Mardi 1er juin
Une attaque allemande a été facilement repoussée par nos troupes à Notre-Dame-de-Lorette. Par ailleurs, nous avons réalisé quelques progrès dans la région; entre Souchez et Carency, nous avons fait 50 prisonniers, après nous être emparés du moulin Malon et des tranchées creusées entre ce moulin et la sucrerie de Souchez. Dans les alentours du « Labyrinthe », nous avons capturé 150 Allemands et organisé les positions conquises. Aux lisières du bois Le Prêtre, lutte d'artillerie.
Les Russes ont largement avancé sur la Doubissa, sur la Vistule supérieure et à l'est du San, particulièrement au nord-est de Przemysl. Ils ont pris plus de 15000 Austro-Allemands au cours de la dernière quinzaine écoulée.
Le cabinet de Berlin a adressé sa réponse au gouvernement américain au sujet de la destruction du Lusitania. Cette réponse est évasive et dilatoire et provoque outre-Atlantique une vive irritation.
La Bulgarie semble à nouveau évoluer vers la Triple Entente, du moins à en juger par le ton général de sa presse.
Des dirigeables allemands ont paru au-dessus des côtes de Finlande.
Après une longue accalmie, les combats d'avant-postes ont repris entre Autrichiens et Serbes.

Mercredi 2 juin
De très violentes actions ont continué à se dérouler dans le secteur d'Arras. Malgré des offensives réitérées de l'ennemi, nous avons gardé les tranchées que nous avions conquises près de la route d'Aix-Noulette à Souchez et au nord-est de la chapelle de Lorette. Nous nous sommes emparés de la sucrerie de Souchez et, après l'avoir reperdue, l'avons reprise une seconde fois. Nos adversaires ont subi de lourdes pertes. Nous avons encore progressé au sud-est de Neuville, dans le système fortifié dit le " Labyrinte " et y avons fait environ 150 prisonniers. Au bois Le Prêtre (Pont-à-Mousson), nous avons gardé, hormis quelques éléments de tranchées, le terrain sur lequel nous nous étions établis.
Des zeppelins ont fait leur apparition dans la banlieue de Londres. Le public londonien, irrité, s'est livré à de violentes attaques contre les magasins allemands.
L'on confirme la présence de sous-marins allemands dans la Méditerranée orientale. Le généralissime de l'armée anglo-égyptienne Maxwell a pris des précautions à l'entrée du canal de Suez.
Les Italiens s'avancent sur Trente par plusieurs routes. Ils menacent Roveréto, qui se trouve à mi-chemin entre la frontière tyrolienne et cette ville. Ils ont aussi réalisé de sérieux progrès à la frontière de la Carinthie.
Les Monténégrins ont remporté un succés en Herzégovine.
Le comte Bernstorff, ambassadeur allemand, a demandé une audience au prédident des États-Unis. Il veut évidemment tâcher d'influer sur l'attitude de M. Wilson à l'égard de l'Empire. Mais l'opinion américaine exige de son gouvernement une politique énergique, exclusive de tout atermoiement.
Les pourparlers progressent entre la Roumanie et la Triple-Entente d'un côté, entre la Roumanie et la Bulgarie de l'autre.

Jeudi 3 juin
Nous avons enlevé de nouvelles tranchées dans le Labyrinthe, au sud de Neuville, et un groupe de maisons à Neuville même. Les Allemands ayant contre-attaqué ont été goureusement repoussés.
Entre le 9 mai et le 1er juin, la division française qui s'est rendue maîtresse de Carency, d'Ablain Saint-Nazaire, du moulin Malon et de Souchez a fait 3.100 prisonniers et enterré 2600 cadavres allemands. Elle a perdu 3.200 hommes, dont les deux tiers sont des blessés légers.
Les troupes britanniques ont progressé près de Zonnebecke, en Flandre. En Champagne, nous avons refoulé une attaque près de Beauséjour. Aux lisières du bois Le Prêtre, nous avons enrayé deux autres attaques.
La flotte italienne a parcouru l'Adriatique et visité l'archipel dalmate sans avoir rencontré la flotte autrichienne.
Les Russes ont repoussé les Allemands avec de grosses pertes pour-ces derniers, hors d'un des fortins de Przemysl qu'ils avaient occupé. Une grande bataille se livre près de Strij.
Nos alliés ont fait, au cours des dernières journées, plus de 10000 prisonniers en Galicie orientale.

Vendredi 4 juin
Lutte d'artillerie au nord d'Arras, avec des actions d'infanterie à l'est de Notre-Dame-de-Lorette, où les positions n'ont pas varié, et dans la région du Labyrinthe, où nous avons progressé. Dans les trois derniers jours, dons avons fait ici 800 prisonniers et capturé deux mitrailleuses.
Vingt-neuf de nos avions ont bombardé le quartier-général du kronprinz, en y lançant 178 obus et des milliers de fléchettes. Les appareils ont été fortement canonnés, mais tous sont rentrés indemnes.
En Lithuanie (région de Chavli), les Russes ont repoussé plusieurs attaques allemandes. Ils ont de même refoulé une offensive en Pologne, sur le front de la Narew. En Galicie, ils ont progressé et enlevé des villages à la baïoenette sur la rive gauche du San inférieur; ils ont fait 1200 prisonniers sur la rive droite de ce fleuve. Mais le bombardement de Przemysl a été renouvelé avec une extrême violence et les Austro-Allemands ont réussi à s'emparer de plusieurs canons. Près de Stryj, Les Allemands ont remporté quelques succés grâce à la supériorité de leur artillerie lourde.
La flotte italienne, après avoir visité toute l'Adriatique à la recherche de la flotte austro-hongroise, est rentrée au port sans incident.
Le sous-marin anglais qui opère dans la mer de Marmara a coulé un transport chargé de troupes turques et allemandes. Les Turcs ont perdu 8000 hommes dans les derniers combats autour de Krithia (presqu'île de Gallipoli).


  La maison d'un vieux brave à Arras
Après le guerre seulement on connaîtra, dans ses détails, l'héroïsme dont font preuve chaque jour les habitants des villes bombardées. Un cas particulièrement touchant est celui d'un vieil habitant d'Arras, M.Noyelle, qui malgré les plus sages conseils, n'a jamais voulu quitter son foyer. Autour de lui, les maisons de la petite place se sont écroulées sous les obus. La sienne demeure intacte. Par la porte on aperçoit le courageux vieillard sur la photo
 


Samedi 5 juin
Nous avons enlevé un cabaret à l'est de la de la sucrerie de Souchez, en y faisant 50 prisonniers; au nord de Souchez, nous avons pris une tranchée ennemie et capturé 30 Allemands, brisé une attaque à Neuville-Saint-Vaast, gagné 100 mètres encore dans le Labyrinthe.
L'ennemi, avec une pièce à longue portée, a visé Verdun, mais sans atteindre son but. De notre côté, nous avons bombardé le front sud du camp retranché de Metz. Quelques obus envoyés par les Allemands sur Saint-Dié n'y ont causé ni pertes ni dommages matériels.
Les Russes ont évacué Przemysl, dont les retranchements étaient devenus insuffisants pour servir d'abri. Ils ont détruit avant de partir tous les ouvrages et enlevé le matériel, en sorte qu'ils n'ont laissé aucun butin à l'ennemi. S'ils ont aussi reculé à Strij, à l'est de Przemysl, ils se maintiennent victorieusement sur le San inférieur, où ils ont fait plusieurs milliers de prisonniers.
Les Italiens se sont consolidés sur la rive gauche de l'Isonzo, où ils occupent une position dominante.
Les rapports turco-bulgares se tendent et la Bulgarie a pris des mesures militaires du côté de la frontière ottomane.
Le roi de Grèce va de nouveau plus mal.
Un sous-marin allemand a été coulé par un paquebot anglais. Par contre, cinq vapeurs français, anglais, danois et suédois ont été torpillés.
L'ambassadeur allemand en Amérique, le comte Bernstorff, après sa conférence avec M. Wilson, a dépêché un émissaire spécial au kaiser.

Dimanche 6 juin
L'ennemi a prononcé trois violentes contre-attaques contre la sucrerie de Souchez et les tranchées au nord et au sud. Il a été repoussé avec de très grosses pertes; nous gardons toutes nos positions. Mieux : nous avons réalisé des progrès à Neuville-Saint-Vaast, où nous tenons plus des deux tiers du village, et dans le Labyrinthe où nous avons gagné 450 mètres. La grosse pièce qui avait tiré sur Verdun a été repérée et prise sous notre feu. Le béton de la plate-forme a été endommagé et un dépôt de munitions a sauté tout auprès.
Des zeppelins ont opéré sur la côte anglaise : les effets de leur bombardement ont été médiocres.
Sur le front oriental, nos alliés contiennent l'ennemi. Canonnade dans le golfe de Riga; offensive russe victorieuse sur le San inférieur; les Allemands qui venaient au secours du 14e corps autrichien ont subi un échec; graves pertes des Austro-Allemands sur la rive droite du San; contre-attaque russe vigoureuse dans la région de Stryj.
Le roi de Grèce a subi une nouvelle opération.
Les sous-marins allemands ont torpillé à nouveau des bateaux anglais français et belges.
Les Allemands auraient fusillé M. Masson, député de Mons.
Une conférence a eu lieu à Nice, entre M. Carcano, ministre italien du Trésor et M.mac Kenna chancelier de l'Echiquier anglais.

Lundi 7 juin
La lutte s'est poursuivie à notre avantage au nord d'Arras. Nous avons gagné du terrain à l'est de la route Aix-Noulette-Souchez et dans le fond de Buval, comme dans Neuville-Saint-Vaast où nous avons conquis plusieurs maisons; Nous avons progressé de 100 mètres dans le Labyrinthe dont nous tenons maintenant les deux tiers.
Le canon a tonné, après un long silence,au nord de l'Aisne. A l'est de Tracy-le-Mont, nous avons prononcé une attaque, et après un bombardement efficace, enlevé deux lignes de tranchées sur un front d'un kilomètre. Nous avons ensuite repoussé plusieurs contre-attaques et pris 200 hommes et trois canons. Combats d'artillerie sur les Hauts-de-Meuse et dans les Vosges.
Les Italiens activent la concentration de leur armée derrière les positions conquises du col de Stelvio à la mer. Ils ont bombardé la côte dalmate et endommagé la voie ferrée de Raguse à Cattaro.
Aux Dardanelles, les Franco-Anglais ont attaqué sur tout le front. Les Anglais ont occupé deux lignes de tranchées turques. Notre première division a enlevé la première ligne ennemie, la flotte donnant un concours efficace. Les pertes ottomanes sont élevées. Les forces alliées ont capturé plusieurs centaines d'hommes, parmis lesquels quelques Allemands.
La Bulgarie poursuit ses préparatifs militaires.

Mardi 8 juin
Violents combats au nord d'Arras. Lutte d'artillerie à Buval, Ablain, Souchez, Neuville et Ecurie. Au Labyrinthe nous avons poursuivi notre marche vers le réduit central, en repoussant toutes les contre-attaques.
Au sud-est d'Hébuterne (à 20 kilomètres d'Arras), nous avons enlevé d'assaut deux lignes allemandes en faisant 400 prisonniers non blessés et en capturant des mitrailleuses. Nous avons relevé plusieurs centaines de cadavres ennemis.
Au nord de l'Aisne, l'ennemi a attaqué furieusement en amenant des renforts en automobile. Il a été refoulé, laisant 2.000 morts sur le terrain et 256 prisonniers entre nos main . Nous avons progressé entre Soissons et Reims, arrêté une offensive à Mesnil, en Champagne; à Vauquois, par représailles, nous avons aspergé de liquide enflammé les tranchées allemandes.
Un aviateur anglais a abattu un zeppelin entre Gand et Bruges.
Un zeppelin survolant la côte anglaise a tué cinq personnes et fait quarante blessés.
Les Russes ont franchi le Pruth, en Galicie orientale, et repoussé avec pertes une attaque de la flotte allemande dans le golfe de Riga.
Le mouilleur de mines français Casablanca a heurté une mine et a été coulé dans la mer Egée.

CE QUI RESTE DU JOLI VILLAGE DE VAUQUOIS
 
 
 
Vauquois est certainement le village le plus éprouvé de tous ceux qui subirent les horreurs de la bataille. Il n'en reste rien. Si, pourtant. Au bord de la tranchée qui bordait le pays se dresse un arbre sectionné par un obus. Un peu plus loin un amas de pierres signale qu'il y eut là un clocher. Enfin, d'une maison, quelques poutres calcinées demeurent. Autour : le désert. Des autres maisons du village, en effet, tout a été aboli par la mitraille et par l'incendie qui ont fait rage.
 

Mercredi 9 juin
Très vives actions d'artillerie dans la région de Notre-Dame-de-Lorette. Plusieurs attaques d'infanterie ennemie ont été repoussées : après quoi, nous avons réalisé de nouvelles avances.
A Neuville-Saint-Vaast, nous avons enlevé des maisons dans la rue principale et la totalité de l'îlot ouest du village.
Dans le Labyrinthe, après avoir refoulé une offensive, nous avons accompli de légers progrès.
A Hébuterne, les tentatives faites par les Allemands pour ressaisir leurs positions ont échoué. Nous leur avons enlevé plusieurs lignes de tranchées sur un front de 1200 mètres en capturant environ 150 hommes. Un combat d'artillerie s'est développé au nord de l'Aisne.
Les Russes ont reculé en arrière de Przemysl, mais ont affirmé leur supériorité dans la région du San inférieur.
Les Italiens se sont fortement cantonnés sur les deux rives de l'Isonzo, où leurs effectifs augmentent de jour en jour.
Le bruit de la mobilisation générale court à Sofia.
La presse allemande marque des craintes au sujet de l'attitude de la Roumanie.
M Bryan, secrétaire d'Etat de l'Union, a donné sa démission.

Jeudi 10 juin
Violent combat d'artillerie dans le secteur au nord d'Arras. Nous avons enlevé les maisons de Neuville que l'ennemi tenait encore, en sorte que le village nous appartient en totalité. Nous avons aussi progressé à l'extèrieur de l'îlot nord.
Dans le Labyrinthe, nous avons avancé au sud-est.
A Hébuterne, le bombardement ne nous a pas empêchés d'élargir nos positions autour de la ferme Toutvent.
A l'est de Tracy-le-Mont, à la ferme de Quennevière, une contre-attaque ennemie a échoué et nous avons gardé toutes les positions conquises.
En Courlande, les troupes russes se sont concentrées devant Chavli. Elles ont pris 2000 Austro-Allemands en Galicie. De violents combats ont eu lieu sur le front du Dniester, où les attaques ennemies ont été brisées.
Un dirigeable italien a pris feu après avoir bombardé le port hongrois de Fiume. Un avion autrichien a jeté des bombes sur Venise.
Un avion allemand a été capturé en Serbie. Deux avions allemands ont été abattus, en Flandre, dans les lignes anglaises.


Vendredi 11 juin
Toujours la lutte d'artillerie dans la région de Lorette. L'ennemi attaque vainement pour reprendre la sucrerie de Souchez. Il bombarde Neuville-Saint-Vaast. Nous progressons dans le Labyrinthe. Les rapports indiquent qu'en prenant Neuville-Saint-Vaast nous avons trouvé 1000 cadavres allemands, et qu'à Hébuterne, du 7 au 9, nous avons capturé six mitrailleuses. A Beauséjour, une force ennemie supérieure à un bataillon a attaqué nos tranchées : elle a été repoussée avec de grosses pertes. Sur les Hauts-de-Meuse, aux Eparges, combat d'artillerie. Les batteries ennemies ont été réduites au silence par les nôtres. Deux torpilleurs anglais ont été coulés en mer du Nord par un sous-marin allemand. Un incendie détruit à Londres 300 autos militaires. Les Italiens, dans le Trentin, sont arrivés au col de Falzarego et à la frontière de Carinthie se sont emparés de la position de Preitkofel. Dans le pays de Goritz, ils ont occupé Monfalcone, à 35 kilomètres de Trieste. En Russie, les combats continuent autour de Chavli. En Galicie, les Russes ont repoussé les Austro-Allemands vers le Dniester, faisant 800 prisonniers, mais une bataille ardente se poursuit à jouravno, où nos ennemis ont franchi le fleuve. L'escadre de la mer Noire a bombardé Zoungouldak. Des navires allemands ont été coulés ou endommagés dans la Baltique par un sous-marin russe et par un sous-marin anglais.
 
Vendredi 12 juin
Le butin que nous avons fait à Neuville-Saint-Vaast a été considérable: trois pièces de 77, trois lance-bombes, quinze mitrailleuses, 800.000 cartouches, 1000 fusils, des obus, des explosifs. A Toutvent (sud d'Hébuterne), nous avons fait encore 130 prisonniers non blessés. Nous avons là entamé les lignes allemandes sur une longueur de plus de deux kilomètres et sur une profondeur d'un kilomètre. Une contre attaque ennemie a été repoussée. A l'est de Tracy-le-Mont, l'ennemi se borne à nous canonner. En Champagne, à Beauséjour, nous restons totalement maîtres des tranchées que nous possédions. Aux Dardanelles, nous avons réalisé des progrès et infligé de fortes pertes à l'ennemi. Sur le front oriental, les Russes repoussent des attaques à Chavli et sur la rive droite de la Pilitza. En Galicie, ils arrêtent les Austro-Allemands à Mosciska (est de Premysl); sur la rive droite du dniester, à Zidaczen, ils font 2000 prisonniers. Ils en font 6500 et capturent 17 canons et 49 mitrailleuses à Jurawno, où ils contraignent leurs adversaires à abandonner la rive gauche du fleuve. Les Italiens ont occupé Podestagno (nord de Cortina d'Ampezzo), repoussé les Autrichiens à Freikopel (Carnie) et installé de forts contingents sur les hauteurs qui occupent Monfalcone. La ville de Gradisca est désormais en leur possession. La note du président Wilson à la chancellerie de Berlin a été publiée. Elle est catégorique et formule des réprésentations très solennelles à l'adresse de l'Allemagne. Cette expression même s'y trouve : le président demande des assurances formelles que le torpillage des navires neutres cessera.
 
Dimanche 13 juin
Lutte d'artillerie très violente sur le plateau de Lorette. L'ennemi essaie dans tout le secteur Aix-Noulette-Ecurie de gêner l'organisation des positions que nous avons conquises. Nous avons riposté par une forte canonnade sur ses tranchées. Quelques progrès, en dépit du brouillard, ont été réalisés par nous, dans le Labyrinthe. Une contre-attaque allemande a été enrayée dans la région d'Hébuterne, à la ferme Toutvent. Il y a eu encore des actions d'artillerie dans le secteur est de Reims et dans le secteur Perthes-Beauséjour. Les Russes ont repris la supériorité sur une partie du front oriental. En Lithuanie, ils ont infligé des pertes énormes aux Allemands qui s'étaient avancés à l'ouest de Chavli, jusqu'à leurs réseaux de fils de fer. Sur la Doubissa, ils ont capturé 5oo hommes et des canons. En Galicie, à Mosciska, ils ont repoussé les assaillants; sur la rive droite du Dniester, entre Tysménica et Svitza, ils ont pressé l'ennemi, capturé des hommes et du matériel. Sur la rive gauche, ils ont mitraillé les Austro-AlleMands qui ont laissé beaucoup de monde sur le terrain. Ils ont, par contre, pour rectifier leur ligne sur le Pruth, évacué sans combat Stanislau. Les Italiens ont consolidé leurs positions sur tout l'Isonzo et surtout dans la zone côtière du Frioul. Deux avions autrichiens ont survolé Mola di Bari et Monopoli (Apulie) en lançant des bombes. Un Suisse a été fusillé comme espion dans le duché de Bade. Le bruit court une fois de plus que la Turquie serait prête à demander la paix.
 


Lundi 14 juin
Violent combat d'artillerie au nord d'Arras. Nous avons attaqué une crête très fortement organisée au nord de la sucrerie de Souchez. Cette crête a été prise d'assaut.
Au sud-est d'Hébuterne, nous avons enlevé trois lignes de tranchées et fait plus de 100 prisonniers appartenants à quatre régiments différents. Ces régiments ont éprouvé de très sérieuses pertes. Une contre-attaque ennemie a été arrêtée; notre artillerie a produit dans Puisieux une très vive explosion qui a été suivie de panique.
Nous avons réalisé aussi des progrès à l'est de Tracy-le-Mont. Les Allemands s'en sont vengés en jetant 120 obus sur Soissons.
Les Russes contiennent les Austro-Allemands sur tout le front oriental. Nos ennemis ont réussi à passer le Dniester sur quelques points près de la frontière de Bessarabie, mais immédiatement après, ils ont été attaqués par nos alliés. Le croiseur allemand Berlin a été endommagé, dans la mer Noire, par un torpilleur russe.
Les Italiens ont conquis de nouveaux points sur le moyen Isonzo et sur l'Isonzo inférieur. Ils occupent 4.000 kilomètres carrés du territoire autrichien.
Les élections générales ont eu lieu dans toute la Grèce, pour et contre le programme de M. Venizélos.

Mardi 15 juin
Nous avons repoussé plusieurs attaques contre nos tranchées de la route Aix-Noulette-Souchez. Nous avons de plus consolidé les positions conquises à l'est de Lorette, gagné à droite de ces positions et progressé dans le Labyrinthe. Le feu d'artillerie est ici incessant.
L'ennemi a subi un grave échec au sud d'Hébuterne, où il a pris l'offensive.
Près de la ferme Quennevières, nous avons gagné du terrain et décimé des reconnaissances allemandes.
En Lorraine, notre ligne s'est portée en avant dans la région d'Emberménil et de la forêt de Parroy.
Sur le front oriental, les Allemands renonçant, semble-t-il, à viser la reprise de Lemberg, attaquent à nouveau sur la Bzoura, en Pologne. Von Mackensen a perdu 2o.ooo hommes dans l'affaire de jouravno. Sur le Dniester, à la frontière de Bessarabie, les Russes ont sabré les Autrichiens.
L'armée italienne bombarde Malborghetto, forteresse importante qui domine la voie ferrée de Pontebba au col de Tarvis. Elle a réalisé aussi quelques succès dans le Cadore.
Le gouvernement britannique a demandé 6.250.000.000 de crédits supplémentaires aux Communes.


Mercredi 16 juin
Actions locales d'infanterie autour de Notre-Dame-de-Lorette, de Neuville et d'Hébuterne. Les Allemands sont partout repoussés. Près de Neuville, nous avons enlevé plusieurs postes d'écoute. De violents combats d'artillerie se sont engagés sur tout ce front : nous avons canonné les tranchées ennemies.
Les pertes ennemies, de l'aveu des prisonniers, ont été très graves à Tracy-le-Mont.
Deux projectiles ont été lancés sans résultat sur Compiègne par un canon allemand à longue portée.
Vingt-trois de nos avions, à titre de réprésailles, ont été bombarder Karlsruhe, capitale du grand-duché de Bade. Ils y ont allumé des incendies aux objectifs qui leur avaient été indiqués: le château, la fabrique d'armes et la gare, et déchaîné la panique.
Les Italiens ont constaté que le bombardement de Malborghetto par leur artillerie donnait d'excellents résultats.
Les Russes ont remporté des avantages en Pologne; sur le front entier de Galicie, la bataille a repris avec une intensité nouvelle.
Les élections grecques ont décidément assuré une majorité importante aux partisans de M. Venizélos. La santé du roi demeure précaire. Le kronprinz de Bavière est tombé sérieusement malade.

Jeudi 17 juin
Les troupes britanniques se sont emparées d'une ligne de tranchées au nord d'Ypres, mais n'ont pu garder les tranchées qu'elles avaient prises à l'ouest de la Bassée. Nous avons gagné du terrain et fait 300 Prisonniers près de Souchez; les Allemands ont bombardé la région de la ferme Toutvent. Près d'Hébuterne, nous avons étendu nos gains et fait 100 prisonniers. Reims a été à nouveau criblé d'obus : dix d'entre eux sont tombés sur la cathédrale. Dans les Vosges, nous avons progressé sur les deux rives de la Fecht. Nous avons pris 340 hommes et 500.000 cartouches. Des avions allemands ont opéré au-dessus de Nancy, Saint-Dié et Lunéville. Les Italiens ont remporté un sérieux succès sur les Autrichiens dans les Alpes de Carinthie. Les Austro-Allemands ont repris l'offensive en Galicie sur toute la ligne du San. Les Russes qui manoeuvraient en Bukovine se sont repliés sur la Bessarabie. Un zeppelin a jeté des bombes sur la côte orientale de l'Angleterre, faisant une quinzaine de morts. Toute une série d'incendies suspects ont éclaté dans la Grande-Bretagne et aussi au Canada. Des mesures sont prises à Londres pour hâter l'internement des sujets autrichiens et allemands.
 
Vendredi 18 juin
Très vifs combats au nord d'Arras : les Allemands y ont engagé onze divisions. Nous avons réalisé de sérieux progrès qui, presque tous, ont été maintenus, malgré de violentes contre-attaques de l'ennemi. Nous avons enlevé plusieurs lignes de tranchées des deux côtés de la route Aix-Noulette-Souchez. Les Allemands ont été presque complètement entourés dans le fond de Buval, nous nous sommes avancés vers Souchez d'une façon presque ininterrompue. Plus au sud, nous avons pris le parc de Carleul et le cimetière de Souchez; aux abords de Neuville, nous nous sommes rendus maîtres de la première, et sur certains points de la seconde ligne ennemie. C'est ici surtout que nous avons eu à faire face à des contre-offensives réitérées : nous avons tiré près de 300.000 obus. Les pertes allemandes sont très élevées; les nôtres, sérieuses. Nos escadrilles de bombardement ont dispersé des formations ennemies. Nous avons fait 600 prisonniers. Une pièce a longue portée a bombardé Villers-Cotterets. Reims a été aussi bombardée. En Alsace, nous continuons à progresser sur les deux rives de la Fecht, près de Metzeral: nous avons faîi 500 prisonniers. Les Italiens ont bombardé la voie ferrée de Trieste à Laybach : ils ont perdu d'autre part un sous-marin. Les Russes résistent énergiquement sur le Niémen et sur le Dniester. L'offensive austro-allemande (71 corps d'armée en tout) a été brisée sur plusieurs points. Les deux objectifs des forces ennemies semblent toujours être Riga au nord et Lemberg au sud. Les forces anglaises ont progressé aux Dardanelles. Les pertes turques sont très considérables.
 
Samedi 19 juin
Violent combat d'artillerie dans le secteur au nord d'Arras. Le front ne s'est pas modifié; nous gardons tout le terrain gagné. En Alsace, nous consolidons les positions conquises et nous continuons à progresser. Nos patrouilles ont atteint les lisières de Metzeral. Nous avons gagné du terrain sur les deux rives de la Fecht et nous tenons sous le feu de notre artillerie les communications entre Munster et Metzeral. Nous avons fait de nouveaux prisonniers et capturé des mitrailleuses. Les Russes ont repoussé des attaques allemandes sur le Niémen moyen et sur la Bzoura. Les combats violents continuent en Galicie, entre le San et Lubaczow. Sur le front du Dniester, l'ennemi a été rejeté en désordre entre la Tysmenica et le Stryj. Sur le Dniester, en amont de Jurawno, les Russes ont capturé, les 14 et 15 juin, 202 officiers et 8514 soldats. Les éléments austro-allemands qui avaient franchi le fleuve de Nizniow ont été anéantis. Dans la région de Chotin, entre Pruth et Dniester, des éléments ennemis ont été vigoureusement pressés. Les pertes totales des Austro-Allemands dans cette région sont évalués depuis le 29 mai, à 120.000 ou 150.000 hommes. Les Italiens ont consolidé leurs positions dans le Cadore et sur l'Isonzo. Ils ont démoli la gare de Goritz par le feu de leur artillerie. Une escadrille autrichienne a bombardé Pesaro et Rimini. Le kaiser a manifesté une grande colère au sujet du bombardement de Karlsruhe, qui a fait finalement 84 victimes.
 


   


Le général Dubail sortant d'un poste de commandement et en conférence sur le front


Dimanche 20 juin
Succès dans l'Artois. Nous prenons, après une lutte acharnée, le fond de Buval, que nous avions entouré de toutes parts. Sur les pentes de Notre-Dame-de-Lorette, nous faisons 300 prisonniers, dont 10 officiers; nous tenons les pentes de la côte 119 (vers Vimy). Dans le Labyrinthe, après avoir perdu un boyau, nous le reprenons. En Lorraine, l'ennemi qui avait tenté de déboucher au bois Le Prêtre a été arrêté.
A Emberménil, un bataillon ennemi est repoussé par des forces françaises numériquement inférieures. En Alsace, nous continuons à avancer sur les deux rives de la Fecht, en conquérant les pentes du petit ballon de Guebwiller. Nous bombardons la gare de Munster, où les dépôts de munitions ont sauté, et investissons complètement Metzeral.
Les Italiens ont réduit au silence les forts de Malborghetto, entre Pontebba et Tarvis, et entamé une grande action à Plava, sur l'lsonzo. Ils ont bombardé avec succès une fabrique de munitions près de Trieste.
Les Russes ont chassé les Austro-Allemands de Bessarabie en Bukovine; mais ils ont abandonné plusieurs points importants en avant de Lemberg. Le prince Henri de Prusse déclare que les Allemands défendront Libau jusqu'au bout contre tout retour offensif des armées du tsar.


Lundi 21 juin
En Artois, après avoir pris le fond de Buval, nous avons prononcé une attaque vers l'est, dans la direction de Souchez, et progressé d'un kilomètre. A l'ouest de l'Argonne, nous avons repoussé une violente attaque et fait des prisonniers. Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons attaqué dans le secteur de la tranchée de Calonne, enlevé deux lignes ennemies et fait 70 prisonniers. En Lorraine, près de Reillon, nous avons enlevé un centre de résistance ennemi et repoussé trois contre-attaques. Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers. Nous avons encore progressé sur la Fecht, et fait des prisonniers. Les Italiens ont remporté une victoire à Plava, sur l'Isonzo. Les Russes contiennent énergiquement les Austro-Allemands en avant de Lemberg. Ils ont progressé à la frontière de la Bessarabie et de la Bukovine. Un contre-torpilleur français a capturé, à bord d'un voilier, une mission turque qui se rendait en Lybie, probablement pour aller soulever les tribus contre l'Italie.
 
Mardi 22 juin
La situation n'a pas changé au nord d'Arras, il n'y a eu que des actions locales. Nos escadrilles bombardant les parcs d'aviation de l'ennemi, ont détruit quatre hangars, deux avions et un ballon captif. Attaque allemande à l'ouest de l'Argonne, sur la route de Binarville à Vienne-le-Château. Après avoir fléchi, nous reprenons la presque totalité de nos positions initiales. Sur les Hauts-de-Meuse, dans la région de Calonne, nous avons occupé et conservé de nouvelles tranchées. En Lorraine, l'ennemi, évacuant les ouvrages à l'ouest de Gondrexon, s'est replié au sud de Leintrey. Ses pertes ont été sensibles dans la région de Reillon. En Alsace, nous avons pris le cimetière, puis la gare, puis le village de MetzeraL. L'ennemi a été repoussé au Reichakerkopf. Nous avons atteint, plus au nord, le village du Bonhomme. Les Russes ont reculé dans les secteurs nord et ouest de Lemberg, mais ils gardent l'avantage sur le Dniester, où ils infligent de grosses pertes aux Austro-Allemands. Guillaume II est venu prendre le commamdement en chef des troupes de Galicie. Un nouveau projet d'emprunt a été soumis au Parlement anglais. Le gouvernement autrichien ne pouvant obtenir l'argent voulu des souscriptions libres, va recourir à l'emprunt forcé. Les Italiens ont élargi les positions conquises par eux sur le haut Isonzo.
 
Mercredi 23 juin
Dunkerque a été bombardée par une pièce d'artillerie à longue portée qui a fait des morts dans la population civile et qui a été prise à partie par notre artillerie lourde. Les troupes belges ont progressé prés de Saint-Georges. Au nord d'Arras, les contre-attaques allemandes ont pris fin, après que l'ennemi eut subi de lourdes pertes dans la région du « Labyrinthe ». Une offensive allemande a été enrayée par nous à l'est de la ferme de Quennevières. Nos adversaires y ont fait usage de bombes asphyxiantes. Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, ils ont prononcé une violente attaque pour reprendre les positions qu'ils avaient perdues: ils ne sont parvenus à occuper qu'une partie de leur ancienne deuxième ligne, qui est aussitôt presque entièrement retombée entre nos mains. Près de Marchéville-en-Woevre, une demi-compagnie allemande, qui prenait l'offensive, a été dispersée par notre feu. Nos progrès se sont accentués en Lorraine (région de Gondrexon-Leintrey). En Alsace, dans la vallée de la Fecht, nous avons dépassé Metzeral vers Sondernach. Les Russes ont repoussé leurs ennemis sur la Narew, sur la rive gauche de la Vistule et le Dniester. Ils se sont retirés, par contre, des lacs de Grodek sur les positions de Lemberg.
 


 
Obus tombant dans un étang et autour d'un pont furieusement bombardé
 

Jeudi 24 juin
Quelques actions d'infanterie dans le secteur au nord d'Arras : nous avons progressé au nord de Souchez. D'Angres à Ecurie, canonnade violente.
Près de Berry-au-Bac, nous avons fait exploser une mine et endommagé les tranchées allemandes.
Canonnade violente en Champagne, sur le front Perthes-Beauséjour.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, l'ennemi a prononcé une violente contre-attaque qui lui a permis de reprendre sa deuxième ligne, mais une nouvelle contre-attaque de notre part l'a, à son tour, refoulé.
Bombardement aux lisières du bois Le Prêtre.
En Lorraine, nous avons enlevé deux ouvrages près de Leintrey : nous avons fait des prisonniers.
Dans les Vosges, l'orage a contrarié les opérations.
Aux Dardanelles, nous avons pris plusieurs lignes de tranchées turques, et les troupes ottomanes ont subi des pertes très sensibles.
L'armée russe a remporté des avantages marqués aux deux ailes du front oriental. Elle a fait au total plus de 5000 prisonniers.

Vendredi 25 juin
Canonnade dans le secteur au nord d'Arras, vers Souchez. Arras a été de nouveau bombardé par l'ennemi: des religieuses et des infirmières y ont été mortellement frappées. Bombardement de nos tranchées devant Dompierre, à l'ouest de Péronne: une attaque de l'ennemi, avec de faibles effectifs, est aussitôt enrayée. Les Allemands bombardent encore Berry-au-Bac et le village voisin de Sapigneul, où ils ne nous causent que des pertes insignifiantes.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, nous nous maintenons dans une partie de la seconde ligne allemande.
En Lorraine, près de Leintrey, nous repoussons une violente contre-attaque.
Nous progressons à nouveau, malgré une vive canonnade, sur les lisières de Metzeral. Depuis le 14, nous avons fait, dans la vallée de la Fecht, plus de 700 prisonniers.
Les Russes ont quelque peu progressé en Lithuanie; ils ont repoussé les Allemands sur la Tanew et dans la région de Rawa-Rousska. Ils ont évacué Lemberg pour reformer un nouveau front, et fait 1000 prisonniers dans une boucle du Dniester.
Les Italiens ont brisé une nouvelle attaque autrichienne à Freikopel, dans les Alpes, à la frontière de Carinthie. Ils ont arrêté diverses tentatives ennemies dans la région d'Ampezzo.
Les milieux officiels allemands sont de plus en plus divisés en ce qui touche l'attitude à adopter vis-à-vis de l'Amérique.
Le croiseur anglais Roxbourg, torpillé, n'a subi qu'une légère avarie et a pu continuer sa route.

Samedi 26 juin
Nouveaux progrès de nos troupes dans le secteur au nord d'Arras, entre Angres et Souchez. Une contre-attaque allemande est repoussée au Labyrinthe. Près de Reims et près de Perthes, l'ennemi a fait sauter deux fourneaux de mines sans résultat: il n'a même pas pu occuper les entonnoirs.
A l'ouest de l'Argonne, nous avons progressé légèrement à la suite de quelques combats à la grenade. Dans l'Argonne et à Vauquois la lutte de mines se poursuit : elle a donné lieu à des actions toutes locales.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, les Allemands ont lancé sur tout notre front une attaque très violente accompagnée du jet de bombes asphyxiantes et de liquides enflammés. Après avoir pénétré dans une partie de leur ancienne deuxième ligne, que nous tenons, ils ont été rejetés. A minuit, ayant tenté un nouveau retour offensif, ils ont été pris sous notre feu et dispersés.
Les Allemands ont subi deux échecs à Leintrey (Lorraine), un autre au Ban-de-Sapt, - et trois autres au Reichackerkopf et au Hilgensfirst, dans les Vosges d'Alsace.
Dans la région de Chavli (Lithuanie), les Russes ont barré la route aux Allemands. Sur le Dniester, ils les ont acculés au fleuve et leur ont infligé des pertes énormes dans la région de Jourovno; près de Martynovo, ils ont fait 1700 prisonniers; au sud-est de Nijnioff, ils ont anéanti des troupes austro-allemandes et pris une ligne de tranchées.
Les Italiens ont enfoncé une des coupoles d'un des forts de Malborghetto; ils ont occupé deux points importants sur l'Isonzo moyen et sur l'Isonzo inférieur.


Dimanche 27 juin
Peu de faits importants sur le front occidental. Dans le secteur au nord d'Arras, des actions d'infanterie ont en lieu entre la sucrerie de Souchez et la route de Béthune à Arras; elles ont été accompagnées de très vives canonnades. Mais l'ennemi n'a pas réussi à entamer nos lignes. De notre côté, nous n'avons pu progresser à cause de l'état du terrain défoncé par les orages.
Sur les Hauts-de-Meuse et dans l'Argonne, combat de mines.
Les Russes, au front oriental, ont repoussé une attaque à l'ouest du Niémen moyen, près des marais d'Amalva. Sur l'Omouleff et sur l'Orjitz, l'offensive allemande a été presque partout enrayée. Au sud de la Pilitza, trois autres tentatives ont été déjouées. Sur le Dniester, succès russe important, à Kosary. A Martinoff, nos alliés ont fait encore 700 prisonniers. Les Allemands ont réussi à franchir le fleuve pendant la nuit à Rousdviany.
Les Italiens ont infligé de nouveaux échecs aux Autrichiens en Carnie. Sur l'Isonzo, malgré la difficulté des lieux, ils avancent régulièrement.
Le roi de Bavière a prononcé un nouveau discours, mais s'est dispensé cette fois de parler d'annexion.

Lundi 28 juin
Les Allemands ont réussi à prendre pied dans le chemin creux d'Ablain à Angres, au nord de Souchez, sur un front de 200 mètres. Bombardement entre Neuville et Angres. Combat de grenades près de Quennevières; une violente attaque allemande est repoussée à Bagatelle dans l'Argonne. Il se confirme que les corps à corps dans les tranchées de Calonne ont été très rudes. Les Allemands ont été rejetés avec de lourdes pertes, et nous avons conservé partout le terrain conquis. Nous avons repris en presque totalité l'élément de tranchées que nous avions perdu au ravin de Sonvaux. L'ennemi a attaqué sans succés Arracourt en Lorraine, après y avoir jeté des obus incendiaires. Il a lancé des bombes sur St-Dié, où une femme a été tuée. Nous avons bombardé plusieurs gares du Nord.
Les Allemands ont été battus par les Russes sur la Nareff, laissant 150 prisonniers et de très nombreux cadavres. Dans la vallée de l'Orjitz, les Russes ont repris un ouvrage qu'ils avaient perdu et capturé cinq mitrailleuses. Violent combat à Prasnysch. Un bataillon allemand a été anéanti à Zavikhost (rive gauche de la Vistule). Entre Jolkef et Lvoff, les Russes se sont emparés de 2000 hommes et de 18 mitrailleuses. Ils continuent à repousser les Austro-Allemands sur le Dniester, en faisant 100 prisonniers.
Le gouvernement de Berlin a interdit le Vorwaerts, organe officiel du parti socialiste, pour avoir inséré un article favorable à la paix.

Mardi 29 juin
La journée de la veille a été relativement calme sur tout le front.
Lutte d'artillerie à Souchez, Neuville et Roclincourt (en Artois); bombardement d'Arras par des pièces de gros calibre. Duel d'artillerie entre l'Oise et l'Aisne; ce duel s'est poursuivi à notre avantage. Dans l'Argonne et les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, les Allemands, après avoir subi leur échec, n'ont plus renouvélé leurs attaques.
Un de nos avions a jeté avec succès huit obus sur les hangars à zeppelins de Friedrischafen. Une palme de moteur, au retour, l'a forcé à atterrir en Suisse, à Rheinfelden.
Les Russes continuent à maintenir les Austro-Allemands sur la plupart des points de leur front. Ils ont reculé en arrière de Zurawno, sur le Dniester. Le général Polivanoff remplace décidément le général Soukhomlinoff au ministère de la guerre.
On annonce que l'Italie va participer par terre et par mer à l'action des Dardanelles et que l'ambassadeur ottoman se prépare à quitter Rome. L'Italie a à se plaindre vivement de la propagande que la Porte a faite contre elle en Libye.
L'un des chefs du parti francophile en Roumanie, M. jean Lahovary, est mort.

Mercredi 30 juin
Dans le secteur d'Arras, canonnade au nord de Souchez et au nord de Neuville. Une action d'infanterie nous a permis de progresser dans le chemin creux d'Angres à Ablain. A Bagatelle dans l'Argonne, la lutte à coups de torpilles et de grenades est incessante.
Dans les Vosges, une attaque allemande avait rejeté momentanément nos avant-postes des pentes à l'est de Metzeral, mais le terrain perdu a été reconquis par une contre-attaque immédiate.
M. Poincaré s'est rendu sur le front et a décoré les drapeaux de six régiments.
Les Russes ont rejeté avec de grosses pertes les Allemands qui les attaquaient sur la rive gauche de la Vistule, vers Opatow. Par contre, la poussée ennemie continue dans la région de Rawa-Ruska. Avant de commencer leur retraite sur la Gnila-Lipa, nos alliés ont refoulé avec succès des attaques acharnées de grandes forces allemandes. En même temps que le général Soukhomlinoff était remplacé, au ministère de la Guerre, à Pétrograd, par le général Polivanoff, le général Wynander, adjoint à ce ministère, demandait sa mise à la retraite.
M. Asquith, premier ministre anglais, a prononcé un éloquent discours au Guildhall, pour demander aux financiers et hommes d'affaires qu'il avait réunis, de contribuer largement à l'emprunt britannique.
Les Italiens ont infligé un échec aux Autrichiens dans le Valugana. En Carni, ils ont bombardé fructueusement plusieurs positions. Plusieurs attaques autrichiennes ont été arrêtées sur l'Isonzo. On mande de Rome que l'état-major italien se prépare à ume campage d'hiver.