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Pour le Président des Etats-Unis. Personnel. 10/8/14. 1 ° Son Altesse royale le prince Henri a été reçue par le roi George V à Londres qui l'a autorisé à me transmettre verbalement que l'Angleterre demeurerait neutre si la guerre éclatait sur le continent et dans laquelle seraient engagées l'Allemagne et la France, l'Autriche et la Russie.
Ce message m'a été télégraphié de Londres par mon frère, après sa conversation avec Sa Majesté le roi et m'a été répété verbalement le 29 juillet.
2° Mon ambassadeur à Londres transmit un message de Sir E. Grey à Berlin, disant que seulement dans le cas où la France semblerait devoir être écrasée, alors l'Angleterre interviendrait.
3° Le 30, mon ambassadeur à Londres rapporta que Sir Edward Grey, au cours d'une conversation « privée », lui dit que si le conflit restait localisé entre la Russie - pas la Serbie - et l'Autriche, l'Angleterre ne bougerait pas, mais que si nous nous « mêlions » à la lutte, elle prendrait de rapides et de graves mesures, autrement dit, si je laissais mon alliée l' Autriche combattre seule, l'Angleterre n'interviendrait pas.
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4° Cette communication étant directement contraire au message que m'envoya le roi, j'ai télégraphié à Sa Majesté le 29 ou le 30, la remerciant pour ses aimables communications envoyées par l'entremise de mon frère et la priant d'user de sa toute puissance pour empêcher la France et la Russie - ses alliées - de faire des préparatifs belliqueux, calculés pour déranger mon travail de méditation, déclarant que j'étais en communication constante ave Sa Majesté le Tsar. Dans la soirée, le Roi me répondit aimablement qu'il avait |
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donné ordre à son Gouvernement d'user de toute l'influence possible à l'égard de ses alliés pour qu'ils s'abstinssent de prendre aucune mesure militaire provocatrice. En même temps, Sa Majesté me demanda si je voulais transmettre à Vienne la proposition de l'Angleterre, disant que l'Autriche pouvait prendre Belgrade, quelques autres villes serbes et une bande de territoire, comme un gage, afin de s'assurer que les promesses serbes, faites sur le papier, seraient réellement remplies.
Cette proposition me fut au même moment télégraphiée de Vienne pour Londres, tout à fait conjointement avec la proposition britannique elle-même.
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En outre, j'avais télégraphié la même chose à Sa Majesté le Tsar, comme une idée à moi, avant même d'avoir reçu les communications de Vienne et de Londres, qui se trouvaient être de la même opinion. 5° Je transmis immédiatement vice versa les télégrammes de Vienne et de Londres. Je sentis que j'étais capable de venir à bout de la question, et j'étais heureux de la perspective pacifique qui s'ouvrait devant moi.
6° Pendant que, le lendemain matin, je préparais une note pour Sa Majesté le Tsar, afin de l'informer que Londres, Vienne et Berlin étaient d'accord au sujet du traitement des affaires, je reçus une communication téléphonique de Son Excellence le chancelier m'informant que, la nuit précédente, le Tsar avait donné l'ordre de mobiliser l'armée russe entière, mesure qui était dirigée naturellement également contre l'Allemagne, tandis que jusqu'alors les armées du Sud avaient été mobilisées contre l'Autriche.
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7° Dans un télegramme de Londres, mon ambassadeur m'informa qu'il avait cru comprendre que le Gouvernement britannique garantirait la neutralité de la France et qu'il dêsirait savoir si oui ou non l'Allemagne s'abstiendrait d'attaquer. J'ai télegraphié à Sa Majeste le Roi personnellement que la mobilisation étant déjà effectuée ne pouvait pas être arrêtée, mais que si Sa Majesté pouvait, avec ses forces armées, garantir la neutralité de la France, je m'abstiendrais de l'attaquer, je la laisserais et emploierais mes troupes ailleurs.
Sa Majesté répondit qu'il pensait que mon offre était basée sur un malentendu, et autant que j'ai pu arriver à comprendre, Sir E. Grey ne prit jamais mon offre en considération sérieuse. Il n'y fit jamais aucune réponse. Au lieu de répondre, il déclaraque l' Angleterre avait à défendre la neutralité belge, |
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qui devait être violée par l'Allemagne pour des raisons stratégiques, des nouvelles ayant été reçues que la France se préparait déjà à rentrer en Belgique et le Roi des Belges ayant refusé ma demande pour un passage dans son pays, sous la garantie de la liberté de son pays. Je suis des plus reconnaissant pour le message du Président. WILHELM Empereur et Roi
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