Juillet 1915




Jeudi 1er juillet
Violente cannonade sur l'Yser et au nord d'Arras. Nous avons progressé au nord du château de Carleul et repoussé une attaque au sud du Cabaret Rouge.
Dans l'Argonne, deux attaques allemandes sont vigoureusement brisées par nos troupes; au cours d'une troisième, près de Bagatelle, l'ennemi a réussi à prendre pied dans quelques éléments de tranchée.
Canonnade au nord d'Arras et au bois d'Ailly. A Metzeral, nous enrayons facilement une offensive ennemie.
A Gallipoli, l'infanterie anglaise a gagné 1500 mètres, enlevé quatre ligne de tranchées et est arrivée à hauteur de Krithia.
Les Italiens ont brisé toute une série d'attaques autrichiennes dans les Alpes du Trentin et de la Carnie.
Les Allemands ont perdu tant de monde en Galicie qu'ils ont dû rappeler deux divisions dépêchées contre les Serbes.
Le gouvernement américain a envoyé une nouvelle note, d'allures vigoureuses, à l'Allemagne, au sujet du William P. Frye.
Des officiers allemands sont partis pour aller travailler les tribus de la Lybie contre l'Italie.

Vendredi 2 juillet
Pas d'action d'infanterie dans le Nord, mais canonnade dans le secteur d'Arras.
A Dompierre, une de nos mines a bouleversé les éléments de l'organisation ennemie. Canonnade sur l'Aisne.
Il se confirme que l'attaque du 30 juin, menée avec une extrême vigueur, tendait à percer nos lignes dans l'Argonne. L'ennemi n'a pu atteindre nos premières tranchées qu'à raison du bouleversement causé par les projectiles de gros calibre et par l'emploi de gaz asphyxiants. Les Allemands ont été arrêtés grâce à la solidité de notre organisation et refoulés par des contre-attaques de notre infanterie, qui s'est établie sur un front distant d'environ 200 mètres des éléments détruits de notre première ligne. Le 2 juillet, deux nouvelles offensives ennemies ont été enrayées par notre artillerie.
Duel d'artillerie au bois d'Ailly, à Flirey et au bois Le Prêtre. Nous avons repoussé deux attaques sur les pentes du ballon de Guebwiller près de Metzeral.
Les Allemands ont échoué dans une tentative de débarquement à Windau, sur le littoral de la Courlande. Ils y ont perdu un torpilleur, qui a coulé sur une mine. Les Russes ont remporté plusieurs succès dans la région du Dniester.
Les Italiens continuent à garder la supériorité dans le Trentin : ils ont brisé deux assauts en Carnie, et progressent sur l'Isonzo.
Un sous-marin allemand a torpillé, près des îles Scilly, le steamer Armenian. Vingt matelots américains qui étaient à bord sont manquants. L'émotion est vive en Amérique.


Samedi 3 juillet
Canonnade sur un grand nombre de points. Au nord-ouest d'Ypres, dans le secteur au nord d'Arras, et au nord de l'Aisne.
Attaque des grenadiers ennemis contre nos positions du chemin d'Ablain à Angres, au nord de la route de Béthune : nous la repoussons. A la Boisselle, une de nos mines, en explosant, détruit des travaux ennemis.
En Argonne, nous refoulons deux attaques allemandes très violentes, et dont l'une va jusqu'au corps à corps.
Tentative ennemie enrayée par notre artillerie au bois Le Prêtre (le " Quart en Réserve ").
Série d'attaques allemandes sans résultat au Hilgenfirst, en Alsace.
Aux Dardanelles, après avoir brisé plusieurs contre-attaques ottomanes, nous nous emparons d'un grand ouvrage comportant six lignes de tranchées successives.
L'aviateur français enseigne de vaisseau Roulier a bombardé et, croit-on, endommagé, un sous-marin autrichien dans l'Adriatique.
Les Italiens ont canonné le Predil, puis un point dominant près du Freikopel (Alpes de Carinthie). Ils ont avancé sur l'Isonzo.
Combat naval en Baltique. Poursuivi et canonné par quatre croiseurs russes, le mouilleur de mines allemand Albatros s'est échoué.
L'armée russe livre des combats d'arrière-garde à l'armée Mackensen, près de Zamosc, entre Wieprz et Bug. Elle a repoussé les Austro-Allemands en Galicie, en leur faisant 1000 prisonniers.
Les sous-marins allemands ont coulé toute une série de navires au large du littoral anglais.


Une position italienne, sur le front de l'Isonzo en 1915


Dimanche 4 juillet
Violente canonnade en Belgique, à Neuville, Ecurie, Roclincourt et sur le front de la Somme à l'Aisne. Des obus envoyés sur Arras y ont déterminé quelques incendies dont on s'est rendu maître.
Sur la rive droite de l'Aisne, à Soupir et à Troyon, ainsi qu'en Champagne, de Perthes à Beauséjour, lutte de mines. Journée plus calme en Argonne, l'ennemi, ayant échoué dans ses dernières tentatives, n'a plus prononcé d'attaques d'infanterie.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, et sur le front de la Haye, canonnade continue.
Quelques actions d'infanterie dans les Vosges, à la Fontenelle et à l'Hartmannswiller.
Le général Gouraud, commandant le corps expéditionnaire d'Orient, a été atteint par les éclats d'un obus tombé près de l'ambulance où il s'était rendu pour visiter les blessés. Il a été évacué sur la France et remplacé par le général Bailloud.
Les Russes ont repoussé les Allemands près de Prasnych et dans la région de Chavli, comme sur la rive gauche de la Vistule. Ils sont en contact avec l'ennemi dans la région de Lublin (Pologne méridionale). Le feldmaréchal Mackensen continue à progresser entre le Wieprz et le Bug. Les Austro-Allemands ont subi de lourdes pertes dans la région du Dniester, près de Galitch. Nos alliés ont fait 2000 prisonniers.
Les Italiens continuent le bombardement du Predil. Ils ont repoussé vigoureusement une attaque autrichienne à l'est de l'Isonzo.
Les excitations germaniques en Lybie, contre l'Italie, prennent un ton plus accentué.

Lundi 5 juillet
Dans le secteur d'Arras, les Allemands, en formations serrées, ont attaqué nos positions au nord de la route Aix-Noulette-Souchez. Dispersés par nos feux d'infanterie et par nos mitrailleuses, ils ont subi de lourdes pertes.
En Belgique, cannonade autour de Nieuport et de Steenstraete-Hetsas.
Cannonade et fusillade dans l'Argonne, de Binarville au Four-de-Paris. Quelques actions d'infanterie. Pas de modification des lignes.
En Haye, bombardement, puis attaque de vive force accomplie par les Allemands contre nos tranchées. Partout ils ont été contraints de se replier.
Un sous-marin anglais a coulé dans la Baltique, un prédreadnought allemand, du type Deutschland. Un croiseur allemand a été avarié, au cours du combat naval de Gottland.
Les Russes ont repoussé une série d'attaques à l'ouest du Niémen, près d'Ossowietz, sur la rive droite de la Vistule, au sud de la Pilitza.
Les combats opiniâtres continuent près de Zamosc, dans la région où opère l'armée du feld-maréchal von Mackensen.
Les torpilleurs russes ont bombardé avec succès Zoungouldak, sur la côte turque de la mer Noire.
Le général anglais Scott Moncrieff a été tué aux Dardanelles.
Un hydravion autrichien a jeté sans résultat des bombes sur Alberoni, près de Venise.

Mardi 6 juillet
Deux tentatives ennemies ont été enrayées au nord d'Arras. Devant Souchez, les Allemands, armés de grenades et de pétards, sont sortis plusieurs fois de leur tranchée : ils ont dû se replier avec de grosses pertes. Une autre attaque a été arrêtée par notre feu au " Labyrinthe ".
Dans la Haye, les Allemands ont pris l'offensive sur un front de 5 kilomètres. Près du bois Le Prêtre, ils ont réussi à reprendre pied dans leurs anciennes lignes, que nous avions conquises. Ils n'ont pu toutefois les dépasser. Partout ailleurs, dans la région, l'offensive allemande a échoué avec de lourdes pertes. Dans la soirée, l'ennemi a bombardé le bois Le Prêtre avec des obus de gros calibre.
En Pologne, les Russes ont repoussé une tentative allemande sur la Bzoura. Près de Radom, ils ont conquis des tranchées sur les Autrichiens. Entre Vistule et Bug, ils luttent pied à pied, arrêtant la marche des colonnes de Mackensen. Ces colonnes ont été partout décimées. Les arrière-gardes de nos alliés en Galicie se retirent de la Gnila-Lipa sur la Zolata-Lipa.
Un aviateur russe a fait sauter un train de munitions allemand dans la région du San.
Les Italiens ont battu les Autrichiens au Val Grande et en Carnie. Ils ont infligé de dures pertes à leurs adversaires.

Mercredi 7 juillet
Les Anglais s'emparent de quelques tranchées allemande à Pilken, en Flandre, puis repoussent toute une série de contre-attaques. Lutte violente à notre avantage autour de la gare de Souchez. Arras et Reims sont bombardés. Sur les Hauts-de-Meuse, après avoir brisé deux offensives ennemies, nous reprenons un élément de tranchée - à Sonvaux, d'où nous avions été délogés le 27 juin, - puis nous progressons au delà. Une contre-attaque allemande est paralysée par nos mitrailleuses et l'ennemi, s'enfuyant en désordre, laisse de nombreux morts sur la place.
Au bois Le Prêtre, il subit aussi de grosses pertes et deux assauts qu'il dirige contre nos lignes sont arrêtés. Bombardement, dans les Vosges, de la Fontenelle à Thann.
Le général de Mackensen chemine beaucoup moins vite en Pologne. Sur plusieurs points, les Russes remportent des succès signalés, en particulier à Krasnik, où ils ont fait une attaque de flanc réussie.
Un raid aérien sur la côte est de l'Angleterre a piteusement échoué.
La Chambre des Communes britanniques a voté le projet instituant le recensement national.
Les Italiens bombardent les forts de Malborghetto et du Predil, tandis qu'un de leurs dirigeables jette des obus sur des établissements militaires près de Trieste.

Jeudi 8 juillet
Au nord d'Arras, bombardement continu. Deux attaques allemandes ont été repoussées devant Souchez.
Sur les Hauts-de-Meuse, nos tirs de barrage ont arrêté une offensive ennemie. Par la suite, les Allemands ont bombardé violemment nos positions des Eparges.
Au sud-est de St-Mihiel, après une vive canonnade, ils ont pris l'offensive dans la forêt d'Apremomt. Sur un seul point, ils ont pénétré dans notre première ligne. Partout ailleurs leurs pertes ont été très lourdes.
Au bois Le Prêtre, après avoir enrayé une offensive, nous avons reconquis 200 mètres de terrain.
Aux Dardanelles, les Turcs ont prononcé une attaque générale d'artillerie et d'infanterie. Ils ont été littéralement fauchés par le feu des Franco-Anglais. On prétend, d'autre part, que les munitions commencent à leur faire défaut. Les pertes, enfin, qu'ils ont subies depuis le début des opérations sont extrêmement élevées.
L'opinion américaine est de nouveau très montée contre l'Allemagne, depuis qu'on sait, à Washington, que le chancelier veut faire traîner en longueur les pourparlers au sujet du Lusitania. D'ailleurs, les attentats terroristes, machinés par des Allemands ou des germanophiles, se multiplient aux Etats-unis.

Vendredi 9 juillet
Une attaque allemande, dirigée contre les tranchées dont les troupes britanniques se sont emparées au sud-ouest de Pilken, a été dispersée avec de lourdes pertes par l'artillerie franco-anglaise. Violentes actions autour d'Angres et de Souchez. L'ennemi a été presque partout repoussé. Il a réussi simplement à réoccuper une centaine de mètres sur 800 qu'il avait perdus.
Soissons a été bombardée. Lutte à coups de grenades et de torpilles aériennes dans le secteur de Quennevières. Lutte de mines à notre avantage sur la rive droite de l'Aisne, dans la région de Noyon. En Champagne, en faisant exploser une mine, nous endommageons fortement les tranchées ennemies. En Argonne, fusillade et canonnade sans répit : nous refoulons une attaque à Marie-Thérèse.
Entre Meuse et Moselle le bombardement continue avec violence dans la forêt d'Apremont et au nord de Flirey. Deux attaques allemandes ont été brisées près de Fey-en Haye.
Le croiseur cuirassé italien Amalfi a été coulé par un submersible autrichien dans la haute Adriatique.
Les Russes contiennent les Allemands sur tout le front, aussi bien entre la Vistule et la Wieprz, dans la région de Lublin, que le long de la chaussée de Krasnik, où ils ont capturé à nouveau 2.000 prisonniers, et sur les routes venant de Lemberg.
Les informations qui arrivent de Washington portent que tous les ministres ont engagé le président Wilson à se montrer très ferme à l'endroit de l'Allemagne, dont la réponse va chercher évidemment à prolonger le débat sur les pirateries navales.

Samedi 10 juillet
Action d'artillerie assez vive autour de Souchez; bombardement lent et continu d'Arras; canonnade violente sur le plateau de Nouvron, entre Oise et Aisne.
En Champagne, lutte de mines; fusillade et canonnade en Argonne.
Entre Meuse et Moselle, action d'infanterie de notre part près du bois Le Prêtre, où nous reprenons 150 mètres de tranchées; - de la part des Allemands, qui se servent de liquides enflammés, à la Croix-des-Carmes. Ils sont d'ailleurs repoussés.
Dans les Vosges, succès pour nos troupes au Ban-de-Sapt, à la Fontenelle: nous ressaisissons un ancien ouvrage perdu le 22 juin et nous prenons toute une série d'ouvrages défensifs allemands sur une largeur de 600 mètres et une profondeur de 700. Nous capturons environ 800 officiers et soldats et du matèriel. Tout retour offensif est interdit à l'ennemi par un tir de barrage.
L'offensive russe se dessine au sud de Lublin, où nos alliés font 11000 prisonniers et enlèvent un matériel considérable. Sur le reste du front oriental, les Austro-Allemands sont énergiquement contenus.
Les troupes allemandes de l'Afrique sud-occidentale, en tout 3200 hommes, ont capitulé entre les main du général Botha. C'est là un important succès.
Une série d'assauts autrichiens est repoussée par les Italiens en Carnie. Un aéroplane autrichien a bombardé Nabresina.

Dimanche 11 juillet
Au nord d'Arras, quelques tentatives d'attaques allemandes sur nos positions du chemin d'Angres à souchez ont été repoussées. Au Labyrinthe, combat de grenades.
En Champagne, sur le front Perthes-Beauséjour, une attaque allemande, prise sous un feu d'infanterie et d'artillerie, a été dispersée avec des pertes sensibles.
En Lorraine, nous avons repoussé un bataillon ennemi.
Actions d'artillerie en forêt d'Apremont, au bois Le Prêtre et à la Fontenelle. Le recensement des prisonniers faits au combat du 10 donne le total de 885, dont 21 officiers.
Nos avions ont bombardé les gares d'Arnaville et de Bayonville, ainsi que les baraquements militaires de Norroy.
L'offensive russe tend à se développer sur le front oriental, et spécialement dans la région de Lublin. Nos alliés ont porté à 15000 le nombre de prisonniers qu'ils ont faits. Sur le Bug, les Autrichiens ont également subi une défaite caractérisée. On annonce que le général Rousski va être nommé vice-généralissime.
L'Allemagne a répondu à la note américaine relative à la piraterie navale. Cette réponse est un simple tissu d'arguties; elle a été tout de suite critiquée véhémentement par la presse new-yorkaise.
Lundi 12 juillet
L'armée britannique repousse une attaque allemande qui avait pris pied dans quelques éléments de première ligne.
Au nord de Souchez, nos troupes chassent les Allemands de quelques éléments de tranchée, où ils avaient pu se maintenir, à proximité de la station. Une attaque ennemie est arrêtée à la Vaux-Féry (forêt d'Apremont, près de Saint-Mihiel). Canonnade dans le secteur de l'Aisne, au bois Le Prêtre, à Moncel, à Metzeral et à Ammertzwiller.
Près d'Altkirch, un de nos avions a abattu un aviatik.
La somme des souscriptions offertes à l'emprunt britannique atteint à près de 20 milliards.
Les combats du front oriental deviennent plus violents au nord-ouest de Varsovie. Sur la rive gauche de la Vistule, les Allemands évacuent leurs dernières tranchées de Goumine en se couvrant d'un ouragan de feu. Au sud de Lublin, la bataille se déroule autour dela cote 118. Les Russes ont délogé leurs adversaires par de fougueuses offensives de la cote 118. Entre la Wieprz et le Bug, ils ont repoussé une série d'assauts. Les Austro-Allemands n'ont pas réussi à progresser sur la Zlota-Lipa.
Le roi George a visité la grand flotte anglaise, dont il constate l'état très satisfaisant.
Le gouvernement allemand a fait des excuses au Danemark au sujet du torpillage du vapeur danois Seaborg.

Mardi 13 juillet
Dans le secteur d'Arras, l'ennemi, après avoir lancé des projectiles asphyxiants, a tenté, près de Souchez, une première attaque qui a échoué. Dans une seconde attaque, il a réussi à s'emparer du cimetière de Souchez et de quelques éléments de tranchées, mais une contre-attaque nous a remis en possession de la majorité du terrain perdu.
Combat de grenades dans les tranchées de Compact, près de Neuville-Saint-Vaast.
Bombardement très vif et combat de mines au nord de l'Aisne spécialement autour de Quennevières et de Nouvron.
En Argonne, grande activité à Marie-Thérèse, Four-de-Paris, Bolante, Haute-Chevauchée.
En Woëvre, l'ennemi canonne Fresne, mais toutes ses attaques sont repoussées, comme celles qu'il esquisse au bois Le Prêtre.
Bombardement à la Fontenelle au nord de Munster, dans les Vosges. Nous remportons un succès à Ammertzwiller.
Le croiseur allemand Koenigsberg est détruit par la flotte anglaise, dans la rivière Rufigi (Afrique orientale).
Les Russes infligent des pertes importantes à l'ennemi, au sud de Lublin, près de la Bystritza : ils font 900 prisonniers.
Succès italiens en Carnie et au Monte Nero.
M. Ghenadief, ancien ministre des Affaires étrangères de Bulgarie, est arrêté à Sofia, pour complicité dans l'attentat du casino municipal.

Mercredi 14 juillet
Les Allemands bombardent les lignes françaises et britanniques en Belgique, en usant de gaz asphyxiants.
Ils tentent une attaque devant le "Labyrinthe", mais les assaillants sont décimés et rejetés. Dans le même secteur d'Arras, canonnade très violente. Arras même est à nouveau bombardé.
En Argonne, l'armée du kronprinz reprend l'offensive depuis la route Binarville-Vienne-le-Château jusqu'à la région de la Haute-Chevauchée, en subissant un nouvel échec; l'attaque a été menée en force, presque cinq régiments différents ont déjà été identifiés. Notre ligne a été maintenue telle quelle après diverses oscillations.
Canonnade entre Meuse et Moselle, dans la forêt d'Apremont et au bois Le Prêtre. Nous gagons du terrain entre Fey-en-Haye et la forêt, par des combats à la grenade.
Dans les Vosges, nous arrêtons une offensive allemande sur la Fecht.
A l'ouest de Varsovie, les Russes continuent, ayant achevé leur contre-offensive, ils ont occupé les positions qui leur avaient été indiquées sur la rive droite de l'Ourjenodvka. Sur le Bug supèrieur, ils dispersent une attaque, en infligeant de sérieuses pertes à leurs agresseurs. Même résultat sur la Zlota-Lipa.
Dans la prequ'île de Gallipoli, les alliés occupent deux collines dominant Krythia.
On apprend qu'aux Etats-Unis les germanophiles ont commis un attentat contre l'ambassadeur d'Angleterre.

Jeudi 15 juillet
Les Allemands attaquent les tranchées prises par les troupes britanniques à Pilken; ils sont facilement repoussés. Ils bombardent Furnes et Ost-Dunkerque. A titre de représailles, nous bombardons les cantonnements allemands de Middelkerke.
Au nord d'Arras, les ennemis tentent par deux fois, mais en vain, de sortir de leurs tranchées près de Souchez. Ils jettent à nouveau des obus de gros calibre sur Arras et sur Soissons. Lutte de mines dans la région de la Somme, à l'ouest de Péronne, et près de Perthes, en Champagne.
En Argonne, nous attaquons depuis la région à l'ouest de la route de Binarville-Vienne-le-Château jusqu'à Marie-Thérèse, et nous prenons pied, sur plusieurs points, dans les tranchées allemandes. A l'ouest de l'Argonne, nos attaques dépassent la route de Servon et nous assurent la possession du bois Beaurain.
Dans les Vosges, bombardement à la Fontenelle.
Une escadrille de vingt de nos avions a opéré des destructions à Libercourt, gare importante entre Douai et Lille. Elle a forcé un train à s'arrêter entre deux gares, et un albatros à atterir. Un nouvel incident a surgi entre l'Allemagne et l'Amérique, un sous-marin ayant contraint un steamer à lui servir d'écran pour attaquer un vapeur russe.

Vendredi 16 juillet
Canonnade près d'Arras. Nous prenons une ligne de tranchées allemandes au sud du château de Carleul. Combat à la grenade autour de Neuville-Saint-Vaast et du Labyrinthe.
En Argonne, la lutte se circonscrit surtout à l'ouest de la forêt. Les Allemands ont repris pied dans le bois Beaurain que nous avions occupé, mais ils sont repoussés à la Haute-Chevauchée et à Boureuilles.
Entre Fay-en-Haye et le bois Le Prêtre, une offensive ennemie est également arrêtée. Violente canonnade sur divers autres points du front, spécialement à la tranchée de Calonne et à Wissembach, près de Sainte-Marie-aux-Mines.
Notre corps expéditionnaire aux Dardanelles et une partie des troupes britanniques ont attaqué les positions turques et emporté plusieurs lignes d'ouvrages. Les zouaves et les légionnaires se sont distingués. Nous avons fait 200 prisonniers et nos alliés 150. Les pertes des Turco-Allemands sont très lourdes. La marine franco-anglaise a coopéré à l'action.
Les Allemands, en Pologne, ont réussi à franchir la Narew. Ils ont été repoussés sur la Pissa; ils s'avancent en masse sur l'Orjitz, où les Russes se sont retirés sur leur seconde ligne de positions.
Dans le Haut-Cadore, les Italiens ont continué à bombarder Landro. Ils ont eu avec leurs adversaires plusieurs rencontres favorables. Ils ont occupé une cime, qui passait pour inabordable, à Falzarego, et ont repoussé une contre-attaque.

Samedi 17 juillet
Dans le Nord, l'ennemi, qui a tenté de sortir de ses tranchées, près du Château de Carleul, est immédiatement arrêté par nos feux d'artillerie et d'infanterie. Il se venge en bombardant le village de Bully, et l'une des fosses de cette région, où deux civils sont tués. Nous mettons le feu à une ferme, près de Vimy, par nos obus.
Sur la rive droite de l'Aisne, à l'ouest de Soissons, les Allemands lancent 4000 obus sur le secteur de Fontenay, puis ils tentent contre un de nos ouvrages un coup de main qui échoue. En Argonne, vive canonnade, mais l'ennemi renonce à de nouvelles attaques d'infanterie. Sur les Hauts-de-Meuse, bombardement aux Eparges, à Sonvaux, à Apremont; combat de grenades au bois d'Ailly; fusillade et canonnade à Flirey.
En Lorraine, les Allemands attaquent sur un front de trois kilomètres les positions que nous leur avons enlevées à Leintrey. Ils bombardent toute notre ligne de Chainpenoux à la Vezouze. Une attaque qu'ils tentent à Parroy leur vaut de lourdes pertes.
Nos avions jettent des obus sur la gare militaire de chauny.
Les Russes contiennent l'ennemi en courlande, repoussent une attaque près de Lomza, se retranchent au sud de Prasnych, et contiennent les Austro-Allemands sur le Dniester. Guillaume II tient un conseil de guerre à Posen avec Hindenburg et le chef d'état-major Falkenhayn.

Dimanche 18 juillet
La canonnade, violente pendant la nuit précédente autour de Souchez, de Neuville et de Roclincourt, s'est affaiblie au cours de la journée. Quelques obus sont tombés sur Arras.
Reims a été également bombardé.
Lutte de bombes et de pétards dans l'Argonne, à Marie-Thérèse, et au ravin des Meurissons. Deux attaques allemandes échouent à l'ouest de Boureuilles (cote 263).
Sur les Hauts-de-Meuse, après un vif bombardement des Eparges et du ravin de Sonvaux, les ennemis ont attaqué nos positions de la tranchée de Calonne jusqu'aux Eparges. Ils ont été repoussés avec de lourdes pertes.
En Lorraine, une offensive allemande a été dispersée, près de Parroy; une autre, enrayée immédiatement, au Ban-de-Sapt. Près du village du Bonhomme, dans les Vosges, aux Fermes Tournies, un coup de main allemand a échoué.
Sur le front oriental, les Allemands ont progressé en Courlande (vallée de la Vindava). Ils ont été refoulés au nord-est de Souvalki. Sur le front de la Narew, les Russes se sont légèrement repliés. Par contre, ils ont repoussé leurs adversaires près de l'Otjiz, au sud de la Pilitza et sur la Zlota-Lipa.
Trois avions autrichiens ont survolé Bari, en Italie. Leurs bombes ont tué trois personnes.

Lundi 19 juillet
Actions d'artillerie en Belgique, près de Saint-Georges, et en Artois, près de Souchez.
Une dizaine d'obus de gros calibre ont été lancés sur Arras.
Vive action d'infanterie sur les Hauts-de-Meuse. Une contre-attaque nous a rendu l'élement de tranchée que nous avions perdu à Sonvaux.
Nous avons repoussé une nouvelle offensive allemande, qui était accompagnée de jets liquides enflammés. L'ennemi, qui a subi de très lourdes pertes, a laissé entre nos mains deux officiers et plus de 200 hommes prisonniers appartenant à trois régiments différents.
Les Allemands ont avancé en Courlande, sur la rive droite de la Windawa. Le combat continue de plus en plus violent sur l'Orjitz, où les Russes ont anéanti à la baïonnette plusieurs groupes ennemis. Ils se sont repliés légèrement dans la région de Mlava. Les Austro-Allemands ont été repoussés sur plusieurs points, entre la Vistule et le Bug, et sur le Bug. Une bataille se déroule sur le Dniester.
Les Italiens ont pris une série de contreforts montagneux près du col de Lana dans le Cadore. Ils ont repoussé, sur l'Isonzo, une offensive autrichienne contre la tête de front de Plava.
Deux sous-marins autrichiens se sont perdus dans l'Adriatique.

Mardi 20 juillet
L'ennemi bombarde, en Belgique, nos tranchées de Saint-Georges, ainsi que le village et l'église de Boesinghe.
En Artois, attaque d'infanterie repoussée sur un front de 1200 mètres, près de Souchez.
En Argonne, à Saint-Hubert, une offensive allemande est rejetée.
Sur les Hauts-de-Meuse, près de Sonvaux, deux offensives ennemies ont été brisées; une série d'attaques secondaires sont enrayées avec de fortes pertes pour nos adversaires.
Combats d'avant-postes, en Lorraine, près de Manhoué, sur la Seille, et près de Parroy.
La lutte a atteint à son maximum d'acuité sur le front oriental. L'ennemi a remporté quelques avantages sur la Wieprz et dans la région de Prasnych, mais partout ailleurs il a été battu et a laissé de nombreux morts sur le terrain. Les Russes ont fait 500 prisonniers en Courlande, près de Chavli, et plus de 2000 sur le Dniester, où ils ont aussi capturé des mitrailleuses.
La flotte italienne a bombardé les forts de Cattaro qu'elle a endommagés. Au retour, le croiseur Guiseppe Garibaldi a été torpillé par un sous-marin autrichien. L'armée italienne a remporté une victoire sur le plateau de Carso, près de Gorizia, et fait 2000 prisonniers.

Mercredi 21 juillet
Violent bombardement, en Artois, autour de Souchez et de Neuville-Saint-Vaast. Combat à la grenade à proximité du château de Carleul.
Canonnade dans la vallée de l'Aisne. Soissons a été bombardée. Reims a subi le même sort et plusieurs victimes sont tombées, dans la population civile.
Sur les Hauts-de-Meuse, deux attaques allemandes ont été repoussées aux Eparges. Canonnade à Fay-en-Haye et au bois Le Prêtre.
Quatre de nos avions ont jeté en tout quarante-huit obus sur la gare de Challerange, au sud de Vouziers. Six avions ont bombardé la gare de Colmar, atteignant les bâtiments, les voies et les trains. La ville n'a pas été touchée. Nos appareils sont rentrés indemnes; un dirigeable français a lancé 23 obus sur la gare militaire et le dépôt de munitions de Vigneulles-les-Hattonchâtel.
Les Allemands avancent en Courlande, dans le secteur Riga-Chavli. Les Russes ont pris une nouvelle ligne de défense sur la Narew, tout en faisant de brillantes contre-attaques. Ils ont cédé à l'ennemi certains passages entre Wieprz et Bug, et repoussé de furieux assauts à Grabovietz. On calcule que les Austro-Allemands ont maintenant quatorze corps d'armée près de Lublin et disposent de forces beaucoup plus grandes encore dans la Pologne septentrionale.

jeudi 22 juillet
Canonnade en Artois, autour de Souchez et de Neuville; lutte à coups de torpilles et de grenades; aucune action d'infanterie.
Soissons a été bombardée. Dans la partie orientale de l'Argonne, l'ennemi a pris pied dans une de nos tranchées avancées qui faisait saillant.
Dans la forêt d'Apremont et au bois Le Prêtre, il a été complètement repoussé.
Dans les Vosges, vives actions d'infanterie. Sur les hauteurs qui donnent à l'est la vallée de la Fecht, nous avons pris une partie des organisations offensives allemandes. Saint-Dié a été bombardée par l'ennemi.
Trente et un de nos avions ont opéré au-dessus de Conflans-Jarny. Leurs obus ont endommagé la gare et le dépôt de locomotives. Deux autres de nos avions ont jeté des obus à nouveau sur la gare de Colmar.
Sur le front oriental, la progression allemande a continué en Courlande. L'ennemi a occupé quelques tranchées au nord-est de Suwalki; l'artillerie de la forteresse de Novo-Georgiewsk, à 45 kilomètres de Varsovie, a canonné efficacement les têtes de colonnes de Hindenburg. Les Russes ont fait 500 prisonniers sur le Dniester.
Les relations se tendent de plus en plus entre la Roumanie et l'Allemagne, comme d'ailleurs entre la Turquie et la Grèce, et aussi la Turquie et l'Italie.
On dément l'arrestation de M. Ghenadief à Sofia.

Vendredi 23 juillet
Quelques actions d'artillerie en Artois. Un faubourg d'Arras est à nouveau bombardé.
En Champagne, les aviateurs ennemis essayent de bombarder les villages et les gares de ravitaillement ; ils ont été violemment canonnés et leurs bombes incendiaires n'ont produit aucun dégât.
Violent bombardement entre Meuse et Moselle, dans la Woëvre septentrionale et au bois Le Prêtre.
En Lorraine, à Bioncourt-sur-la-Seille, nous repoussons une reconnaissance allemande.
Combat dans les Vosges. Nous attaquons utilement à l'ouest de Munster, et malgré neuf contre-attaques de l'ennemi, nous occupons 150 mètres de tranchées. Au nord de Munster, nous occupons la crête du Linge et prenons pied au sud de celle-ci, sur le Barrenkopf. Nous faisons 107 prisonniers.
Nos avions ont bombardé la gare d'Autry (Ardennes), à quelques kilomètres de Binarville.
Sur le front oriental, les Russes contiennent les Allemands à la droite de la Narew et sur la rive gauche de la Vistule. Les Allemands subissent aussi de grosses pertes sur les deux rives de la Wieprz et laissent 1000 prisonniers aux mains des Russes, près de Sokal, sur le Bug.
M. Wilson a fait partir sa réplique à l'Allemagne au sujet du Lusitania. Les grèves provoquées par les Progermains se multiplient aux Etats-Unis.
Les Italiens ont capturé un avion autrichien près d'Udine. Le député Bissolati, chef des socialistes réformistes, a été blessé en combattant.

Samedi 24 juillet
Canonnade en Artois, autour de Souchez. Quelques obus sur Soissons et sur Reims. Entre Oise et Aisne (Quennevières et Nouvron) et sur la rive droite de l'Aisne (Soupir), actions d'artillerie.
En Argonne, fusillade et canonnade autour de Bagatelle, où l'une de nos compagnie a pris une tranchée et rectifié le front à notre avantage.
Pont-à-Mousson a été bombardée. Au bois Le Prêtre, nous avons repris une tranchée et repoussé deux contre-attaques.
Près d'Arracourt, une reconnaissance ennemie s'est retirée devant nos feux.
Nous avons brisé une offensive dans les Vosges, à la Fave, et une autre à l'est de Metzeral.
Nos avions ont bombardé la gare de Conflans-en-Jarnisy.
Un dirigeable italien a opéré avec succés au-dessus de Nabrésina, entre Gradiska et Trieste.
De violents combats se poursuivent en Courlande et en Pologne, sur la Narew. Les troupes russes couvrent les positions avancées d'ivangorod, sur la Vistule. Elles résistent avec succès sur la Wieprz et sur le Bug. Elles ont fait 1500 prisonniers près de Sokal, sur la rive droite de ce fleuve.
M. Tittoni est rentré à Paris, après avoir conféré avec MM. Salandra et Sonnino. La tension italo-turque s'accroît.

Dimanche 25 juillet
Journée relativement calme, hormis quelques canonnades sur notre front. Dans les Vosges, toutefois, l'ennemi prononce plusieurs attaques au Reichakerkopf et à l'est de Metzeral : il est partout repoussé.
Les Allemands, sur le front oriental, poursuivent leur progression en Courlande et le gouvernement russe décide de transférer de Riga vers l'intérieur les industries qui travaillent pour l'Etat. Sur la Narew, violentes attaques de la tête de pont de Rojany.
Sur la rive gauche de la Vistule, l'ennemi donne assaut aux ouvrages avancés d'Ivangorod, mais cet assaut est brisé avec de grandes pertes pour lui. Les troupes austro-allemandes, qui ont Lublin pour objectif, ont essuyé de lourdes pertes sur le front Khmiel-Miasky. Les Russes ont fait 500 prisonniers. Ils ont également remporté un nouveau succès près de Sokal; plus au sud-est, ils ont fait quelques centaines de prisonniers.
Les Turcs ont attaqué aux Dardanelles les tranchées britanniques. Ils ont été repoussés. L'affaire a été chaude et courte.
La presse américaine approuve unanimement la note très énergique que le président Wilson a adressée au gouvernement allemand.
Un steamer américain a été capturé par les Allemands dans la mer Baltique.

Lundi 26 juillet
Quelques actions d'artillerie : en Artois, autour de Souchez; entre Aisne et Oise, à Quennevières et au bois Le Prêtre. Ici la fusillade s'est jointe à la canonnade.
Nous avons remporté un nouveau succés au Ban-de-Sapt, dans les Vosges. Nous avons enlevé des organisations défensivives très puissantes, entre la hauteur de la Fontenelle et le village de Launois. Nous avons capturé 11 officiers et 825 soldats allemands; les tranchées regorgeaient de cadavres et nous y avons aussi trouvé six mitrailleuses. Les effectifs engagés par nous n'étaient que de deux bataillons.
Les Allemands ont subi un échec en Flandre, dans une attaque contre les troupes britanniques, - à Hooge.
Le cheminement des troupes germaniques continue en Courlande. Sur le front de la Narew elles ont été repoussées, vers la rive gauche de la Pissa, - mais plus loin, vers Rojany, le combat continue. Sur la Vistule, elles ont été arrêtées à Novo-Georgievsk et à Ivangorod. Entre Vistule et Bug, succés russe à Voislavitz, mais avance de l'ennemi à Groubechow. Bataille opiniâtre sur le Bug, près de Sokal. Les torpilleurs russes de la région du Bosphore ont bombardé un camp ottoman.
Goritz a été évacué par l'état-major autrichien. Les Italiens ont remporté un nouveau succès sur le Corso. Le chiffre total des prisonniers qu'ils ont faits depuis le début de la campagne monterait à 18.000.
La France remplace son ministre à Athènes, M. Deville, par M. Guillemin.

Mardi 27 juillet
Canonnade moins intense en Artois. Quelques obus encore sur Arras. Lutte de mines en Champagne (Perthes-Beauséjour) et à Vauquois. Actions d'artillerie dans la région de Soissons, au bois Le Prêtre, près de Pont-à-Mousson, au Ban-de-Sapt, où l'ennemi essaie en vain de reprendre ses positions, et à l'Hartmannswillerkopf.
Nos avions ont bombardé la gare militaire de Nancillois, au nord de Montfaucon.
Au front oriental, les Russes ont de nouveau infligé de très grosses pertes aux Allemands sur la Narew. Ceux-ci n'ont pu passer nulle part entre Ostrolenka et Rojany, mais ils ont jeté deux bataillons sur la rive gauche, entre Rojany et Pultusk. Sur la rive gauche de la Vistule, ils ont prononcé des attaques stériles. Entre Vistule et Bug, ils ont été partout arrêtés, comme leurs alliés les Autrichiens. Sur le Bug, la Zlota-Lipa et le Dniester, aucune action d'artillerie.
La Turquie, tout en fournissant à la Grèce de vagues explications, continue à molester les Hellènes d'Asie.
De Monfalcone au Monte-Nero, les Italiens, en dépit des contre-attaques furieuses des Autrichiens, poursuivent leur avance. La flotte autrichienne est bloquée dans les bouches de Cattaro.


   
Colonne de soldats autrichiens à Mede, dans le Frioul autrichien
 
Fantassin italien tué par les gazs avant d'avoir eu le temps de mettre son masque
 
Mercredi 28 juillet
Les Allemands ayant bombardé Furnes et Oost-Dunkerque, nous avons canonné, par représailles, les cantonnements allemands de Westende et de Middelkerke.
Cinq bombes lancées sur Dunkerque n'ont causé aucun dégât. Canonnade à Souchez, en Artois. Bombardement d'Arras et commencement d'incendie aussitôt éteint.
Deux attaques allemandes ont été enrayées dans l'Argonne, près du layon Binarville-La-Harazée. La canonnade a été violente.
Dans les Vosges, en dépit de plusieurs contre-attaques de l'ennemi, nous avons poussé nos avantages sur le Lingekopf, au-dessus de la vallée de la Fech et de la route des Trois-Epis. Nous avons capturé plusieurs officiers et plus d'une centaine d'hommes. L'artillerie allemande a bombardé le col de la Schlucht.
Sur le front russe, les Allemands ont été repoussés à proximité de Chlok, à 50 kilomètres à l'ouest de Riga. Ils ont échoué dans de nouvelles attaques sur la Narew tandis que les contingents qui avaient réussi à passer la rivière étaient refoulés vers l'embouchure. Ils ont également échoué davant Ivangorod et entre Bug et Wieprz.
L'infanterie italienne a progressé sur l'Isonzo infèrieur, où elle a fait 1600 prisonniers dont 30 officiers.

Jeudi 29 juillet
Les Allemands ont lancé trois attaques, après un fort bombardement, sur nos tranchées de Souchez. Ils ont été rejetés des tranchées françaises dans lesquelles ils avaient réussi à pénétrer; ils n'ont gardé que 20 mètres d'une tête de sape en avant de notre front.
Ils ont bombardé Soissons. En Argonne, après une attaque dans le secteur de la Fontaine-aux-Charmes, ils ont été refoulés dans leurs tranchées.
Aux Dardanelles, nos troupes ont progressé à notre aile droite. Nos avions ont marqué une vive activité, bombardant avec succès le camp d'aviation des Turcs, près de Chanak. Ils ont déterminé un incendie dans les hangars et le dépôt d'essence.
Les Italiens ont remporté un sérieux succès sur le bas Isonzo, à San Michèle, à Sella San Martine, et au Monte Sei Busi. ILs ont fait 3.200 prisonniers, dont 42 officiers. Le Poète d'Annunzio a jeté des bombes sur l'arsenal de Trieste.
Les combats se poursuivent avec acharnement sur la Narew, au front oriental. Les Russes y font 700 prisonniers. Ils ont rejeté l'ennemi, plus au sud, à la gauche de la Vistule; entre Wieprz et Bug, ils continuent à maintenir les armées de Mackensen et de l'archiduc joseph-Ferdinand. Les Austro-Allemands ont réussi toutefois sur un point, près de Sokal, à franchir le Bug.
Dans la mer Noire, les torpilleurs russes ont détruit 150 voiliers ottomans.



D'ANNUNZIO
Vendredi 30 juillet
Actions d'artillerie dans le secteur de Souchez, autour d'Arras et de Soissons: en Argonne, à Marie-Thérèse et à Fey-en-Haye.
Près de Saint-Hubert et à Malancourt, nous avons fait sauter à la mine plusieurs postes allemands.
Au Ban-de-Sapt, à Launois (Vosges), nous avons poursuivi nos avantages. Saint-Dié et Thann ont reçu quelques obus. Au Lingekopf, nous avons trouvé 200 cadavres allemands, et 400 autres au Barrenkopf. Les ennemis ont vainement essayé par des contre-attaques de nous déloger. Nous avons fait en tout 201 prisonniers.
Les Russes contiennent les Allemands près de Mitau, en Courlande. Les combats se poursuivent sur la Narew. Nos alliés ont pris l'offetisive entre la Wieprz et le Bug, capturé 1500 prisonniers, et remporté deux succès près de Groubechow et à Sokal, dans la région du Dniester.
Les Italiens ont réalisé de nouveaux proprès sur le Carso, élevant à 102 le chiffre des officiers autrichiens capturés. Ils ont repoussé plusieurs attaques dans les Alpes de Carnie.

Samedi 31 juillet
Actions d'artillerie assez violentes en Belgique. Autour de Saint-Georges et de Steenstraete, combats à coups de grenades et de pétards, de tranchée à tranchée, près de Souchez et au Labyrinthe. Entre Oise et Aisne, à Quennevières, lutte d'artillerie. Explosion de mines en Argonne, entre Boureuilles et Vauquois et à Malancourt, canonnade près de Saint-Hubert. Au bois Mortmare et au bois Le Prêtre, entre Meuse et Moselle, canonnade et attaque d'infanterie refoulées. Un taube jette sur Nancy quatre bombes qui ne produisent aucun résultat. Lutte violente dans les Vosges, au Barrenkopf : une contre-attaque allemande est brisée avec de lourdes pertes.
Nos avions opèrent à Passchendaele, entre Ypres et Roulers, sur les bivouacs de l'ennemi, à l'ouest de Combles; sur les organisations allemandes de la colline de Brimont, près de Reims; sur la gare militaire de Châtel, en Argonne; sur celle de Burthecourt, en Lorraine; sur une usine de gaz asphyxiants à Dornach, en Alsace; sur la gare de Fribourg-en-Brisgau; sur la gare de Chauny. Une escadrille de quarante cinq appareils a jeté 103 obus sur les usines pétrolifères de Pechelbronn, près de Haguenau. Des obus ont enfin été lancés sur la gare de Detwiller et sur les hangars d'aviation de Phalsbourg.
Au front oriental, les combats se poursuivent le long de la Narew, où les Allemands ont subi des pertes sérieuses : sur la rive gauche de la Vistule, où leurs avant-gardes ont été repoussées; entre la Wieprz et le Bug, où ils ont été décimés. Les Russes ont fait enfin 1500 prisonniers près de Sokal.
On annonce que les Turcs fortifient Constantinople, comme si cette ville devait, à bref délai, subir un siège. Des avions français et anglais ont bombardé Smyrne.
Les Italiens ont réalisé des progrès sur le Carso et maintenu leurs positions en Carnie.