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Mardi 11 février Le Conseil supérieur de guerre interallié a tenu une nouvelle séance pour délibérer sur la question du renouvellement de l'armistice, sur le blocus, le ravitaillement, les affaires de Pologne, et la répartition des forces alliées en Turquie d'Asie. M. Clemenceau a donné une importante interview à l'Associated Press. Il rappelle que l'Allemagne voulait exterminer militairement, industriellement et commercialement la France et qu'elle n'a pas encore perdu toutes ses armes. Par contre, la vie économique de la France est atteinte. Le président du Conseil a insisté sur la nécessité du maintien de l'accord entre la France et l'Amérique. Dans un discours qu'il a prononcé à l'Assemblée de Weimar, le ministre Preuss a insisté en faveur de l'établissement de l'unité allemande supérieure à tous les particularismes. Il a conclu en criant: " L'Allemagne au-dessus de tout ! " Il est de plus en plus question du retour de la Constituante à Berlin. Les bolchevistes jugent par contumace les membres de la mission militaire française et le représentant britannique à Moscou, M. Lockhart. La peine capitale a été requise contre-eux. On sait qu'ils ont réussi à s'enfuir il y a quelques mois. M. Clemenceau a reçu le régent de Serbie. |
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| Dimanche 16 février Le projet de Ligue des nations qui a été déposé à la séance plénière de la Conférence de la paix, a suscité divers commentaires. On épilogue surtout sur les amendements que M. Léon Bourgeois avait rédigés et qui s'efforçaient d'établir un contact plus étroit entre les puissances et en même temps d'assurer leur contrôle sur les fabrications de guerre et leur collaboration plus rapide contre un agresseur éventuel. Le ministre des Affaires étrangères d'Allemagne, Brockdorff-Rantzau, a pris la parole à l'assemblée de Weimar. Il s'est élevé contre les exigences de l'Entente, mais s'est déclaré prêt à adhérer à la Ligue des Nations. Fehrenbach, député du centre, a été élu, président de l'Assemblée nationale en remplacement de David, nommé ministre. Le gouvernement portugais annonce que l'insurrection royaliste de Porto a été complètement réprimée et que Paiva Conceiro a été arrêté. Le Sénat américain a voté 30 milliards de crédits de guerre. On a de nouveaux indices de la tendance des Allemands a renoncer à une mobilisation contre la Pologne. M. Wilson s'est embarqué à Brest pour New-York. On annonce de nouveaux troubles à Berlin. Le Japon aurait offert son appui au gouvernement d'Omsk. La conférence des Dix a entendu la délégation libanaise, qui a réclamé l'autonomie du Liban en même temps qu'un élargissement des frontières jusqu'ici assignées à cette contrée. |
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Dimanche 23 février Le Comité des Dix, réuni sous la présidence de M. Pichon et M. Tardieu, remplaçant M. Clemenceau a examiné toute une série de questions: La création d'une zone intermédiaire entre Hongrois et Roumains en Transylvanie a été renvoyée au conseil supérieur de guerre de Versailles. La reconnaissance du gouvernement polonais par les alliés a été décidée à la suite de la séance de la Diète polonaise, où les ministres polonais ont vu consacrer leur pouvoir et où M. Paderewski a été acclamé. M. Clémentel a présenté les conclusions de la commission chargée d'établir un plan de travail pour l'étude des questions économiques. On a décidé de renvoyer les mesures d'ordre transitoire au conseil économique créé par la Conférence, sur la proposition du président Wilson. Les dispositions devant avoir un caractère permanent seront examinées par une commission spéciale qui sera créée à une séance prochaine de la Conférence. Les cinq délégués des puissances qui ont préparé le plan de travail de la commision sont chargés de préparer une méthode de travail avec division en sous-commissions et proposeront une composition de la commission en tenant compte des observations faites par lord Milner, relativement à la représentation des Dominions anglais. Le ministre du Danemark a ensuite exposé le point de vue du Danemark relativement au Slesvig. L'examen de cette question a été renvoyé à la commission des affaires belges. Kurt Eisner, le président de la République bavaroise, a été tué dans la rue, à Munich, au moment où il sortait du ministère des Affaires étrangères. L'assassin, le comte Arco Valle, lieutenant de la garde, a été mortellement frappé par un matelot. Une bataille à coup de revolver a eu lieu au Landtag. Le ministre Auer a été grièvement blessé et le député Oertel, tué. L'agitation est très grande à Munich. Une séance tumultueuse a eu lieu à l'Assemblée de Weimar. La force armée a expulsé un député. Guilbeaux et Hartmann ont été condamnés à mort par contumace. La reine d'Italie a quitté Paris. L'arrivée de M. Wilson à Boston est retardée par la tempête. |
A peine tombé sous les coups de feu du lieutenant comte d'Arco-Valle tandis qu'il se rendait au Parlement pour y déposer ses pouvoirs, Kurt Eisner expirait immédiatement. Sur la large tache de sang qui maculait la chaussée les matelots et soldats édifièrent une pyramide de fleurs encadrant le portrait du dictateur. Ce fut chaque jour un défilé de partisans venant saluer l'effigie de Kurt Eisner. Une banderole placée près des fleurs portait l'inscription " Au plus honnête des Allemands ". |
| Les beaux jours de Spa ne sont plus | |
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Jeudi 27 février Les ministres des puissances alliées et associées ont siégé an quai d'Orsay. M. Crespi, au nom de la commission financière interalliée, a exposé les mesures à prendre pour éviter que les coupons à échéance du ler mars des dettes austro-hongroises ne fussent pas payés faute d'accord entre les différents Etats de l'ancienne Autriche-Hongrie. Les propositions de la commission ont été adoptées. La question du transport en Pologne des divisions polonaises formées en France et en Italie a été ensuite étudiée avec le concours du maréchal Foch. Des instructions à cet effet ont été envoyées par la conférence à la commission interalliée de Varsovie. L'étude d'une révision de la question marocaine conditionnée par le traité d'Algésiras, a été confiée à la Conférence. M. de Peretti, sous-directeur d' Afrique, a exposé les demandes françaises tendant à la suppression de l'acte d'Algésiras et à l'imposition à l'Allemagne des garanties nécessaires pour qu'elle ne puisse renouveler au Maroc l'action hostile qu'elle a poursuivie coutre la France. Les pourparlers qui avaient été entamés à Spa pour le ravitaillement de l'Allemagne, ont été ajournés. Ils ne doivent pas commencer avant une quinzaine. Un cabinet comprenant des majoritaires et des minoritaires s'est constitué à Munich où le calme semble rétabli. L'Assemblée de Weimar a commencé le débat sur la Constitution. M. Preuss, au nom du gouvernement, a expliqué pourquoi il voulait maintenir le mot empire, symbole de l'unité. |
La dernière entrevue des empereurs austro-allemand quelques jours avant la grande défaite. L'empereur Guillaume II, en tenue autrichienne, s'entretient, devant la gare de Spa, avec le baron Burian. A côté, l'empereur d'Autriche Charles Ier en tenue allemande. |