| 3 décembre «On a indiqué ici, à bien des reprises, les circonstances de toute sorte qui commandaient de faire succéder la guerre de tranchées à la guerre de manoeuvres, dans l'est après les victoires de la Marne, dans le nord après les combats qui avaient porté une partie considérable de nos armées et l'armée anglaise aux plaines de Flandre.
Il y a une heure pour les ardentes et brillantes vertus qui assurent le succès des offensives bien conçues. Il y a une heure pour ces autres vertus et, si je puis dire, pour ces autres courages, qui sont la patience, la ténacité, l'endurance. Nous pouvions nous laisser entraîner à compromettre, nous avons consolidé les résultats de nos victoires de septembre. Les assauts répétés des Allemands contre les retranchements de jour en jour plus puissants et plus forts ont échoué. Ils ont perdu plus d'hommes devant nos lignes inflexibles que dans leurs succès les plus chèrement disputés. Ce sera un très grand et très noble chapitre de l'histoire de cette guerre que celui qu'on peut dès aujourd'hui intituler « les Tranchées ». Nos armées sont devenues de bronze dans les tranchées. Et quelque chose y est né qui tiendra dans notre histoire de demain une très grande place, la première de toutes. Cet esprit des tranchées, dont parlait hier M. Clemenceau dans un éloquent article, c'est le véritable esprit nouveau. Il souffle déjà. Il n'a eu qu'à passer dans le ciel gris d'hiver pour balayer les dernières feuilles des mauvaises forêts. Il souffle vers un monde où, dans une paix qui ne sera plus une trève armée, la liberté ne sera pas qu'une tolérance et la justice sociale qu'un thème à discours. Et il voudra souffler partout. » |
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Dimanche 13 décembre Combats d'artillerie près d'Arras; dans la région de l'Aisne (une batterie allemande d'obusiers détruite près de Vailly);sur les Hauts-de-Meuse (deux batteries allemandes démolies) et dans Vosges. Nous progressons partout. Les Russes ont repris une offensive victorieuse dans les régions de Mlava et de Lovicz, en Pologne centrale. Aux alentours de Cracovie se livre un très violent combat et bombardement de la place elle-même devient très intense. Les Serbes continuent leur poursuite de l'armée austro-hongroise qu'ils veulent repousser au delà de la Save et de la Drina. L'Italie a demandé réparation à la Turquie au sujet de l'incident d'Hodeidah, et une très vive irritation se marque dans la Péninsule contre l'empire ottoman. D'après les journaux anglais, il serait inexact que l'état du kaiser se fût amélioré. Le kaiser aurait une fluxion de poitrine. La grande caserne de Kiel a été détruite par un incendie dont les causes demeurent mystérieuses. La Bulgarie a déclaré une fois de plus aux puissances de la Triple Entente qu'elle désirait demeurer neutre. Le premier ministre anglais M. Asquith a prononcé un grand discours à Londres. Il a rendu hommage à l'armée britannique, qui, a-t-il dit, vaut celle de n'importe quel empire. Le cabinet portugais s'est reconstitué sous la présidence de M. Coutinho avec M. Soarès aux Affaires étrangères. |
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