Dans la nuit du 16 au 17 mars, trois dirigeables ennemis, survolèrent la partie Sud-Est de l'Angleterre, lançant une douzaine de bombes qui explosèrent dans des champs du comté de Kent, puis, passant au-dessus de la Manche furent signalés du Havre, de Rouen, d'Abbeville et de Beauvais. L'alerte fut donnée à Paris le samedi matin à 4 h. 20. Deux des zeppelins échappèrent aux obus des batteries antiaériennes et à la poursuite de nos avions. Le troisième se heurta à une escadrille de la défense de Paris et rebroussa chemin vers le Nord. Arrivé au.dessus de Compiègne, vers 5 h. 30, il semble s'être trouvé cerné tant par nos aviateurs que par un « tir de barrage » extrêmement violent des canons spéciaux, qui dura environ une demi-heure durant laquelle l'aéronef manoeuvra vainement pour s'enfuir, A 5 h. 50, un projectile le traversait et il s'abattait dans Compiègne même. Les spectateurs de ce drame, auquel la clarté du jour donna une intensité d'émotion particulière, virent quatre hommes de l'équipage allemand se jeter par-dessus bord -L'un d'eux les pieds en flammes et s'ecraser sur le sol. Le reste de l'équipage périt carbonisé dans les débris de l'appareil. Grâce aux boutons métalliques de leurs uniformes, il a été possible d'identifier ce dernier. C'est un dirigeable de marine, le L 39, du type de 50.000 mètres cubes, semblable à ceux qui ont été abattus en Angleterre lors des raids précédents. Un témoin nous a envoyé ce récit: