Lundi 1 février
Combat d'artillerie sur tout le front : notre artillerie prend l'avantage. A la Bassée, l'armée britannique ressaisit toutes les tranchées qu'elle avait momentanément perdues. Les Allemands canonnent Fouqueviers près d'Arras. Nous dispersons plusieurs rassemblements, d'Arras à Perthes. En Argonne, trois attaques ennemies sont repoussées près de Fontaine-Madame. Aucun changement de l'Argonne aux Vosges.
Le bulletin russe signale une heureuse progression au sud-ouest de la passe de Doukla dans les Carpathes : trois lignes de tranchées allemandes ont été enlevées; 2500 prisonniers ont été faits. En mer Noire, la flotte russe a donné la chasse aux croiseurs turcs Medjidieh et Breslau. Un torpilleur russe a opéré un raid audacieux contre Trébizonde.
Les sous-marins allemands ont torpillé les vapeurs anglais Toko-Maru et Icaria, près du cap d'Antifer (côte de la Seine-Inférieure), et les vapeurs anglais Linda-Blanche et Ben-Cruackan, dans la mer d'Irlande.
Il se confirme que le prince de Bulow a essayé de séduire certains hommes politiques italiens en leur laissant entendre que la Péninsule pourrait, sans coup férir, s'enrichir de Trente et de Trieste.
La Grèce est prête à prendre les armes pour secourir la Serbie, si ce dernier pays voit encore s'aggraver le péril qui pèse sur lui.
Une brochure, sinon officielle, du moins officieuse du gouvernement de Bucarest, atteste que la Roumanie revendique près de la moitié du territoire et le tiers de la population de la Hongrie.
La Triple Entente a exposé son point de vue au gouvernement américain au sujet du projet qui prévoit l'acquisition, par les Etats-Unis, de bâtiments de commerce allemands. Ce point de vue est contraire aux principes du projet.


Mardi 2 février
Combat d'artillerie très vif dans le Nord. Nous brisons, par des feux combinés d'artillerie et d'infanterie, une attaque allemande, près d'Ypres. Nos canons détruisent des ouvrages ennemis sur tout le front de l'Aisne. Près de la Bassée, nous infligeons de fortes pertes à nos adversaires que nous contraignons à la retraite. En Argonne, ils déploient, mais sans résultat, une grande activité dans la région de Fontaine-Madame et dans le bois de la Grurie. La neige qui tombe en Alsace arrête les opérations.
M.Lloyd George, le chancelier de l'Echiquier, est venu à Paris pour rencontrer avec MM. Bark et Ribot. Les trois ministres des Finances de la Triple Entente vont examiner les intérêts financiers communs.
Les Turcs, avant d'évacuer Tauris, ont pillé la ville et les sanctuaires des environs.
La consommation du pain est désormais limitée à Berlin par décision du bourgmestre de la ville.
Un nouveau vapeur anglais a été coulé en mer d'Irlande par un sous-marin allemand.
On apprend qne le baron Burian, au cours de ses entretiens avec Guillaume II et le chancelier allemand, avait soulevé la question de la paix. Il s'est résigné à la guerre à outrance sur la promesse qui lui a été faite qu'un million d'Allemands seraient envoyés au secours de la Hongrie.
M. Giolitti dément les intrigues qui lui ont été prêtées et qu'il aurait nouées avec le prince de Bulow.
L'invasion de la Serbie semble improbable - du moins pour le moment - les crues des rivières arrêtant l'armée austro-hongroise.



Lloyd George


Mercredi 3 février
Redoublement de la lutte d'artillerie; attaques d'infanterie allemandes repoussées sur toute la ligne avec des pertes sérieuses. C'est le cas, par exemple à Guinchy, où les troupes anglaises ont non seulement rejeté un assaut, mais progressé entre Arras et la Bassée. Nous avons bombardé avec beaucoup d'efficacité la gare de Noyon, où avaient lieu des opérations de ravitaillement de l'ennemi.
A Saint-Paul, aux portes de Soissons, nous sommes demeurés à nouveau maîtres de la situation, après un vif combat. Progrès de nos troupes à Perthes-les-Hurlus: échec allemand en Argonne (près de Bagatelle) ; autre échec allemand en Woëvre (près de Troyon); avance française en Haute-Alsace, près de Burnhaupt-le-Bas.
Les Russes cheminent à leurs deux ailes en Prusse orientale et en Galicie, mais les combats les plus sanglants ont lieu en Pologne; les Allemands ont perdu plus de 6000 tués à Borgimoff où ils ont livré plusieurs assauts en masses serrées.
Le gouvernement allemand réquisitionne les métaux; la bière renchérit; le rationnement du pain inquiète les esprits outre-Rhin.
La Roumanie a demandé des explications au ministre d'Autriche, le comte Czernin, sur les concentrations de troupes qui ont opérées à sa frontière.
Le gouvernement italien déclare qu'il n'a pas songé à obtenir le Trentin par une négociation poursuivie durant la guerre.
Le gouvernement russe décide de traiter en criminels de droit commun les aviateurs allemands qui lancent des bombes sur les villes ouvertes.


Jeudi 4 février
Combat d'artillerie à Noulette près de Lens. Nos batteries prennent l'avantage. Des brûlots lancés par les Allemands sur la rivière l'Ancre, à Haveluy près d'Albert, sont arrêtés à temps par nos troupes; nous cannonons efficacement les positions allemandes dans la vallée de l'Aisne. Nous progressons et faisons des prisonniers à Perthes en Champagne; nous y repoussons ensuite plusieurs attaques. D'autres attaques en force sont repoussées par nous à Bagatelle dans l'Argonne. Nous nous organisons en Alsace, sur le terrain conquis à Ammertzwiller.
Les combats se poursuivent en Pologne, entre Allemands et russes, laissant toujours la supériorité à ces derniers. Ils continuent à infliger à l'ennemi de très grosses pertes.
Les avant-gardes turques qui avaient paru aux abords du canal de Suez ont été refoulées vogoureusement.
Le Parlement anglais a rouvert ses séances. M Asquith a demandé à tous les partis d'oublier une fois de plus leurs différends et de tout subordonner à la défense nationale. M. Bonar Law, le chef de l'opposition, a souscrit à ses paroles.
Un officier allemand tentait de faire sauter un pont au Canada. Il a été arrêté.


Vendredi 5 février
Combat d'artillerie dans la région de Nieuport. Attaque allemande repoussée à Notre-Dame-de-Lorette; tranchées enlevées par nos troupes à l'ouest de la route Arras-Lille; blockhaus ennemis détruits dans la région d'Albert et du Quesnoy-en-Santerre; combat d'artillerie sur l'Aisne, où nous dispersons des rassemblements ennemis; succès d'avant-postes pour nous en Woëvre et sur la Seille; attaque allemande refoulée en Haute-Alsace (Uffholtz).
M. Roosevelt publie une brochure aussi intéressante que catégorique, où il montre que les Etats-Unis devraient se joindre aux alliés, à raison des violations du droit international commises par les Allemands.
Les ministres des Finances de la Triple Entente : MM. Ribot, Bark et Lloyd George se sont mis d'accord sur une série de questions économiques et financières qui intéressent les trois pays.
Les Turcs ont subi un échec grave en voulant franchir le canal de Suez. Ils ont été arrêtés par les troupes anglo-égyptiennes.




Samedi 6 février
Succès de notre artillerie au sud d'Arras, au nord-est d'Albert, au nord-ouest de Péronne et à Bailly au sud de Noyon. Elle fait également des tirs très efficaces dans toute la vallée de l'Aisne; nous avons progessé en Champagne au nord de Beauséjour et repoussé une attaque allemande au nord de Massiges. Attaqués à Bagatelle, nous avons contre-attaqué et poussé nos lignes légèrement en avant. Enfin une offensive allemande a été brisée au sud d'Altkirch.
La lutte est de plus en plus acharnée sur le front de Bolimow, en Pologne, entre Russes et Allemands. Hindenburg y a entassé ses divisions sur une ligne large de quelques kilomètres pour essayer de percer une trouée, mais il n'a abouti qu'à infliger à sa propre armée des pertes de plus en plus lourdes.
Deux bâtiments de guerre français, le Requin et le D'Entrecasteaux ont participé utilement à la défense du canal de Suez contre les Turcs.
La presse des pays neutres, et surtout la presse américaine commente avec indignation la nouvelle déclaration allemande qui tend à créer le blocus autour de l'Angleterre et menace de torpillage non seulement les bâtiments marchands des belligérants, mais aussi ceux des neutres.
Le gouvernement anglais a demandé à la Chambre des communes l'autorisation de porter à trois millions d'hommes l'effectif de l'armée.
L'Autriche-Hongrie a publié un livre rouge sur les préliminaires de la crise. Ce document n'ajoute rien à ce que l'on savait déjà.
Une note officieuse anglaise dit que l'attitude et les dispositions de la Roumanie n'ont pas changé.


Dimanche 7 février
Journée relativement calme. Combats d'artillerie, où nous marquons notre supériorité, en Belgique, dans la vallée de l'Aisne, en Argonne et dans la Woëvre; nous progressons quelque peu en Champagne, au nord de Massiges.
Les informations qui arrivent du Nord prouvent que l'armée britannique a accompli des efforts très utiles dans la région de Béthune-la Bassée, où beaucoup d'Allemands sont tombés entre ses mains.
Les combats entre Russes et Allemands sur la rive gauche de la Vistule ont atteint à un degré extraordinaire de fureur. Les troupes russes qui avaient réussi à s'installer sur la rive gauche de la Bzoura, près de son embouchure, ont repoussé toutes les attaques dirigées contre elle, puis gagné du terrain autour des points conquis. A Borgimoff même, c'est à leur avantage que la bataille a continué, l'ennemi étant affaibli par les effroyables pertes qu'il a subies.
On signale une aggravation de la situation intérieure en Hongrie, en Bohême et en Moravie, où des attentats de toute sorte ont eu lieu.
L'Allemagne a rayé de ses contrôles huit contre-torpilleurs et deux sous-marins dont elle avait assayé de dissimuler la perte.
L'ex-sultan Abdul Hamid, qui connaît bien l'Orient et l'Europe, conseille au gouvernement de Constantinople de signer la paix avec la Triple Entente, s'il ne veut pas voir disparaître la Turquie.
MM. Llyod George et Bark sont partis pour Londres.
Le prix de la bière a augmenté outre-Rhin.


Lundi 8 février
Quelques attaques ennemies dans la région de Nieuport : elles ont toutes été repoussées. Les Anglais ont enlevé une briqueterie entre le canal et la route de Béthune à la Bassée à un kilomètre de Guinchy. Les batteries allemandes ont bombardé à Ecurie, près d'Arras, la tranchée conquise par nous le 4. Le quartier nord de Soissons a été une fois de plus bombardé; d'autres combats d'artillerie, où nous avons eu d'ailleurs la supériorité ont eu lieu jusqu'à Reims. Une attaque allemande a échoué, en Champagne, au nord de Beauséjour. Diverses canonnades de l'Argonne aux Vosges; dans la région montagneuse, la brume épaisse a quelque peu gêné le tir.
Les Russes qui se maintiennent sur les passes des Carpathes et qui, sur plusieurs points, ont même progressé, ont fait venir 100.000 hommes de renfort en Bukovine.
Les neutres se concertent pour établir leur protestation contre la politique navale allemande qui doit s'exercer à dater du 18.
Le prince de Wied, ancien roi d'Albanie est maintenant officier dans un régiment allemand qui opère en Hongrie.
Ricciotti Garibaldi est arrivé à Paris. Accueilli par une foule enthousiaste, il a déclaré que l'opinion italienne était plus que jamais favorable à une coopération armée avec la France.
Les avions autrichiens ont bombardé, à Antivari, mais sans résultat ancun, des transports qui contenaient des vivres et qu'escortaient des croiseurs français.
Les journaux turcs passés sous la férule germanique, racontent des histoires extraordinaires. Guillaume II, converti à la religion musulmane, serait devenu empereur de l'Islam et serait entré dans Paris, où les députés seraient venus embrasser sa main. Dix dreadnoughts anglais auraient été capturés.
Un Alsacien, capturé par les Allemands sous l'uniforme français, a été condamné à mort par le conseil de guerre d'Essen.


Mardi 9 février
Duel d'artillerie à Guinchy, près de la Bassée. A Carency, prise d'une tranchée allemande par nos troupes: ses défenseurs sont tués ou capturés. A la Boisselle, l'ennemi après avoir fait exploser des fourneaux de mines avait lancé des troupes à l'assaut de nos positions : ces troupes avaient été arrêtées. Une contre-attaque exécutée par une de nos compagnies a ensuite brillamment réussi. Les Allemands ont laissé 200 morts sur le terrain.
En Champagne, tir efficace de notre artillerie. Au nord de Massiges, nous enrayons une attaque; au nord de Mesnil-les-Hurlus, nous nous emparons d'un bois; nous refoulons une attaque à Fontaine-Madame dans l'Argonne, et une autre à Bagatelle dans la même région.
La lutte sur le front oriental continue à se dessiner en faveur des Russes (Bzoura, Borgimoff, Carpathes). Un de leurs corps d'armée a fait 10000 prisonniers austro-hongrois dans les montagnes. En Bukovine seulement, ils ont dû se replier en attendant l'arrivée de leurs renforts.
La Bulgarie a emprunté 150 millions à 71/20/0 à Berlin et a Vienne. Elle touchera 75 millions tout de suite et le reste par quinzaines.
Le peuple allemand murmure d'autant plus contre le rationnement qui lui est imposé pour le pain, que le prix de la bière renchérit, en même temps que les cours de toutes les denrées.
La presse de Rome dénonce les mauvais traitements infligés aux Italiens à Trieste et dans le Trentin.


Mercredi 10 février
Les Allemands, en Flandre, ont recommencé à bombarder Ypres et Furnes. L'artillerie belge a détruit une ferme entre Béthune et la Bassée; nous avons chassé l'ennemi d'un moulin que nous avons occupé. Il a bombardé Soissons avec des projectiles incendiaires. Succès de notre artillerie dans la vallée de l'Aisne. L'action engagée à Bagatelle (Argonne) a été très confuse, vu la nature même du terrain. Les positions ont été maintenues de part et d'autre. Les effectifs engagés ont été, au surplus, peu importants : un bataillon seulement de notre côté le dernier jour. Canonnades en Lorraine et dans les Vosges.
On annonce que les Allemands évacueraient leurs blessés de la région de Saverne.
La Douma a repris ses séances. M. Goremykine, président du Conseil, a exprimé sa certitude dans la victoire finale.
Un grave incident s'est produit à Bruges entre le commandant allemand de la place et les consuls. Les écussons des consulats ont été arrachés de force.
Dans une interview donnée à un journal hongrois, le prince de Bulow a démenti que l'Autriche souhaitât une paix séparée. Une nouvelle interpellation a été déposée au parlement italien par le député Altobelli au sujet des agissements du prince.
Des obus allemands sont tombés une fois de plus sur le territoire suisse.
Des émissaires hongrois envoyés en Roumanie pour offrir des parties de la Transylvanie au cabinet de Bucarest, moyennant le maintien de sa neutralité, sont revenus sans avoir abouti.
Le Breslau a bombardé le port russe de Yalta, en Crimée: Par contre, l'escadre russe de la mer Noire a canonné avec succès le port turc de Trébizonde, en Asie.
La Grèce a protesté contre les menaces dirigées par l'amirauté allemande contre les neutres et réclamé le respect des droits reconnus aux neutres par les traités internationaux.


LES SOUDARDS ALLEMANDS SE DONNENT L'ILLUSION


L'espionnage est si répendu à Bruxelles, qu'une dénonciation anonyme suffit à faire arrêter quelqu'un. Les "suspects" sont enfermés dans le Ministère de Sciences et des Arts devenu "Commandature". Près de 2000 personnes y attendent qu'on veuille bien leur apprendre de quoi elles sont accusées. Ainsi le général von Bissing, gouverneur provisoire de la Belgique, espère faire apprécier les douceurs de l'autorité allemande. Ce fonctionnaire a donné une grande réception au palais royal le jour de la fête du Kaiser
 
OFFICIERS ALLEMANDS SORTANT DU PALAIS ROYAL LE JOUR DE LA FETE DU KAISER


   
LE GOUVERNEUR DE BRUXELLES
Le major Bayer, gouverneur de Bruxelles, a institué dans la capitale belge un régime de terreur. Cette photo a été prise tandis qu'il se rendait à la commandature 
LES SOLDATS BAVAROIS FONT MARCHER LES TRAMWAYS 

jeudi 11 février
Nous faisons sauter, à la Boisselle, trois fourneaux de mines et nous occupons les entonnoirs malgré une contre-attaque que nous repoussons a la baïonnette.
En Argonne, canonnade et jets de bombes dans la région de Bagatelle et de Bolante. Attaque violente, mais infructueuse des Allemands sur l'ouvrage Marie-Thérèse.
En Lorraine, nous repoussons une offensive près de la forêt de Parroy ; nous refoulons des postes ennemis, dans la zone de Manonvillers. Nous enrayons une attaque au Ban-de-Sapt, dans les Vosges.
Les Allemands accentuent leur offensive contre les Russes dans la Prusse orientale. Sur la Bzoura, ils subissent de nouvelles et cruelles pertes. En Galicie et dans les Carpathes, succès russes.
M. Delcassé, qui s'était rendu à Londres pour conférer avec sir Edward Grey, est de retour à Paris.
La Douma a voté une motion, aux termes de laquelle, dans sa pensée, la guerre doit aboutir aux satisfactions du droit. Elle a approuvé l'attitude de M.Sasonof.
M. Salandra fait savoir, dans ses journaux, que si il est attaqué au Parlement par M. Giolitti, il se défendra vigoureusement.
Les socialistes ont protesté à la Diète prusienne contre la prolongation indéfinie de la guerre.


Les pertes allemandes sont énormes vendredi 12 février
Les Allemands bombardent Nieuport, sans grand résultat, tandis que notre artillerie leur répond efficacement. L'ennemi, dans le Nord, fait sortir des avions qui opèrent sans effet aucun au-dessus de nos lignes. Il attaque vainement, en Champagne, nos positions près de Mesnil-les-Hurlus: il envoie une brigade contre l'ouvrage Marie-Thérèse dans l'Argonne, mais cette brigade est décimée par le feu de notre artillerie et de notre infanterie et laisse de très nombreux cadavres sur le terrain.
L'affaire qui s'était engagée au Ban-de-Sapt(Vosges) s'est terminée à notre avantage, nos troupes ayant finalement repris ce qu'elles avaient d'abord perdu. Au nord du col de Sainte-Marie-aux-Mines, nous avons enlevé une tranchée.
Le conclave des jésuites a élu général le père Ledochowski, Polonais germanisant, dont le frère est un général autrichien. Il remplace un Allemand, le père Wernz.
Les Etats-Unis ont envoyé une note à l'Angleterre pour faire des observations sur l'emploi par la marine marchande britannique, du pavillon neutre. Ils ont envoyé une autre note à l'Allemage en disant que l'attaque d'un navire américain par un sous-marin allemand pourrait entrainer de graves complications.
M. Asquith, Premier Ministre du Royaume-Uni, déclare aux Communes qu'il étudie l'application de mesures plus sevères contre le commerce allemand, l'ennemi violent systématiquement toutes les lois de la guerre.
Le ministre de Bulgarie à Rome, M.Risof, prétend que le cabinet de sofia, en contractant un emprunt à Berlin et à Vienne, n'a nullement aliéné sa liberté politique.




Samedi 13 février
Luttes d'artillerie en Flandre et dans le Nord. Canonnade également sur l'Aisne et en Champagne. Elle est très active de notre côté dans le secteur de Soissons et autour de Reims. En Argonne, légère accalmie, les Allemands se bornant à faire exploser des mines, et à jeter des bombes auxquelles nous répondons d'ailleurs. En Woëvre, ils canonnent plusieurs localités. Nous bombardons les gares de Thiaucourt et d'Arnaville, repoussons une attaque à Arracourt (est de Nancy) et enlevons une côte importante dans le massif de Hartmannsweilerkopf (Haute-Alsace).
Les Russes se replient eu Prusse orientale pour adopter un dispositif nouveau. Il semble que von Hindenburg ait modifié tout son programme, et qu'écrasé en Pologne, il veuille reprendre la lutte à son aile gauche. Dans les Carpathes, la bataille se poursuit sans interruption.
Le gouvernement américain publie le texte de la note qu'il a lancée à l'Allemagne au sujet de la destruction des navires neutres. Cette note revêt une allure nettement comminatoire. Au contraire, le memorandum remis à l'Angleterre au sujet du pavillon neutre est conçu dans une forme amicale.
Un sous-marin allemand a poursuivi le vapeur anglais Laertes, bien que celui-ci eût arboré le pavillon hollandais. Le gouvernement de La Haye a prescrit une enquête à ce propos.
L'Italie retient à nouveau plusieurs classes sous les drapeaux et constitue une escadre de dreadnoughts.
La Roumanie fait savoir que l'attitude ondoyante de la Bulgarie n'influe en rien sur la sienne, et qu'elle reste disposée à prêter son concours à la Triple Entente.


Dimanche 14 février
Les Allemands ont encore une fois bombardé Nieuport, Ypres et les alentours de cette ville: nous leur avons efficacement répondu. A la Boisselle, nous faisons sauter un fourneau de mine dont nous occupons l'entonnoir. Canonnade autour d'Arras. Activité de nos pionniers depuis cette ville jusq'aux alentours de Péronne. Canonnade autour de Bailly et de Tracy-le-Val; nos projectiles atteignent la gare de Noyon. En avant de Souain, en Champagne, un bataillon français, après avoir occupé un bois, est contraint de se replier. Des avions allemands survolent Verdun: deux attaques sont par nous repoussées au nord de cette ville. En Alsace, l'ennemi bombarde vainement les positions nouvellement occupées par nous.
L'offensive germanique se développant en Prusse orientale, les Russes infligent un échec sévère à leurs adversaires à l'ouest de Lyck. De ce côté, c'est le général Eichborn qui commande les Allemands, sous la haute direction de von Hindenburg : ce dernier s'est installé avec le kaiser à Insterburg. Les Russes remportent encore divers succès dans les Carpathes.
L'attaché naval grec ayant été insulté à Constantinop1e, le ministre de Grèce a demandé satisfaction. Sur le refus du grand-vizir de lui donner cette satisfaction sur tous les points, le ministre a menacé de quitter la capitale.
Les Etats-Unis viennent de réclamer des éclaircissements à l'Allemagne sur les difficultés que rencontre leur ministre à La Haye à communiquer avec le Luxembourg.
L'Italie et les Etats scandinaves ont protesté, comme l'Amérique, contre la décision de l'amirauté de Berlin qui menace les neutres.
On demande, outre-Rhin, au gouvernement de faire saisir les pommes de terre.


Lundi 15 février
Le bombardement allemand continue à Nieuport, dans les dunes et à Ypres, avec riposte de notre artillerie. Cannonnade intermittente de la Lys à l'Aisne. A Noulette, une fraction ennemie qui attaquait est arrêtée par notre feu d'infanterie. En Champagne, Reims qui en avait été libérée durant quelques jours, reçoit de nouveau des obus. Calme dans l'Argonne. En Lorraine, au nord-est de Pont-à-Mousson, les allemands occupent Norroy et attaquent le signal de Xon - mais nous les contre-attaquons. En Alsace, ils dessinent un mouvement offensif dans la vallée de la Lauch.
Le cabinet de Berlin vient de faire remettre un nouveau texte à la Hollande au sujet du blocus de la mer du Nord. Ce texte diffère quelque peu de celui qui avait été communiqué aux Etats-Unis. La chancellerie allemande, en même temps, interdit aux bateaux de pêche danois et norvégiens de sortir en haute mer: elle établit une sorte de blocus du Danemark et de la Norvège vers la mer du Nord et gêne ces deux pays dans leurs intérêts vitaux.
Le Giornale d'Italia qui parait à Rome et qui est l'organe de M. Sonnino, ministre des affaires étrangères, publie un vibrant appel à l'union de tous les partis et aussi à l'intervention dans la crise européenne. Il établit que l'Italie ne peut pas davantage, sans compromettre son avenir et ses droits nationaux, garder la neutralité. A la veille de la rentrée parlementaire, cet article est sensationnel : il apparaît comme la réponse du cabinet Salandra aux critiques de M. Giolitti.
L'Allemagne fait mettre sous séquestre le monument de Turenne à Salzbach.
Les Albanais, sans doute à la suggestion de l'Autriche, font une incursion vers Prizrend sur le territoire serbe.


Mardi 16 février
L'ennemi bombarde, en Belgique, nos tranchées de la Dune, mais notre artillerie lourde a efficacement riposté. Une batterie allemande a été réduite au silence. Entre Béthune et la Bassée, nous enlevons sur 250 mètres, une tranchée; nous détruisons d'autres tranchées à Beaurains (sud d'Arras). Canonnade autour d'Albert, aux environs de Soissons et de Vailly : nous dispersons plusieurs rassemblements: la lutte reste vive, dans l'Argonne, de tranchée à tranchée, vers Bagatelle et Marie-Thérèse, mais il n'y a eu aucune action d'infanterie. Une attaque allemande a été arrêtée à Malancourt, entre Argonne et Meuse. L'ennemi qui avait occupé le signal de Xon, près de Pont-à-Mousson, a été repoussé sur les pentes septentrionales de la colline. Son offensive dans la vallée de la Lauch (Vosges méridionales) a été arrêtée.
L'Italie a fait une démarche à Vienne et à Berlin pour demander la portée des préparatifs militaires accumulés à la frontière roumaine. Elle a par là attesté sa solidarité avec la Roumanie.
Le ministre de Grèce n'ayant pas reçu complète satisfaction de la Porte au sujet de l'injure faite à son attaché naval a quitté Constantinople.
Le comte Bernstorff, ambassadeur allemand à Washington, recourt à um véritable chantage. Il annonce au gouvernement américain que l'amirauté allemande renoncera à toute menace contre les neutres si l'Angleterre consent, sur les instances de l'Amérique, à laisser passer les cargaisons de vivres à destination de Hambourg.


Mercredi 17 février
Journée favorable à nos armes. Combat d'artillerie en Belgique; une escadrille anglaise bombarde Ostende et une escadrille française le parc d'aviation allemand de Ghistelles. L'armée britannique prend des tranchées près d'Ypres. Nous dissipons des rassemblements à Bailly, entre Oise et Aisne, progressons à Loivre, près de Reims; enlevons trois kilométres de tranchées en Champagne, entre Perthes et Beauséjour : plusieurs centaines de prisonniers y tombent entre nos mains; dans l'Argonne, un combat se livre dans de bonnes conditions pour nous depuis le Four-de-Paris jusqu'à Boureuilles. Enfin, dans le bois Le Prêtre, au nord de Pont-à-Mousson, nous nous rendons maîtres de quelques blockhaus.
Un sous-marin allemand a coulé le steamer charbonnier Dulwich, de 2115 tonnes, au large de la côte d'Etretat. L'équipage a pu être en grande partie sauvé.
La Suisse a demandé des excuses au cabinet de Berlin, un avion germanique ayant survolé le territoire helvétique.
Un journal officieux de Vienne, la Nouvelle Presse Libre, fait savoir à l'Italie qu'elle n'a à attendre de l'Autriche aucune concession bénévole.




Jeudi 18 février
Tir efficace de l'artillerie belge sur des rassemblements et des abris; au nord d'Arras, nous enlevons deux lignes de tranchées et refoulons de violentes contre-attaques: nous faisons des prisonniers et infligeons à l'ennemi de fortes pertes; de nombreux officiers allemands sont tués. Dix contre-attaques allemandes sont repoussées en Champagne, pendant la nuit. Nous consolidons nos progrès dans le secteur de Reims (Loivre). En Champagne, nous poursuivons nos gains au nord-ouest de Perthes et enlevons les positions ennemies sur un front de 800 mètres. Toutes les contre-attaques sont brisées vers Mesnil-les-Hurlus et Beauséjour : nous faisons 200 prisonniers. En Argonne, nous progressons dans le bois de la Grurie, et de chaudes actions à l'arme blanche infligent à l'ennemi des pertes élevées. Progrès de nos troupes entre Argonne et Meuse et sur le Sudelkopf en Haute-Alsace. Nos avions bombardent la gare de Fribourg-en-Brisgau.
Les aviateurs anglais et français, qui ont participé au raid sur la côte belge ont jeté 240 bombes sur l'aérodrome de Ghistelles et sur les établissements militaires de Zeebrugge et d'Ostende.
Les Austro-Allemands livrent aux Russes, devant Czernowitz, un très violent combat, et qui a occasionné déjà d'effroyables pertes de part et d'autre. Un autre combat est engagé à Augustovo, dans le gouvernement de Suwalki, les corps de Hindenburg ayant franchi la frontière russe de ce côté.
On annonce que M. Krivocheine, ministre de l'Agriculture, remplacerait prochainement M. Goremykine à la présidence du conseil de Russie.



cadavres abandonnés par les allemands dans une tranchée inondée

Vendredi 19 février
Combats d'artillerie, de la mer à l'Aisne. Notre succès à Roclincourt, au nord-est d'Arras, a causé à l'ennemi des pertes sérieuses. Cinq de ses contre-attaques ont été repoussées, et il a laissé plusieurs centaines de cadavres sur le terrain. En Champagne, vers Beauséjour, les Allemands qui avaient dû reculer la veille, en nous livrant un assez grand nombre de prisonniers de plusieurs régiments, ont prononcé de nouvelles offensives. De nouveau nous avons fait des prisonniers. Certains régiments ennemis ont perdu de la moitié au quart de leur effectif.
Une attaque allemande a été refoulée aux Eparges sur les Hauts-de-Meuse.
En Lorraine, toute la position de Xon a été reconquise (près de Pont-à-Mousson) et les ennemis ont été chassés de Norroy. En Alsace, la prise du piton sud de la ferme Sudel constitue une opération intéressante.
Les Russes ont infligé des pertes sanglantes à leurs adversaires en Galicie.
Un sous-marin allemand a torpillé un vapeur français au large de la côte normande, mais ce vapeur convoyé par d'autres bâtiments français a pu se mettre à l'abri.
D'importantes manifestations en faveur de la guerre ont eu lieu à Rome, où le Parlement a repris ses séances.
La Grèce a reçu complète satisfaction de la Turquie.
Un zeppelin a été forcé d'atterrir au Danemark. Pour éviter qu'il ne fût retenu, ses officiers l'ont livré aux flammes.
Le général Pau est arrivé à Salonique, allant vers Nisch.
Samedi 20 févier
Une attaque ennemie est repoussée à l'est d'Ypres, où cinq compagnies s'étaient déployées en première ligne contre nos tranchées. Une autre attaque est brisée à Roclincourt (près d'Arras); cinq autres en Champagne, elles n'ont servi qu'à provoquer de nouveaux progrès de notre part; en Argonne, après avoir déjoué un coup de main, nous occupons un blockhaus; sur les Hauts-de-Meuse, aux Eparges, notre artillerie arrête trois offensives. Combat dans les Vosges, près du Bonhomme, à Wissembach. L'ennemi est délogé d'un piton où il avait réussi à prendre pied; il se fait battre également su Sudelkop (Haute-Alsace).
Les Russes continuent à livrer des batailles acharnées sur le Niémen et sur la rive droite de la Vistule. Dans les Carpathes, ils ont remporté des succès et fait des prisonniers; mais en Bukovine, ils se sont repliés derrière le Pruth.
La mise à exécution du soi-disant blocus naval allemand en mer du Nord n'a pas troublé l'Angleterre. Les services de navigation y marchent comme de coutume.
Les Autrichiens ont bombardé de nouveau Belgrade. Les Serbes ont totalement brisé la révolte albanaise.
Les Allemands ont perdu un nouveau zeppelin sur la côte danoise.
Le député allemand Erzberger l'un des chefs du centre catholique, s'est rendu à Rome où il va sans doute intriguer contre nous.
Le général Pau est arrivé à Nisch, en Serbie.
Certains journaux berlinois commencent à blâmer les orateurs des meetings pangermanistes qui annoncent le règne de la "plus grande Allemagne".


Dimanche 21 février
Les Allemands bombardent Nieuport et les Dunes, mais nous contrebattons efficacement leurs batteries. Ils ont subi de grosses pertes dans leur attaque contre nos tranchées à l'est d'Ypres, leurs réserves ayant été prises sous le feu de notre artillerie. Combats d'artillerie de la Lys à l'Oise et sur l'Aisne.
Notre action continue en Champagne, et nous occupons, au nord de Perthes, un bois que nos adversaires avaient fortement organisé. Aux Eparges (Hauts-de-Meuse, sud de Verdun) nous avons repoussé une série de contre-attaques, puis, à notre tour, prononcé une attaque grâce à laquelle nous avons élargi le terrain conquis par nous. Nous avons enlevé trois mitrailleuses, deux lance-bombes et fait 200 prisonniers. Combats dans les Vosges, près de Lusse et à l'ouest de Munster.
La flotte franco-anglaise, sous les ordres de l'amiral Carden, a bombardé les forts de l'entrée des Dardanelles. Ceux de la côte d'Europe, vigoureusement canonnés, ont été réduits au silence. Des hydravions, par leurs reconnaissances, ont contribué à l'efficacité de notre tir.
On croit qu'un troisième zeppelin s'est perdu au large de la côte danoise.
Un steamer anglais a été coulé par un sous-marin dans la mer d'Irlande. Un charbonnier norvégien a heurté une mine et a sombré sur la côte d'Ecosse. Le chancelier de Bethmann-Hollweg est venu conférer à Vienne avec le baron Burian, ministre des Affaires étrangères.
Bethmann-Hollweg


Lundi 22 février
En Belgique, nous avons repris un élément de tranchée que l'ennemi avait occupé un moment. Il se confirme qu'il a laissé sur le terrain, près d'Ypres, plusieurs centaines d'hommes. En Champagne, nos troupes, après avoir repoussé brillamment une contre-attaque, se sont rendues maîtresses d'un certain nombre de tranchées. Nous avons enlevé deux mitrailleuses et une centaine de prisonniers.
Une nouvelle attaque ennemie a échoué aux Eparges, sur les Hauts-de-Meuse.
Dans la vallée de la Fecht (région de Munster), nous avons refoulé plusieurs attaques allemandes, puis pris l'offensive à notre tour.
Une grande bataille se livre, dans le nord de la Pologne, entre les armées allemandes et russes. Nos alliés ont repoussé les agresseurs sur la Bzoura inférieure; ils ont été victorieux des Autrichiens sur la Dounaïetz, dans les Carpathes et devant Przemysl, où la garnison ayant tenté une sortie, a été refoulée, avec des pertes considérables.
Trois cuirassés français ont participé au bombardement des Dardanelles.
Les Turcs ont dû se retirer à 100 kilomètres en arrière du canal de Suez, à la suite de l'échec et aussi de la désertion d'un certain nombre d'Arabes.
Des rixes ont eu lieu à Rome, dans les meetings, entre partisans et adversaires de l'intervention.


Mardi 23 février
Un zeppelin a bombardé Calais. Il a lancé dix bombes et tué cinq civils. Nos batteries ont démoli une pièce lourde installée à Lombaertzyde; nous dispersons des rassemblements entre Lys et Aisne. Les Allemands ont jeté de nouveau des obus sur Reims, qui a souffert. Sur le front Souain-Beauséjour, nous réalisons des progrès, enlevons des tranchées et des bois, et repoussons des contre-attaques. Nous avons fait à l'ennemi de nombreux prisonniers et lui avons infligé de grosses pertes. Notre infanterie et notre artillerie ont pris l'avantage en divers points dans l'Argonne. Nous consolidons nos progrès aux bois de Cheppy, entre Argonne et Meuse, comme aux Eparges (sud de Verdun), où nous avons enlevé la majeure partie des positions ennemies.
En Alsace, où des colonnes allemandes remontant les deux rives de la Fecht (près de Munster) avaient repoussé nos avant-postes, nous avons repris l'offensive et infligé a l'ennemi des pertes considérables.
Un vapeur américain a été coulé par une mine, à proximité de la côte allemande. Le gouvernement des Etats-Unis a prescrit une enquête.
Le bulletin de l'état-major russe explique la retraite des corps qui opéraient en Prusse orientale et qui maintenant sont à leur poste le long de la ligne fortifiée de Pologne.
Un conflit a éclaté à Constantinople, entre Enver bey et Talaat bey.
Le journal Giolittien de Turin, la Stampa, envisage la possibilité de moyens extrêmes pour réaliser les aspirations nationales de l'Italie.


  Mercredi 24 février
Deux attaques d'infanterie allemande, préparées à Lombaertzyde, ont été prises sous notre feu et n'ont pu déboucher.
Le bombardement de Reims a été très violent. Il a duré en tout onze heures; 1500 obus ont été lancés; les restes de la cathédrale ont gravement souffert; une vingtaine de maisons ont été incendiées; vingt personnes ont péri.
A l'est de Reims, le combat se poursuit dans de bonnes conditions. Nous avons enlevé de nouvelles tranchées près de Beauséjour. A Drillancourt, au nord-ouest de Verdun, nous avons fait sauter des caissons ennemis. Une attaque de l'ennemi a été refoulée dans le village de Stosswihr (vallée de la Fecht)en Alsace.
L'offensive allemande parait arrêtée du côté du gouvernement de Suwalki. Nos ennemis ont subi un grave échec devant la forteresse d'Ossovietz.
Un sous-marin allemand a été atteint près de Boulogne par la canonnade d'une de nos unités légères.
Un bateau norvégien a été coulé près de Douvres.
Les Turcs fortifient en toute hâte les îles de la mer de Marmara, en prévision de la progression des forces franco-anglaises, et von der Goltz s'est rendu à Smyrne pour mettre la ville en état de défense.
Des manifestations anti-allemandes ont eu lieu à Milan.
Il a été décidé outre-Rhin que pendant une semaine les enfants rechercheraient les plus infimes morceaux de métal, afin de parer à la disette qui s'accentue sur le cuivre, le zinc, etc.
 


Jeudi 25 février
Combats d'artillerie, favorables pour nous entre la Lys et l'Aisne. En Champagne, nouveaux progrès et contre-attaques repoussées au nord de Mesnil. Dans les Hauts-de-Meuse, nous réduisons au silence plusieurs batteries allemandes. Aux Eparges notre succès a été considérable. Les pertes ennemies ont été sensibles et doivent approcher les 3000 hommes, pour le moins. Six cents cadavres allemands ont été trouvés sur une petite partie du front. Nous avons progressé au bois Brûlé, dans la forét d'Apremont.
Les combats sont très acharnés, eu Pologne, d'après les bulletins officiels russes. Plusieurs des colonnes allemandes qui convergeaient vers Varsovie ont vu leur offensive brisée. Dans les Carpathes, les Russes ont fait près de 50.000 prisonniers. En Bukovine et en Galicie orientale, ils ont enrayé la marche en avant des Astro-Hongrois.

Vendredi 26 février
Près de Lombaertzyde nous démolissons un blockhaus, des observatoires et une batterie ennemie. En Champagne, nous maintenons nos progrès acquis et même les développons. Toutes les contre-attaques allemandes sont repoussées.
Nous lançons 60 bombes, très efficacement, sur des trains et sur des rassemblements; nous prenons un ouvrage au nord de Mesnil, décimons une colonne en marche près de Tahure et éteignons le feu d'une batterie en faisant sauter plusieurs caissons.
En Argonne, deux coutre-attaques ennemies qui essayaient de déboucher à Marie-Thérèse ont été brisées net, et nous détruisons un blockhaus au ruisseau des Meurissons, près du Four-de-Paris.
La lutte se poursuit avec une extrême âpreté, mais sans qu'une décision soit encore intervenue sur les routes qui conduisent de la Prusse orientale à la Pologne, entre Allemands et Russes.
 
 


Samedi 27 février
Progrès de l'armée belge, près de Nieuport et de l'armée britannique, près de la Bassée. Dans la vallée de l'Aisne, nous réduisons au silence l'artillerie allemande. En Champagne, nous accentuons notre avance daus la région de Perthes, le Mesnil, Tahure, jusrqu'à la crête des Hauteurs; dans la vallée de la Meuse, nous détruisons des rassemblements ennemis. Dans la forêt d'Apremont, les Allemands sont chassés de plusieurs de leurs abris.
Les Russes accusent des succès à Bolimow, à l'ouest de Varovie et dans les Carpathes et reprennent l'offensive en Bukovine.
Quatre forts de l'entrée des Dardanenelles sont détruits.
Trois taubes out été abattus par nos soldats, l'un à Noeux-les-Mines, le second à Lunéville, le troisième à Largitzen près de la frontière Suisse. Un zeppelin a été detruit à Pola.


Dimanche 28 février
Près de Lombaertzyde, En Flandre, une de nos patrouilles enlève une tranchée dont elle tue les occupants, et où elle prend une mitrailleuse. En Champagne, nous avons occupé 500 mètres de tranchées ennemies et refoulé de nuit une violente contre-attaque. A Malancourt, les Allemands ont jeté du pétrole enflammé dans une de nos tranchées, mais quand ils ont essayé de s'en emparer, ils ont été arrêtés net avec de fortes pertes. Sur les Hauts-de-Meuse, notre artillerie a détruit des pièces, des caissons et des dépôts de munitions, anéanti un détachement et tout un campement. En Lorraine, près de la forêt de Parroy, nous avons brisé une offensive. Nos avions ont jeté des bombes sur les casernes de Metz. Nos trois cuirassés Suffren, Gaulois et Charlemagne ont pris une part active à la destruction des forts de l'entrée des Dardanelles : cette opération a été achevée par les troupes de débarquement.