Dimanche 1er juillet
Au nord de Saint-Quentin, un coup de main ennemi sur nos petits postes de la région de Gricourt a été aisément repoussé.
Sur la rive gauche de la Meuse, l'activité des deux artilleries s'est maintenue très grande entre le bois d'Avocourt et le Mort-Homme. Sur les pentes ouest du Mort-Homme, l'ennemi a essayé, à plusieurs reprises, de développer les quelques avantages qu'il avait acquis. Toutes ses tentatives pour déboucher des éléments de première ligne ont été brisées par nos feux ou rejetées par nos contre-attaques. Nous avons fait des prisonniers.
Sur le front belge, les Allemands ont attaqué un poste avancé vers la Maison-du-Passeur. Ils en ont été chassés après un combat violent. L'artillerie allemande a été très active dans la région de Steenstraete-Hetsas.
Des informations complémentaires confirment le succès des opérations britanniques dans la région de Lens. Nos alliés n'ont pas seulement capturé des prisonniers et des mitrailleuses, mais encore réalisé une avance importante de 1600 mètres en profondeur sur un front de 6500. Ils ont enlevé une série de systèmes de défense plus puissamment organisés sur les deux rives de la Souchez servant de protection à la ville de Lens. Leurs pertes ont été minimes, celles des Allemands considérables.
Les Italiens ont retiré certains postes avancés sur le plateau d'Asiago.

Lundi 2 juillet
Violente attaque allemande dans le secteur Cerny-Ailles. Elle a occupé, sur un front de 500 mètres environ, de part et d'autre de la route Ailles-Paissy, une ligne d'éléments de tranchée nivelée par les projectiles et évacuée par nos troupes.
Une concentration de feux exécutée par nos batteries a causé de grands ravages dans les rangs de l'ennemi, qui n'a pu, malgré ses efforts, pousser plus avant son attaque. La lutte d'artillerie s'est poursuivie très active au cours de la journée, dans toute cette région. Les Allemands ont subi des pertes sérieuses sans aucun résultats au cours de coups de main qu'ils avaient tentés à l'est de la Pompelle, au nord et au nord-est de Prunay.
Sur la rive gauche de la Meuse, lutte d'artillerie intense dans la région bois d'Avocourt-cote 304-Mort-Homme. Une attaque ennemie au réduit d'Avocourt a été brisée par nos feux.
Les troupes britanniques, poursuivant leurs succès au sud de Lens, ont attaqué sur la rive nord de la Souchez et se sont emparées des défenses ennemies sur un front de 800 métres immédiatement au sud-ouest et à l'est de la ville.
Les communiqués allemands signalent une offensive russe sur un front de 30 kilomètres entre la Strypa et la Zlota-Lipa.
Les Bulgares prennent et reperdent une tranchée britannique près du lac Doiran.

Mardi 3 juillet
Au sud de Saint-Quentin, nous avons repoussé un coup de main ennemi sur nos petits postes, vers Gauchy.
Dans le secteur Cerny-Ailles, les deux artilleries continuent à se montrer particulièrement actives. En fin de journée, nos troupes ont contre-attaqué de part et d'autre de la route Ailles-Paissy. Cette action, vivement conduite, nous a permis de rejeter les Allemands au delà de la ligne de tranchée qu'ils avaient occupées. Le terrain reconquis, couvert de cadavres, témoigne de l'importance des pertes subies par l'ennemi au cours de son offensive.
Duel d'artillerie assez violent dans le secteur de la route de Laon à Reims.
En Woëvre, une forte reconnaissance allemande, qui tentait d'aborder nos lignes vers Flirey, a été dispersée par nos feux.
Les Russes ont pris l'offensive contre les positions austro-allemandes sur le front Koniuchy-Demeliki et ont enlevé trois lignes de tranchées, ainsi que le village fortifié de Koniuchy, puis se sont avancés jusqu'au ruisseau Koniuchy. Ils ont ramené 164 officiers et 8300 soldats prisonniers. Le dénombrement de ceux-ci se poursuit.
Au sud-ouest de Brzezany, après un bombardement régulier, les troupes russes ont attaqué les positions ennemies et se sont emparées d'une partie de ces positions.
L'empire a été restauré en Chine au profit de l'ancien empereur Pou Y.

Mercredi 4 juillet
Après une recrudescence du bombardement, les Allemands ont lancé une série d'attaques violentes sur les tranchées que nous avons reprises de part et d'autre de la route Ailles-Paissy. Une lutte très vive, qui a duré toute la nuit, s'est terminée par l'échec complet de l'ennemi. Nous avons maintenu toutes nos positions.
Plus à l'ouest, deux coups de main sur nos petits postes ont également échoué.
Sur la rive gauche de la Meuse, la lutte d'artillerie a augmenté d'intensité vers le milieu de la nuit dans le secteur cote 304-bois d'Avocourt. Les Allemands ont attaqué sur un front de 500 mètres à la corne sud-est de ce bois. Les vagues d'assaut, brisées par nos feux, n'ont pu aborder nos lignes. L'ennemi n'a pas renouvelé sa tentative.
A l'est de Coucy-le-Château, rencontres de patrouilles. Nous avons fait des prisonniers dont un officier.
Les Anglais, grâce à une série de coups de main à l'ouest d'Avrancourt et au nord de Nieuport, ont fait un certain nombre de prisonniers. Ils ont repoussé une attaque contre leurs postes avancés au sud de la Cojeul.
Les Russes ont poursuivi leur offensive avec succès en Galicie. Le chiffre de leurs prisonniers dépasse 13200.





Semaine du 5 au 11 juillet
Opérations militaires sur le front français.

Après un ralentissement de quelques jours, remplis seulement par la canonnade et des escarmouches, les combats ont repris avec vivacité, en particulier sur les plateaux qui séparent la vallée de l'Aisne de celle de l'Ailette, l'ennemi multipliant ses efforts pour nous reprendre les positions avantageuses, les observatoires excellents que nous avons conquis.
C'est le matin du 7 juillet que la lutte s'est ranimée. En quatre points du front compris entre le moulin de Laffaux et la ferme de Froidmont, les masses allemandes nous ont abordés. Entre la ferme Froidmont et les Bovettes le combat fut particulièrement dur. L'ennemi réussi d'abord à pénétrer dans notre première ligne sur près de 3 kilomètres. Mais le lendemain, une contre-attaque vigoureuse nous a permis de reprendre la presque totalité du terrain perdu. De nouvelles attaques sur le Panthéon ont été brisées. Pour mener à bien cette affaire, les Allemands avaient mis en ligne des troupes d'élite appartenant à trois divisions différentes. Elles ont subi de lourdes pertes. D'autre part, à l'est de Cerny, nous avons amélioré nos gains du 1er juillet, devant Ailles. Une forte entreprise ennemie menée le 8 juillet, dans la soirée, dans la région d'Hurtebise et du Dragon, a, d'autre part, échoué.
En Champagne, des actions de détail ont tourné à notre avantage au Mont Haut et à l'est du Mont Cornillet.
Sur la rive gauche de la Meuse, nous avons, le 8 juillet, brillamment enlevé, trois saillants fortement organisés, l'un à l'ouest du Mort-Homme, les deux autres au sud-ouest de la cote 304. Plusieurs tentatives ennemies ont été victorieusement repoussées.

Sur le front Britannique.
Les communiqués britanniques de la dernière semaine n'ont signalé que des escarmouches ou des coups de main d'importance secondaire en différents points du front. Le 5 juillet, nos alliés ont avancé leur ligne sur une étendue de 600 mètres au Sud-Ouest d'Hollebecke. Une activité d'artillerie assez intense a régné dans le secteur de Nieuport où, depuis quelque temps, les Anglais ont relevé les Français et une partie des troupes belges.

La Guerre Aérienne
Une grande expédition de bombardement a été effectuée avec un plein succès par nos aviateurs dans la nuit du 6 au 7 juillet. 84 appareils, dont deux seulement ne sont pas rentrés, y ont pris part. De minuit 15 à 1h10, onze de nos avions ont survolé Trèves, et, y ont fait pleuvoir 2650 kilos d'obus. Sept incendies ont été aperçus, dont un d'une grande violence à la gare centrale. Vers la même heure, six appareils bombardaient Ludwigshafen et en particulier l'importante usine de la Badische-Anilin. En outre le maréchal des logis Gallois poussait jusqu'à Essen, où il lançait de nombreuses bombes sur les usines Krupp

L'offensive Russe
Durant la dernière période, les opérations en Galicie orientale ont été marquées d'abord par la résistance victorieuse russe aux contre-attaques austro-allemandes sur le front primitif d'offensive russe entre les approches du Zloczow et celles de Brzezany, puis par une nouvelle offensive de nos alliés au sud du Dniester. Après une journée d'accalmie, le 5 juillet, l'ennemi chercha à refouler les avant-postes établis à l'est de Bzrezany, tandis que plus au nord, il se portait par deux fois à l'attaque des positions perdues au cours des combats précédents. Dès le lendemain de ces tentatives infructueuses, la lutte devint extrêmement violente, chacun des adversaires passant alternativement de l'offensive à la défensive, celle-ci soutenue de nombeuses contre-attaques.

A l'aube du 6 juillet, après un feu de destruction qui dura plusieurs heures, l'infanterie russe, dans la direction de Zloczow, enleva trois lignes de tranchées. Mais, dans la journée, elle ne put accentuer sa progression, et, dans la soirée, dut ramener quelque peu en arrière une partie de ses unités.

En même temps, à l'ouest du village de Koniuchy, une bataille acharnée se livrait. Les ouvrages et les points fortifiés passèrent à plusieurs reprises de mains en mains. La région étant généralement boisée, les Austro-Allemands profitèrent des couverts pour amener en ligne des réserves, dont l'intervention réduisit les premiers avantages obtenus par les Russes. Aux abords mêmes de Brzezany, malgré de violentes initiatives réciproques, la situation acquise ne subit aucun changement. Ce fut aussi, dans cette journée du 6 que le général Kornilof, gouverneur de Pétrograd au début de la Révolution, devenu commandant de l'armée au sud du Dniester commença à préparer son offensive dans la région de Stanislau, en mettant en action son artillerie et en refoulant les avant-postes ennemis.

Le 7 juillet, le colonel-général von Boehm-Ermoli, qui dirige, sur le front général du prince Léopold de Bavière, le groupe des armées de Galicie, ordonna une énergique contre-offensive dans tout le secteur dont Koniuchy est le centre. Les masses austro-allemandes s'avancèrent à rangs serrés, en particulier sur la ligne Godow-Dortun. Tous leurs furieux assauts furent brisés parmi les pertes les plus sanglantes.

Mais, le 8 juillet, tandis qu'au nord du Dniester, la bataille se résolvait temporairement en un duel d'artillerie, le mouvement en avant des troupes de Kornilof prenait, au sud du fleuve, un caractère bien déterminé d'offensive stratégique. Après d'efficaces bombardements, l'infanterie russe s'élançait, vers midi, à l'assaut de toutes les positions longuement fortifiées par les Autrichiens depuis l'automne dernier à l'ouest eu au sud-ouest de Stanislau.
Le front d'attaque embrassait une envergure d'une trentaine de kilomètres, au long de la Bistritza, depuis Jezupol, ville situé sur le Dniester en aval de Haliez, jusqu'à Bohorodezany. Sur cet alignement, les diverses organisations, ainsi que leurs points d'appui, parmi lesquels la gare de Lysiec, furent emportées, et la cavalerie russe, lancée à la poursuite de l'ennemi en retraite, atteignit en certains points la rivière Lukwa. Ce brillant et rapide succès valut à nos alliés la capture de 131 officiers, 7000 soldats, 48 canons dont 12 de gros calibre, et d'une grande quantité de mitrailleuses.
Le 9, parmi de sanglants combats, l'avance russe se poursuivit dans la double direction d'Haliez et de Kalusz. L'ennemi reculant vers la Lomnica, ayant perdu une profondeur de terrain d'environ 10 kilomètres, abandonna encore un milier de prisonniers.

La Guerre Navale
Les derniers raids aériens sur l'Angleterre
– La semaine derniere, le sud-est de l'Angleterre a été attaqué deux fois par des escadrilles d'avions allemands de grand modèle. La première attaque, le mercredi 4 juillet, vers 7 heures du matin, n'a duré que quelques minutes; les quinze avions qui y ont pris part se sont enfui vers le large, après avoir bombardé Harwich. Ils furent rencontrés à une assez grande distance du littoral belge, par des avions navals britanniques venant de Dunkerque, qui en abattirent deux et en endommagèrent gravement un troisième. Le nombre des victimes du bombardement est de 47, dont 11 tués et 36 blessés. Les dégâts matériels sont peu importants.
Mais, plus grave de beaucoup, a été la seconde attaque, le 7 juillet. Ce jour-là, une force aérienne ennemie puissante composée d'une vingtaine d'appareils, volant en deux groupes, apparut vers 9 heures du matin, au dessus de l'île de Thanet et de la côte Est du comté d'Essex qu'elle bombarda. Les avions continuèrent de faire route vers Londres, qu'ils abordèrent par le nord et survolèrent ensuite suivant une direction Nord-Ouest-Sud-Est, en marchant assez bas, lentement, en formation serrée, ceux du centre seuls lançant des bombes, ceux des côtés repoussant les avions de chasse britanniques qui les attaquèrent vivement. L'ennemi n'est resté qu'un quart d'heure environ au dessus de la ville. Ce raid a causé la mort de 43 personnes.

Atlantique
– Le 4 juillet, à 4 heures du matin, un sous-marin allemand a émergé devant Ponta-Delgada ( Açores ) et l'a bombardée. Une batterie de côte et un transport américain ont riposté.

Méditerranée
– Un communiqué officiel nous avise que, le 19 juin dernier, le sous-marin Ariane, commandé par le lieutenant de vaisseau Viort, a été coulé par un sous-marin ennemi. Tous les officiers ont péri ; 9 hommes ont été sauvés. Guerre sous-marine – La situation est stationnaire. Parmi les navires coulés par les sous-marins ennemis, sont le paquebot français Calédonien, torpillé en Méditerranée ( sur 431 personnes, 360 ont été sauvées ) et le vapeur américain Orléans, torpillé dans l'Atlantique.

Jeudi 12 juillet
Violent bombardement en différents secteurs du front de l'Aisne.
Des tentatives locales sur nos tranchées au nord du moulin de Laffaux et au sud-est d'Ailles, ont échoué sous nos feux.
Plus à l'est, l'ennemi a déclenché une forte attaque sur nos positions du monument d'Hurtebise et du Dragon. Les vagues ennemies n'ont pu aborder nos lignes et se sont dispersées, fortement éprouvées.
Des coups de main sur nos postes avancés au sud-est de Corbeny, aux environs de Courcy, dans le secteur d'Auberive et vers le bois des Caurières, ont valu des pertes aux assaillants sans aucun résultat. L'ennemi a laissé entre nos mains un certain nombre de prisonniers.
Les Belges ont repoussé une attaque allemande dans le secteur de Saint-Georges. Lutte très vive de Nieuport à Dixmude.
Les Anglais ont progressé à l'est de Oosttaverne. Ils ont exécuté avec succès un coup de main au sud du canal Ypres-Comines.
Les Italiens ont brisé une offensive autrichienne sur le Vodice, et d'autres tentatives dans le Haut-Cordevole et sur le piccolo Laganyoi.
Sur le front russe, les troupes du général Kornilof ont poursuivi leur avance à l'ouest de Stanislau. De violents combats ont eu lieu dans la région de Halicz où l'ennemi a été défait. Quatre villages ont été enlevés par nos alliés qui ont capturé 1000 hommes et 3 canons. L'avance est de 10 kilomètres en profondeur.

Vendredi 13 juillet
Lutte d'artillerie assez vive au nord de Jouy.
Dans la région de Sapigneul et en Champagne, nous avons repoussé deux attaques en faisant des prisonniers.
Canonnade sur la rive gauche de la Meuse aux abords de la cote 304.
En Woëvre, nous brisons une offensive allemande accomplie en force.
Les Anglais ont subi une vigoureuse attaque sur leurs positions du front de Nieuport. La violence des tirs convergents de l'artillerie allemande a réussi à détruire entièrement les organisations défensives du secteur des Dunes, près de la côte. Sur ce point, l'ennemi a pénétré dans les tranchées britanniques sur un front de 1300 mètres et une profondeur de 600, en sorte, qu'il a pu atteindre la rive droite de l'Yser, près de la mer.
Plus au sud, il a été mis en échec près de Lombaertzyde.
Les Allemands ont continué à bombarder Furnes sur le front belge.
Violente activité d'artillerie autrichienne dans le Trentin. L'artillerie italienne a riposté avec énergie. Echec des Germano-Bulgares à l'ouest de Monastir.
Les aviateurs britanniques, après avoir repéré le Goeben devant Constantinople, l'ont attaqué et atteint à coups de bombes. Ils ont aussi bombardé le ministère turc de la Guerre.
Les Russes ont occupé Halicz, rejetant les Autrichiens sur la rive gauche du Dniester. Ils ont pris encore trois villages, capturé 2000 hommes et 30 canons. Leur butin, en trois jours, monte à 10000 hommes et 80 canons.


La permission du 14 juillet
Samedi 14 juillet
Lutte assez vive en Champagne et sur le front de l'Aisne dans le secteur du moulin de Laffaux. Des attaques ennemies au sud de Juvincourt ont été aisément repoussées.
Sur les deux rives de la Meuse, dans le secteur de la cote 304 et au nord de l'ouvrage d'Hardaumont, après un violent bombardement, les Allemands ont tenté plusieurs coups de main dont aucun n'a réussi.
Sur le front britannique, le feu de l'artillerie allemande, qui avait atteint une extrême intensité près de Nieuport, est en décroissance. L'artillerie anglaise continue à montrer de l'activité. A la suite d'une attaque ennemie exécutée sur un front de 800 mètres environ, plusieurs postes avancés anglais à l'est de Monchy-le-Preux ont dû rétrograder légèrement.
Echec d'une tentative allemande au nord-ouest de Lens. Echec d'un autre raid allemand près de Lombaertzyde. Combat sur le front belge vers la route de Dixmude à Woumer. Les Allemands ont subi des pertes sérieuses.
Les Italiens ont infligé un échec aux Autrichiens, dans la vallée de Travignolo, à la deuxième cime du Colbricone.
En Macédoine, l'aviation britannique a bombardé la station de Dangista, à 20 kilomètres à l'est de Sérès.
Combats de patrouilles et canonnades sur le front du Vardar.
L'offensive russe a continué sur le Dniester et la Lomnitza. Après un combat acharné et sanglant, l'ennemi a été chassé de la ville de Kalusz.

Dimanche 15 juillet
Actions d'artillerie assez violentes dans les régions au sud de Saint-Quentin et au sud de Filain, particulièrement vers la Royère. Canonnade en Argonne et sur les deux rives de la Meuse.
1600 obus ont été lancés par les Allemands sur Reims.
En Macédoine, les Germano-Bulgares ont tenté un raid sur les positions britanniques, à l'est du lac Doiran.
Sur le front russe, dans le secteur de Vladimir-Volynski, au sud-ouest de Keselin, l'ennemi, après une préparation d'artillerie, ayant attaqué nos positions, a été chassé avec des pertes sanglantes des tranchées qu'il avait réussi à occuper. Dans le secteur de Lomnica, lutte violente. Les avant-gardes russes ayant franchi la rivière, se sont emparées des hauteurs sur la ligne Dniester- Puchakovic- Bludiki. Au nord-ouest de Podgoriki, l'ennemi a été finalement chassé de ses positions et 4 canons lui ont été pris. 10 officiers et 850 soldats lui ont été capturés.
Sur le front italien, des détachements autrichiens ont été dispersés dans la vallée du Terragnolo. Nos alliés ont enlevé un poste dans le Haut-Cordevole.

Lundi 16 Juillet
Les Allemands ont prononcé une attaque sur nos positions au sud de Courcy. Après un vif combat, nous avons repris à l'ennemi quelques éléments de tranchées où il avait pris pied, à l'exception d'un petit poste qui est resté entre ses mains.
Vive activité des deux artilleries en de nombreux points du front. A la cote 304 et dans les régions du Mont-Haut, du Casque et du Téton, le bombardement a atteint une grande violence.
Reims a reçu 2000 obus. Il y a eu 2 blessés.
L'artillerie allemande a violemment bombardé les tranchées belges et les voies de communication dans la région de Hetsas. Des avions ennemis ont jeté des bombes sur Furnes.
Sur le front de Macédoine, des patrouilles bulgares ont été repoussées dans la région de la Strouma. Activité moyenne d'artillerie dans la région du Vardar.
L'ennemi a lancé deux attaques pour déloger nos alliés de la région de Kalusz. Il a été repoussé.
Les Russes out occupé un nouveau village dans le même secteur.
Un détachement d'alpins italiens a surpris et enlevé un poste ennemi dans le val Camonica. Canonnade entre les vallées de l'Adige et de l'Astico.



Mardi 17 juillet
A la faveur d'un feu roulant qui a duré plusienrs heures, les Allemands ont prononcé une puissante attaque sur le saillant de notre ligne à l'ouest de Cerny. Un combat s'est engagé avec violence et s'est prolongé avec des alternatives d'avance et de recul. Malgré les gros effectifs qu'ils avaient mis en œuvre, les assaillants ont été finalement rejetés de la tranchée de soutien où ils avaient pénétré et n'ont pu conserver que des éléments de première ligne sur un front de 500 mètres environ.
Vive activité d'artillerie dans le secteur de Craonne.
En Champagne, après une sérieuse préparation d'artillerie, nos troupes ont attaqué les positions allemandes en deux points du front.
Conduite avec une vigueur exceptionnelle, l'attaque a réussi à atteindre tous ses objectifs. Au nord du Mont-Haut et sur les pentes nord-est du Téton, nos soldats ont enlevé, sur une largeur de 800 mètres et une profondeur de 300, les réseaux de tranchées puissament organisés de l'ennemi. Les contre-attaques allemandes ont été brisées avec de lourdes pertes pour nos adversaires. Nous avons capturé 360 officiers et soldats.
Les Anglais ont repoussé une tentative ennemi au sud de Lombaertzyde. A l'est d'Hargicourt, à l'ouest de Warneton, à l'ouest de Oosttaverne et au nord d'Ypres, les patrouilles ennemies ont subi des échecs.
Les Russes ont brisé des entreprises allemandes au nord-ouest de Kalusz. Ils ont capturé de ce côté 16 officiers et 600 hommes. Dans le secteur de Lodziany, ils ont chassé les Autrichiens de leurs positions et fait 1000 prisonniers.

Mercredi 18 juillet
Entre Somme et Aisne, l'ennemi a prononcé une série de forts coups de main, précédés de bombardements. Trois tentatives, au sud-est de Saint-Quentin et à l'ouest d'Allemant, ont échoué sous nos feux.
Au sud de Corbeny, plusieurs détachements ont attaqué nos petits postes : ils ont été refoulés.
En Champagne, après un violent bombardement du Mont-Haut et du Téton, les Allemands ont lancé des forces importantes à l'assaut des positions que nous avions conquises la semaine écoulée. Nos troupes ont résisté avec une ténacité indomptable à un ennemi très supérieur en nombre.
Au Téton, les Allemands n'ont pu entamer nos lignes. Au Mont-Haut, le combat très acharné s'est terminé pour eux par un sanglant échec. Leurs vagues d'assaut successives ont été détruites.
Reims a de nouveau reçu 1600 obus.
Canonnade sur le front anglais vers Armentières, Wytschaete et Nieuport. Nos alliés ont bombardé quatre gares importantes et un grand camp de repos à l'intérieur des lignes allemandes.
Les Italiens ont détruit les positions autrichiennes dans le secteur du Vallone. Ils ont capturé 11 officiers et 264 soldats.
Les Russes ont fait 916 prisonniers nouveaux, portant le total depuis le 1er à 36500.


Jeudi 19 juillet
Activité des deux artilleries dans la région de Cerny-Ailles et sur le plateau de Californie.
En Champagne, l'ennemi a renouvelé ses attaques au nord du mont Téton et a repris pied sur certains points dans les éléments de tranchées que nous lui avons enlevés le 14.
Violente lutte d'artillerie dans le secteur du mont Haut, où nous organisons le terrain conquis.
Sur la rive gauche de la Meuse, nous avons exécuté avec plein succès une opération à la cote 304. Après une forte préparation d' artillerie, nos troupes se sont portées à l'attaque avec une vigueur irrésistible. Malgré une défense énergique de l'ennemi, nous avons repris en quelques minutes les tranchées qu'il occupait depuis le 29 juin. Nous avons ensuite enlevé de haute lutte les positions allemandes situées au delà. Sur un front de 2500 mètres, la première ligne allemande est tombée tout entière entre nos mains. Notre avance en profondeur atteint un kilomètre. Nous avons infligé à l'ennemi de lourdes pertes, capturé 8 officiers et 417 soldats.
Les Russes ont ramené leurs lignes sur la rive droite de la Lomnitza et évacué Kalusz. Un violent combat s'est déroulé autour du village de Novitsa. Sur le front roumain, une colonne d'éclaireurs russes a pris le village de Donnaiwetz et capturé deux compagnies.
Les Italiens ont fait sauter un large four de mine au Colbricon. Une centaine d'Autrichiens y ont péri.
Canonnade en Macédoine, sur le vardar et autour de Monastir.


Vendredi 20 juillet
La lutte d'artillerie est devenue violente dans la région à l'ouest et à l'est de Cerny.
Nous avons repoussé un coup de main sur nos petits postes au nord de Vienne-le-Château, lisières ouest de l'Argonne, et fait un certain nombre de prisonniers.
Sur la rive gauche de la Meuse, après de violents bombardements, les Allemands ont, à plusieurs reprises, lancé des contre-attaques sur les positions que nous avions enlevées depuis le bois d'Avocourt jusqu'aux pentes ouest de la cote 304. Tous leurs efforts se sont brisés contre la résistance énergique de nos troupes, qui leur ont infligé de sanglantes pertes, sans céder la moindre parcelle du terrain conquis.
Un coup de main ennemi vers la tranchée de Calonne n'a donné aucun résultat.
Les Anglais, par une opération de détail exécutée à l'est de Mouchy-le-Preux, ont amélioré leur position et fait un certain nombre de prisonniers.
Leurs aviateurs ont fait de l'excellent travail en liaison avec l'artillerie. Ils ont jeté des bombes sur divers points d'importance militaire. Ils ont abattu six appareils allemands.
Les Italiens, ont repoussé des tentatives autrichiennes vers Buchenstein, le Monte Piana, le Passo di Monte, la Croce di Comelico, etc. Ils ont abattu deux avions.
Les Russes ont subi une violente attaque allemande au sud de Kalusz, près du village du Novitza. L'ennemi a été rejeté d'une hauteur qu'il avait d'abord réussi à occuper.

Samedi 21 juillet
Canonnade active entre Somme et Aisne.
Au sud de Saint-Quentin, l'ennemi a tenté sur le mamelon de Moulin-sous-Touvent une nouvelle attaque qui a complètement échoué. Après un bombardement d'une extrême violence, qui a duré toute la matinée, les Allemands ont attaqué nos positions depuis le nord-est de Craonne jusqu'à l'est d'Hurtebise. L'ennemi a fait donner la 5eme division de la garde, qui s'est engagée en vagues épaisses. L'attaque a complètement échoué aux deux ailes. Au centre seulement, elle a pu atteindre quelques éléments de notre tranchée de première ligne où nos contre-attaques l'ont arrêtée avec de lourdes pertes.
Les Allemands ont prolongé leur bombardement au sud de Corbeny et vers Cerny : ils n'ont pu déboucher.
Les Anglais ont réoccupé une ligne d'avant-postes qu'ils avaient abandonnée plusieurs jours auparavant, à l'est de Monchy-le-Preux. Ils ont repoussé des partis ennemis à l'est de Cherisy, et réussi des coups de main au nord et à l'est d'Ypres. Ils ont capturé quelques Allemands près d'Oostaverne.
Les Russes ont fait prisonniers 8 officiers et 220 soldats près de Novitsa; ils ont pris en outre 35 mitrailleuses.
Les Italiens ont brisé une forte offensive autrichienne à l'est de Versio; violentes canonnades sur le front des Alpes juliennes. Un avion ennemi a été abattu près d'Asiago.

Dimanche 22 juillet
Lutte violente dans la région Hurtebise-Craonne. Les Allemands ont renouvelé leurs attaques. Une puissante concentration d'artillerie avait précédé un assaut général mené avec des forces importantes sur la ligne de nos plateaux, en avant de Craonne et de Vauclerc. Des combats corps à corps se sont engagés sur toute l'étendue du front que nos troupes ont vaillamment défendu. Leur résistance a eu raison d'une furieuse offensive et partout elles ont maintenu leurs positions.
L'ennemi n'a réussi à prendre pied ni sur le plateau de Californie, ni sur le plateau des Casemates, ni plus à l'ouest. Le terrain, en avant de nos lignes, est jonché de cadavres.
Entre le plateau de Californie et celui des Casemates, nous avons resserré la poche où les Allemands avaient pénétré la veille. Nous avons dans son intégralité la crête du plateau. Nous avons fait une vingtaine de prisonniers de la garde.
En Champagne, un coup de main sur nos petits postes, entre la ferme Navarin et la route Saint-Hilaire-Saint-Souplet a échoué sous nos feux.
Les troupes britanniques ont brisé une attaque allemande contre leurs positions au sud de Lombaertzyde. Elles ont réussi des coups de main et ramené des prisonniers dans la région de Gavrelle et au nord d'Ypres.
Les Italiens ont repoussé une grosse patrouille ennemie dans le torrent du Masso, et lls ont fait des prisonniers.
Une colonne anglo-indienne a remporté un avantage brillant sur l'Euphrate.

Lundi 23 juillet
Sur le front de l'Aisne, canonnade au nord de Braye-en-Laonnois, dans les secteurs de Cerny, de Hurtebise et de Craonne. Des bombardements très violents ont été suivis, en de nombreux points, d'attaques ou de tentatives d'attaques. Partout nos feux, dirigés avec précision et la vigilance de nos troupes ont fait échouer le projet de l'ennemi. Au nord de Braye, nous avons rejeté après une courte lutte, quelques fractions qui avaient pris pied dans notre ligne.
Au sud-est de Cerny, l'attaque ennemie, menée en force, a donné lieu a un violent combat. Les Allemands, à deux reprises, ont pénétré dans notre tranchée avancée sur un front de 250 mètres, mais, par deux fois, une vigoureuse contre-attaque les en a chassés entièrement.
Au sud-ouest de Cerny, une tentative allemande a également échoué malgré l'emploi de lance-flammes. Au nord d'Ailles, nos grenadiers ont brisé net deux attaques successives.
Les Anglais ont réussi un coup de main au nord de Roeux : des raids au sud-ouest de la Bassée et au sud d'Armentières. Ils ont repoussé une tentative ennemie au nord du bois d'Havrincourt, une autre près d'Armentières.
Les Russes ont reculé au sud de Dwinsk.
Les Roumains, à l'embouchure de Rymnik, ont brisé une offensive.
M. Kerensky a remplacé le prince Lvof à la présidence du conseil à Petrograd.


Mardi 24 juillet
Sur le front de l'Aisne, l'ennemi a violemment canonné nos lignes depuis l'épine de Chevrigny jusqu'au sud de Corbeny. Le bombardement par obus de gros calibre a pris une particulière intensité depuis Hurtebise jusqu'à l'est de Craonne.
Les Allemands ont lancé sur ce front une série de très violentes attaques. A maintes reprises, ils ont été repoussés avec d'énormes pertes, spécialement sur le plateau des Casemates. Finalement, ils ont reussi, après des échecs répétés, à prendre pied dans notre première ligne, sur le plateau de Californie.
Au nord de Bezonvaux, les Allemands ont attaqué en deux points de notre front. Après un vif combat, nous les avons repoussés.
Sur les Hauts-de-Meuse, deux tentatives ennemies pour aborder notre front sont restées vaines. Nous avons fait des prisonniers. Il en a été de même en Alsace, près de Seppois.
Les Anglais ont progressé à l'est de Monchy-le-Preux. L'artillerie allemande a été active dans la région de Lens et d'Armentières.
Un nouveau raid aérien a eu lieu sur l'Angleterre (région de Harwich). Il y a 8 morts et 25 blessés.

Mercredi 25 juillet
Les attaques allemandes, accompagnées de violents bombardements, ont continué sur les plateaux en avant de Craonne.
Aux Casemates, l'ennemi, qui avait réussi à pénétrer dans notre première ligne, et qui a été contre-attaqué avec vigueur, n'a conservé qu'une faible partie du terrain conquis.
Sur la Californie, les Allemands ont subi un échec. Malgré tous leurs efforts, ils n'ont pu nous déloger du plateau. Nos troupes ont repoussé toutes les tentatives dirigées sur notre tranchée de soutien, que nous occupons en entier.
La ville de Reims a reçu 850 obus.
Une attaque allemande au nord-ouest du mont Cornillet a été brisée après un vif combat.
Une pièce allemande à longue portée a tiré une centaine d'obus dans la direction de Nancy. Pas de victimes, dégâts insignifiants. En représailles, nous avons exécuté un tir efficace sur les usines de Château-Salins.
Les Anglais ont effectué avec succès une opération au sud d'Avion. Ils ont fait de nombreux prisonniers. Ils ont opéré d'autres coups de main au sud d'Havrincourt, aux abords de Bullecourt et d'Hollebeke.
Les Russes ont attaqué l'ennemi dans la direction de Vilna. Ils ont pénétré de 3 verstes dans les positions allemandes et fait 1000 prisonniers. Mais les Austro-Allemands ont repris quatre villages en Galicie.
Les Anglais ont attaqué les Turcs près de Gaza et remporté un succés. Ils ont, à Bersbela (Syrie), repoussé la cavalerie ottomane.

Jeudi 26 juillet
La contre-attaque vigoureuse que nous avons menée contre les troupes allemandes en avant de Craonne a brillamment réussi.
Nos soldats ont repris tout le terrain perdu sur le plateau de Californie, hormis un petit ouvrage complètement détruit. Sur le plateau des Casemates, les Allemands ont été rejetés de la totalité des éléments qu'ils occupaient, et sur plusieurs points même, nous avons avancé notre ligne. Toutes les contre-attaques ennemies, menées après coup, ont échoué.
Sur le front belge, bombardement d'obus à gaz dans la région de Nieucapelle et Hazevind. Des avions ennemis ont jeté des bombes sur Adinkerke. Canonnade violente autour de Steenstraete.
En Macédoine, rencontre de patrouilles sur le Vardar. L'aviation alliée a bombardé les campements ennemis dans la région de Demir-Hissar et de Staravina.
Les Anglais ont réussi un nouveau coup de main en Flandre, près d'Oosttaverne. Ils ont repoussé une tentative près de Cherisy. L'aviation, sur leur front, a livré de nombreux combats.
Activité des Autrichiens sur le front italien (vals de Canonica et Giudicaria). Nos alliés ont dispersé un détachement ennemi sur la rive gauche du Rienz. Rencontre de patrouilles sur le front des Alpes Juliennes.
On signale un engagement naval en mer Baltique.

Vendredi 27 juillet
Après un bombardement violent mais court, les Allemands ont tenté une attaque des positions reconquises par nous sur le plateau de Californie. Cette attaque a été complètement repoussée et nos gains de la veille maintenus et consolidés.
Des coups de main ennemis ont échoué au nord-ouest du monument d'Hurtebise, dans la région du mont Cornillet et en Alsace, au nord d'Aspach-le-Haut. Nous avons fait des prisonniers.
Les Anglais ont exécuté avec succès des coups de main en quatre points différents des tranchées ennemies, à l'est et au nord-est d'Ypres. Chaque opération leur a valu un certain nombre de prisonniers.
Une patrouille allemande a été chassée à l'est de Laventie. Un coup de main ennemi a par contre réussi près de Givenchy-lès-la-Bassée.
Les escadrilles anglaises de bombardement ont jeté 4 tonnes d'obus sur des aérodromes. Trois avions allemands ont été abattus.
A l'ouest de Dwinsk, les troupes russes se sont emparées de positions ennemies près du chemin de fer de Dwinsk a Vilna. Dans la direction de Vilna, au nord de Krevo, l'ennemi a pris une colline au nord de Bogache.
L'ennemi bombarde violemment Tarnopol, qui est en flammes. Dans la région de Mikoulitso, il a franchi le Sereth et occupé un village. Au sud du Dniester, les Russes ont évacué Stanislau.
Vive activité de nos alliés sur le front de Moldavie.

Samedi 28 juillet
Les Allemands montrent une extrême nervosité. Leurs attaques d'infanterie ont repris sur un front de 3 kilomètres, depuis la région d'Hurtebise jusqu'au sud de la Bovelle. L'ennemi, en dépit de l'importance de ses effectifs et de la gravité de ses pertes, n'a pu pénétrer qu'après des efforts inouïs dans quelques uns de nos élements de première ligne, au sud d'Ailles. La plupart de ces éléments lui ont d'ailleurs été presque aussitôt repris. Autour d 'Hurtebise, tous ses assauts ont été brisés.
En Champagne, après un bombardement intense, une attaque allemande s'est déclenchée, rapide et violente, sur le mont Haut. Toute progression de l'adversaire a été arrêtée par la vaillance de nos troupes. Vers le Mont Blond et aux environs du Casque il n'a même pas pu déboucher.
Au nord d'Auberive, nous avons, au cours d'une opération heureuse, pénétré dans les tranchées allemandes inoccupées, et, poursuivant notre avance, engagé un vif combat avec des éléments ennemis auxquels nous avons infligé des pertes sensibles.
Les Belges ont brisé une offensive allemande au nord de Dixmude.
Les Anglais ont réussi un raid près d'Armentières.
Les Italiens ont arrêté une entreprise autrichienne près de Castagnevizza.
Les Russes se sont retirés à l'est de Tarnopol; ils ont subi un échec au nord de Trembowla tandis que, plus au sud, les Austro-Allemands forçaient leurs positions du Sereth.
Les Roumains ont remporté un succès dans la partie sud des Carpathes, prenant deux villages et capturant plusieurs centaines d'hommes.

Dimanche 29 juillet
L'artillerie s'est montrée très active de part et d'autre sur le front Cerny-ferme d'Hurtebise : aucune action d'infanterie.
En Champagne, dans la région des Monts, au sud et à l'ouest de Moronvilliers, les Allemands, après un bombardement intense, ont exécuté cinq attaques successives qui toutes ont échoué sous nos feux.
A l'est d'Auberive, après une préparation d'artillerie forte et violente, plusieurs groupes ennemis, commandés par un officier, ont effectué un coup de main. L'ennemi a subi de fortes pertes; l'officier a été tué.
Un coup de main allemand a échoué à l'Hartmannswillerkopf.
Les Anglais ont fait une opération de détail à la Basse-Bulle, près de Warneton, mais ils ont dû regagner leurs tranchées.
Sur le front italien, combat de patrouilles dans le val Cordevole et sur le Haut-Boite.
Canonnade dans les Alpes Juliennes. Les Russes ont repoussé l'ennemi au sud-est de Tarnopol et dans la région de Tudorf.
Leur cavalerie a engagé une série de combats formidables daus la région de Kovosmatine-Konsnova (sud-ouest de Monastésiska).
Les forces russo-roumaines ont attaqué les positions austro-allemandes entre les vallées de Casin et de Putna, et pénétré dans ce front sur une étendue de 21 kilomètres et une profondeur de 3. Elles ont capturé 1000 hommes et 43 canons.

Lundi 30 juillet
Les Allemands ont exécuté, à l'ouest de la ferme d'Hurtebise, une violente attaque, qui est venue se briser contre la vaillance de nos troupes. Par contre, nous avons engagé une attaque contre Hurtebise et la pointe sud de la Bovelle. Cette action nous a permis de progresser sur tous les points, notamment dans la région du Monument.
En Champagne, dans le secteur de Tahure, l'ennemi a exécuté un fort coup de main que nous avons repoussé.
Sur la rive gauche de la Meuse, après un intense bombardement, les Allemands ont tenté d'attaquer les tranchées récemment conquises par nous entre les bois d'Avocourt et la cote 304. La précision et la vigueur de nos tirs les ont arrêtés en leur infligeant de lourdes pertes.
Sur la rive droite, un coup de main ennemi sur les tranchées, à l'ouest de Moulanville, a subi le même et sanglant échec.
Les Anglais ont exécuté plusieurs coups de mains heureux. Leurs troupes ont pénétré après un vif combat, dans les lignes allemandes, près de Roeux. Elles ont fait subir de lourdes pertes à l'ennemi et ramené 30 prisonniers.
La retraite russe continue.
Les troupes russo-roumaines de Moldavie ont élargi la brèche faite au front ennemi et occupé les positions adverses sur une longueur de 30 kilomètres et une profondeur de 15. Elles ont fait encore 1245 prisonniers et capturé des canons.

Mardi 31 juillet
Lutte d'artillerie très vive dans la région Cerny-Craonne.
Les Allemands ont prononcé sur Hurtebise une attaque que nos feux d'artillerie et d'infanterie ont fait complètement échouer. Vive activité de l'artillerie sur la rive gauche de la Meuse, particulièrement dans la région de la cote 304.
Canonnade sur une partie du front italien. Nos alliés ont fait un certain nombre de prisonniers.
Leurs hydravions ont laissé tomber des bombes et des mines sur les hangars de Presea, puis ils sont rentrés indenmes.
Un sous-marin allemand est entré avarié à la Corogne. Le gouvernement espagnol a décidé qu'il serait interné au Ferrol.
Les milieux militaires allemands manifestent une inquiétude croissante au sujet du bombardement qui se poursuit en Flandre. Gand a été bombardé par les aviateurs alliés.
Les troupes russo-roumaines ont encore avancé de quelques kilomètres entre les vallées du Cosinu et de la Putna. 6 nouveaux villages ont été occuppés par elles. De nouveaux prisonniers ont été faits; une batterie d'obusiers a été capturée.
On annonce que von Kuhlmann aurait été nommé ministre des Affaires étrangères d'Allemagne.