Mardi 1er février
En Belgique, nous avons dirigé un tir efficace sur les organisations ennemies du pont de Steenstraete : la culée du pont a été endommagée.
Au nord d'Arras (sud-ouest de la cote 140), deux attaques à la grenade ont échoué.
Au sud de Roye, nos canons de tranchées ont bouleversé les ouvrages allemands de Fresnières.
En Champagne, nous avons bombardé les tranchées allemandes au nord de Prosnes.
En Argonne, lutte de mines à la Haute-Chevauchée. A l'explosion d'une mine allemande, nous avons répondu par un camouflet qui a détruit une galerie de l'adversaire.
Au nord de Saint-Mihiel, nos pièces à longue portée ont bombardé les cantonnements ennemis de Conflans, à l'est d'Etain et de Saint-Maurice-sous-les-Côtes, nord d'Hattonchâtel.
L'Allemagne, par la voie de sa presse, se déclare très hostile aux propositions du président Wilson concernant la guerre sous-marine.
Des manifestations de femmes contre la guerre ont eu lieu à Dusseldorf et dans plusieurs autres villes allemandes.
M. Miouchekevitch, président du Conseil monténégrin est arrivé a Paris.
Deux contre-torpilleurs allemands se sont échoués dans le Sund.
M. Helfferich, ministre des Finances de l'empire germanique, est arrivé à Vienne.

Mercredi 2 février
Lutte d'artillerie assez vive en Artois, an sud de la cote 119. Au nord-est d'Arras (route de Saint-Nicolas à Saint-Laurent), un détachement ennemi a tenté une attaque, qui a été arrêtée à coups de grenades. Au sud de Thélus (route de Lille), nous avons effectué sur les positions ennemies un bombardement qui a provoqué un incendie suivi d'explosions.
Entre Avre et Oise, nous avons bombardé les tranchées ennemies de Beuvraignes et de Fresnières, et canonné des convois vers Lassigny.
Action d'artillerie sur les ouvrages adverses de Beaulne et de la ferme du Choléra (nord de l'Aisne) ainsi qu'à l'est de Saint-Dié (région de la Faye).
Sur le front belge, lutte d'artillerie au sud de Dixmude.
Une escadrille de zeppelins a survolé l'est, le nord-est et le centre de l'Angleterre, faisant 54 morts et 67 blessés.
La presse allemande est unamine à glorifier le raid qui a été effectué sur Paris et à invectiver les neutres qui le critiquent.
Les Russes poursuivent leur marche au sud du Caucase, descendant dans les régions moyennes et moins froides de l'Arménie turque.
L'armée égyptienne a été mobilisée en prévisions d'une attaque improbable désormais du canal de Suez.
Les Bulgares qui opéraient en Albanie ont suspendu leur marche.



Le prince Yussuf-Izzedin 
Jeudi 3 février
En Artois, lutte de mines aux abords de la route de Lille. Nous provoquons trois explosions dans les batteries ennemies de la région de Vimy.
Entre Avre at Aisne, notre artillerie disperse des convois (la ferme Sous-Touvent), et atteint un train (Lassigny).
Au nord-ouest de Berry-au-Bac, des troupes allemandes en mouvement ont été surprises par le feu de nos canons.
En Champagne, nous bombardons les ouvrages adverses au nord de Souain.
En Alsace, nous faisons exploser un dépôt de munition aux abords d'Orbey (sud-est du Bonhomme). Dans la région de Sondernach (sud de Munster), les Allemands ont enlevé un de nos postes d'écoute, qui leur a été repris ensuite.
Un zeppelin a bombardé Salonique, atteignant la préfecture grecque et la caisse générale de la Banque de Salonique. Il y a treize morts et quinze blessés.
Nous avons abattu un aviatik à l'ouest de Salonique, en capturant les deux aviateurs.
Le prince héritier de Turquie est mort. Les dépêches de Constantinople annoncent qu'il s'est suicidé, mais, selon toute présomption, ce prince, qui était hostile à Enver pacha et à l'Allemagne, a été assassiné.
 

Vendredi 4 février
Au nord de l'Aisne, après un bombardement assez vif, les Allemand ont esquissé une attaque sur nos positions du bois des Buttes. Ils ont été arrêtés par le déclanchement immédiat de nos tirs de barrage et de notre feu d'infanterie. A notre tour, nous avons bombardé leurs tranchées du plateau de Vauclerc. Nous avons pris sous notre feu des troupes en mouvement qui avaient été signalées sur la toute de Berry-au-Bac à Guvincourt.
Lutte de mines très active en Argonne. Nous avons fait sauter de nombreux fourneaux qui ont bouleversé les travaux souterrains de l'ennemi . Aux Courtes-Chausses, à la Fille-Morte, à la Cote 285, à Vauquois, des attaques allemandes ont été brisées par une lutte d'artillerie et de grenades.
Les Anglais ont repoussé une attaque par surprise aux abords de la route d'Ypres à Pilken.
Nos avions ont été, à titre de représailles contre le raid d'un zeppelin à Salonigue, bombarder un village bulgare de la frontière grecque.

Samedi 5 février
La journée a été plutôt calme sur notre front.
Notre artillerie lourde a exécuté des tirs sur une colonne d'infanterie, et sur des convois qui entraient dans Roye.
Nous avons bombardé les organisations allemandes en Champagne (région de Tahure et du mont Têtu), en Argonne (secteur de la Harazée) et en Lorraine (front Nomény-Morville).
L'activité a repris sur le front russe, aussi bien dans le nord qu'en Galicie, bien qu'aucun événement notable ne soit à signaler.
La tension est extrême entre l'Amérique et l'Allemagne, les négociations à propos du Lusitania étant à nouveau interrompues.
Le Parlement fédéral canadien à Ottawa a été la proie des flammes. Il s'agirait d'un crime allemand. Il y a six victimes.
Un zeepelin s'est perdu en mer du Nord.
Les régiments allemands remplacent les régiments bulgares à la frontière grecque.

  Dimanche 6 février
Entre Soissons et Reims, tir de notre artillerie sur la tête de pont de Venizel et les ouvrages ennemis de Vendresse et de Cernay. Une colonne en marche a été prise sous notre feu, à l'est de Saint-Souplet.
En Champagne, nos batteries ont endommagé les organisations allemandes du plateau de Navarin.
Entre Aisne et Argonne, nous avons bombardé les abris et les tranchées de Saint-Thomas. A la Haute-Chevauchée, nous avons occupé une portion d'entonnoir.
Le sergent pilote Guynemer a abattu un avion allemand dans la région de Frise. C'est le ciquième appareil qu'il détruit.
M. Zimmermann, sous-secrétaire d'Etat allemand aux Affaires étrangères, parlant au correspondant d'une agence américaine de l'affaire du Lusitania, a déclaré que le cabinet de Berlin était arrivé à l'extrême limite des concessions.
A la suite de la découverte des faits délictueux reprochés aux colonels Egli et de Wattenwyl, le Conseil fédéral suisse a décidé de transférer l'état-major de Berne à Lucerne.

 


Guynemer Brocard
Lundi 7 février
En Belgique, notre artillerie, de concert avec l'artillerie britannique, a exécuté des tirs de démolition sur les tranchées allemandes en face de Boesinghe.
Plus à l'est, deux batteries ennemies ont été réduites au silence par notre artillerie lourde.
A l'est de Soissons, nous avons canonné les ouvrages adverses en face du plateau de Chassemy.
Le bombardement effectué en Champagne sur les organisations ennemies du plateau de Navarin a donné d'excellents résultats. Les tranchées battues ont été bouleversées; plusieurs dépôts de munitions ont sauté.
Un de nos avions-canons a attaqué, près de Péronne, un drachen ennemi, qui est tombé en flammes.
Les Italiens ont repoussé des attaques autrichiennes près de Tolomino et de Goritz.
On signale au Canada toute une série d'attentats contre des ouvrages d'art et des fabriques. D'autres attentats auraient été prémédités en Suisse.
15000 Allemands et indigènes armés du Cameroun ont été désarmés en Guinée espagnole.

Mardi 8 février
En Belgique, notre artillerie a bombardé efficacement le fortin Vauban, près d'Hetsas et les tranchées ennemies en face de Steenstraete.
En Artois, nos batteries ont provoqué de fortes explosions dans les lignes allemandes vers Saint-Laurent (nord-est d'Arras).
Entre Aisne et Oise, un blockhaus ennemi a été détruit à la lisière sud du bois d'Ourscamps.
En Champagne, notre artillerie lourde a provoqué un grand incendie dans les établissements ennemi près de Challerange.
Les aviateurs Gilbert et Pary se sont évadés de Zurich, mais ont été repris à Olten.
On confirme l'existence d'une tension grave entre les Bulgares et les Allemands en Macédoine.
Les aviateurs russes ont lancé des bombes sur la ville et sur la gare de Mitau. Les Autrichiens ont subi un échec près de la frontière de Bessarabie. Les troupes russes continuent à refouler les Turcs dans la région d'Erzeroum.
Six avions allemands ont été abattus sur le front britannique, en Flandre.
L'Allemagne projette d'aggraver encore les exigences du service militaire rendant la préparation militaire obligatoire à partir de dix-sept ans.

Mercredi 9 février
En Artois, duel d'artillerie assez intense au nord-est et au sud-est de Neuville-Saint-Vaast.
Au sud de l'Oise, nous avons dispersé une colonne d'infanterie près de Lassigny.
Au nord de l'Aisne, un tir de nos batteries a causé d'importants dégâts aux ouvrages ennemis, dans la région au nord de Troyon et sur le plateau de Vauclerc. Au nord de Berry-au-Bac, nous avons pris sous notre feu des troupes en mouvement.
En Argonne, lutte de mines à notre avantage.
Aux Courtes-Chausses, nous avons bouleversé les travaux de l'adversaire, et nous avons fait exploser une mine à la Fille-Morte.
Dans les Vosges, nous avons bombardé les cantonnements de Stossvihr et d'Hirtzbach.
Une pièce allemande à longue portée a lancé trois obus sur Belfort et ses environs. Nous avons tiré sur les établissements militaires de Donach (Haute-Alsace).
Dans l'Adriatique, un croiseur anglais et un torpilleur français ont mis en fuite quatre destroyers ennemis.
On a découvert aux Etats-Unis un grand complot contre le Canada.
M. René Besnard, sous-secrétaire d'Etat à l'aéronautique, a démissionné.
M. Aristide Briand est parti avec MM. Léon Bourgeois, Albert Thomas, les généraux Pellé et Dumézil, et de Margerie pour l'Italie où il conférera avec MM. Salandra et Sonnino.

Jeudi 10 février
Activité d'artillerie réciproque entre la cote 140 et le chemin de Neuville à la Folie. Les Allemands, après avoir fait sauter deux fortes mines à l'ouest de la Folie, ont pénétré dans quelques éléments d'une tranchée avancée. Puis ils ont dirigé une attaque d'infanterie qui a été repoussée.
Au sud de la Somme, noms bombardons les tranchées adverses.
Entre Soissons et Reims, au sud de la Ville-aux-Bois, nous avons attaqué à coups de grenades un petit poste que l'ennemi a dû evacuer.
Au sud-est de Saint-Mihiel, nous avons endommagé les organisations allemandes de la forêt d'Apremont.
L'ennemi a lancé sept obus sur Belfort et ses environs. Canonnade réciproque à l'Hartmannswillerkopf, dans les Vosges.
Les Serbes ont remporté un succès sur les Autrichiens, en avant de Durazzo, en Albanie.
La tension semble s'être accrue entre la Roumanie et les empires du centre.
Le tsar de Bulgarie est parti pour rendre au kaiser la visite que celui-ci lui a faite à Nisch.

Vendredi 11 février
En Artois, nous avons continué à progresser à coups de grenades, dans les boyaux à l'ouest de la Folie. Deux attaques allemandes dirigées contre nos positions à l'ouest de la cote 140 ont été complètement repoussées. Les Allemands ayant fait exploser une mine au nord du chemin de Neuville à Thélus, nous en avons occupé l'entonnoir.
Au sud de la Somme, nous avons fait 50 prisonniers, capturé deux mitrailleuses et un canon-revolver. Nous avons rejeté dans ses tranchées, par nos tirs de barrages, une fraction ennemie qui tentait de déboucher.
Près de Beuvraignes, nous avons détruit un blockhaus et bombardé les cantonnements ennemis.
En Champagne, nous avons opéré un tir de destruction vers la butte du Mesnil.
En Woëvre, dans la forêt de Mortmare, notre bombardement a provoqué l'explosion d'un dépôt de munitions.
Les Allemands ont encore lancé vers Belfort deux obus de gros calibre. L'emplacement de la batterie ennemie a été pris sous notre feu. Nous avons exécuté un tir sur les établissements militaires de Dornach.
Les Russes, en Galicie, ont occupé Usieczko et franchi le Dniester.
Le tsar de Bulgarie s'est rencontré avec Guillaume II au quartier général allemand.
Le cabinet grec a obtenu de la Chambre un vote de confiance.
MM. Briand, Bourgeois et Thomas sont arrivés à Rome.

Samedi 12 février
En Belgique, notre tir a endommagé un fortin près de Passchendaele et provoqué l'explosion d'un dépôt de munitions.
Canonnade en Artois.
Au sud de la Somme, nous avons repris une notable partie des éléments de tranchées enlevés par les Allemands dans la région de Frise. L'ennemi a essayé de nous refouler par de violentes contre-attaques, mais, arrêté net, il a subi des pertes très sensibles.
Au nord de l'Aisne, nous battons les ouvrages au nord de Soupir et des convois de ravitaillement au nord-est de Berry-au-Bac.
En Champagne, nous avons fait des prisonniers au nord-est de la butte du Mesnil.
Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons bouleversé un blockhaus.
Dix obus de gros calibre ont été lancés dans la direction de Belfort.
L'armée belge a repoussé, en lui infligeant de grosses pertes, un détachement qui tentait une attaque surprise.
Les Russes poursuivent leur offensive en Galicie.
L'Allemagne et l'Autriche viennent d'avertir les neutres qu'elles allaient renforcer la guerre sous-marine.
Le ministre de la Guerre d'Amérique, M. Garrison, a démissionné, estimant insuffisants les projets que M. Wilson avait conçus pour la défense nationale.


Dimanche 13 février
En Belgique, après une préparation d'artillerie assez violente, les Allemands ont plusieurs fois tenté de franchir le canal de l'Yser, près de Steenstraete et d'Hetsas. Ces tentatives ont échoué sous le feu combiné de notre artillerie et de nos mitrailleuses.
En Champagne, vive canonnade près de la butte du Mesnil et de Navarin. Dans la région de Navarin, après un bombardement de plusieurs heures, l'ennemi a pu pénétrer dans un petit saillant de notre ligne. Au nord-est de la butte du Mesnil, où nous avions pris environ 300 mètres de tranchées, les Allemands ont procédé à une contre-attaque. Ils ont été repoussés, puis nous avons progressé de nouveau, en faisant des prisonniers.
Lutte de mines à notre avantage en Argonne (Four de Paris).
Dans les Vosges (nord de Wissembach, est de Saint-Dié), nous avons, par nos feux d'infanterie, brisé une attaque.
Une note officielle italienne annonce que L'Italie participera prochainement à une conférence des alliés tenue à Paris.
Une troupe anglaise a été assaillie par les Arabes en Mésopotamie.
M. Sasonof déclare que la guerre ne peut plus durer longtemps.

  Lundi 14 février
Les Allemands ont opéré une série d'attaques en Artois, de la cote 140 au chemin de Neuville-la Folie. Une première attaque a échoué à l'ouest de la cote 140. Trois autres, survenues après un violent bombardement, ont été arrêtées par notre feu. Au cours d'une cinquième, les Allemands avaient réussi à pénétrer dans une de nos tranchées de première ligne, mais ils en ont été chassés immédiatement, en subissant des pertes sensibles.
Nos batteries ont abattu un avion près de Givenchy.
Une attaque allemande a échoué au sud de Frise.
A l'est de l'Oise, nous avons bombardé les positions ennemies.
Artillerie allemande active de Soissons à Reims. Nous brisons des attaques d'infanterie en préparation.
Nous avons capturé des soldats ennemis en Champagne ; l'ennemi a toutefois pris pied dans quelques tranchées avancées à l'est de la route Tahure-Somme-py.
En Haute-Alsace, à l'est de Seppois, nous enrayons une attaque.
Les aviateurs belges ont attaqué avec succès l'aérodrome de Ghistelle.
Le croiseur français Amiral-Charner a été coulé sur la côte de Syrie.
L'Italie prohibe tout commerce avec l'Allemagne.
M. Briand a visité le front de l'Isonzo, puis est reparti pour Paris.
 
Mardi 15 février
En Belgique, nous avons fait sauter un dépôt de munitions au nord de Boesinghe.
Au sud de la Somme, au sud de Frise, nous avons occupé plusieurs éléments de tranchées et décimé une compagnie allemande qui était entourée par nous. Nous avons fait là une centaine de prisonniers. Les pertes de l'ennemi sont considérables.
Au nord de Soissons, l'infanterie ennemie a tenté de déboucher par la rive droite de l'Aisne. Elle a été arrêtée net par nos tirs de barrage et nos feux d'infanterie.
En Champagne, l'ennemi s'est maintenu dans les éléments avancés qu'il avait occupés près de la route Tahure-Somme-Py, mais il n'a pu pousser plus loin et a perdu beaucoup d'hommes.
En Haute-Alsace, à l'est de Seppois, une violente offensive dirigée par eux a mis les Allemands en possession de 200 mètres de nos tranchées. Une contre-attaque immédiate nous a rendu ces éléments, mais un intense bombardement nous a forcés à les évacuer de nouveau. Les renforts ennemi ont été pris sous nos tirs de barrage.
L'Amirauté anglaise signale la perte du croiseur Arethusa, qui a coulé sur une mine près de la côte orientale de la Grande-Bretagne.
Trois avions autrichiens ont bombardé Milan et les environs : il y a huit morts et soixante blessés.
Les Bulgares sont arrivés à 30 kilomètres de Valona.
 
 


Mercredi 16 février
Journée plus calme.
En Artois, nos canons de tranchées ont exécuté des tirs sur les organisations ennemies aux abords de la route de Lille.
En Champagne, nous avons repris une partie des éléments avancés occupés par l'ennemi à l'est de la route de Tahure à Somme-Py.
A l'est de l'Oise, nous avons bombardé un train et un convoi de ravitaillement au nord de Vic-sur-Aisne.
Au nord-est de Soissons, nous opérons des tirs de destruction.
En Argonne, à la Fille-Morte, après avoir fait sauter une mine, nous en occupons l'entonnoir.
En Lorraine, combat de patrouilles près de Reillon.
En Haute-Alsace, nous bombardons les positions allemandes à l'est de Seppois.
Une escadrille d'avions belges a lancé des obus sur l'aérodrome de Handzaeme.
Des avions autrichiens ont opéré au-dessus de Schio (Italie), tuant six personnes.
Les journaux allemands prétendent que l'accord avec l'Amérique au sujet du Lusitania n'est plus qu'une question de forme.
Les organes conservateurs de Berlin commencent à attaquer le chancelier de Bethmann-Hollweg.

Jeudi 17 février
En Artois, nous avons fait jouer aux abords de la route de Lille, un camouflet qui a bouleversé les travaux de mines de l'ennemi.
Notre artillerie a canonné les convois de ravitaillement allemands an nord de Tracy-le-Val, à l'est de l'Oise, et dans la région de Berry-au-Bac.
Au sud-est de Saint-Mihiel, nous avons bombardé les organisations ennemies dans la forêt d'Apremont.
L'armée allemande, après un terrible bombardement du front d'Ypres, a fait plusieurs attaques d'infanterie. L'ennemi a pénétré sur environ 600 mètres de large dans une tranchée anglaise de première ligne. Partout ailleurs il a échoué. Le bombardement a continué.
Les Russes, qui avaient enlevé successivement un fort, puis un second, puis sept autres à Erzeroum, se sont rendus maîtres de la capitale de l'Arménie.
Les ministres de la Triple Entente au Havre ont déclaré au gouvernement belge :
I° que leurs pays ne cesseraient pas les hostilités tant que la Belgique ne serait pas restaurée dans son indépendance politique et économique et n'aurait pas été indemnisée des dommages subis;
2° qu'elle serait appelée à siéger à la conférence de la paix.
Un incendie allumé par des criminels a sévi dans le port de Brooklyn (New-York) où il a causé de graves dégâts.

Vendredi 18 février
Tirs de destruction en Belgique sur les organisations allemandes vers Steenstraete et en face de Boesinghe.
En Artois, aux abords de la route de Lille, l'ennemi a fait exploser une mine dont nous avons occupé l'entonnoir.
Entre Soissons et Reims, nous avons canonné des troupes en mouvement vers Condé-sur-Aisne et bombardé des ouvrages au nord de Soissons. L'activité d'artillerie est, en général, plus faible.
L'artillerie belge a pris sous son feu une colonne d'infanterie à Schoore.
Le président de la République et le tsar ont échangé des télégrammes à propos de la prise d'Erzeroum.
Les combats sont moins violents sur le front russe, de la Courlande à la Galicie.
Le général Sarrail a prescrit un raid d'avions de représailles au-dessus des campements bulgares de Stroumitza-ville, qui ont été bombardés.
La chambre grecque a entendu un débat passionné au sujet de l'intervention italienne dans les Balkans.
Les progermains ont fait sauter le club américain de Toronto (Canada).
Tout est remis en question à propos de la politique navale entre l'Allemagne et les Etats-Unis, et l'opinion dans l'Union se montre plus ferme que jamais à l'encontre de l'empire germanique.

Samedi 19 février
En Artois, au nord-ouest de la cote 140, nous avons fait exploser une mine sous une tranchée allemande qui a subi de graves dégâts. Une autre de nos mines a produit entre les deux tranchées un vaste entonnoir dont nous avons occupé la lèvre sud. Notre feu a brisé net une tentative allemande pour nous en chasser.
Dans la région, au sud de Frise, notre artillerie, de concert avec l'artillerie britannique, a effectué des tirs de barrage qui ont arrêté une attaque ennemie en préparation.
Au nord de l'Aisne, dans la région du Choléra, nous avons exécuté sur un saillant de la ligne ennemie un tir efficace.
Dans la Haute-Alsace, près de Largitzen, l'ennemi, après un violent bombardement, a attaqué nos positions. Il a pu prendre pied un instant dans une tranchée, mais il en a été aussitôt chassé par une contre-attaque.
Sur le front belge, lutte à coups de bombes dans le secteur de Steenstraete.
Les Russes ont capturé dans Erzeroum un millier de canons. L'armée turque qui formait la garnison de la place est prisonnière ou fugitive. 16 avions francais ont bombardé Stroumitza-station, en avant de Salonique, à 20 kilomètres de Stroumitza-ville qui avait été bombardée la veille. Un aviatik a été abattu dans la même région par un de nos avions.

Dimanche 20 février
En Artois, au nord-ouest de la cote 140, nous avons fait exploser une mine sous un saillant allemand.
Entre Oise et Aisne, nous avons pris sous notre feu une colonne d'infanterie ennemie au nord de Vic-sur-Aisne.
En Lorraine, nous avons bombardé les établissements ennemis de Domèvre. Un incendie a été allumé.
En Haute-Alsace, nous bombardons les tranchées allemandes à l'est de Seppois et de Largitzen.
Le butin conquis par l'armée russe à Erzeroum a été considérable. Dès à présent, on sait une nos alliés ont pris quantité de pièces d'artillerie, de munitions et d'armes.
A la nouvelle de la chute de la place, des troubles ont éclaté à Constantinople et aussi à Smyrne et à Beyrouth. Des dissentiments graves se seraient élevés entre Enver pacha et les généraux allemands. La Porte a retiré une partie des troupes qu'elle avait envoyées en Bulgarie.
Le général Sarrail a visité le front de Salonique en compagnie des généraux grecs Moschopoulos et Zimbrabrakis.
Une fabrique de munitions a encore été incendiée aux Etats-Unis.
Le Sénat américain s'est prononcé pour une politique de vigueur vis-à-vis de l'Allemagne.
La presse allemande tonne contre le cardinal Mercier.

Lundi 21 février
En Belgique, après un violent bombardement de nos positions, les Allemands ont tenté de franchir le canal de l'Yser à Steenstraete. Quelques groupes ennemis ayant pu pousser jusqu'à notre tranchée de première ligne, ont été chassés aussitôt.
En Champagne, action d'artillerie sur les positions allemandes au nord de Tahure et à l'est de Navarin.
En Argonne, nous avons fait sauter deux mines à Vauquois.
Entre Meuse et Moselle, nous avons bombardé les établissements ennemis vers Etain, Varcy et Saint-Hilaire, en provoquant des incendies et des explosions.
Au sud de Saint-Mihiel, nous avons opéré des tirs de destruction à l'ouest de la forêt d'Apremont.
Un taube a lancé sans résultat plusieurs bombes sur Dunkerque. Un autre a opéré -sans résultat aussi- près de Lunéville.
Les Russes ont occupé deux villes au sud d'Erzeroum : Mouch et Aklat, coupant ainsi les communications entre les fronts ottomans.
M. Tittoni, ambassadeur d'Italie en France, a prononcé un important discours à Nice.
On annonce que le chancelier allemand demandera au Reichstag le vote de 500 millions d'impôts nouveaux.
Des avions italiens ont survolé Laybach en Carniole.

Mardi 22 février
En Artois, l'ennemi a fait sauter une mine (nord de la route de Lille).
Canonnade près de Givenchy. Au sud de la Somme (Lihons), après avoir dirigé sur nos lignes un intense bombardement et des émissions de gaz sur un front de 7 kilomètres, l'ennemi a tenté de sortir de ses tranchées. Il a été partout repoussé.
En Champagne, nous avons exécuté des tirs à l'ouest de la route de Saint-Hilaire à Saint-Souplet.
En Argonne, nous avons démoli plusieurs observatoires aux abords du bois de Cheppey.
Canonnade active dans toute la région de Verdun. Nous bombardons le bois d'Ailly au sud-est de Saint-Mihiel.
Les Allemands ont jeté des obus sur Saint-Dié. Nous avons abattu un fokker près d'Altkirch, un albatros près d'Epinal, un avion encore près de Parroy, deux autres près de Revigny. Un zeppelin a été détruit par nos obus aux environs de Brabant-le-Roi. 17 de nos appareils de bombardement ont opéré sur le champ d'aviation d'Habsheim et sur la gare aux marchandises de Mulhouse; 28 autres ont lancé des projectiles sur la fabrique de munitions de Pagny-sur-Moselle.
Des avions autrichiens ont survolé la plaine lombarde. Il y a eu plusieurs morts dans la population civile.
Le général Sarrail a été reçu à Athènes par le roi de Grèce.

Mercredi 23 février
En Artois, l'ennemi a effectué une forte attaque sur nos positions du bois de Givenchy. Il a pénétré dans nos tranchées de première ligne, complètement bouleversées, et sur plusieurs points dans nos tranchées de doublement, dont il n'occupe plus que quelques éléments. Il a subi des pertes considérables du fait de nos tirs de barrage et de nos feux d'infanterie et de mitrailleuses.
Dans la région de Verdun, les Allemands ont attaqué nos positions, à l'est de Brabant-sur-Meuse, entre le bois d'Haumont et Herbe-bois. Ils ont pris pied dans quelques éléments de tranchées avancées et poussé jusqu'aux tranchées de doublement; ils furent rejetés de ces dernières, mais ils renouvelèrent ensuite leurs tentatives, et finalement occupèrent un bois et un saillant que formait notre ligne au nord de Beaumont. Au nord-ouest de Fromezey (est de Verdun), nos tirs de barrage empêchèrent une attaque de se déclancher.
Activité d'artillerie en Belgique, en Champagne, au Ban-de-Sapt et à l'ouest d'Altkirch.
Les Russes poursuivant leurs avantages dans la région d'Erzeroum, ont fait encore des centaines de prisonniers, en capturant plusieurs batteries allemandes.
26 aéroplanes anglais ont attaqué les dépôts allemands de Don, infligeant de gros dégâts aux entrepôts et aux voies ferrées.
Un zeppelin a survolé Lunéville. Poursuivi par nos avions, il s'est dirigé vers Metz.


Ceux qui ont dirigé l'attaque de Verdun







von Haeseler 


von Beseler 


Deimling 


La grande attaque de Verdun, destinée à influencer les neutres, à relever le moral du peuple allemand et le prestige du Kronprinz, fut imposée par celui-ci et le Kaiser. Le plan d'attaque serait dû au général Deimling et au vieux feld-maréchal von Haeseler, conseiller du Kronprinz qui connaissait bien la région. La direction de l'artillerie lourde fut assumée par von Beseler qui prit Anvers. Le Kaiser est représenté ici au cours d'une visite au quartier général du Kronprinz. Près de celui-ci, le prince Oscar.

Jeudi 24 février
En Belgique, un tir de notre artillerie a ouvert plusieurs brèches dans les tranchées allemandes en face de Steenstraete.
En Artois, nous avons repris plusieurs points près de Givenchy.
L'action au nord de Verdun s'est marquée comme une attaque très importante entreprise avec des moyens puissants. La bataille a continué avec une grande intensité et nos troupes, qui l'ont soutenue énergiquement, ont infligé d'énormes pertes à l'ennemi. Le bombardement d'obus de gros calibre, de part et d'autre, s'est étendu sur 40 kilomètres. On a constaté la présence de troupes allemandes de sept corps d'armée différents.
L'ennemi a vainement essayé de nous déloger de nos positions au débouché du village de Haumont; nous avons repris la plus grande partie du bois des Caures; a l'est de ce bois, l'ennemi a pénétré dans celui de la Ville. Au nord d'Ornes, ses assauts ont été enrayés.
En Alsace, nous avons repoussé une attaque au sud-est du bois de Carspach, près d'Altkirch.
Les Russes accusent une série de succès de la Courlande à la Strypa.
Un article officieux de la Gazette de Cologne menace l'Amérique de la rupture.
Le président du Conseil russe, M. Sturmer, parlant à la Douma après M. Sasonof, a dit, comme lui, que la Russie irait jusqu'au bout avec ses alliés. Le tsar, pour la première fois, venait au Parlement.

Vendredi 25 février
L'attention se concentre toujours sur la bataille au nord de Verdun. On se bat avec violence sur les deux rives de la Meuse, et sur la rive droite jusqu'à Ornes. Nous avons évacué Brabant-sur-Meuse et nous nous sommes repliés au sud de Samogneux et d'Ornes, les mouvements de repli étant opérés avec une cohésion parfaite. Sur plusieurs points, les offensives allemandes tentées pour nous déloger sont demeurées impuissantes. L'ennemi a laissé partout des monceaux de cadavres. Notre artillerie riposte avec ténacité à l'artillerie adverse.
En Artois, lutte de grenades à l'est de Souchez.
En Champagne, nous avons exécuté une concentration de feux sur les organisations ennemies à l'ouest de Maison-de-Champagne et au sud de Sainte-Marie-à-Py.
En Argonne, tirs de destruction sur les ouvrages allemands à la Fille-Morte.
En Lorraine, nous avons chassé l'ennemi d'un de nos postes avancés du bois de Cheminet, et poursuivi une reconnaissance. Contact de patrouilles près de Reillon.
Deux généraux grecs ont visité notre camp de Salonique en compagnie du général Sarrail.
Canonnade sur tout le front italien; les Autrichiens subissent un échec sur le Haut-Isonzo.
Activité d'artillerie sur le front russe, spécialement dans le secteur Nord.

   
Samedi 26 février
En Champagne, nous avons attaqué et enlevé un saillant ennemi au sud de Sainte-Marie-à-Py. Nous avons fait 300 prisonniers, dont 16 sous-officiers et 5 officiers.
En Argonne, à l'est de Vauquois, nous avons exécuté des tirs sur les ouvrages ennemis de la région de Cheppy et aussi au nord de la Harazée. Activité intermittente de l'artillerie entre Malancourt et la rive gauche de la Meuse.
Au nord de Verdun, après nous être établis sur une ligne de résistance organisée en arrière de Beaumont, sur les hauteurs à l'est de Champneuville et au sud d'Ornes, nous avons repoussé de violentes attaques allemandes à gros effectifs sur la côte du Poivre et sur le bois de la Vauche. A l'ouest de la Meuse, canonnade, mais aucune action d'infanterie.
Dans les Vosges, duel d'artillerie dans la vallée de la Fecht.
Le président Wilson combat les menées progermaines qui s'exercent dans les deux Chambres du Congrès de Washington. Il déclare qu'il mettra l'honneur au dessus de la paix.
Les Russes ont obtenu un succés important en Perse, refoulant les Turcs vers Kermanchah, catitale du Kurdistan.
Dans partie nord du secteur oriental, ils ont progressé contre les Allemands près de Dvinsk et de Tchartorysk.
Un journal allemand avoue que les pertes turques furent énormes à Erzeroum.

Dimanche 27 février
Lutte de mines en Artois. Nous avons fait sauter deux fourneaux.
En Champagne, nous repoussons une attaque de l'ennemi sur le saillant enlevé par nous au sud de Sainte-Marie-à-Py. Le nombre de nos prisonniers est au total de 340. Tirs de destruction sur les ouvrages allemands au nord de Ville-sur-Tourbe.
Au nord de Verdun, le bombardement continue sans arrêt. Nos troupes ripostent par de vigoureuses contre-attaques aux offensives ennemies. Toutes les tentatives allemandes vers Champneuville et le Poivre ont été arrêtées. Après avoir perdu le fort de Douaumont que nos adversaires avaient occupé au prix de gros sacrifices, nous l'avons repris.
Au nord-est de Saint-Mihiel, nous bombardons les hangars et les dépôts ennemis près de Vigneulles.
Les Allemands ont tiré des obus de gros calibre sur Nancy et Lunéville.
Un de nos plus héroïques aviateurs, l'adjudant Navarre a abattu, à Verdun, deux avions ennemi. Une de nos escadrilles a bombardé la gare de Metz-Sablons; une autre, Chambley, près de Pont-à-Mousson.
Les Italiens, après avoir assuré l'évacuation de l'armée serbe, ont quitté Durazzo.
Les Russes ont occupé de nouveaux points en Arménie et en Perse.

   
Lundi 28 lévrier
Dans la région au nord de Verdun, nous avons continué à renforcer nos positions. Plusieurs attaques allemandes contre la ferme Haudromont (est de Poivre) et contre le bois d'Haudromont (est de Douaumont) ont échoué. Une autre attaque entre la hauteur de Douaumont et le plateau au nord de Vaux a également été repoussée. Les alentours de la position de Douaumont sont couverts de cadavres ennemis. Nos troupes enserrent des fractions allemandes qui ont pu y prendre pied et s'y maintiennent difficilement.
La cote du Talon rendue intenable par le bombardement des deux artilleries, n'appartient à personne. En Woëvre, prise de contact de l'ennemi avec nos avant-postes, vers Blanzée et Moranville.
Entre Soissons et Reims, nous opérons des tirs de destruction.
Dans les Vosges, nous brisons un assaut au sud-est de Celles (vallée de la Plaine); nous dispersons un rassemblement allemand près de Senones. Duel d'artillerie à l'Hartmannswillerkopf; nous bombardons les dépôts de ravitaillement de Stosswhir (vallée de la Fecht).
Canonnade sur le front italien. Essad pacha est arrivé à Rome.
De nouvelles séances tumultueuses ont eu lieu à la Chambre de Prusse.

Mardi 29 février
En Champagne, l'ennemi a tenté un coup de main sur nos tranchées avancées.
En Argonne, nos batteries lourdes et de campagne ont exécuté des tirs sur les voies d'accès de l'ennemi, en particulier vers le bois de Cheppy. Nous avons fait sauter à la cote 285 une mine dont nous avons occupé l'entonnoir.
L'activité de l'artillerie est toujours très vive au nord de Verdun; elle ne s'est ralentie qu'à l'ouest de la Meuse. La côte du Poivre n'a pas été assaillie; le fort de Douaumont a été étroitement encerclé. Les attaques partielles entreprises de ce côté par les Allemands ont toutes été refoulées par nos feux d'artillerie et par nos contre-attaques. A l'ouest du fort de Douaumont, nos troupes ont engagé un combat corps à corps avec l'adversaire, qui a été rejeté d'une petite redoute où il s'était installé.
Toute une série d'attaques en Woëvre, à Eix, à Fresnes, à Manheulles, à la cote 255, ont échoué. Notre artillerie se montre active en Lorraine.
Les Anglais ont remporté un succès à la frontière d'Egypte.
M. Take Jonesco révèle que les empires du Centre ont offert la Bessarabie à la Roumanie.
La Gazette de l'Allemagne du Nord déclare que la guerre sous-marine, en dépit des protestations de M. Wilson, redoublera d'intensité à dater du ler mars.