UNE CEREMONIE SUR LE TERRAIN D'AVIATION DE COBLENCE




Le caractère unique de la cérémonie dont voici un instantané pris à bord d'un avion méritait d'être noté. Sur le terrain d'aviation de Coblence se déroulait une manifestation militaire franco-américaine. Le général Mitchell, commandant l'armée des Etats-Unis dans cette région, procédait à la distribution de la croix militaire américaine. Cette distribution fut suivie de celle, faite au nom du gouvernement français, par le commandant Berthier de Sauvigny, de croix de guerre à des officiers aviateurs américains. Cette solennité se déroulait au milieu d'un carré d'avions des escadrilles de chasse de division et des escadrilles armées franco-américaines. La 4° cote ( celle de gauche ) était constitué par des avions livrés par les Allemands.


Samedi 1er février
La Conférence interalliée a tenu deux séances, matin et soir. Les échanges de vue ont continué sur la question des colonies allemandes dans le Pacifique et en Afrique, en présence des représentants des Dominions, de M. Henry Simon, ministre français des Colonies, et de M. Salvago Raggi, ancien ambassadeur italien à Paris.
Un arrangement provisoire satisfaisant a été arrêté en ce qui concerne le régime à appliquer aux Colonies allemandes et aux territoires occupés de la Turquie d'Asie.
Dans la séance de l'après-midi, la délégation belge était présente. MM. Euysmans, Vandervelde et van der Heuvel étaient accompagnés de M.Orts, Secrétaire général du ministère belge des Colonies, qui a exposé le point de vue de la Belgique.
Il a été décidé que les représentants militaires des puissances alliées et associées au Conseil supérieur de Guerre de Versailles seraient invités à présenter un rapport sur la distribution la meilleure et la plus pratique des forces nécessaires pour le maintien de l'ordre dans les territoires occupés de l'empire ottoman.
Les huit enquêteurs désignés par la Conférence pour examiner les affaires de Pologne ont entendu les délégués polonais et tchécoslovaques. Ils feront un rapport aux puissances.
Les bolchevistes ont convoqué un congrès général des Soviets pour statuer sur la réunion éventuelle d'une conférence à Prinkipo.

Dimanche 2 février
La Conférence interalliée a tenu une nouvelle réunion.
Les délégués constituant la Commission interalliée qui doit se rendre en Pologne ont été introduits pour rendre compte de leurs conclusions à la suite de l'audition des représentants de la Pologne et de la République tchéco-slovaque sur l'exploitation du bassin industriel de Teschen.
A la suite du rapport fait par M. Noulens et par le général Botha, au noms de leurs collègues, les ministres alliés ont décidé l'envoi à Teschen de délégués alliés pour assurer une exploitation pacifique, d'accord avec les Tchéco-Slovaques et les Polonais, en attendant le règlement territorial de la question par la Conférence.
On a entendu ensuite l'exposé des vues, des intérêts et des droits respectifs de la Roumanie et de la Serbie sur le Banat de Temesvar. M. Bratiano et M. Mishu représentaient le gouvernement roumain et la délégation serbe était composée de MM. Pachitch, Vesnitch et Trumbitch.
L'Australie demande une indemnité de guerre.
Un grand débat a eu lieu à la Chambre sur la question de Briey. M. Viviani, dans un discours qui a eu les honneurs de l'affichage, a exposé pourquoi il avait ordonné en avril 1914 et jusqu'à la déclaration de guerre, le retrait des troupes à dix kilomètres en arrière.
Des canonnières anglaises sont arrivées près de Strasbourg.
Le gouvernement allemand a décidé qu'il fallait une autorisation pour aller à Weimar ou en sortir.

Lundi 3 février
La Conférence interalliée a entendu les délégués de la Roumanie qui lui ont exposé les revendications de leur pays.
M. Bratiano réclame le banat de Temesvar, la Transylvanie, la Bukovine, avec Gemouchj. Il entend garder la Bessarabie et récupérer en toute souveraineté, les deux Dobroudja. Il a réunis à la Conférence un mémoire où il consigne ses desideratas. La Conférence nommera une commission pour les examiner.
La Conférence a encore approuvé - définitivement, cette fois - les instructions préparées pour les enquêteurs en Pologne et sanctionné l'accord intervenu entre Tcheco-Slovaques et Polonais au sujet de Teschen, en silésie.
La Commission de la législation internationale du Travail a tenu une première séance.
M. Colliard lui a souhaité la bienvenue. M. Jouhaux, secrétaire de la C. G. T. y assiste comme conseiller technique de M. Loucheur.
Les Belges et les Américains ont refusé d'assister à la Conférence syndicale internationale de Berne. Les délégués de la C. G. T. ont passé outre et sont partis pour cette ville.
M. Asquith a prononcé un grand discours en faveur de la création de la Ligue des Nations.
Trotski a donné ordre de reprendre, coûte que coûte, Narwa.
On signale de nouveaux troubles au Portugal où monarchistes et républicains s'attribuent également la victoire.
3000 officiers allemands ont menacé de se mettre en grève à Berlin, pour protester contre les discours du ministre de la Guerre, qu'ils jugent attentatoires à leur dignité.

Mardi 4 février
Le régent de Serbie, le prince Alexandre, est arrivé à Paris. Il a été reçu à la gare par le Président de la République. Le général Desprès et le colonel Braconnier, de la maison militaire de l'Elysée, ont été attachés à sa personne.
La Chambre a reçu M. Wilson dans la salle des séances en présence de M. Poincaré, de M. Dubost et des sénateurs. Le gouvernement était au grand complet. M. Deschanel et M. Wilson ont prononcé des allocutions.
La Commission de l'armistice fait connaître que, conformément aux délibérations de Trèves, l'Allemagne devra livrer avant le 1er mars, un premier lot de 19.500 machines agricoles sur les 58.000 que l'Entente exige d'elle, 400 charrues à vapeur devant également être livrées avant le 1er juin.
A Brême, les Spartaciens s'apprètent à résister aux troupes gouvernementales.
Le corps affreusement mutilé de Rosa Luxembourg a été retrouvé à Berlin par les Spartaciens.
L'ambassadeur américain Francis déclare approuver dans son principe la Conférence des îles des Princes, entre les représentants des groupements russes.
La Conférence socialiste internationale s'est ouverte à Berne. Le parti Socialiste helvétique, par une majorité des deux voix, a refusé d'y participer.
On annonce une crise ministérielle en Norvège.
Hindenburg est arrivé à Koenisberg.
Une sanglante rencontre a eu lieu entre Allemands et Polonais, près de Bromberg.
La famine sévit à Dresde.

Mercredi 5 février
Les représentants des grandes puissances ont entendu M. Venizelos exposer les revendications de la Grèce.
M. Velten, ancien consul de France à Varsovie, a été nommé délégué français à Teschen.
La commission des responsabilités de la guerre a ouvert ses séances au ministère de L'Intérieur. M. Tardieu, délégué français, a prononcé un discours et M. Robert Lansing a été élu président.
La commission de réparation des dommages, qui a siégé au ministère des Finances, a confié la présidence à M. Klotz.
M. Wilson a réuni officieusement les membres de la commission de la Société des nations. M. Léon Bourgeois a exposé le projet français.
La commission pour l'étude du régime international des ports, canaux et voies ferrées, s'est réunie au ministère des Travaux publics, sous la présidence de M. Claveille.
La commission chargée d'examiner les revendications territoriales roumaines a été désignée. MM.. Tardieu et Laroche y représentent la France.
M. Wilson a été reçu solennellement par la Chambre des députés. Il a prononcé un grand discours en réponse au discours de M. Deschanel.
La Conférence socialiste internationale de Berne a ouvert ses séances et entendu MM. Branting (Suédois) Albert Thomas et Mistral (Français) et Wels (Allemand).
Un accord a été passé entre les spartaciens de Brême et le gouvernement de Berlin.
Le Parlement anglais a ouvert sa session. M. Lowter a été réélu speaker. Celui-ci a pris toutes sortes de dispositions pour parer à une marche possible des spartaciens de Weimar. Les mandataires du peuple sont arrivés dans cette ville.
Les nouvelles du Portugal continuent à demeurer confuses; Les communiqués monarchistes restant en contradiction absolue avec les communiqués républicains. Il semble toutefois évident que les républicains ont la victoire.
De nouveaux et violents débats au sujet de la Catalogne ont eu lieu aux Cortès espagnols.
Les bolchevistes ont repris Vilkomir.
Le ministre des Finances d'Espagne, M. Calbeton est mort.
La Croix de guerre a été décernée au fils du roi de Hedjaz, l'émir Faycal.

Jeudi 6 février
La Conférence interalliée a entendu les déclarations des Tchécoslovaques. MM. Kramarcz, président du Conseil, et Benès, ministre des Affaires étrangères, ont exposé les revendications territoriales de leur gouvernement.
Une commission, dont font partie pour la France, MM. Tardieu et Laroche, examine les revendications de la Grèce.
Plusieurs commissions ont tenu séance: celles de la Société des Nations, des réparations et de la législation du travail.
A la conférence socialiste de Berne, le débat a continué sur les responsabilités. On a entendu MM. Kurt Eisner, Longuet, Troestra, Bunning et Adler. Une commission a été désignée.
La bataille a continué à Brême, où la situation demeure des plus indécises.
Le Conseil national suisse a rejeté la motion socialiste au sujet de l'armée.
Le leader irlandais de Valera s'est échappé de sa prison.
Les troupes françaises ont occupé Hoechst. A la commission de l'armistice, pour l'Allemagne, le général von Hammerstein a remplacé von Winterfeld.

Vendredi 7 février
La Conférence de la paix a entendu les déclarations des délégués du Hedjaz, qui voudraient constituer un vaste royaume arabe, comprenant : l'Arabie, la Syrie, la Mésopotamie, le Kurdistan, et borné au nord par une ligne allant d'Alexandrette à Diarbékir.
La commission de la Société des Nations poursuit rapidement ses travaux.
Les bolchevistes, par un radio qu'a lancé Tchitcherine, acceptent d'aller à Prinkipo et de faire la paix avec l'Entente, mais ils posent comme condition que cette dernière n'interviendra pas dans les affaires intérieures de la Russie.
Le gouvernement a déposé à la Chambre un projet de loi pour réprimer l'accaparement et la spéculation et lutter contre la vie chère.
L'Allemagne a refusé des passeports aux délégués interalliés qui devaient se rendre outre-Rhin pour constater l'état des biens appartenant à des nationaux de l'Entente et qui avaient été séquestrés.
La conférence socialiste internationale de Berne a voté une motion transactionnelle au sujet des responsabilités de la guerre.
Les relations officielles ont été reprises entre la France et la Finlande.
Les troupes gouvernementales allemandes ont réoccupé Brême. A Dusseldorf, la bourgeoisie s'est armée contre les bolchevistes. Il y a 300.000 chômeurs à Berlin.

Samedi 8 février
Les délégués de l'Entente chargés d'enquêter sur les affaires de Pologne, ont tenu séance au quai d'Orsay.
Le Conseil supérieur de guerre interallié a également siégé.
La réponse de Tchitcherine au sujet de la conférence de Prinkipo est très développée. Elle offre le paiement des dettes de la Russie, des concessions forestières et minières et même territoriales. Les Alliés doivent délibérer là-dessus.
M. Lloyd George a quitté Paris.
La délégation des îles d'Aland a déposé un memorandum devant la conférence en demandant le rattachement de l'archipel à la Suède.
Un nouveau sous-secrétariat a été créé pour la liquidation des stocks.
La conférence socialiste de Berne a ajourné à plus tard le grand débat sur les responsabilités de la guerre. Elle a adopté un texte concernant la Ligue des Nations.
Ebert a prononcé un grand discours à l'ouverture de l'assemblée nationale de Weimar. Il a reconnu que l'Allemagne avait perdu la guerre, mais rappelé que l'ancien régime avait déjà ouvert les pourparlers en vue de l'armistice. Il a exprimé l'espoir que l'Allemagne pourrait entrer dans la Société des Nations et protesté violemment contre les rigueurs de l'armistice. Des troubles ont éclaté à Hambourg et à Kiel. Le bombardement de Brême a fait de grands dégâts.
La Chambre a voté l'article premier de la loi contre les accapareurs et spéculateurs.

Dimanche 9 février
Le Conseil supérieur de guerre interallié, qui a siégé principalement pour examiner les conditions du renouvellement de l'armistice, n'a pas encore clôturés ses travaux. Les militaires ont déposé des rapports et des conclusions.
Les puissances alliées ont désigné leurs délégués éventuels à la conférence de Prinkipo. M. Conty et le général Rampon pour la France, M. Borden pour l'Empire britannique, le marquis Torrelta pour l'Italie, M. Herron et M. While pour les Etats-Unis.
Le Parlement constituant de Weimar a élu son bureau définitif, qui comprend : M. David, social démocrate majoritaire à la présidence et à la vice-présidence, MM. Fehrenbach, du centre, M. Haussmann, démocrate, et M. Dietrich, national-libéral. M. David a prononcé un grand discours pour réclamer une consultation de l'Alsace-Lorraine et le rattachement de l'Autriche allemande à l'Allemagne.
La question d'Alsace-Lorraine a été discutée également à la conférence socialiste de Berne où plusieurs orateurs de diverses nationalités ont parlé en faveur du plébiscite. Le débat sur le bolchevisme a été ensuite amorcé.
De grandes grèves ont éclaté en Angleterre, dans les transports, l'électricité et les chantiers de constructions maritimes, mais elles sont en bonne voie d'arrangement.
La lutte a repris entre Tchèques et Polonais. Les Allemands ont évacué l'Ukraine.
De nouveaux troubles ont éclaté à Hambourg, Lubeck et Kiel.
La grève générale a été proclamée à Buenos-Ayres.

Lundi 10 février
Le Conseil supérieur de guerre interallié a continué sa délibération sur le renouvellement de l'armistice. Il a approuvé la résolution suivante, qui était présentée par M. Wilson:
Dans les circonstances présentes, beaucoup de questions n'ayant pas dans le principe un caractère militaire sont soulevées journellement et, avec le temps, prennent une importance croissante. Ces questions devraient être traitées à l'avantage des Etats-Unis et des alliés par des représentants civils de ces gouvernements ayant qualité pour traiter les questions de finances, approvisionnement, blocus central, flotte et matières premières.
" Pour cela, il sera constitué, à Paris, un conseil supérieur économique chargé de traiter les questions pendant la période de l'armistice.
" Ce conseil pourra absorber ou remplacer à sa convenance tous les autres corps interalliés déjà existants et leurs pouvoirs. Le conseil économique ne pourra comporter plus de cinq représentants de chaque gouvernement intéressé.
" Il sera adjoint à la présente commission internationale et permanente d'armistice deux représentants civils pour chaque gouvernement qui délibèreront avec le haut commandement allié, mais en réfèreront directement au conseil supérieur économique.
La commission de la Société des Nations a continué l'examen du projet Smuts-Wilson. Elle a presque terminé la première lecture et chargé une sous-commission, formée de MM. Hymans, Léon Bourgeois, Lord Robert Cecil et Venizelos, de mettre le texte au point.
Le comité central des ouvriers et soldats d'Allemagne a remis ses pouvoirs à l'Assemblée nationale de Weimar. Hambourg serait en feu. La guerre civile de janvier a fait 530 morts à Berlin.
Un aérobus est allé de Paris à Londres en trois heures.


LA CONSTITUANTE ALLEMANDE SIEGE A WEIMAR


Mardi 11 février
Le Conseil supérieur de guerre interallié a tenu une nouvelle séance pour délibérer sur la question du renouvellement de l'armistice, sur le blocus, le ravitaillement, les affaires de Pologne, et la répartition des forces alliées en Turquie d'Asie.
M. Clemenceau a donné une importante interview à l'Associated Press. Il rappelle que l'Allemagne voulait exterminer militairement, industriellement et commercialement la France et qu'elle n'a pas encore perdu toutes ses armes. Par contre, la vie économique de la France est atteinte. Le président du Conseil a insisté sur la nécessité du maintien de l'accord entre la France et l'Amérique.
Dans un discours qu'il a prononcé à l'Assemblée de Weimar, le ministre Preuss a insisté en faveur de l'établissement de l'unité allemande supérieure à tous les particularismes. Il a conclu en criant: " L'Allemagne au-dessus de tout ! " Il est de plus en plus question du retour de la Constituante à Berlin.
Les bolchevistes jugent par contumace les membres de la mission militaire française et le représentant britannique à Moscou, M. Lockhart. La peine capitale a été requise contre-eux. On sait qu'ils ont réussi à s'enfuir il y a quelques mois.
M. Clemenceau a reçu le régent de Serbie.




Mercredi 12 février
Le Conseil de guerre, réuni au quai d'Orsay, s'est préoccupé des conditions de renouvellement de l'armistice.
M. Klotz, ministre des Finances, a donné connaissance d'un ouvrage publié en 1916 par le grand-état-major allemand, prouvant le caractère prémédité et systématique des destructions industrielles en France et donnant un aperçu des répercussions qui résulteraient avantageusement pour l'Allemagne de certaines branches de l'industrie française. Il a versé aux débats une analyse détaillée de ce volume dont le renvoi au comité économique a été décidé. Il a été prouvé que les Allemands avaient fait dans la plate-forme de la cathédrale de Strasbourg ce qu'ils nous ont faussement accusés d'avoir fait à Reims.
La Constituante allemande a décidé qu'elle délibérerait sur les conditions d'armistice. Erzberger et ses collègues de la commission d'armistice sont partis pour Trèves. Il est probable que l'assemblée de Weimar reviendra à bref délai à Berlin. Elle a entamé le débat sur le statut provisoire.
Henri de Prusse, dans une interview, a déclaré qu'il voulait restaurer la monarchie.
Les bolchevistes de l'Ukraine acceptent d'aller à Prinkipo. Les prisonniers français de Moscou ont été libérés.
Les Allemands, pour masquer leur jeu, annoncent qu'ils ont été attaqués par les Polonais.
La conférence socialiste de Berne a clôturé ses travaux en désignant un comité permanent. Elle a décidé également qu'une délégation porterait ses conclusions et à la Conférence de la paix et à M. Wilson.
Le Sénat américain a refusé le droit de vote aux femmes pour la seconde fois.
L'ex-kronprinz est malade.
Les Roumains se plaignent d'être persécutés par les Hongrois.
La Chine affirme que le Japon a fait pression sur elle afin de lui dicter son attitude à la Conférence de la Paix. Le Japon donne un démenti formel.
Les derniers prisonniers alliés ont quitté le Danemark.
L'amiral Jellicoe, publie un volume sensationnel sur le rôle de la flotte anglaise durant la guerre.

Jeudi 13 février
La Conférence interalliée a entendu les délégués be1ges : MM. Hymans, Van den Heuvel et Vandervelde. Ils ont exposé leurs vues au sujet de la neutralité de la navigation de l'Escaut, du Luxembourg, des cantons wallons, de la Prusse rhénane et du Limbourg.
Les maréchaux Foch, Diaz, Pétain, Haig, Pershing on délibéré au sujet de l'armistice.
Ebert a été élu président de la République par 277 voix sur 379. Il avait comme adversaire le comte Posadowsky, qui a obtenu 49 voix.
Le roi a prononcé le discours du trône à Westminster. M. Lloyd George s'est longuement expliqué devant la Chambre sur la Conférence de la paix, la Société des Nations et les revendications ouvrières, mettant les travailleurs en garde contre les demandes excessives.
M. Péret, président de la commission du budget, a fait un exposé d'où il résulte que la question de l'indemnité à verser par l'Allemagne doit être réglée dans le plus bref délai.
Un grand débat a eu lieu à la Chambre sur la question du ravitaillement et l'emploi des prisonniers de guerre.

Vendredi 14 février
Le Conseil de guerre interallié, qui s'est tenu au quai d'Orsay, en a terminé avec le débat sur le renouvellement de l'armistice. Il a décidé que la négociation comporterait deux phases.
1° On enjoindrait à l'Allemagne d'exécuter toutes les clauses anciennes de l'armistice et de cesser toutes opérations contre la Pologne. Alors, une prolongation très brève de l'armistice serait admise, avec faculté pour les alliés, de rompre la trêve après un préavis à courte échéance;
2° La seconde phase comporterait l'établissement d'un accord plus stable - qui se substituerait aux conventions successives de prorogations. On exigerait de l'Allemagne des garanties telles qu'elle cessât d'être une menace éventuelle pour la paix.
Si elle s'inclinait, elle aurait droit à un certain ravitaillement en denrées alimentaires et en matières premières: la priorité étant toujours réservée aux nations alliées et spécialement à celles qui auraient le plus souffert pendant la guerre.
La commission de la Société des Nations a abouti sur presque tous les points, à un accord. M. Bourgeois a obtenu des modifications importantes.
Le gouvernement allemand s'est constitué. Scheidemann prend la présidence du Conseil.
Le corps expéditionnaire français a quitté l'Italie.
M. Lloyd George a fait une déclaration au Communes sur la question russe.

Samedi 15 février
La Conférence de la paix a tenu une séance plénière pour entendre la lecture par le président Wilson, du projet de la Société des Nations. Le président a voulu, en effet, avant de repartir le soir même pour New-York, mettre cette grande oeuvre sur pied.
Des bruits de révolution parviennent de Roumanie, mais ils sont jusqu'à présent tenus pour douteux. Le cuirassé Mirabeau s'est échoué sur la côte de Crimée, ayant dû appareiller à la suite de la rupture de son amarrage, par une violente tempête.
Le nouveau cabinet allemand étant définitivement formé, Scheidemann a prononcé un discours en qualité de président du Conseil. Il a parlé des réformes intérieures et de la paix.
Un débat a eu lieu au Sénat sur la reconstitution du Nord. M. Loucheur a montré les difficultés de la situation. Il a établi entre autres, que la restauration des mines coûterait 2 milliards et demanderait dix ans. Aucun des problèmes posés, a-t-il dit, ne peut être résolu rapidement. Le débat sur la vie chère a continué à la Chambre.
Radek a été arrêté à Berlin.
Un attentat, aurait été projeté à Cleveland contre le président Wilson.
Une discussion intéressante sur les revendications ouvrières a eu lieu au Parlement anglais.
Plusieurs espions ont été condamnés en Belgique.

Dimanche 16 février
Le projet de Ligue des nations qui a été déposé à la séance plénière de la Conférence de la paix, a suscité divers commentaires. On épilogue surtout sur les amendements que M. Léon Bourgeois avait rédigés et qui s'efforçaient d'établir un contact plus étroit entre les puissances et en même temps d'assurer leur contrôle sur les fabrications de guerre et leur collaboration plus rapide contre un agresseur éventuel.
Le ministre des Affaires étrangères d'Allemagne, Brockdorff-Rantzau, a pris la parole à l'assemblée de Weimar. Il s'est élevé contre les exigences de l'Entente, mais s'est déclaré prêt à adhérer à la Ligue des Nations.
Fehrenbach, député du centre, a été élu, président de l'Assemblée nationale en remplacement de David, nommé ministre.
Le gouvernement portugais annonce que l'insurrection royaliste de Porto a été complètement réprimée et que Paiva Conceiro a été arrêté.
Le Sénat américain a voté 30 milliards de crédits de guerre.
On a de nouveaux indices de la tendance des Allemands a renoncer à une mobilisation contre la Pologne.
M. Wilson s'est embarqué à Brest pour New-York.
On annonce de nouveaux troubles à Berlin.
Le Japon aurait offert son appui au gouvernement d'Omsk.
La conférence des Dix a entendu la délégation libanaise, qui a réclamé l'autonomie du Liban en même temps qu'un élargissement des frontières jusqu'ici assignées à cette contrée.

Brockdorff-Rantzau

Lundi 17 février
La Conférence des Dix s'est réunie pour entendre la délégation libanaise qui a revendiqué l'unité de la grande Syrie sous le protectorat français. Elle s'est ensuite occupée des affaires russes. Irait-on à Prinkipo, malgré le refus de la plupart des groupements russes? Irait-on ailleurs? ou laisserait-on tomber complètement la proposition faite?
Les pourparlers ont commencé à Trèves entre le maréchal et Erzberger. Les propositions additionnelles des Alliés comportent l'établissement d'une ligne que les Allemands ne devront plus dépasser du côté de la Pologne. L'armistice sera prolongé pour une durée indéterminée avec délai de dénonciation de trois jours.
M. Sharp, ambassadeur des Etats-Unis a démissionné. Sa première lettre de démission était datée du 19 décembre. Le président, Wilson lui a répondu en lui exprimant ses regrets et sa gratitude pour les services rendus.
L'échouage du Mirabeau près de Sébastopol n'a fait aucune victime.
La Serbie a saisi le président Wilson et M. Clemenceau d'une demande d'arbitrage au sujet de son litige avec l'Italie.
Le bureau de la presse roumaine dément qu'il y ait eu une révolution à Bucarest.
La mission interalliée est arrivée à Varsovie. Le secrétaire d'Etat Schiffer a exposé à l'Assemblée nationale de Weimar la situation financière allemande qui est loin d'être brillante.

Mardi 18 février
Le Comité des Dix a tenu séance pour discuter la question russe.
La commission du budget a établi la situation financière de la France. Il résulte de ses études que le chiffre de nos dépenses exceptionnelles s'élève à 50 milliards et que le budget annuel serait de 18,5 milliards sur lesquels l'impôt couvrirait seulement 8 milliards.
Le président du Conseil a reçu communication des voeux de la conférence ouvrière de Berne.
Le successeur de M. sharp à Paris serait M. Hugh Wallace.
La République est rétablie officiellement à Porto.
Le ministre des Affaires étrangères de Hollande a fait une réponse aux Etats généraux à une interpellation qui portait sur les revendications territoriales de la Belgique. Il a déclaré qu'il repousserait énergiquement toute demande de cession d'un territoire à la Belgique. Le gouvernement belge, de son côté, a publié une note officielle pour établir la liste de ses desiderata.
La Perse demande à siéger à la Conférence de la Paix.
La mission interalliée en Pologne a envoyé une délégation de quatre membres à Lemberg pour essayer d'obtenir une cessation des hostilités entre Polonais et Ukrainiens.
Haase a attaqué le gouvernement Ebert-Scheidemann dans un discours qu'il a prononcé à Weimar.
Les bolchevistes ont subi une défaite au Caucase.

Mercredi 19 février
Le Comité des Dix a entendu un exposé du maréchal Foch sur les conditions dans lesquelles l'armistice avait été conclu. Il n'a pas tranché encore la question russe et a ajourné le débat. Il a entendu l'exposé des desiderata serbes aussi bien du côté de la Carniole et de l'Adriatique que vers la Macédoine.
L'Italie a fait savoir officiellement qu'elle rejetait la procédure arbitrale proposée par le cabinet de Belgrade.
Brockdorff-Rantzau, qui avait donné sa démission de ministre des Affaires étrangères d'Allemagne, l'a retirée sur les instances de ses collègues. Les spartaciens ont procédé à de nouvelles attaques à Gelsenkirchen et à Nuremberg.
Les élections de l'Autriche allemande ont donné des résultats favorables surtout aux chrétiens sociaux et aux social démocrates.
L'armée polonaise occupe Brest-Litowsk. Les bolchevistes ont évacué Windau. On annonce que le tsar serait vivant.
Les troupes britanniques ont occupé plusieurs localités d'Asie Mineure.
Un violent conflit s'est élevé en Allemagne entre les C.O.S. et le gouvernement : Noske ayant annoncé des mesures coercitives. Erzberger a répondu vivement à l'Assemblée de Weimar aux interpellateurs qui lui reprochaient d'avoir souscrit trop facilement à l'armistice. Il a attaqué à son tour les grands métallurgistes et surtout Hugo Stinnes, qui, dit-il, intrigueraient contre lui. L'Allemagne nommerait... plus tard, Théodor Wolff, rédacteur en chef du Berliner Tageblatt, ambassadeur à Paris. Bernstein irait à Londres, Conrad Haussmann à Copenhague.
Une délégation de Chypre est arrivée a Londres pour réclamer la cession de cette île à la Grèce. Cette demande soulève des critiques dans la presse anglaise.
Un attentat a été dirigé contre M. Clemenceau. Le président du Conseil a été atteint à l'épaule.
Les Français de Moscou libérés par les bolchevistes sont arrivés à Paris.
Les Roumains dénoncent de nouvelles atrocités hongroises. Karolyi, dans une déclaration qu'il a faite à Pesth, a promis de maintenir le gouvernement populaire.
Les combats se poursuivent autour de Lemberg.
Les Allemands prétendent de nouveau que les Polonais continuent les opérations en Posnanie malgré la conclusion de l'armistice.
Le gouvernement de l'Ukraine a été remanié mais Petlura demeure à sa tête.
On annonce la dissolution probable du Congrès portugais.
M. Taft s'est prononcé pour le projet de Société des Nations lu par M. Wilson.

Jeudi 20 février
M. Klotz a fait d'importantes déclarations sur la situation financière. Il a insisté sur les difficultés de la Trésorerie, l'Etat s'étant fortement endetté; mais, d'autre part, la fortune publique s'est accrue; et il faut tenir compte des obligations qui incomberont à l'Allemagne...
Le programme gouvernemental se résume ainsi :
1° Réclamer à l'ennemi l'intégralité de sa dette : obtenir, pour certaines créances, en raison de leur qualité, un rang privilégié: exiger les garanties du paiement; former une section financière de la Société des Nations; pratiquer une politique d'entente interalliée aussi resserrée que possible;
2° Ne réclamer, par contre, au contribuable français que ce qui est indispensable pour équilibrer les budgets de demain; instituer un impôt sur le capital avec paiement échelonné sur un assez grand nombre d'années; poursuivre la fraude ;
3° S'opposer à toutes les dépenses non productives;
4° Continuer les appels au crédit en abaissant progressivement le taux du loyer de l'argent.
Le Comité des Dix a renvoyé à l'examen de la commission qui s'occupe déjà des affaires roumaines l'examen des questions posées par les revendications serbes, exception faite, toutefois de celles qui concernent le littoral de l'Adriatique.
On annonce un projet de mariage entre le prince de Galles et la princesse Yolande de Savoie.

Vendredi 21 février
Un attentat a été commis contre M. Clemenceau par un libertaire du nom de Cottin, qui a tiré sept coups de revolver sur le président du Conseil. M. Clemenceau a été blessé à l'épaule. Des manifestations de sympathie pour le chef du gouvernement se sont produites à la Chambre. Des télégrammes sont arrivés, des gouvernements alliés, en particulier du roi George V et de M. Orlando. M. Lansing a fait une démarche personnelle au domicile de M. Clemenceau. Les commissions de la Conférence ont exprimé leurs voeux de prompt rétablissement.
Erzberger a fait sur l'armistice, devant l'Assemblée nationale de Weimar, des déclarations inexactes et que rectifie une note officielle.
L'ambassade d'Italie dément le mariage de la princesse Yolande de Savoie avec le prince de Galles.
M. Winston Churchil, dans un discours qu'il a prononcé à Mansion House, a déclaré que l'Angleterre maintiendrait 900.000 hommes sous les drapeaux. Elle démobilisera les trois quarts de son armée, le dernier quart devant recevoir double paie. Ainsi sera assurée l'exécution des clauses de l'armistice imposé à l'Allemagne.
Un débat a eu lieu à la Chambre sur la démobilisation, et un autre sur le ravitaillement.

Samedi 22 février
L'état de M. Clemenceau est présenté comme très satisfaisant.
Aucune réunion du Comité des Dix n'a eu lieu, mais plusieurs commissions ont siégé.
Le président Wilson a envoyé un télégramme très chaleureux à M. Clemenceau. Le pape a fait transmettre également au président du Conseil ses souhaits de guérison.
Un coup de force tenté à Munich par les majoritaires contre Kurt Eisner a totalement échoué. Le bruit court que le prince Joachim de Prusse y aurait participé et aurait été arrêté. Une autre version dit simplement qu'il aurait été expulsé de Prusse. Un débat a eu lieu à l'Assemblée nationale de Weimar sur l'armistice. La situation est toujours très grave dans le bassin de la Ruhr, où le nombre des grévistes a augmenté, et où des collisions sanglantes ont eu lieu sur plusieurs points. Une émeute s'est produite également à Brunswick.
M. Lloyd George continue à négocier avec les mineurs anglais afin d'éviter la grève. C'est surtout dans le pays de Galles qu'un chômage généralisé est à redouter.
Le comte Romanones a fait d'importantes déclarations sur la condition de Tanger.
Des troupes britanniques ont été envoyées en Dobroudja.
Le cabinet norvégien est reconstitué avec le même président du Conseil.
On annonce que Frédéric Adler aurait été proclamé, à la suite d'une émeute de la garnison de Vienne, président de la République de l'Autriche allemande.


Dimanche 23 février
Le Comité des Dix, réuni sous la présidence de M. Pichon et M. Tardieu, remplaçant M. Clemenceau a examiné toute une série de questions:
La création d'une zone intermédiaire entre Hongrois et Roumains en Transylvanie a été renvoyée au conseil supérieur de guerre de Versailles.
La reconnaissance du gouvernement polonais par les alliés a été décidée à la suite de la séance de la Diète polonaise, où les ministres polonais ont vu consacrer leur pouvoir et où M. Paderewski a été acclamé.
M. Clémentel a présenté les conclusions de la commission chargée d'établir un plan de travail pour l'étude des questions économiques.
On a décidé de renvoyer les mesures d'ordre transitoire au conseil économique créé par la Conférence, sur la proposition du président Wilson.
Les dispositions devant avoir un caractère permanent seront examinées par une commission spéciale qui sera créée à une séance prochaine de la Conférence. Les cinq délégués des puissances qui ont préparé le plan de travail de la commision sont chargés de préparer une méthode de travail avec division en sous-commissions et proposeront une composition de la commission en tenant compte des observations faites par lord Milner, relativement à la représentation des Dominions anglais.
Le ministre du Danemark a ensuite exposé le point de vue du Danemark relativement au Slesvig. L'examen de cette question a été renvoyé à la commission des affaires belges.
Kurt Eisner, le président de la République bavaroise, a été tué dans la rue, à Munich, au moment où il sortait du ministère des Affaires étrangères. L'assassin, le comte Arco Valle, lieutenant de la garde, a été mortellement frappé par un matelot.
Une bataille à coup de revolver a eu lieu au Landtag. Le ministre Auer a été grièvement blessé et le député Oertel, tué. L'agitation est très grande à Munich.
Une séance tumultueuse a eu lieu à l'Assemblée de Weimar. La force armée a expulsé un député.
Guilbeaux et Hartmann ont été condamnés à mort par contumace.
La reine d'Italie a quitté Paris.
L'arrivée de M. Wilson à Boston est retardée par la tempête.

A peine tombé sous les coups de feu du lieutenant comte d'Arco-Valle tandis qu'il se rendait au Parlement pour y déposer ses pouvoirs, Kurt Eisner expirait immédiatement. Sur la large tache de sang qui maculait la chaussée les matelots et soldats édifièrent une pyramide de fleurs encadrant le portrait du dictateur. Ce fut chaque jour un défilé de partisans venant saluer l'effigie de Kurt Eisner. Une banderole placée près des fleurs portait l'inscription " Au plus honnête des Allemands ".

Lundi 24 février
Les ministres des puissances alliées et associées ont tenu séance au quai d'Orsay. La réunion a examiné la méthode de travail des commissions auxquelles a été confiée l'étude des différents problèmes territoriaux, économiques, financiers et juridiques. Elle a arrêté les conditions propres à accélérer dans toute la mesure du possible les travaux de la Conférence.
La commission pour l'étude des questions territoriales roumaines a entendu MM. Bratiano et Vaida.
L'état général de M. Clemenceau demeure satisfaisant.
Le haut commandement germanique aurait protesté contre les nouvelles conditions d'armistice.
Les Alliés ont annulé deux décrets d'Ebert, au sujet de l'organisation du travail dans la région occupée. Ils ont également interdit les élections municipales dans cette zone.
L'assassinat d'Eisner serait le résultat d'un complot fomenté par l'ancienne cour de Bavière, d'accord avec les partis réactionnaires. Un comité central a été formé à Munich pour lutter contre la réaction.
L'Assemblée de Weimar a voté à l'unanimité le rattachement de l'Autriche allemande à l'Allemagne.
Une grande manifestation en l'honneur des Alliés a eu lieu à la Diète polonaise, après quoi Paderewski a exposé le programme du nouveau gouvernement.

Mardi 25 février
On tient M. Clemenceau pour hors de danger.
Le Comité des Dix a discuté les questions albanaises, polonaises et marocaines. Il s'agit de s'avoir comment, l'acte d'Algésiras étant aboli, le Maroc français sera libéré des servitudes qui pesaient sur lui.
Le conseil des ouvriers et soldats a pris le pouvoir à Munich et a confié l'exécutif à onze personnes désignées par lui. Ce sont les éléments extrémistes qui l'emportent. Des troubles graves ont eu lieu également dans d'autres parties de la Bavière, à Nuremberg et à Augsbourg. Ebert a pris des mesures pour maîtriser ce mouvement spartacien, et il a renvoyé tous les députés bavarois à la Constituante dans leurs circonscriptions. L'état de siège a été proclamé dans le grand duché de Bade, où des séditions se sont produites, particulièrement dans la ville de Mannheim.
Lenine annonce qu'il a triomphé d'un coup de force des socialistes révolutionnaires de gauche dirigé contre son autorité.
Le président Bernardino Machado, qui avait été banni du Portugal et privé par force de son mandat, a résigné à se dernier.
Quatorze bateaux autrichiens qui se trouvaient en Espagne, ont été remis à notre ministère de la Marine et vont être utilisés par lui.

Mercredi 26 février
Le Comité des Dix a entendu les représentants albanais. Turkhan pacha a exposé les revendications de l'Albanie. L'examen de la question a été confié à la commission des affaires grecques.
La commission polonaise interalliée a fait connaître ensuite les informations et propositions reçues de la commission interalliée de Varsovie. Le maréchal Foch assistait à la réunion.
M Wilson a débarqué à Boston et prononcé un discours où il a exprimé sa confiance en l'issue de la Conférence de la paix.
L'émir d'Afghanistan, Habib Oullah khan, a été tué d'un coup de feu dans son camp de Laghman.
Le comte Romanones, président du Conseil d'Espagne, qui avait donné sa démission, l'a retirée sur la demande du roi. Mais il va solliciter des Cortès un ordre du jour de confiance. Le conseil municipal de Madrid a démissionné.
M. Lloyd George a prononcé un grand discours à la Chambre des Communes pour motiver le Projet qu'il a déposé sur l'enquête de l'industrie minière. Il vise à écarter la grève imminente. Le projet a été adopté par 248 voix contre 43.
A Munich, le calme semble rétabli, mais on s'attend à de nouveaux conflits entre les deux comités socialistes, qui se disputent le pouvoir. L'état de Siège a été levé dans l'ancien grand-duché de Bade. La grève est terminée dans la Ruhr. Le ministre allemand de la Marine a démissionné.
Le président Bernardino Machado a été autorisé à rentrer au Portugal.
Les mineurs anglais ont voté le principe de la grève générale aux six septièmes des voix exprimées, mais on espère encore qu'ils reviendront sur cette décision et les négociations continuent.
Le prince Charles de Hohenzollern, beau-frère du roi des Belges, est mort.


Les beaux jours de Spa ne sont plus
Jeudi 27 février
Les ministres des puissances alliées et associées ont siégé an quai d'Orsay.
M. Crespi, au nom de la commission financière interalliée, a exposé les mesures à prendre pour éviter que les coupons à échéance du ler mars des dettes austro-hongroises ne fussent pas payés faute d'accord entre les différents Etats de l'ancienne Autriche-Hongrie. Les propositions de la commission ont été adoptées.
La question du transport en Pologne des divisions polonaises formées en France et en Italie a été ensuite étudiée avec le concours du maréchal Foch. Des instructions à cet effet ont été envoyées par la conférence à la commission interalliée de Varsovie.
L'étude d'une révision de la question marocaine conditionnée par le traité d'Algésiras, a été confiée à la Conférence. M. de Peretti, sous-directeur d' Afrique, a exposé les demandes françaises tendant à la suppression de l'acte d'Algésiras et à l'imposition à l'Allemagne des garanties nécessaires pour qu'elle ne puisse renouveler au Maroc l'action hostile qu'elle a poursuivie coutre la France.
Les pourparlers qui avaient été entamés à Spa pour le ravitaillement de l'Allemagne, ont été ajournés. Ils ne doivent pas commencer avant une quinzaine.
Un cabinet comprenant des majoritaires et des minoritaires s'est constitué à Munich où le calme semble rétabli. L'Assemblée de Weimar a commencé le débat sur la Constitution. M. Preuss, au nom du gouvernement, a expliqué pourquoi il voulait maintenir le mot empire, symbole de l'unité.

La dernière entrevue des empereurs austro-allemand quelques jours avant la grande défaite. L'empereur Guillaume II, en tenue autrichienne, s'entretient, devant la gare de Spa, avec le baron Burian. A côté, l'empereur d'Autriche Charles Ier en tenue allemande.

Vendredi 28 février
La réunion quotidienne des Dix a délibéré sur un certain nombre de questions.
Les premiers échanges de vues ont porté sur la distribution entre commissions existantes et commissions nouvelles de l'étude des différentes questions des frontières des Etats ennemis. Les conditions d'examen des revendications belges et des problèmes qui s'y rattachent ont été ensuite précisées. Les représentants du conseil supérieur de guerre de Versailles ont été alors introduits pour exposer leurs décisions sur la fixation d'une zone intermédiaire en Transylvanie entre les troupes roumaines et hongroises. Ces conclusions ont été adoptées à la Conférence. On a entendu enfin l'exposé des revendications arméniennes par le président de la délégation de la République arménienne du Caucase, M. Ahrounian, et par Boglios Nubar pacha, pour la question générale arménienne.
M. Wilson est arrivé à Washington.
La Chine a donné communication à la Conférence de la Paix, des accords qu'elle a passés avec le Japon, de 1915 à 1918, et qui ont trait principalement aux chemins de fer du Chantoung.
M. Daniels, secrétaire d'Etat de la Marine des Etats-Unis, a prononcé un discours sur la Société des Nations.
Les navires de guerre allemands ne doivent servir à aucune nation, a dit lord Lytton à la Chambre Haute britannique.
Le gouvernement de Weimar prend nettement position contre celui de Munich.
M. Hugh Wallace est nommé officiellement ambassadeur des Etats-Unis à Paris.
Le frère de l'émir d'Afghanistan, récemment assassiné, a usurpé le pouvoir.