. Une attaque allemande dans cette région a pu prendre pied en quelques points de notre tranchée avancée. Nos contre-attaques ont réussi à rejeter l'ennemi de la majeure partie des éléments qu'il avait occupés.
La lutte d'artillerie s'est poursuivie dans plusieurs secteurs du front.
Une tentative d'attaque sur nos positions du Casque a valu des pertes aux assaillants sans leur donner aucun résultat. L'ennemi a laissé entre nos mains une vingtaine de prisonniers. Nous avons enlevé un poste ennemi au sud de Chevreux et fait des prisonniers.
Du 17 au 31 mai, trente-deux avions allemands ont été complètement détruits sur notre front; cinquante-sept autres ont été sérieusement touchés.
Les Autrichiens ont échoué dans une violente attaque qu'ils ont tentée sur le Vodice, dans le Carso. Ils ont subi de lourdes pertes et laissé des prisonniers aux mains des Italiens.
Les Russes ont repoussé deux compagnies turques sur le front du Caucase.
La situation est devenue critique en Chine, où les gouverneurs de certaines provinces ont pris position contre le Parlement.

Dimanche 3 juin
Activité des deux artilleries dans la région au nord de Laffaux vers Hurtebise et sur le plateau de Californie et de Craonne.
Depuis le 16 avril, le nombre des prisonniers faits par les troupes franco-anglaises sur le front occidental dépasse 52.000 dont plus de 1000 officiers. Parmi l'énorme matériel pris sur l'ennemi pendant ce même laps de temps se trouvent 446 canons lourds et de campagne, un millier de mitrailleuses et un chiffre considérable de canons de tranchées.
Cinq avions allemands sont tombés en flammes ou se sont écrasés sur le sol à la suite de combats avec nos pilotes.
Sur le front d'Orient, dans la région de Lumnica, l'ennemi avait réussi à prendre pied momentanément dans un élément de nos tranchées : il en a été rejeté.
M. Isvolski, ambassadeur russe à Paris, a démissionné.

Lundi 4 juin
Le bombardement ennemi s'est étendu autour de Craonne et a continué pendant la nuit avec une extrême violence sur tout le front des plateaux de Vauclerc et de Californie. Les Allemands ont déclenché cinq attaques successives à gros effectifs dont trois sur la partie est du plateau de Californie et deux sur la partie ouest et sur le plateau de Vauclerc. L'ennemi a été partout repoussé; ses pertes ont été importantes, notamment dans la région est de Californie, où les détachements d'assaut de l'adversaire, disloqués par nos feux, ont laissé un grand nombre de cadavres devant nos tranchées. Un certain nombre de prisonniers sont restés entre nos mains.
Des coups de main ennemis en Champagne, vers Bezonvaux et dans les Vosges, au sud du col de Sainte-Marie, ont échoué.
L'artillerie allemande a bombardé le front belge au nord de Dixmude. Des bombes ont été jetées par nos alliés sur la gare de Wysweewe.
Les troupes britanniques ont attaqué les positions ennemis au Sud de la Souchez. Elles ont effectué une avance satisfaisante et ont fait un certain nombre de prisonniers. Une attaque allemande a été repoussée sur le front de Cherisy. Nos alliés ont réussi un coup de main près d'Ypres.
On dément l'imminence d'une crise ministérielle en Espagne.

Mardi 5 juin
La lutte d'artillerie est devenue violente au nord-ouest de la ferme Froidmont. Une attaque ennemie, déclenchée sur un saillant de notre ligne, a réussi à prendre pied dans quelques tranchées avancées. Sur le front des plateaux de Vauclerc et de Californie, après leur sanglant échec de la veille, les Allemands n'ont pas renouvelé leur tentative et se sont bornés à réagir sur nos positions par un bombardement assez vif.
En Champagne, nous avons exécuté un coup de main sur les tranchées adverses à l'est du Téton. Nous avons pris trois mitrailleuses et fait des prisonniers.
Le combat au sud de la Souchez a continué sur le front britannique. L'ennemi, après avoir subi de lourdes pertes, a réussi à lancer un certain nombre de violentes contre-attaques qui ont obligé nos alliés à évacuer le terrain conquis. Ils ont fait 92 prisonniers. Ils ont fait d'autres prisonniers à l'est de Laventie et au sud de Wytschaete. Ils ont abattu quatre avions allemands.
Sur les pentes du San Marco, l'ennemi a réussi à pénétrer dans quelques éléments avancés. Il a été ensuite repoussé jusqu'à ses positions de départ, en laissant 82 prisonniers.
Les avions italiens ont bombardé des rassemblements ennemis à Santa Lucia di Tolmino et à Chiapovano.

Mercredi 6 juin
Bombardement assez violent de part et d'autre, dans la région de Braye-en-Laonnois. Au cours de la nuit, une vive attaque de nos troupes nous a rendu des éléments de tranchées où l'ennemi avait pris pied au nord-ouest de la ferme Froidmont.
Lutte d'artillerie intermittente en Champagne, plus active vers le front Cornillet et sur le Casque. Divers coups de main ennemis sur nos postes, entre Tahure et Auberive, ont échoué.
En représailles des bombardements effectués par l'ennemi sur la ville ouverte de Bar-le-Duc, les 29 et 30 mai, 7 de nos avions ont survolé la ville de Trèves, sur laquelle ils ont jeté 1000 kilos de projectiles.
Nos escadrilles ont copieusement arrosé de projectiles les terrains d'aviation ennemis de Morhanges, de Habsheim, de Frescati et de Sissonnes; 16.500 kilos d'obus ont été jetés sur les baraquements, qui ont subi des dommages importants. D'autres escadrilles ont bombardé la gare de Lumes (Ardennes), les dépôts de munitions de Warmériwille, les gares et dépôts de la région de Laon. Il y a lieu de citer encore le bombardement de l'aérodrome de Colmar, des gares de Thionville et de Dun-sur-Meuse.
Les Anglais ont repoussé des raids au sud-est de Lens et au sud d'Armentières.
Le général Broussilof remplace le général Alexeief à la tête de l'armée russe.

Jeudi 7 Juin..début de la bataille de Messines
Durant la dernière nuit, lutte d'artillerie d'une grande intensité à l'est de Vauxaillon, au nord du moulin de Laffaux, et sur toute la région au nord-ouest de Braye-en-Laonnois.
Vers Hurtebise, après un vif bombardement, les Allemands lancèrent deux vagues d'assaut sur nos positions au nord-est du Monument. Les assaillants ont été rejetés dans leurs tranchées de départ, après un combat violent où nos soldats ont infligé de fortes pertes a l'ennemi. Notre ligne a été intégralement maintenue.
Dans la matinée, les Allemands ont prononcé d'autres attaques entre l'Ailette et la route de Laon et au nord-ouest de Braye-en-Laonnois. Deux tentatives sur le bois du Mortier, au nord de Vauxaillon, ont été brisées immédiatement.
Les Allemands ont concentré leurs efforts au nord du chemin des Dames où ils ont attaqué sur le front le Panthéon-ferme la Royère. L'attaque ennemie a été repoussée dans son ensemble et n'a pu aborder nos lignes qu'en un seul point, au sud de Filain, dans notre saillant des Bovettes.
Les Anglais ont effectué une légère avance au sud de la Souchez. Ils ont occupé l'usine électrique de cette région.
Ils ont fait 75 prisonniers près d'Ypres.
Au cours d'un combat naval, une de leurs flottilles, a coulé un destroyer allemand.
Un raid d'avions allemands a eu lieu à l'estuaire de la Tamise. Deux des appareils ont été abattus.
Des bâtiments de guerre américains ont mouillé sur nos côtes.



PENDANT LA BATAILLE DE MESSINES LE 7 JUIN



Eclatement d'obus - Prisonnier blessé - Australien retour du feu


La prise de la crête de Messines aura été l'une des batailles les plus acharnées de ces trois années de guerre, tant l'ennemi apporta de ténacité et de rage à défendre cette position d'une importance capitale. Voici, au plus fort du combat, un obus de gros calibre allemand éclatant devant les positions britanniques. A droite, un prisonnier plusieurs fois blessé, ramené par un ambulancier anglais. A gauche, un Australien également blessé donnant à ses camarades les dernières nouvelles de la bataille.


Vendredi 8 juin
Dans la région au nord-ouest de Saint-Quentin, un fort parti d'Allemands a tenté vers minuit l'attaque de nos lignes sur un front de 600 mètres. Nos feux, déclenchés avec violence et précision, ont arrêté net cette tentative. Les assaillants, fortement éprouvés, sont immédiatement rentrés dans leurs tranchées de départ.
Au nord du chemin des Dames, l'activité des deux artilleries se maintient très vive sur le front, au sud de Filain.
En Haute-Alsace, un coup de main ennemi, à l'ouest de Bisel, a été aisément repoussé.
Les troupes britanniques ont attaqué les positions allemandes de 1a crête Messines-Wytschaete, sur un front de plus de 15 kilomètres. Elles ont enlevé partout les premiers objectifs; elles continuent à progresser sur tout le front.
De très nombreux prisonniers ont été annoncés dans les centres de rassemblement.
Les Italiens ont encore maîtrisé une succession d'assauts autrichiens sur le front du Carso.
Un sous-marin allemand a été coulé par un navire de commerce américain.
La situation est devenue très critique en Espagne.

Samedi 9 juin
Activité très vive d'artillerie sur le chemin des Dames, notamment dans le secteur de Cerny et au sud de Filain. L'ennemi n'a pas renouvelé ses tentatives d'attaque sur cette partie du front.
Les Anglais ont fait 5000 prisonniers sur la ligne Wytschaete-Messines qu'ils ont enlevée. Leur communiqué atteste que la position était particulièrement importante, et que les troupes allemandes n'ont pas été surprises. Elles avaient formidablement aménagé le terrain et des pièces de tout calibre avaient été disposées pour battre le front et les flancs de l'attaque. L'assaut fut donné en stricte conformité avec l'horaire établi. A 3 h. 10 du matin, 19 puissantes mines explosaient à la fois, puis, en quelques minutes, le système de première ligne était occupé. Les troupes se portaient ensuite vers les pentes ouest de la crête de Messines-Wytschaete. Peu après, la totalité du village de Messines tombait entre leurs mains et avant midi, elles achevaient la conquête de Wytschaete. La seconde position était enfin enlevée. Oottaverne était pris à 3 h 45 de l'après-midi. Les pertes ennemies sont énormes; les pertes britanniques, légères.
Le général Gourko, qui avait été désigné pour succéder à Broussilof, dans le secteur sud du front russe, a donné sa démission.
Le généra1 américain Pershing est arrivé à Londres.


Dimanche 10 juin
Nos batteries se sont montrées très actives dans la région au nord de Saint-Quentin.
Sur le chemin des Dames, les Allemands ont renouvelé leurs tentatives en divers points du front, depuis le sud de Filain jusqu'a l'est de Cerny, tandis que la lutte d'artillerie se poursuivait avec violence. Quatre attaques successives sur une de nos tranchées ont été brisées et dispersées au nord-est de Cerny. Deux coups de main au nord de la ferme Froidmont ont eu le même échec. L'ennemi a subi des pertes sensibles.
Les Allemands ont encore été repoussés au sud-est de Corbeny, au sud de Courcy et au bois des Chevaliers.
Les Anglais ont élevé le chiffre de leurs prisonniers à 6400 sur le front Messines-Wytschaete. Les Allemands ont lançé une puissante contre-attaque sur une largeur de 10 kilomètres entre Saint-Yves et le canal d'Ypres à Commines. Elle a totalement échoué. La lutte a été particulièrement vive à l'est de Messines et vers Klein-Zillebeke.
Plus au sud, nos alliés ont opéré avec succès du sud de Lens à la Bassée.
Au sud de la Souchez, ils ont pénétré jusqu'à plus de 800 mètres de profondeur, dans les lignes allemandes sur un front de 3500.
Les Italiens ont repoussé une offensive autrichienne sur le Carso.
C'est le comte Esterhazy qui est maintenant chargé de former le cabinet hongrois.


Poste optique sur le Chemin des Dames


Lundi 11 juin
Actions d'artillerie courtes et violentes sur divers points du front, notamment dans la région de Craonne-Chevreux.
Des reconnaissances ennemies ont tenté d'aborder nos lignes vers le Monument d'Hurtebise, au nord-est de Prunay, et sur les deux lignes de la Meuse, au Mort-Homme et au bois des Caurières. Aucune de ses tentatives n'a donné de résultat.
De notre côté, nous avons exécuté un coup de main sur la rive gauche de la Moselle, dans la région du chemin de fer de Thiaucourt. Nos détachements, pénétrant dans la tranchée adverse, sur plusieurs points, ont infligé des pertes sérieuses à l'ennemi, détruit des abris, et ramené une vingtaine de prisonniers.
Du 1er au 7 juin, notre aviation a livré de nombreux combats et abattu 21 avions ennemis dont la chute a été constatée et 2 ballons captifs, qui sont tombés en flammes.
Les Anglais ont effectué une nouvelle progression sur un certain nombre de points du front de bataille au sud d'Ypres. Des coups de main, exécutés avec succès au sud-est d'Epéhy, au sud d'Armentières et au nord-est d'Ypres, leur ont permis de faire 17 prisonniers.
Canonnade sur le front de Macédoine.
M. Garcia Prieto, président du conseil espagnol, a offert sa démission au roi Alphonse XIII.

Mardi 12 juin
Assez grande activité des deux artilleries au nord de la Somme et dans la région de Cerny. A l'ouest de ce village, l'ennemi a tenté de nouveau des coups de main qui ont été repoussés.
Rencontre de patrouilles vers la cote 304 et en Woëvre.
Sur le front britannique, grande activité des deux artilleries à l'est d'Epéhy. Des détachements qui s'assemblaient dans ce secteur ont été dispersés par le feu de nos alliés. Un coup de main exécuté avec succès, la nuit dernière, au sud-ouest de la Bassée, a permis aux Anglais d'occasionner d'importants dégâts aux tranchées et galeries de mines de l'ennemi et de faire 18 prisonniers.
Des raids ont été également effectués sur les positions allemandes, à l'est de Vermelles et au sud d'Armentières. L'ennemi a subi de nombreuses pertes.
Grande activité des deux artilleries au sud d'Ypres. Nos alliés, de ce côté, ont de nouveau réalisé une légère avance au sud de Messines.
Succès italien dans le Tyrol, vers la cime Undici. 520 prisonniers autrichiens ont été faits dans un coup de main.
Les Italiens ont occupé Janina, sur territoire grec.
M. Dato a constitué le cabinet espagnol avec le marquis de Lema aux Affaires étrangères.

Mercredi 13 juin
Activité moyenne des deux artilleries sur la plus grande partie du front. Au cours d'incursions dans les tranchées allemandes, vers la butte du Mesnil et dans la région de la Haute-Chevauchée, nous avons effectué des destructions nombreuses et ramené une dizaine de prisonniers.
Un avion allemand a été abattu en Lorraine par nos canons spéciaux; les deux aviateurs ont été faits prisonniers.
Les Anglais ont avancé sur un front de 3 kilomètres et capturé un nouveau village.
Les Belges ont repoussé un parti ennemi qui les attaquait près de Dixmude. Action d'artillerie sur ce front, dans le secteur de Steenstraete-Hetsas.
Un des avions de chasse belge a abattu un appareil allemand qui est tombé près de Boerst.
Au front d'Orient, nous avons repoussé plusieurs coups de main de l'ennemi sur la rive droite du Vardar. Dans la boucle de la Cerna, lutte d'artillerie au cours de laquelle nous avons incendié une batterie ennemie. Les avions britanniques ont bombardé Patuo.
A la suite d'une communication qui fut faite au cabinet d'Athènes par le haut commissaire des puissances protectrices, Constantin 1er a abdiqué en faveur de son second fils Alexandre.
La France et l'Angleterre ont répondu au sujet de leurs buts de guerre à la récente proclamation du gouvernement russe.

jeudi 14 juin
Action intermittente des deux artilleries en Belgique et dans la région de Craonne. Des tirs de destruction exécutés sur les organisations et les voies de communication de l'ennemi en quelques points du front ont été efficaces. Les Anglais récapitulent les gains qu'ils ont faits depuis le 6 juin: 7342 hommes et 145 officiers prisonniers, 47 canons capturés.
Les Belges ont subi un violent bombardement de leurs premières lignes depuis le redan du Passeur jusqu'à Boesinghe. Leur artillerie et leurs lance-bombes ont énergiquement riposté aux tirs ennemis. Journée calme, à part une canonnade sans grande intensité, dans le secteur d'Hetsas.
Sur le front de Macédoine, des attaques locales ennemies exécutées sur Dolozeli, dans la région du lac Doiran, ont été repoussées. Sur la rive droite du Vardar, canonnade intermittente.
Canonnade et fusillade dans la région de Monastir.
L'aviation britannique a bombardé les dépôts ennemis de Bogdani.
Les troupes françaises ont débarqué au Pirée et pris position au nord de cette ville; elles ont occupé Larissa, en Thessalie, après une collision avec les troupes grecques qui leur avaient tendu une embuscade. Constantin 1er est parti pour Tatoi.

Vendredi 15 juin
Activité moyenne des deux artilleries sur la plus grande partie du front, assez violente dans la région de Craonne et au sud-est de Corbeny.
Sur le front belge, vive activité d'artillerie spécialement dans la région de Steenstraete, Lizerne et Boesinghe. Lutte de bombes vers la Maison-du-Passeur. Combat entre patrouilles au sud de Dixmude.
Les Anglais ont réalisé une marche progressive à l'est de Messines et la pression qu'ils exercent sur l'ennemi au sud de leur front d'attaque, a contraint les Allemands à abandonner une partie importante de leur système de défense de première ligne, dans le secteur entre la Lys et Saint-Yves. Poursuivant leurs avantages, nos alliés ont marqué une avance importante à l'est du bois de Ploegstaert. Ils ont également gagné du terrain aux abords de Gapaard.
Au nord de Bullecourt, et au sud de Hooge, ils ont exécuté des coups de main qui leur ont permis de ramener des prisonniers.
Combats secondaires sur le front russe.
Echec autrichien dans le Trentin, sur le plateau d'Asiago.
En Grèce, nos troupes occupent Trikala, Velestino et Volo. Constantin et sa famille se sont embarqués pour l'Italie.

Samedi 16 juin
La journée a été calme sur notre front, sauf dans le secteur Hurtebise-Craonne où les deux artilleries continuent à se montrer actives.
Sur le front belge, lutte d'artillerie assez intense vers Schilderbrug et Steenstraete-Hetsas. Les aviateurs belges ont abattu deux appareils ennemis qui sont tombés dans les lignes adverses. Ce matin, un troisième avion allemand a été descendu en flammes vers Keyem. Les troupes britanniques ont attaqué au sud et à l'est de Messines et sur les deux rives du canal Ypres-Commines. La résistance de l'ennemi a été rapidement brisée et nos alliés ont atteint tous leurs objectifs sur ces deux points. Plus de 150 prisonniers, un obusier et 7 mitrailleuses sont restés entre leurs mains.
Des opérations qui font suite à la pression continue exercée par leurs troupes depuis le 7 juin leur assurent la possession des tranchées de première ligne allemande entre la Lys et la Warnave et avancent la ligne anglaise de 500 à 1000 mètres sur tout le front d'environ 11 kilomètres entre la Warnave et Klein-Zillebeke.
Un coup de main a été exécuté avec succès près de Lens.
Trois raids des Bulgares sur les positions anglaises, dans la région du lac Doiran, en Macédoine, ont été repoussés.
Canonnade sur la rive droite du Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Les aviateurs britanniques ont bombardé la gare de Porna.
En Thessalie, nous avons occupé la voie Volo-Trikala.

Dimanche 17 juin
Canonnade assez vive sur le front de Champagne.
Près de Courcy, nous avons repris une tranchée dont tous les occupants ont été tués ou capturés.
Sur le front italien, à l'est du massif de l'Adamello, des détachements d'un bataillon alpin et des skieurs, malgré une défense acharnée de l'ennemi, ont attaqué la position de Corno-Cavento (3400 mètres d'altitude), qu'ils ont prise d'assaut. Les Italiens ont fait des prisonniers et capturé 2 canons de 75, un mortier et 4 mitrailleuses. Sur tout le front du plateau d'Asiago, l'ennemi a entretenu un violent feu d'artillerie.
Sur l'Ortigaro, les positions italiennes ont été de nouveau attaquées avec une extrême violence. L'ennemi a subi de très lourdes pertes; il lui a été fait 52 prisonniers. Une autre tentative a échoué dans la vallée de San Pellegrino. Des colonnes de camions autrichiens ont été atteints par l'artillerie italienne sur la route de Chiopovano ainsi que des détachements de troupes à l'est de Castagnovizza.
Les troupes franco-anglaises continuent à progresser en Thessalie au delà de Trikalu et de Colombaka.
M. Venizelos a envoyé un télégramme de remerciements à M. Ribot au nom de la Grèce libérée.

Lundi 18 juin
Dans la région au nord-est de Cerny, l'ennemi a déclanché un feu violent sur nos positions de la Bovelle, tandis que ses détachements d'assaut se rassemblaient dans les tranchées. Notre artillerie a fait avorter ces préparatifs d'attaque et ramené le calme.
Plus à l'est, la lutte d'artillerie a pris un caractère d'extrême intensité dans le secteur d'Hurtebise. Des reconnaissances allemandes ont été dispersées par nos feux à l'est de Reims et au nord d'Emberménil.
En Woevre et dans les Vosges, à l'Helsenfurst, nous avons réussi des coups de main qui nous ont permis de ramener des prisonniers et de détruire de nombreux abris.
Sur le front britannique, canonnade près de Croisilles, aux abords de Lens et aux environs d'Ypres.
7 avions allemands ont été détruits par nos alliés.
Un zeppelin a été abattu au cours d'un raid sur l'Angleterre.
Les éclaireurs russes ont manifesté de l'activité dans la région de Lusetz. Fusillade sur le front roumain.
Activité d'artillerie sur le front Italien, en Carnie. Les batteries autrichiennes ont tiré contre les positions de nos alliés au Val Piccolo et au Val Grande. L'ennemi a subi des pertes en plusieurs rencontres partielles.

Mardi 19 juin
Activité marquée de l'artillerie dans la région de Laffaux, au Panthéon et dans le secteur Craonne-Chevreux.
En Champagne, nous avons réussi une opération de détail qui nous a rendus maîtres d'un système de tranchées allemandes formant saillant dans nos lignes sur un front de 500 mètres environ entre le mont Cornillet et le mont Blond. Nous avons fait, au cours de cette action 40 prisonniers dont un officier.
Les Allemands continuent à bombarder la ville de Reims. 2000 obus ont été lancés dans la journée. Un civil a été tué et 3 blessés.
Sur le front belge, grande activité d'artillerie dans la région Lizerne-Boesinghe. Durant la journée, légère canonnade sur toute la ligne. Sur le front britannique, l'ennemi a lancé à la faveur d'un bombardement, une forte attaque locale sur les positions conquises par nos alliés à l'est de Monchy-le-Preux. Les troupes anglaises ont dû abandonner certains postes avancés établis en avant de leur nouvelle position principale. Cette position principale demeure entre leurs mains.
En Macédoine, l'aviation britannique a bombardé avec succès la gare de Tomba, à 12 kilomètres de Serès, et plusieurs dépôts de munitions ennemis.
En Thessalie, l'avance de nos troupes continue à s'opérer sans difficulté. Toutes les communes de la région Larissa-Volo ont adhéré au mouvement vénizeliste.

Mercredi 20 juin
Violente lutte d'artillerie en Champagne, entre le mont Blond et le mont Cornillet. Une forte contre-attaque allemande sur les positions que nous avons conquises dans cette région a été brisée par nos feux. L'ennemi a subi des pertes sérieuses et a laissé de nouveaux prisonniers entre nos mains.
Des tentatives ennemies sur nos petits postes au nord de Saint-Quentin et vers la tranchée de Calonne ont échoué. Rencontres de patrouilles en forêt de Parroy; nous avons fait quelques prisonniers dont un officier.
Les Anglais ont exécuté des coups de main sur les positions allemandes au sud-est du Verguier et vers la route Bapaume-Cambrai. L'ennemi a eu un certain nombre de tués et ses abris ont été détruits. Nos alliés ont marqué une légère avance sur le champ de bataille d'Arras en faisant 35 prisonniers. 4 canons de campagne sont tombés entre leurs mains. Ils ont abattu 6 avions ennemis.
M. Hoffmann , chef du département politique au Conseil fédéral suisse a dû démissionner à la suite de la découverte d'un télégramme chiffré envoyé par lui à Petrograd et qui transmettait des propositions allemandes en vue d'une paix séparée avec la Russie.
Une crise ministérielle s'est produite à Vienne.


Jeudi 21 juin
A la suite d'un vif bombardement entre l'Ailette et le moulin de Laffaux, les Allemands ont attaqué nos positions sur un front de plus d'un kilomètre. L'attaque, très violente et menée avec de gros effectifs, a réussi à prendre pied dans une partie de la tranchée de première ligne, à l'est de Vauxaillon, au sud de Filain.
Une autre tentative allemande sur un saillant de nos lignes, à l'est de la ferme de la Royère, n'a obtenu aucun résultat.
La lutte d'artillerie a été vive entre Hurtebise et Chevreux et sur le front de Verdun, dans le secteur de Vacherauville et des Chambrettes.
Au nord de la Souchez, les Allemands ont tenté par quatre fois de reconquérir les positions occupées par les troupes britanniques. Ils ont été complètement repoussés.
Un avion allemand a été abattu en combat aérien et un autre descendu par les canons spéciaux.
Les Italiens ont conquis une cime du mont Ortigara, dans le Trentin et fait 1000 prisonniers.
L'ex-roi de Grèce Constantin, qui a été conspué à Lugano, où il était arrivé, a décidé de quitter cette ville.

Vendredi 22 juin
Un violent combat s'est poursuivi à notre avantage à l'est de Vauxaillon. Une contre-attaque de nos troupes sur la partie de tranchées occupée par l'ennemi dans le secteur de la ferme Moisy a donné de sérieux résultats. A l'heure actuelle, nous avons repris la totalité de nos positions à l'exception d'un saillant situé à 400 mètres au nord-est de cette ferme où des fractions ennemies se maintiennent encore; la lutte d'artillerie reste très vive dans toute cette région.
Entre Hurtebise et Craonne, bombardement assez violent de nos premières lignes.
En Champagne, nous avons réalisé une avance au nord-est du mont Cornillet, dans des conditions particulièrement brillantes. Une tentative allemande a été repoussée par nos grenadiers, qui ont rejeté l'ennemi jusque dans sa tranchée de départ dont ils se sont emparés. Nous avons progressé de 300 mètres en profondeur sur une largeur de 600.
Sur le front de Macédoine, l'aviation britannique a bombardé les camps et les magasins ennemis de Bogganci (entre le lac Doiran et le Vardar) et de Vetina, sur la Strouma.
Les Italiens se sont emparés d'une nouvelle cime dans le massif d'Asiago.
Une partie de l'opinion suisse demande la démission du général Wille, généralissime et du colonel Sprecher von Bernegg, chef d'état-major général.
Constantin 1er est parti pour les Grisons.

Samedi 23 juin
Sur le chemin des Dames, le bombardement de nos positions au sud de Filain et dans la région de Braye-en-Laonnois, s'est prolongé jusqu'au matin et a été suivi d'une série d'attaques très violentes.
Sur un front de 2 kilomètres, depuis l'ouest de la ferme la Royère jusqu'à l'épine de Chevregny, les Allemands ont lancé des forces importantes composées de troupes spéciales qui ont attaqué avec un grand acharnement, malgré les lourdes pertes que leur ont infligées nos feux. Sur la majeure partie du front attaqué, les forces de l'ennemi ont été brisées et les vagues d'assaut rejetées dans les tranchées de départ. Nous avons maintenu nos positions sauf au centre, où l'ennemi a pu, après plusieurs tentatives, pénétrer dans un saillant.
Les Anglais ont repoussé un coup de main allemand à l'est d'Epéhy. L'ennemi a laissé plusieurs cadavres sur leurs réseaux et un certain nombre de blessés, qui ont été capturés. Une tentative analogue a échoué également vers la ferme Villemont.
Un avion allemand a été abattu en combat aérien et six autres ont été contraints d'atterrir avec des avaries.
Le cabinet autrichien Clam-Martinic a démissionné une seconde fois en présence de l'opposition des Slovènes, des Tchèques et des Polonais.
Les Allemands ont annoncé aux Russes qu'ils allaient reprendre leurs attaques.

Dimanche 24 juin
Violent bombardement, suivi d'une nouvelle série de tentatives allemandes sur les points attaqués les jours précédents, d'une part dans la région de Vauxaillon, d'autre part au sud et au sud-est de Filain. Toutes ces attaques ont été repoussées et n'ont valu à l'ennemi que des pertes sérieuses sans aucun avantage.
La lutte a été particulièrement vive entre la ferme de la Royère et la ferme Froidmont. Les Allemands qui avaient élargi leur front d'attaque à l'est de l'Epine de Chevregny jusqu'au nord de la ferme Froidmont, ont multiplié leurs efforts pour enlever les positions contre lesquelles ils s'étaient brisés la veille.
Les vagues d'assaut, disloquées par nos feux n'ont pu aborder nos lignes ni déboucher du saillant où elles avaient pénétré. D'autres tentatives ennemies, à l'est de Chevreux, à l'est des Cavaliers-de-Courcy et dans le secteur des Chambrettes, ont également échoué. De notre côté, nous avons fait dans les lignes allemandes plusieurs incursions qui nous ont valu des prisonniers.
Les Allemands ont jeté 1200 obus sur Reims.
Les éclaireurs russes ont réussi à occuper plusieurs tranchées allemandes. M. Venizelos est arrivé au Pirée sur l'invitation de M. Jonnart, pour conférer avec M. Zaïmis. Sur le front roumain de Moldavie, la lutte s'intensifie.


Mr Jonnart, Haut-Commissaire des puissances alliées en Grèce
L'ex-Diadoque Georges, et son frère cadet, Alexandre, désigné pour succéder à Constantin
M.Zaïmis, président du Conseil des ministres de Grèce


Lundi 25 juin
A l'est de Vauxaillon, une vive contre-attaque nous a rendu la majeure partie du saillant encore tenu par l'ennemi au nord-est de la ferme Moisy.
Assez grande activité des deux artilleries dans la région Hurtebise-Craonne. Au sud de Juvincourt, nos contre-batteries ont enrayé un violent bombardement de nos lignes. Une contre-attaque allemande, qui se préparait dans cette région, n'a pu sortir de ses tranchées sous la violence de nos feux.
En Champagne, nous avons aisément repoussé une attaque ennemie au nord-est du Cornillet.
Vers Auberive, nous avons effectué un coup de main et ramené des prisonniers.
Canonnade sur la rive gauche de la Meuse.
Sur le front belge, les Allemands bombardent la région de Dixmude et de Steenstraete-Hetsas. Lutte de bombes à la Maison-du-Passeur. Les Anglais ont fait des prisonniers au sud de la Scarpe, au cours d'engagements de patrouilles. Canonnade vers Croisilles et Messines.
En Macédoine, rencontre de patrouilles dans la région du lac Doiran. A l'est du lac Presba, l'ennemi a exécuté de violents tirs d'artillerie et de mitrailleuses sur nos tranchées : il n'a tenté aucune action d'infanterie.
Le nouveau cabinet von Seidler, composé de fonctionnaires, est constitué à Vienne.
Un complot allemand, sur lequel le Storthing délibère en secret, a été découvert en Norvège.

Mardi 26 juin
Activité continue et très vive des deux artilleries dans le secteur ferme de la Royère-ferme Froidmont, ainsi que vers Hurtebise et à l'est de Chevreux. Dans cette dernière région, deux coups de main sur nos tranchées ont valu des pertes à l'ennemi sans aucun résultat.
Deux autres tentatives allemandes sur nos petits postes, en Woëvre et dans la région de Saint-Mihiel, ont complètement échoué.
Sur le front britannique, l'ennemi a subi des pertes et laissé des prisonniers, par suite de coups de main exécutés par nos alliés vers Epéhy, Bullecourt, Roeux, Loos et Hooge.
Au cours d'un raid à l'est de Vermelles, les Anglais, ont fait sauter des abris allemands et infligé de grosses pertes aux occupants. Ils ont avancé par des opérations de détail au sud-ouest de Lens et au nord-ouest de Warneton.
La tension s'est aggravée entre l'Allemagne et la Norvège, ce dernier pays ayant constaté que la destruction d'un certain nombre de ses navires était due à des attentats allemands.
Le congrès de tous les Soviets russes s'est prononcé en faveur de la dissolution de la Douma et du Conseil de l'Empire.
Le retour de M. Venizelos au pouvoir a été décidé dans une conférence entre le roi de Grèce Alexandre Ier et M. Zaïmis. L'ex-roi Constantin est parti de Thusis pour Bergun, autre station du canton des Grisons.

Vendredi 27 juin
En fin de journée, après une courte préparation d'artillerie, nos troupes ont prononcé une brillante attaque au nord-ouest d'Hurtebise, sur un éperon solidement organisé par l'ennemi. Tous nos objectifs ont été atteints en quelques instants. La première ligne allemande est tombée en notre pouvoir. Des contre-attaques ennemies, lancées aux deux extrémités de la position enlevée et appuyées par un violent bombardement, ont été brisées par nos feux. L'ennemi, surpris de la rapidité de l'attaque, a subi des pertes élevées et a laissé plus de 300 prisonniers, dont 10 officiers entre nos mains.
Divers coups de main ennemis sur nos petits postes, dans le secteur d'Ailles, dans la région de Tahure et en Argonne, ont échoué sous nos feux.
Les Anglais ont poursuivi sur les deux rives de la Souchez leurs succès de la nuit précédente, au sud-ouest de Lens. Ils ont réalisé des progrès sur un front de 2500 mètres. Ils ont fait des prisonniers au cours d'une opération de détail au nord-ouest de Croisilles. Ils ont repoussé un coup de main à l'ouest de la Bassée.
Canonnade réciproque dans la région du Vardar et dans la boucle de la Cerna, où une forte reconnaissance bulgare a été dispersée à coups de fusil et de grenades.
M. Ador, député de Genève, a été nommé conseiller fédéral helvétique à la place de M. Hoffmann.

Jeudi 28 juin
Lutte d'artillerie très vive dans la région du monument d'Hurtebise. Les Allemands n'ont fait aucune tentative nouvelle contre les positions que nous leur avons enlevées le 25.
D'après de nouveaux renseignements, parmi les organisations que nous avons conquises ce jour-là se trouve la caverne du Dragou, qui était devenue une véritable forteresse. Un matériel considérable y était accumulé: 9 mitrailleuses en bon état, plus de 300 équipements, de nombreux fusils, des dépôts de munitions, des projecteurs et un poste de secours sont tombés entre nos mains. Le chiffre des prisonniers atteint 340, dont 10 officiers.
En Champagne, Un coup de main ennemi a échoué à l'ouest du mont Cornillet. De notre côté, nous avons exécuté une incursion dans les lignes allemandes vers Maisons-de-Champagne, qui nous a permis de ramener une dizaine de prisonniers.
Les Anglais ont repoussé, avant même qu'elle ne pût se développer, une attaque allemande sur leurs nouvelles positions, au nord-ouest de Fontaine-lès-Croisilles. Ils ont exécuté avec succès un coup de main à l'ouest d'Oppy, en faisant un certain nombre de prisonniers. Ils ont arrêté un raid ennemi près de la Bassée.
Les Italiens ont abandonné quelques positions de première ligne sur le plateau d'Asiago.
Activité d'artillerie sur le front russe.
M. Venizelos a constitué son cabinet à Athènes.

Vendredi 29 juin
Bombardements intermittents dans la région du monument d'Hurtebise, sur le Casque, le Téton, le mont Blond et le Cornillet. L'artillerie ennemie a été vigoureusement contrebattue sur tout le front.
Sur les pentes du mont des Roches (nord de Jouy), une forte patrouille ennemie, qui tentait un coup de main, a été repoussée.
Une tentative allemande sur le saillant de Wattwiller (nord-est de Thann) a échoué; l'ennemi a laissé plusieurs morts entre nos mains, dont un officier.
Des engagements de patrouilles devant Flirey et Bezonvaux nous ont permis de faire des prisonniers.
Un avion allemand a été abattu au sud de Craonne. Le pilote et l'observateur ont été capturés.
Sur le front belge, l'ennemi, après avoir bombardé les tranchées au sud de Saint-Georges, a lancé un détachement à l'assaut. Ce détachement a été rejeté après une lutte corps à corps, éprouvant des pertes sérieuses. Canonnade vers Steenstraete.
Les Anglais ont accompli une nouvelle progression au cours de laquelle ils ont fait des prisonniers au sud de la Souchez. Ils ont atteint les abords d'Avion.
Les Italiens ont repoussé une attaque autrichienne sur le plateau d'Asiago.
Les élections à la Constituante russe sont fixées au 30 septembre 1917.

Samedi 30 juin
Grande activité de combat sur le front de l'Aisne et au nord-ouest de Reims.
Près du village de Cerny, l'ennemi qui avait réussi d'abord à prendre pied dans notre première ligne en a été rejeté par une contre-attaque énergique de nos troupes. Puis il a renouvelé sa tentative et a pénétré une seconde fois dans nos tranchées.
Au sud-est de Corbeny, l'attaque déclenchée par les Allemands a été particulièrement violente. L'ennemi a engagé des troupes spéciales d'assaut qui ont essayé d'enlever un saillant de notre ligne de part et d'autre de la route de Laon à Reims. Ses contingents ont dû refluer avec de fortes pertes.
Sur la rive gauche de la Meuse, dans la région bois d'Avocourt-cote 304, un violent bombardement a été suivi d'une puissante attaque allemande sur un front de 2 kilomètres. La puissance de nos feux a réussi à désorganiser l'attaque qui a pu prendre pied en quelques points de notre première ligne. Une autre tentative des Allemands a été complètement repoussée.
Sur le front d'Orient, canonnade à la droite du Vardar et vers la Cervena-Stena. Une attaque bulgare a été repoussée dans la région de Moglenica.
La Grèce a rompu avec l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie et la Turquie.
Le croiseur-cuirassé Kléber a coulé sur une mine au large de la pointe Saint-Mathieu. Il y a 38 victimes.