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La maison d'un vieux brave à Arras Après le guerre seulement on connaîtra, dans ses détails, l'héroïsme dont font preuve chaque jour les habitants des villes bombardées. Un cas particulièrement touchant est celui d'un vieil habitant d'Arras, M.Noyelle, qui malgré les plus sages conseils, n'a jamais voulu quitter son foyer. Autour de lui, les maisons de la petite place se sont écroulées sous les obus. La sienne demeure intacte. Par la porte on aperçoit le courageux vieillard sur la photo |
CE QUI RESTE DU JOLI VILLAGE DE VAUQUOIS |
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Vauquois est certainement le village le plus éprouvé de tous ceux qui subirent les horreurs de la bataille. Il n'en reste rien. Si, pourtant.
Au bord de la tranchée qui bordait le pays se dresse un arbre sectionné par un obus. Un peu plus loin
un amas de pierres signale qu'il y eut là un clocher. Enfin, d'une maison, quelques poutres calcinées demeurent. Autour : le désert. Des autres
maisons du village, en effet, tout a été aboli par la mitraille et par l'incendie qui ont fait rage. |
| Vendredi 11 juin Toujours la lutte d'artillerie dans la région de Lorette. L'ennemi attaque vainement pour reprendre la sucrerie de Souchez. Il bombarde Neuville-Saint-Vaast. Nous progressons dans le Labyrinthe. Les rapports indiquent qu'en prenant Neuville-Saint-Vaast nous avons trouvé 1000 cadavres allemands, et qu'à Hébuterne, du 7 au 9, nous avons capturé six mitrailleuses.
A Beauséjour, une force ennemie supérieure à un bataillon a attaqué nos tranchées : elle a été repoussée avec de grosses pertes.
Sur les Hauts-de-Meuse, aux Eparges, combat d'artillerie. Les batteries ennemies ont été réduites au silence par les nôtres.
Deux torpilleurs anglais ont été coulés en mer du Nord par un sous-marin allemand.
Un incendie détruit à Londres 300 autos militaires.
Les Italiens, dans le Trentin, sont arrivés au col de Falzarego et à la frontière de Carinthie se sont emparés de la position de Preitkofel. Dans le pays de Goritz, ils ont occupé Monfalcone, à 35 kilomètres de Trieste.
En Russie, les combats continuent autour de Chavli. En Galicie, les Russes ont repoussé les Austro-Allemands vers le Dniester, faisant 800 prisonniers, mais une bataille ardente se poursuit à jouravno, où nos ennemis ont franchi le fleuve. L'escadre de la mer Noire a bombardé Zoungouldak.
Des navires allemands ont été coulés ou endommagés dans la Baltique par un sous-marin russe et par un sous-marin anglais.
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Vendredi 12 juin Le butin que nous avons fait à Neuville-Saint-Vaast a été considérable: trois pièces de 77, trois lance-bombes, quinze mitrailleuses, 800.000 cartouches, 1000 fusils, des obus, des explosifs. A Toutvent (sud d'Hébuterne), nous avons fait encore 130 prisonniers non blessés. Nous avons là entamé les lignes allemandes sur une longueur de plus de deux kilomètres et sur une profondeur d'un kilomètre. Une contre attaque ennemie a été repoussée. A l'est de Tracy-le-Mont, l'ennemi se borne à nous canonner. En Champagne, à Beauséjour, nous restons totalement maîtres des tranchées que nous possédions. Aux Dardanelles, nous avons réalisé des progrès et infligé de fortes pertes à l'ennemi. Sur le front oriental, les Russes repoussent des attaques à Chavli et sur la rive droite de la Pilitza. En Galicie, ils arrêtent les Austro-Allemands à Mosciska (est de Premysl); sur la rive droite du dniester, à Zidaczen, ils font 2000 prisonniers. Ils en font 6500 et capturent 17 canons et 49 mitrailleuses à Jurawno, où ils contraignent leurs adversaires à abandonner la rive gauche du fleuve. Les Italiens ont occupé Podestagno (nord de Cortina d'Ampezzo), repoussé les Autrichiens à Freikopel (Carnie) et installé de forts contingents sur les hauteurs qui occupent Monfalcone. La ville de Gradisca est désormais en leur possession. La note du président Wilson à la chancellerie de Berlin a été publiée. Elle est catégorique et formule des réprésentations très solennelles à l'adresse de l'Allemagne. Cette expression même s'y trouve : le président demande des assurances formelles que le torpillage des navires neutres cessera. |
Dimanche 13 juin Lutte d'artillerie très violente sur le plateau de Lorette. L'ennemi essaie dans tout le secteur Aix-Noulette-Ecurie de gêner l'organisation des positions que nous avons conquises. Nous avons riposté par une forte canonnade sur ses tranchées. Quelques progrès, en dépit du brouillard, ont été réalisés par nous, dans le Labyrinthe. Une contre-attaque allemande a été enrayée dans la région d'Hébuterne, à la ferme Toutvent. Il y a eu encore des actions d'artillerie dans le secteur est de Reims et dans le secteur Perthes-Beauséjour.
Les Russes ont repris la supériorité sur une partie du front oriental. En Lithuanie, ils ont infligé des pertes énormes aux Allemands qui s'étaient avancés à l'ouest de Chavli, jusqu'à leurs réseaux de fils de fer. Sur la Doubissa, ils ont capturé 5oo hommes et des canons. En Galicie, à Mosciska, ils ont repoussé les assaillants; sur la rive droite du Dniester, entre Tysménica et Svitza, ils ont pressé l'ennemi, capturé des hommes et du matériel. Sur la rive gauche, ils ont mitraillé les Austro-AlleMands qui ont laissé beaucoup de monde sur le terrain. Ils ont, par contre, pour rectifier leur ligne sur le Pruth, évacué sans combat Stanislau.
Les Italiens ont consolidé leurs positions sur tout l'Isonzo et surtout dans la zone côtière du Frioul. Deux avions autrichiens ont survolé Mola di Bari et Monopoli (Apulie) en lançant des bombes.
Un Suisse a été fusillé comme espion dans le duché de Bade.
Le bruit court une fois de plus que la Turquie serait prête à demander la paix.
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| Jeudi 17 juin Les troupes britanniques se sont emparées d'une ligne de tranchées au nord d'Ypres, mais n'ont pu garder les tranchées qu'elles avaient prises à l'ouest de la Bassée.
Nous avons gagné du terrain et fait 300 Prisonniers près de Souchez; les Allemands ont bombardé la région de la ferme Toutvent. Près d'Hébuterne, nous avons étendu nos gains et fait 100 prisonniers. Reims a été à nouveau criblé d'obus : dix d'entre eux sont tombés sur la cathédrale.
Dans les Vosges, nous avons progressé sur les deux rives de la Fecht. Nous avons pris 340 hommes et 500.000 cartouches.
Des avions allemands ont opéré au-dessus de Nancy, Saint-Dié et Lunéville.
Les Italiens ont remporté un sérieux succès sur les Autrichiens dans les Alpes de Carinthie.
Les Austro-Allemands ont repris l'offensive en Galicie sur toute la ligne du San. Les Russes qui manoeuvraient en Bukovine se sont repliés sur la Bessarabie.
Un zeppelin a jeté des bombes sur la côte orientale de l'Angleterre, faisant une quinzaine de morts.
Toute une série d'incendies suspects ont éclaté dans la Grande-Bretagne et aussi au Canada. Des mesures sont prises à Londres pour hâter l'internement des sujets autrichiens et allemands.
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Vendredi 18 juin Très vifs combats au nord d'Arras : les Allemands y ont engagé onze divisions. Nous avons réalisé de sérieux progrès qui, presque tous, ont été maintenus, malgré de violentes contre-attaques de l'ennemi.
Nous avons enlevé plusieurs lignes de tranchées des deux côtés de la route Aix-Noulette-Souchez. Les Allemands ont été presque complètement entourés dans le fond de Buval, nous nous sommes avancés vers Souchez d'une façon presque ininterrompue. Plus au sud, nous avons pris le parc de Carleul et le cimetière de Souchez; aux abords de Neuville, nous nous sommes rendus maîtres de la première, et sur certains points de la seconde ligne ennemie. C'est ici surtout que nous avons eu à faire face à des contre-offensives réitérées : nous avons tiré près de 300.000 obus. Les pertes allemandes sont très élevées; les nôtres, sérieuses. Nos escadrilles de bombardement ont dispersé des formations ennemies. Nous avons fait 600 prisonniers.
Une pièce a longue portée a bombardé Villers-Cotterets. Reims a été aussi bombardée. En Alsace, nous continuons à progresser sur les deux rives de la Fecht, près de Metzeral: nous avons faîi 500 prisonniers.
Les Italiens ont bombardé la voie ferrée de Trieste à Laybach : ils ont perdu d'autre part un sous-marin.
Les Russes résistent énergiquement sur le Niémen et sur le Dniester. L'offensive austro-allemande (71 corps d'armée en tout) a été brisée sur plusieurs points. Les deux objectifs des forces ennemies semblent toujours être Riga au nord et Lemberg au sud.
Les forces anglaises ont progressé aux Dardanelles. Les pertes turques sont très considérables.
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Samedi 19 juin Violent combat d'artillerie dans le secteur au nord d'Arras. Le front ne s'est pas modifié; nous gardons tout le terrain gagné.
En Alsace, nous consolidons les positions conquises et nous continuons à progresser. Nos patrouilles ont atteint les lisières de Metzeral. Nous avons gagné du terrain sur les deux rives de la Fecht et nous tenons sous le feu de notre artillerie les communications entre Munster et Metzeral. Nous avons fait de nouveaux prisonniers et capturé des mitrailleuses.
Les Russes ont repoussé des attaques allemandes sur le Niémen moyen et sur la Bzoura. Les combats violents continuent en Galicie, entre le San et Lubaczow. Sur le front du Dniester, l'ennemi a été rejeté en désordre entre la Tysmenica et le Stryj. Sur le Dniester, en amont de Jurawno, les Russes ont capturé, les 14 et 15 juin, 202 officiers et 8514 soldats.
Les éléments austro-allemands qui avaient franchi le fleuve de Nizniow ont été anéantis. Dans la région de Chotin, entre Pruth et Dniester, des éléments ennemis ont été vigoureusement pressés. Les pertes totales des Austro-Allemands dans cette région sont évalués depuis le 29 mai, à 120.000 ou 150.000 hommes.
Les Italiens ont consolidé leurs positions dans le Cadore et sur l'Isonzo. Ils ont démoli la gare de Goritz par le feu de leur artillerie. Une escadrille autrichienne a bombardé Pesaro et Rimini.
Le kaiser a manifesté une grande colère au sujet du bombardement de Karlsruhe, qui a fait finalement 84 victimes.
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| Lundi 21 juin En Artois, après avoir pris le fond de Buval, nous avons prononcé une attaque vers l'est, dans la direction de Souchez, et progressé d'un kilomètre.
A l'ouest de l'Argonne, nous avons repoussé une violente attaque et fait des prisonniers.
Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons attaqué dans le secteur de la tranchée de Calonne, enlevé deux lignes ennemies et fait 70 prisonniers.
En Lorraine, près de Reillon, nous avons enlevé un centre de résistance ennemi et repoussé trois contre-attaques. Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers.
Nous avons encore progressé sur la Fecht, et fait des prisonniers.
Les Italiens ont remporté une victoire à Plava, sur l'Isonzo.
Les Russes contiennent énergiquement les Austro-Allemands en avant de Lemberg. Ils ont progressé à la frontière de la Bessarabie et de la Bukovine.
Un contre-torpilleur français a capturé, à bord d'un voilier, une mission turque qui se rendait en Lybie, probablement pour aller soulever les tribus contre l'Italie.
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Mardi 22 juin La situation n'a pas changé au nord d'Arras, il n'y a eu que des actions locales. Nos escadrilles bombardant les parcs d'aviation de l'ennemi, ont détruit quatre hangars, deux avions et un ballon captif.
Attaque allemande à l'ouest de l'Argonne, sur la route de Binarville à Vienne-le-Château. Après avoir fléchi, nous reprenons la presque totalité de nos positions initiales.
Sur les Hauts-de-Meuse, dans la région de Calonne, nous avons occupé et conservé de nouvelles tranchées.
En Lorraine, l'ennemi, évacuant les ouvrages à l'ouest de Gondrexon, s'est replié au sud de Leintrey. Ses pertes ont été sensibles dans la région de Reillon.
En Alsace, nous avons pris le cimetière, puis la gare, puis le village de MetzeraL. L'ennemi a été repoussé au Reichakerkopf. Nous avons atteint, plus au nord, le village du Bonhomme.
Les Russes ont reculé dans les secteurs nord et ouest de Lemberg, mais ils gardent l'avantage sur le Dniester, où ils infligent de grosses pertes aux Austro-Allemands. Guillaume II est venu prendre le commamdement en chef des troupes de Galicie.
Un nouveau projet d'emprunt a été soumis au Parlement anglais. Le gouvernement autrichien ne pouvant obtenir l'argent voulu des souscriptions libres, va recourir à l'emprunt forcé.
Les Italiens ont élargi les positions conquises par eux sur le haut Isonzo.
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Mercredi 23 juin Dunkerque a été bombardée par une pièce d'artillerie à longue portée qui a fait des morts dans la population civile et qui a été prise à partie par notre artillerie lourde.
Les troupes belges ont progressé prés de Saint-Georges.
Au nord d'Arras, les contre-attaques allemandes ont pris fin, après que l'ennemi eut subi de lourdes pertes dans la région du « Labyrinthe ».
Une offensive allemande a été enrayée par nous à l'est de la ferme de Quennevières. Nos adversaires y ont fait usage de bombes asphyxiantes.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, ils ont prononcé une violente attaque pour reprendre les positions qu'ils avaient perdues: ils ne sont parvenus à occuper qu'une partie de leur ancienne deuxième ligne, qui est aussitôt presque entièrement retombée entre nos mains. Près de Marchéville-en-Woevre, une demi-compagnie allemande, qui prenait l'offensive, a été dispersée par notre feu.
Nos progrès se sont accentués en Lorraine (région de Gondrexon-Leintrey).
En Alsace, dans la vallée de la Fecht, nous avons dépassé Metzeral vers Sondernach.
Les Russes ont repoussé leurs ennemis sur la Narew, sur la rive gauche de la Vistule et le Dniester. Ils se sont retirés, par contre, des lacs de Grodek sur les positions de Lemberg.
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Obus tombant dans un étang et autour d'un pont furieusement bombardé |