| Mercredi 1er janvier 1919 Les Polonais, à la suite d'une sanglante bataille de rues se sont rendus maîtres de Posen, mais les Allemands ont fait venir des renforts dans la ville. M. Lloyd George prépare un remaniement de son cabinet. Un certain nombre de ministres se déclarent, en effet, fatigués. Le Sénat, après la Chambre, a adopté les crédits militaires, mais il n'a ouvert aucun débat politique à ce sujet. Les troupes et unités navales françaises ont été accueillies avec enthousiasme tout le long de la côte dalmate. M. Wilson a prononcé un grand discours à Manchester. Il s'y est déclaré, une fois de plus, favorable à la Société des Nations et hostile aux combinaisons et alliances. Vilna est tombé aux mains des bolchevistes. Ils auraient aussi pris Riga, mais en ont été ensuite chassés par les Lettons. Ils voudraient attaquer de nouveau la ville. Ils ont subi des défaites au sud d'Arkhangel. Le prince Frédéric Charles de Hesse a fait savoir au gouvernement finlandais qu'il renonçait à la couronne d' Helsingfors. Le gouvernement allemand se pose la question de savoir s'il quittera Berlin pour une ville de l'Allemagne centrale. Un complot contre-révolutionnaire a été découvert à Münich. La démission de M. Bissolati semble devoir entraîner un remaniement total du cabinet italien. M. Balfour, ministre des Affaires étrangères d'Angleterre, est arrivé à Paris. Il a eu une longue conversation avec le colonel House. Cette conférence, qui fait suite aux conversations que M. Wilson a eues avec MM. Lloyd George et Balfour à Londres a permis d'arrêter les détails d'organisation de la conférence de la paix. La commission interalliée, composée de quatorze délégués d'Amérique, de France, d'Angleterre et d'Italie, pour étudier la question alimentaire de l'Autriche allemande, est partie de Berne pour Vienne. Le nouveau parlement anglais sera convoqué pour le 21 janvier. L'opposition à la Chambre des Communes sera conduite par M.Thomas, député travailliste. Max de Bade sera candidat à la Constituante allemande. |
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Mercredi 8 janvier M. Théodore Roosevelt, ancien président des Etats-Unis, est mort dans sa campagne de Sagamore Hill. Les Spartaciens ont accompli un nouveau coup de force. Ils soutiennent contre Ebert l'ancien préfet de police Eichhorn et s'emparent des principaux journaux berlinois et de l'agence Wolff. Une lutte sanglante s'est déroulée dans Berlin. Les majoritaires, pour avoir le concours des masses ouvrières qu'ils croient dévouées à leur cause, ont proclamé la grève générale. Les Spartaciens ont également tenté des coups de force à Cassel contre le G. Q. G., à Constance, à Mannheim et à Stuttgart. Les élections du grand-duché de Bade ont donné des résultats médiocres pour les socialistes majoritaires et nuls pour les indépendants. Il est faut que Radek ait quitté l'Allemagne. Les délégués anglais et italiens à la conférence sont partis pour Paris. Les Polonais ont remporté de nouveaux succès en Posnanie. Un coup de force a été tenté à Varsovie. Le gouvernement du général Pildsuski négocie avec ceux qui l'ont accompli. Le prince Sapicha, qui en était le principal inspirateur, a été arrêté. Le président Wilson a quitté Turin pour revenir à Paris. Les Bulgares n'ont pas encore évacué la Dobroudja. On publie le projet wilsonien de la Société des Nations relatif à l'arbitrage et au jugement des conflits internationaux. Raisouli s'oppose à une action de police franco-espagnole. M. Clemenceau est rentré à Paris. Le Labour party anglais a délibéré et décidé de refuser sa collaboration au cabinet: aucun de ses membres n'y pourra entrer avec l'agrément du parti. M. Lloyd George n'a pas encore opéré la nouvelle répartition des portefeuilles. Il résulte des statistiques officielles qu'il aura aux Communes une majorité de 279 voix. Les Irlandais du Sinn Fein ont décidé de faire appel à une Constituante. Deux automobiles blindées ont été arrêtées devant le château d'Amerongen, où réside Guillaume II. On ignore à quel usage elles devaient être affectées. Le bulletin de l'armée interalliée d'Arkhangel signale de nouveaux succès sur les bolchevistes, qui auraient reculé vers le Sud. Une partie de la ville d'Halifax (Nouvelle-Ecosse), a été détruite par un incendie. |
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Jeudi 9 janvier Une première réunion a eu lieu à Paris entre les représentants des grandes puissances de l'Entente. On annonce que l'armistice, conformément d'ailleurs aux prévisions, sera de nouveau prolongé. Berlin a été le théâtre de luttes très sanglantes. Il y a eu de nombreux morts et blessés. Finalement, les indépendants se sont entremis entre le gouvernement et les spartaciens. Le gouvernement a posé des conditions, parmi lesquelles la reddition des armes et le renvoi de l'ancien préfet de police Eichhorn. Des mouvements d'émeute ont eu lieu également à Munich, à Spandau et à Schwerin. Les indépendants et les spartaciens ont eu le dessous. On annonce que Ludendorf vit sous un faux nom en Suède. Le parti ouvrier anglais a décidé d'interdire à ses membres toute participation au gouvernement. M. Lloyd George se préoccupe à la fois d'assurer la démobilisation tout en évitant le retour de certains incidents et de reconstituer son cabinet. Tous les forts de Posen ont été occupés par les Polonais. D'après les renseignements parvenus, le coup de force de Varsovie aurait été accompli non par les bolchevistes, mais par la droite. Le cabinet Morachewski se serait renforcé à gauche. Les combats continuent autour de Lemberg, entre Polonais et Ukrainiens. Soixante-dix professeurs allemands ont été expulsés de Strasbourg. |
| Dimanche 12 janvier Le gouvernement d'Ebert continue à reprendre à Berlin les édifices qui lui avaient été enlevés par les spartaciens. Ceux-ci avouent leur lassitude dans la capitale, mais l'agitation extrémiste s'accentue en province. Les spartaciens se sont emparés de l'Hôtel de Ville de Stuttgart. M. Lloyd George est arrivé à Paris. L'armistice ne sera pas prolongé purement et simplement. Le maréchal Foch a convoqué les plénipotentiaires allemands le 14 ou le 15, à Trèves, pour établir de nouvelles conditions. M.Lloyd George a achevé le remaniement de son cabinet. Une manifestation a eu lieu à Luxembourg pour réclamer l'abdication de la grande-duchesse et, l'établissement de la république. Les Polonais et les Ukrainiens continuent à se battre autour de Lemberg. Pilsudski a décidé d'envoyer de nouveaux renforts aux troupes polonaises. Ludendorf, aux dernières nouvelles, et contrairement à ce qui a été dit, serait toujours en Suède. L'Angleterre a décidé de ne plus envoyer de nouvelles troupes en Russie. M. de Scavenius, ministre danois à Petrograd, qui a protégé nos nationaux dans cette ville durant la crise révolutionnaire, est arrivé à Paris. M. Wilson a retardé son voyage dans les régions dévastées jusqu'après la première séance de la conférence de la paix. Un conseil suprême interallié a été créé pour le ravitaillement des régions libérées. |
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Samedi 18 janvier La Conférence de la paix, saisie des protestations de la presse contre le secret édicté, a décidé de consulter la presse elle-même sur ses revendications. Au sujet de la Russie, la Conférence à décidé que les gouvernements se communiqueraient les dernières informations qu'ils ont reçues en vue de les examiner en commun. D'après les journaux italiens, MM. Margilan et Salandra représenteraient l'Italie à la Conférence de la paix. Une note de notre ministère des Colonies dit que le gouvernement français s'est préoccupé d'assurer au sein de la Conférence de la paix, la défense de nos intérêts coloniaux. Liebknecht et Rosa Luxembourg , qui avaient été arrêtés à Berlin, ont été tués. Liebknecht aurait été atteint d'une balle à un moment où il essayait de s'enfuir. Rosa Luxembourg a été tuée d'un coup de revolver que lui tira dans la tête un homme grimpé sur l'automobile. Kautsky a été arrêté, puis remis en liberté. La Belgique a protesté officiellement auprès de la Conférence contre la répartition qui a été faite des voix à cette Conférence. M. Clemenceau a demandé et obtenu l'ajournement des interpellations qui avaient trait à la Conférence. M. Orlando a reconstitué le gouvernement italien. Une entente est intervenue à Varsovie, entre Paderewski et Pilsudski. Dinowski représenterait la Pologne à la Conférence de la paix. |
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Dimanche 26 janvier La Conférence inter-alliée a publié une note pour dire que l'occupation par la violence ne constituerait pas un titre en faveur des gouvernements qui y recourraient et pour les inviter, par suite, à y renoncer. On les engage à porter purement et simplement leurs revendications devant les missions réunies. La conférence a prié M.Pichon de préparer les instructions à remettre aux délégués en Pologne. Le général Barthélemy sera le délégué militaire français. Les délégués des Dominions britanniques ont exposé devant elle leurs points de vue concernant les colonies allemandes. On sait que, jusqu'ici, ils ont exprimé la pensée que ces colonies ne devaient pas revenir a leur ancienne métropole. M.Borden, premier ministre du Canada, les premiers ministres de Terre-Neuve, d'Australie, de Nouvelle-Zélande et du Cap ont été entendus. Le Conseil de guerre interallié a chargé une commission de statuer sur les effectifs à retenir mobilisés. Le gouvernement a réquisitionné les tramways, autobus et Métropolitain de Paris dont le personnel était en grève. Le gouvernement portugais déclare qu'il est maître de l'insurrection royaliste à Lisbonne. A Porto, la lutte se poursuit. De nouveaux troubles spartakistes ont éclaté à Berlin et à Hambourg. |

