Vendredi 1er février
Lutte d'artillerie assez violente dans la région de Flirey.
Un avion allemand a été abattu par nos pilotes et trois autres sont tombés dans leurs lignes à la suite de combats.
Sur le front de Macédoine, près du lac Doiran, les troupes britanniques ont exécuté avec succés un raid qui leur a permis de ramener des prisonniers.
Actions d'artillerie réciproques dans la région de Monastir.
Un avion ennemi a été abattu dans la région de Doiran.
Sur le front de France et de Flandre, les troupes anglaises ont fait un certain nombre de prisonniers.
Nos alliés ont bombardé un aérodrome au sud de Gand, un important dépôt de munitions à l'est de Roulers et les voies de garage de Courtrai. Des troupes ont été prises sous leur feu. Quatre avions allemands ont été abattus.
Les Italiens ont continué des poussées énergiques au sud d'Asiago et à l'ouest du val Frenzela. Leurs batteries ont tenu sous leur tir les arrières de l'ennemi, battant sans arrêt les passages forcés. Activité d'artillerie dans le val Lagarina et entre l'Adige et l'Astico. Sept avions ennemis ont été abattus.
Les gothas ont accompli sur Paris et sa banlieue un raid qui a duré près de deux heures. Il y a eu trente-sept morts et cent quatre-vingt-dix blessés. Un gotha a été abattu près de Chelles.

Samedi 2 février
Nos détachements on réussi divers coups de main dans la région de Nieuport et au nord-ouest de Reims. Nous avons fait des prisonniers et ramené une mitrailleuse.
Dans la région nord-est de Flirey, un fort parti ennemi, qui tentait d'aborder nos lignes a été dispersé par nos feux.
Les Anglais ont brisé sur leur front, une tentative de coup de main effectuée par l'ennemi, à l'ouest d'Arleux-en-Gohelle. Ils ont fait un certain nombre de prisonniers.
Activité de l'artillerie allemande vers Lens et Gouzeaucourt.
Sur le front italien, après de nombreuses et vaines tentatives pour enlever à nos alliés les gains obtenus dans la région de Sasso Rosso, l'ennemi a commencé une action plus intense sur le mont Val Bella.
Les assaillants, par un feu de barrage foudroyant et rapide, ont été obligés de se replier sur leurs positions de départ avant d'avoir pu prendre contact avec la ligne italienne.
Tirs d'artillerie sur le reste du front. Echec d'un groupe autrichien dans le val Giudicarie.
Activité de patrouilles entre Posina et l'Astico.
L'ennemi a jeté des bombes sur Bassano où l'on signale quelques blessés.
Le bilan rectifié du raid des gothas sur Paris est de quarante-neuf morts et deux cent sept blessés.

Dimanche 3 février
Activité d'artillerie dans la région de Bunhaupt-le-Haut.
Un coup de main effectué par nous au nord du bois Mortier nous a permis de ramener quelques prisonniers.
Sur le front du bois des Caurières nous avons repoussé un détachement ennemi qui tentait d'aborder nos lignes.
Sur le front britannique, un détachement des troupes de Liverpool a exécuté avec succès un coup de main sur les tranchées allemandes au sud-est d'Armentières et ramené des prisonniers.
Un raid ennemi a été repoussé au nord de Passchendaele.
Sur le front italien, action d'artillerie, spécialement dans le secteur du plateau d'Asiago.
Des échanges de fusillades entre avant-postes se sont également produits.
Les vols de croisière des aviateurs italiens ont donné lieu à des combats aériens au cours desquels deux appareils ennemis ont été abattus et sont tombés près de Turteo, au sud d'Asiago et dans la vallée de la Brenta.
Des avions autrichiens ont attaqué Trévise et plusieurs centres habités dans la zone montagneuse sur la Brenta et sur la Piave, lançant de nombreuses bombes qui ont fait quelques blessés et causé de légers dommages à quelques édifices.

Lundi 4 février
Activité marquée des deux artilleries sur le front au nord de l'Aisne et dans la région du Four-de-Paris.
Un de nos détachements a exécuté dans le secteur nord-ouest de Courtecon (région de l'Ailette) un coup de main sur un petit poste allemand qu'il a ramené tout entier dans nos lignes, faisant ainsi 13 prisonniers et capturant du matériel.
Des coups de main tentés par l'ennemi sur un de nos petits postes au sud de Lombaertzyde, sur la rive droite de la Meuse, au nord de la cote 344, en Lorraine, au nord de Bures et en Alsace, dans la région du canal du Rhône au Rhin, ont échoué.
Une tentative allemande dans le secteur de Poelcapelle a échoué sous le feu des mitrailleuses anglaises.
Des rencontres de patrouilles ont tourné à l'avantage de nos alliés dans la région de Méricourt, au sud de Lens.
Activité de l'artillerie allemande vers la Vacquerie et au sud de Lens.
Sur le front italien, action d'artillerie et activité aérienne.
En Macédoine, activité réciproque d'artillerie dans la région de Doiran et a l'ouest du Vardar.
Les avions navals britanniques ont bombardé l'aérodrome de Varssenaere, en Belgique. Un projectile a allumé un incendie.
La conférence interalliée de Versailles a clôturé ses travaux.

Mardi 5 février
La lutte d'artillerie a pris une certaine intensité sur le front au nord de l'Aisne, dans la région du Cornillet, en Argonne et en Haute-Alsace.
Les Allemands ont tenté sur le secteur de Fresnes (nord-est de Coucy-le-Château), un coup de main que nous avons aisément repoussé.
Du 21 au 31 janvier, vingt-huit avions ont été abattus par nos pilotes.
Les Anglais ont repoussé, en infligeant des pertes à l'ennemi, un coup de main exécuté sur un de leurs petits postes, à l'est du bois du Polygone.
Leurs pilotes ont jeté quatre tonnes d'explosifs sur divers objectifs, y compris la gare et les voies de garage de Valenciennes. Ils ont, en outre, tiré plusieurs milliers de cartouches de mitrailleuses sur des formations ennemies dans les tranchées et zones arrière.
Cinq avions ennemis ont été abattus en combats aériens, et cinq autres forcés d'atterrir.
En Macédoine, les troupes britanniques ont exécuté avec succès un raid sur les tranchées bulgares, près de Sugavo.
A l'ouest du lac d'Okrida, un détachement ennemi, qui tentait d'enlever un de nos postes, a été repoussé.
L'aviation hellénique a bombardé la gare de Milepkovo, dans la vallée du Vardar.
Sur le front italien, on ne signale que des opérations secondaires.
Trévise, Padoue et Mestre, ainsi que Venise ont été bombardées par avions. On annonce des victimes.

Mercredi 6 février
Canonnade assez vive en certains points, au nord du Chemin des Dames. Un détachement ennemi, dans la même région, a été repoussé avant d'avoir atteint nos lignes.
En Argonne, à la Fille-Morte, nous avons réussi un coup de main et ramené des prisonniers.
La lutte d'artillerie s'est développée dans région de la cote 344, rive droite de la Meuse. Canonnade intermittente sur le reste du front.
Des coups de main ont été effectués avec succès par les troupes britanniques, au sud de Fleurbaix et vers la voie ferrée d'Ypres à Staden. Nos alliés ont fait subir de sérieuses pertes à l'ennemi et ramené des prisonniers et une mitrailleuse.
En Macédoine, les troupes bulgares ont tenté, sur les positions britanniques, au sud-ouest de Doiran, un coup de main qui a complètement échoué; une de leurs reconnaissances a été dispersée vers l'embouchure de la Strouma.
Sur l'ensemble du front italien, actions d'artillerie éparpillées et activité aérienne très vive.
Treize avions ennemis ont été abattus, cinq par les aviateurs italiens sur le val Stagna, et huit par les aviateurs anglais, à l'est de Montello.
Les dirigeables italiens ont bombardé des convois militaires.
Padoue a été de nouveau bombardée avant l'aube. Des édifices ont été endommagés et des personnes blessés.

Jeudi 7 février
Lutte d'artillerie dans la région du bois des Fosses.
En Woëvre, nos patrouilles ont ramené des prisonniers.
Une de nos escadrilles de bombardement a survolé Sarrebrück lançant avec un plein succès sur cet important noeud de voies ferrées, 3610 kilos de projectiles. Attaqués par plusieurs groupes d'avions ennemis, nos équipages, acceptant le combat, ont abattu trois appareils allemands et sont rentrés complet dans leurs lignes.
Sur le front britannique, des tentatives de coups de main ennemis ont échoué vers Mericourt et Avion. Nos alliés ont fait des prisonniers.
Activité des deux artilleries vers Hargicourt et au sud de Lens.
En Macédoine, rencontre de patrouilles sur la basse Strouma.
Dans la région de Doiran et à l'ouest du Vardar, actions d'artillerie intermittentes.
A l'ouest du lac de Presba, l'ennemi a échoué dans une tentative de coup de main sur nos tranchées au nord de Leskovac.
Sur le front italien, activité d'artillerie. Des escadrilles de bombardement italiennes et anglaises ont battu efficacement des troupes ennemies près de Primolano. Cinq avions ennemis ont été abattus.
Venise, Mestre et Trévise ont été bombardés. Ni victimes, ni dégâts.

Vendredi 8 février
Activité des deux artilleries, particulièrement vive sur le front au nord de l'Aisne, dans la région Chavignon-Pargny-Filain, sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur Samogneux, cote 344 et sur l'Hartmannswillerkopf.
Des détachements ennemis qui tentaient d'aborder nos petits postes au nord-est de Braye-en-Laonnois et dans la région du bois Mortier ont été repoussés.
En Champagne, nous avons exécuté un coup de main heureux sur les tranchées ennemies à l'est du Téton.
En Alsace, après une violente préparation d'artillerie, les Allemands ont tenté sans résultat de pénétrer en deux points dans nos lignes, au Bannholz.
Un appareil ennemi a été abattu par le tir de notre artillerie antiaérienne.
Les Anglais ont exécuté avec succès un coup de main à l'est d'Armentières. Ils ont ramené un certain nombre de prisonniers et une mitrailleuse, en ne subissant que des pertes légères.
Sur le front italien, du Stelvio à la mer, tirs modérés d'artillerie.
Action de patrouilles de l'Adige à la Brenta. Calvisano (sud-est de Brescia), Bassano, Trévise et Mestre ont été l'objet d'attaques aériennes avec lancement de bombes.
Un dirigeable italien a jeté une tonne de projectiles au sud de Vittorio, sur un champ d'aviation.

Samedi 9 février
Au nord du Chemin des Dames et en Woëvre, dans la région de Flirey, nous avons aisément repoussé des tentatives ennemies sur nos petits postes et infligé des pertes aux assaillants.
Nous avons exécuté un coup de main sur un petit poste allemand à l'ouest de Forges (rive gauche de la Meuse).
Le bombardement a été vif de part et d'autre, sur la rive droite de la Meuse et en quelques points des Vosges.
Les troupes anglaises ont exécuté un raid sur un poste allemand au sud-est de Quéant et ont tué ou capturé une partie de la garnison. Un détachement ennemi a été rejeté dans la région de La Bassée.
Activité de l'artillerie ennemie aux environs de Le Verguier (nord-ouest de Saint-Quentin) et à l'est de Monchy-le-Preux. Les pilotes britanniques ont jeté plus d'une tonne de projectiles sur divers objectifs en arrière des lignes allemandes. Deux aéroplanes allemands ont été abattus en combats aériens.
En macédoine, action d'artillerie sur le front Vardar-Doiran et à l'ouest de Monastir. Les troupes serbes ont repoussé une reconnaissance ennemie sur la Dobropolje.
Sur le front italien, développement de l'activité aérienne.
A Vienne, le président du Conseil Seidler donne puis reprend sa démission.


Visite en Alsace de Mr Georges Clémenceau, président du Conseil, ministre de la Guerre, les 10 et 11 février

Dimanche 10 février
Nos patrouilles, opérant au nord du Chemin des Dames et en Champagne, ont ramené des prisonniers.
En Lorraine, un de nos détachements a pénétré dans la position allemande au nord-ouest de Blascourt. Après avoir détruit de nombreux abris, nos troupes sont rentrées dans leurs lignes, en ramenant une trentaine de prisonniers et une mitrailleuse.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Sur le front britannique, activité de patrouilles ennemies dans le secteur nord de Lens.
Sur le front italien, duels très vifs et concentration de feux des deux artilleries dans le fond du val Brenta et dans la zone du mont Melago et du mont Asolone.
Au nord de Prezzo (Giudicarie), des patrouilles ennemies, qui tentaient de surprendre un poste avancé, ont été mises en fuite à coups de grenades.
Entre Posina et Astico, le long du littoral, les groupes explorateurs italiens ont harcelé efficacement les avant-postes adverses.
Les Allemands et les Autrichiens annoncent qu'ils ont signé la paix avec la république ukrainienne.
Le maréchal Mackensen a lancé un ultimatum à la Roumanie pour la presser d'ouvrir des négociations de paix. Le cabinet Bratiano a démissionné.

Lundi 11 février
Lutte d'artillerie assez violente dans les régions de Nieuport et de Juvincourt et en Champagne, au sud de Moronvillers.
Au nord de Craonne, vers les bois de Cheppy (Argonne) et sur trois points des Vosges, les Allemands ont lancé des coups de main contre nos petits postes. Partout nos feux ont arrêté les assaillants.
De notre côté, nous avons pénétré dans les tranchées ennemies en Champagne, à l'est du Téton et exécuté heureusement diverses patrouilles, notamment vers Badonvillers. Nous avons fait, au cours de ces expéditions, un certain nombre de prisonniers.
Sur le front britannique, un coup de main a été effectué par l'ennemi, à la faveur d'un bombardement par mortiers de tranchées, à l'ouest de Gonnelieu.
Recrudescence de l'activité de l'artillerie allemande dans la région de la forêt d'Houthulst.
Sur le front italien, activité limitée; actions d'artillerie dans le secteur est du plateau d'Asiago, et dans la zone à l'ouest du mont Grappa.
Deux coups de main tentés par l'ennemi au sud de Daone (Chiese) ont échoué sous les fusillades des avant-postes. A Redevoli (embouchure de la Piave), des hydravions italiens ont bombardé les baraquements autrichiens.
Le général Averesco a été chargé de former le nouveau cabinet à Jassy.


Mardi 12 février
Une tentative de coup de main dans la région de Juvincourt a été arrêtée par nos feux.
Sur la rive droite de la Meuse, après un violent bombardement, les Allemands ont lancé sur le front du bois des Caurières un coup de main qui a donné lieu à un vif combat. L'ennemi a été repoussé et a laissé des morts entre nos mains.
Grande activité d'artillerie en Alsace, dans la région de Viole et du Bonhomme.
Au cours d'un raid au sud-est de Messines (front britannique), les Australiens ont fait 37 prisonniers et rapporté 3 mitrailleuses et mortier de tranchée. L'ennemi a subi de lourdes pertes.
En dehors des morts causés par le bombardement préparatoire, le nombre des Allemands tués est estimé à une centaine.
L'ennemi a prononcé une contre-attaque qui a été aussitôt repoussée.
Au sud-ouest et à l'ouest de Cambrai, l'activité de l'artillerie a été intense. Des groupes ennemis travaillant dans cette région ont été dispersés.
Sur le front de Macédoine, activité d'artillerie sur la rive ouest du Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Au front italien, activité d'artillerie à l'ouest et à l'est du val Frenzela.
Sur les pentes du Sasso Rosso, des détachements autrichiens ont tenté d'occuper des tranchées d'observation. Ils en ont été empêchés.
Deux avions ennemis ont été abattus.
A Brest-Litowsk, Trotski a déclaré qu'il ne signerait pas la paix, mais qu'il regardait la guerre comme close.

Mercredi 13 février
Grande activité de nos détachements de reconnaissance.
Au nord de l'Ailette, un hardi coup de main, exécuté aux abords de Bouconville, nous a permis de ramener une vingtaine de prisonniers et deux mitrailleuses.
En Woëvre, plusieurs incursions dans les lignes allemandes ont également réussi; à l'ouest de Reménauville, notamment, nous avons fait 24 prisonmers.
De leur côté, les Allemands ont tenté, à la faveur d'un vif bombardement, d'aborder nos lignes entre Bezonvaux et le bois des Fosses.
L'attaque, menée par trois détachements, a été arrêtée par nos feux, qui ont infligé des pertes à l'ennemi.
D'autres tentatives allemandes, en Woëvre, en Champagne et dans les Vosges, n'ont obtenu aucun résultat.
Quatre avions allemands ont été abattus par nos pilotes.
Notre aviation a effectué divers bombardements. 9000 kilos de projectiles ont été jetés sur les établissements, dépôts, gares et cantonnements de l'ennemi, notamment sur la gare de Metz-Sablon.
Sur le front britannique, les Allemands ont échoué dans un coup de main qu'ils tentaient au nord-est d'Epehy.
Nos alliés, de leur côté, ont réussi un coup de main à l'ouest de la Bassée. En Macédoine, activité d'artillerie à l'ouest du Vardar et au nord-est de Monastir. L'artillerie italienne a décimé des masses d'infanterie ennemie à l'est du Val Frenzela.
M. Wilson a répondu aux discours prononcés par le compte Hertling et le comte Czernin le 24 janvier.

Jeudi 14 février
Assez grande activité d'artillerie dans la région de Pinon et au nord-ouest de Reims.
Nous avons réussi plusieurs coups de main à l'est d'Auberive et dans les Vosges et ramené des prisonniers.
En Champagne, après une courte préparation d'artillerie, nous avons exécuté un large coup de main dans la région au sud-ouest de la butte du Mesnil. Sur un front de 1200 mètres environ, nos détachements ont pénétré dans la position allemande jusqu'à la troisième ligne, bouleversé les défenses de l'ennemi et détruit de nombreux abris. Le nombre des prisonniers que nous avons faits dépasse une centaine.
A l'est d'Emberménil, une tentative ennemie sur un de nos petits postes est restée sans succès.
Nancy a été bombardée par des avions. Il y a trois morts et cinq blessés dans la population civile.
Du 1er au 10, nos pilotes ont abattu vingt-huit avions allemands.
Les Anglais ont réussi un coup de main au sud-est d'Hargicourt et ramené onze prisonniers.
Combats heureux de patrouilles près de Lens.
En Macédoine, actions d'artillerie à l'embouchure de la Strouma, à l'ouest de Doiran et au nord de Monastir.
Les Italiens ont dispersé des patrouilles en marche dans le val Lagarina et fait des prisonniers au col Caprile.

Vendredi 15 février
Une tentative ennemie sur un de nos petits postes au nord de Pargny-Filain a échoué.
Vives actions des deux artilleries dans la région à l'est de Reims.
En Champagne, dans le coup de main de la veille, des batteries américaines ont prêté un appui très efficace. Nos troupes ont organisé les positions conquises au cours de cette journée dans la région au sud-ouest de la butte du Mesnil. Le chiffre des prisonniers dépasse 150.
Nos batteries ont pris sous leur feu et dispersé un fort rassemblement ennemi signalé au sud de la Dormoise.
Sur le front britannique, les troupes canadiennes ont exécuté avec succès un coup de main sur les tranchées ennemies à Lens; elles ont infligé de nombreuses pertes aux Allemands, fait quelques prisonniers et capturé deux mitrailleuses.
Les pilotes britanniques ont exécuté quelques reconnaissances et lancé des bombes sur divers objectifs.
En Macédoine, activité réciproque des artilleries à l'ouest du Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Sur le front italien, canonnade dans le val Giudicaria.
Les Italiens ont réussi quelques coups de main audacieux, et détruit un poste avancé ennemi.

Samedi 16 février
Nos détachements ont pénétré dans les lignes allemandes au nord-est de Courcy et ont ramené une douzaine de prisonniers et une mitrailleuse.
En Champagne, la lutte d'artillerie s'est maintenue assez vive toute la nuit, notamment dans le secteur de la butte du Mesnil. Le chiffre total des prisonniers que nous avons faits sur ce point est de 177.
Sur la rive droite de la Meuse et en Woëvre, violents bombardements.
En Haute-Alsace, nous avons arrêté une tentative de coup de main ennemi dans la région au sud de Seppois.
Nos escadrilles ont lancé 4500 kilos de projectiles sur les gares de Thionville, Conflans, Chambley, Metz-Sablons. Des incendies et des explosions ont été constatés dans les gares de Chambley et de Metz-Sablons.
L'artillerie ennemie s'est montrée très active contre la première ligne anglaise, dans le secteur de Quéant.
Rencontre de patrouilles vers Lens. Un coup de main allemand a été repoussé à l'est de Merckem.
Sur le front portugais, activité d'artillerie. Sur le front italien, simple canonnade.
Des contre-torpilleurs allemands ont exécuté un raid dans la Manche, en coulant un chalutier et plusieurs petits bâtiments anglais.



Artillerie britannique
Dimanche 17 février
En Champagne, dans la région de Ville-sur-Tourbe et en Haute-Alsace, au sud de Burnhaupt-le-Bas, nous avons repoussé des tentatives de coups de main ennemis.
De notre côté, au cours d'une incursion dans le secteur de Vauquois, nous avons fait un certain nombre de prisonniers.
Lutte d'artillerie active sur la rive droite de la Meuse, notamment dans la région de Bezonvaux et en Haute-Alsace.
Des avions ennemis ont lancé plusieurs bombes dans la région au nord de Nancy. On signale des tués et des blessés dans la population civile.
Sur le front anglais, les troupes du Lancashire ont réussi un coup de main dans la région de la voie ferrée d'Ypres à Staden. Onze prisonniers ont été ramenés. Les pertes sont légères du côté de nos alliés.
Les batteries allemandes ont été actives du côté de Lens et dans les secteurs de la Bassée et de Wyschaete.
En Palestine, les Anglais ont avancé leur ligne sur un front de six milles et une profondeur moyenne de deux milles de part et d'autre du village de Mukhinas. Ils ont repoussé une tentative ennemie au nord-ouest de Jérusalem.
Un sous-marin allemand a bombardé Douvres.
La Suède a invité le gouvernement de Petrograd à faire évacuer la Finlande.


Lundi 18 février
Actions d'artillerie assez vives entre la Miette et l'Aisne, sur le front du bois le Chaume et en Haute-Alsace.
Un coup de main ennemi a échoué à l'est d'Auberive; un autre, au sud de Metzeral.
Activité de combat dans les zones montagneuses du front italien.
Bombardements violents dans la région de l'Astico. Actions de patrouilles sur divers points.
Devant le Montello, des groupes de soldats anglais en exploration, ayant passé à gué la Piave, ont atteint les lignes adverses.
Dans la plaine, actions locales, luttes d'artillerie. Une patrouille italienne, sortie de la tête de pont du Capo Sile, a surpris un petit poste ennemi et ramené les armes des occupants, qui ont été tués ou mis en fuite.
En Macédoine, près du lac de Pretkovo, un détachement britannique a pénétré dans les organisations ennemies et exécuté des destructions.
Sur le front serbe, deux reconnaissances bulgares ont été repoussées.
Un raid d'avions a eu lieu sur Londres. Une bombe est tombée faisant quatre victimes.
L'alerte a été sonnée à Paris, et des tirs de barrage ont été exécutés.
La Russie proteste contre la notification allemande aux termes de laquelle les hostilités reprendraient immédiatement.

Mardi 19 février
Actions d'artillerie violente dans la région du bois Mortier et de Vauxaillon.
En Champagne, après une vive préparation d'artillerie, les Allemands ont lancé une attaque sur les positions que nous avons conquises la semaine précédente au sud-ouest de la butte du Mesnil.
Après un vif combat, nous avons rejeté l'ennemi de quelques éléments de tranchée où il avait pris pied d'abord. Des prisonniers sont restés entre nos mains. L'ennemi a tenté une seconde attaque sur le même point. Nos feux ont arrêté les assaillants qui n'ont pu aborder nos lignes. Deux avions allemands ont été abattus par le tir de nos canons spéciaux.
Notre aviation de bombardement a effectué diverses expéditions. Les gares de Thiaucourt, Thionville, Metz-Sablons, Pagny-sur-Moselle, les établissements ennemis d'Hirson et divers terrains d'aviation ont reçu de nombreux projectiles. 13000 kilos d'explosifs ont été lancés et ont provoqué plusieurs incendies et des explosions.
Les Anglais ont repoussé un raid vers Gavrel. Sur le même front les Portugais ont fait quelques prisonniers à Neuve-Chapelle.
Rencontre de patrouilles dans le secteur de Messine.
Activité de l'artillerie ennemie au sud de la route Arras-Cambrai, au nord de Lens et vers Zonnebeke.

Mercredi 20 février
Actions d'artillerie violentes, au cours de la nuit, dans la région sud de la forêt de Saint-Gobain, dans le secteur de Chavignon, et au nord-ouest de Bezonvaux.
Nos pilotes ont abattu ou gravement endommagé, au cours de nombreux combats, dix-huit appareils allemands. En outre, un ballon captif ennemi a été incendié.
Nos escadrilles de bombardement ont lancé 16000 kilos d'explosifs sur des objectifs ennemis, notamment sur les gares de Metz-Sablons, Forbach, Bensdorf, les dépôts d'Ensisheim, où un violent incendie s'est déclaré, ainsi que sur certains terrains d'aviation.
Les Anglais ont réussi des raids sur trois points différents.
Au sud-est d'Epéhy, les troupes irlandaises ont pénétré dans les tranchées ennemies, vers la ferme Gillemont et ramené des prisonniers.
Au sud de Lens, les troupes canadiennes ont ramené cinq prisonniers.
Plus au nord, les troupes du Lancashire du nord et du yorkshire ont fait, sur un large front, un raid dans les tranchées allemandes dans la partie sud de la forêt d'Houthulst. Un grand nombre d'ennemis ont été tués, vingt-sept prisonniers ont été faits.
Au front italien, lutte d'artillerie sur le plateau d'Asiago et dans le secteur Posina-Astico-Priula.
Des groupes importants d'ennemis ont été dispersés par le feu de l'artillerie. Vicence a été bombardée. Il y a quelques victimes.
Le Soviet des commissaires du peuple a déclaré accepter les conditions fixées à Brest-Litowsk par les empires centraux. Le général Hoffmann, chef d'état-major allemand au front oriental, a demandé à Petrograd une certification du radio qui lui avait été transmis à ce sujet. Un courrier russe a été envoyé à Dwinsk qui a été occupé en même temps que Luck par les Allemands.

Jeudi 21 février
Trois coups de main ennemis sur nos petits postes dans la région du bois de Quincy, au nord-ouest de Courcy et dans le secteur de Vauquois, ont échoué sous nos feux.
En Lorraine, au nord de Bures, et à l'est de Moncel, nos détachements ont pénétré profondément et sur un large front, dans les lignes allemandes. Cette opération brillamment conduite, nous a permis de ramener un nombre de prisonniers dont le chiffre dépasse 400.
Dans les Vosges, lutte d'artillerie assez active (région de la Fave).
Quatre avions allemands ont été abattus par nos pilotes. Un cinquième avion a été détruit par le tir de nos canons spéciaux. En outre, trois autres avions ennemis sont tombés dans leurs lignes, endommagés gravement à la suite de combats.
Sur le front britannique, l'ennemi a tenté un raid, après un gros bombardement, à l'est d'Arleux-en-Gohelle. Ce raid a été complètement repoussé. Un certain nombre d'Allemands ont été tués ou faits prisonniers.
Nos alliés ont réussi une opération de détail au nord de Wytschaete.
En Macédoine, les Serbes ont pénétré dans les positions ennemies sur la Vetrenik.
Canonnade sur le front italien. Des groupes ennemis ont été repoussés, laissant des prisonniers dans le Giudicarie et à l'est du mont Pertica. Une escadrille anglaise a bombardé l'aérodrome de Gosavoi.
Avance britannique en Palestine, au nord de Jérusalem.

Vendredi 22 février
Au nord-ouest de Reims, dans la région de Loivre, un coup de main ennemi a échoué sous nos feux.
Le chiffre des prisonniers faits en Lorraine, au cours des opérations au nord de Bures et à l'est de Moncel, est de 525, dont 11 officiers.
Assez vive activité d'artillerie de part et d'autre sur l'ensemble du front, notamment dans les régions de Pinon, Vauxaillon, Malmaison, Pontavert, Guyencourt et la butte du Mesnil.
Nos pilotes ont abattu trois avions allemands, contraint deux autres appareils à atterrir dans leurs lignes, gravement endommagés, et incendié un drachen.
Les troupes britanniques ont réussi un raid à l'est du bois du Polygone et capturé quelques prisonniers. L'artillerie ennemie a été active devant les positions de Flesquières.
Les aviateurs anglais ont attaqué de nouveau Thionville et jeté vingt-six bombes sur la gare. Une forte explosion s'est produite et des incendies se sont déclarés. Tous les appareils sont rentrés indemnes.
Les aviateurs anglais ont bombardé également les usines et la gare de Pirmassens, où une tonne de projectiles a été lancée. Tous les appareils sont rentrés.
Les troupes britanniques refoulent pas à pas les Turcs à l'est de Jérusalem. Elles ont progressé de quatre kilomètres et demi sur un front de douze kilomètres.
A l'ouest de Jérusalem, elles ont progressé d'un kilomètre et demi sur un front de six et demi. Elles ont bombardé les campements de la rive gauche du Jourdain.
Les Italiens ont jeté des bombes sur Innsbruck.




Artillerie britannique attendant la grande offensive allemande
Samedi 23 février
Violentes luttes d'artillerie sur l'ensemble du front, principalement dans les régions de la forêt de Pinon, Chevreux, Californie, Butte du Mesnil, Hartsmannswillerkopf et la Doller.
Sur le front britannique, canonnade vers Saint-Quentin et la route Arras-Cambrai, au sud et à l'ouest de Lens, au sud d'Armentières et à l'est d'Ypres. Les Anglais ont étendu assez sensiblement leurs lignes.
Les forces britanniques ont occupé Jéricho, en Palestine.
Sur le front italien, lutte d'artillerie du Stelvio à l'Astico et particulièrement vive sur certains points du front.
Les batteries de nos alliés ont exécuté des concentrations de feux sur des troupes ennemies, dans les environs de Foza et sur les pentes nord-ouest du mont Grappa. Elles ont combattu énergiquement l'artillerie ennemie dans le secteur val Feanzela-val Brenta. L'adversaire a battu plus fréquemment les pentes sud-est du Montello.
Des explorateurs ennemis ont été repoussés aux Graves.
Une patrouille anglaise a eu un engagement avec un groupe important adverse.
Les journaux officieux allemands disent que l'Allemagne tardera avant de répondre à l'offre de paix russe et qu'elle exigera la Livonie et l'Esthonie.

Dimanche 24 février
Au nord de l'Ailette, nous avons effectué une incursion hardie jusqu'aux abords de Chevregny et ramené du matériel et vingt-cinq prisonniers dont deux officiers.
En Champagne, nos détachements ont pénétré également dans les tranchées ennemies. Une dizaine de prisonniers est restée entre nos mains.
Sur le front britannique, les troupes écossaises ont réussi un raid près de Monchy-le-Preux. Elles ont fait quelques prisonniers. Les patrouilles à l'est de Wytschaete ont également fait des prisonniers.
L'artillerie ennemie s'est montrée active aux environs de la route de Menin et au sud de la forêt d'Houthulst.
Sur tout le front italien, la lutte d'artillerie a été modérée et les groupes explorateurs ont été assez actifs des deux côtés.
Des patrouilles anglaises ont fait quelques prisonniers.
Un détachement ennemi, qui tentait de s'emparer d'un petit poste au fond du val Brenta, a été rejeté après un vif combat.
Un avion ennemi a été abattu près de Cesimon. Deux autres sont tombés près de Silgaredo.
Les Anglais, après avoir occupé Jéricho, ont continué a progresser et pris une tête de pont du Jourdain.
Les aviateurs Garros et Marchal se sont évadés d'Allemagne.

Lundi 25 février
Assez grande activité d'artillerie dans les régions de Vauxaillon, de Chavignon, dans le secteur de la butte du Mesnil, et sur la rive gauche de la Meuse.
Un coup de main ennemi sur nos petits postes au sud de Corbeny est resté sans succès.
En Haute-Alsace, nos détachements ont hardiment pénétré dans Pont-d'Aspach et dans le quartier nord-ouest d'Aspach-le-Bas, où ils ont détruit les organisations allemandes et incendié de nombreux abris. Un ballon captif a été abattu par notre artillerie; nos troupes sont rentrées dans leurs lignes de départ après avoir infligé des pertes à l'ennemi et ramenant une quinzaine de prisonniers et une mitrailleuse.
Sur le front britannique, une tentative de coup de main ennemi a échoué vers Broodscinde.
Activité de l'artillerie allemande dans le secteur de Passchendaele. Des coups de mains sur les postes belges vers Merkhem ont été repoussés.
Sur le front italien, des concentrations de feux des deux artilleries ont eu lieu à l'est de la Brenta et des tirs de harcèlement plus fréquents dans la Giudicaria, sur le plateau d'Asiago et dans la région du Montello.
Un vif échange de fusillade a eu lieu entre des groupes qui exploraient le terrain le long du moyen et du bas Piave. A Capo Sile, une reconnaissance italienne a ramené des prisonniers.
L'Allemagne a adressé aux maximalistes ses conditions de paix qui sont draconiennes et qu'ils ont acceptées.

Mardi 26 février
Au nord de l'Ailette, nous avons réussi un coup de main dans la région d'Urcel et ramené seize prisonniers et une mitrailleuse.
Lutte d'artillerie en Champagne, dans la région de Tahure et en Haute-Alsace, dans les secteurs au nord et au sud de la Doller.
Sur le front britannique, un raid allemand a été repoussé avec pertes à l'est d'Armentières.
L'artillerie ennemie s'est montrée active au sud-ouest de Cambrai et dans le secteur de Messines. Sur le front belge, les feux de barrage de nos alliés ont mis en échec complet quatre tentatives allemandes effectuées sur des postes avancés en divers points de la ligne. L'activité réciproque de l'artillerie s'est intensifiée dans la région de Dixmude où s'est déroulée une lutte à obus toxiques et ordinaires. Les Belges ont neutralisé de nombreuses batteries et effectué plusieurs tirs de destruction.
Canonnade sur le front italien, entre Adige et Astico. Dans le val Camonica et sur la Brenta, échec de patrouilles ennemies. Un raid autrichien a été brisé à Capo Sile. Cinq appareils ennemis ont été abattus. Les avions italiens ont opéré au sud de Trente et à Primolano. Mestre et Venise ont reçu des bombes.

Mercredi 27 février
Lutte d'artillerie assez vive sur la rive droite de la Meuse (région de Beaumont).
Sur le front britannique, un détachement ennemi qui tentait un coup de main sur un poste de la région de Saint-Quentin, a été rejeté par les feux d'artillerie de nos alliés et leurs jets de grenades, avant d'avoir pu aborder les réseaux.
Un autre détachement qui attaquait un poste au nord de Passchendaele a été également repoussé.
Nos alliés ont fait un certain nombre de prisonniers dans la partie nord du front.
Activité de l'artillerie allemande au sud-ouest de Cambrai, dans la vallée de la Scarpe, au sud d'Armentières et au nord-est d'Ypres.
L'artillerie britannique a attaqué et dispersé des groupes de travailleurs ennemis dans la région de la Bassée.
Les aviateurs anglais ont fait du réglage et des reconnaissances. Ils ont jeté des bombes sur divers objectifs, cantonnements, convois, etc. Les pilotes britanniques ont jeté plus de deux cents bombes sur des champs d'aviation ennemis vers Courtrai et sur des cantonnements au nord-est de Saint-Quentin. Ils sont tous rentrés indemnes.
Hertling et Payer ont parlé au Reichstag, l'un sur la situation internationale, l'autre sur la politique intérieure.

Jeudi 28 février
Deux forts coups de main ennemis, au nord du Chemin des Dames, sont restés sans résultat.
En Champagne, après un violent bombardement, l'ennemi a tenté d'aborder nos lignes en deux points, sur nos nouvelles positions, au sud-ouest de la Butte du Mesnil. Nos feux ont arrêté les assaillants.
Actions d'artillerie sur la rive gauche de la Meuse.
Trois avions allemands ont été abattus par nos pilotes. Nos escadrilles de bombardement ont lancé 4500 kilos d'explosifs, notamment sur les gares de Metz-lès-Sablons et de Warmeriville.
Sur le front britannique, des raids ennemis ont été repoussés au nord de Saint-Quentin, vers Bullecourt et à l'est de Vermelles.
Activité d'artillerie dans la région d'Ypres.
Sur le front d'Orient, un raid, exécuté par les troupes britanniques, dans la région du lac Butkova, a procuré des prisonniers. Des détachements de reconnaissance ennemis ont été repoussés par les troupes serbes, dans la région de Sokol.
Sur le front italien, activité de patrouilles ennemies qui ont été partout repoussées.
Près de Cismon, un dépôt de munitions a été atteint par les aviateurs italiens.
Les escadrilles de nos alliés ont également bombardé les voies ferrées de Bolzani et de Pergrus.