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Mercredi 2 avril Le président des Etats-Unis et les présidents du Conseil des gouvernements alliés, assistés de leurs ministres des Affaires étrangères, se sont réunis au ministère de la Guerre, à 3 heures. La réunion à pris fin à 7.15. Après le départ des ministres, MM. Lloyd George, Balfour, Lansing, Orlando, baron Sonnino, Stephen Pichon, M. Clemenceau a accompagné le président Wilson jusqu'à sa voiture. Le maréchal Foch,le général Diaz et le général Wilson ont assisté à la première partie de la Conférence. Les Cinq se sont réunis au Quai d'Orsay pour délibérer sur les points suivants : 1° Les préliminaires de paix seront-ils discutés à Versailles ou se bornera t-on à y signer le traité préalablement rédigé ? 2° Quelles seront les frontières Tchéco-slovaques ? 3° Tiendra-t-on, cette semaine, une séance plénière pour examiner et adopter les propositions établies par la commission de la législation internationale du travail ? Le maréchal Foch est parti pour Spa, où il doit se rencontrer avec le délégué allemand Erzberger. Il lui signifiera la décisions de l'Entente au sujet du débarquement de Dantzig. La délégation financière allemande va s'installer à Pont-Saint-Maxence (Oise). Elle aura des entrevues à Compiègne avec les délégués français. Les Allemands ont été battus aux élections de Posen. M. Winston Churchill a enlevé le vote des Communes sur la loi des effectifs après avoir exposé la situation des troupes britanniques sur les différents fronts. Le roi des Belges est venu en avion de Bruxelles, au Bourget. Il s'est entretenu avec les ministres belges qui sont actuellement à Paris de la marche des conférences de la paix. On annonce que M. Lloyd George restera parmi nous jusqu'à la fin des négociations. L'atténuation de la crise ouvrière anglaise le dispense, en effet, de rentrer immédiatement à Londres. Les chefs de partis ont été réunis à Berlin par le gouvernement afin de donner leur avis sur les instructions qui ont été remises à M. Erzberger. M. Allizé, notre agent diplomatique à Vienne, est arrivé dans cette capitale. M. Noulens est parti pour Cracovie, d'où il doit, à son tour, gagner Vienne en compagnie du premier ministre de Pologne, M. Paderewski. Un colonel américain a tenté d'enlever Guillaume II à Amerongen. Il manifestait le désir de le ramener à Paris et de l'offrir en cadeau au président Wilson. La Diète de Pologne a envoyé une adresse à la Chambre française. Le blocus de l'Allemagne et celui de la Hongrie subsistent. |
| Vendredi 4 avril Les Quatre ont siégé matin et soir. Ils ont continué l'étude des questions de l'Europe orientale. Un communiqué a été publié : le premier depuis que les Quatre se sont substitués aux Dix. Le voici : «Le général Smuts part pour la Hongrie, dans le but de faire une enquête sur certains problèmes soulevés par l'armistice et sur lesquel le conseil suprême désire de plus amples informations. » Malgré le laconisme de ce communiqué, on peut supposer que le général Smuts procédera à une étude générale de la situation en Hongrie, au point de vue politique, social, militaire et économique. Les questions qui sont connexes à l'application de l'armistice sont nombreuses et d'ordres très divers. Le général Mangin, dont on avait parlé pour une mission dans l'Europe orientale, est retourné à Mayence. On apprend qu'au moment où le colonel Vix quittait Pesth avec la mission alliée, Bela Kuhn, commissaire du peuple aux Affaires étrangères, lui remit une note où il insistait sur le désir de la République communiste hongroise d'entretenir de bons rapports avec l'Entente et sollicitant le concours de celle-ci pour le ravitaillement du pays. La première entrevue entre les délégués financiers anglais, allemands et français a eu lieu au château de Villette, près de Pont-Sainte-Maxence. MM. de Lasteyrie et de Courcel représentaient la France, M. Keyns, l'Angleterre. Dix-sept nouveaux sous-marins ont été livrés à la France. De nouveaux troubles ont éclaté en Allemagne. Il y a grève générale à Stuttgart, où l'état de siège a été proclamé. La situation est grave dans le bassin de la Ruhr. Des troubles sanglants ont eu lieu à Francfort. |
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Mercredi 30 avril M. de Brochdorf-Raudzau est arrivé à Versailles. Le Comité des Trois a tenu deux séances. Au cours de celle du matin, il a discuté le problème de Kiao-Tchéou. Aucune solution n'a encore été acquise. L'après-midi, les délégués belges furent entendus. M. Hymans fit un exposé qui dura près de trois heures et qui produisit une très vive impression sur ses auditeurs. Il insista surtout sur le désir de son pays - qui en a le plus profond besoin - d'obtenir à bref délai une provision de l'Allemagne sur les indemnités légitimement dues et il fixa le chiffre de 2 milliards et demi. Il obtint finalement des promesses formelles des Trois. La séance historique a eu lieu au parlement italien. MM. Orlando et Sonnino furent accueillis par des ovations indescriptibles. Après avoir exposé les points de vue français, anglais, américain, italien sur l'Adriatique, M. Orlando conclut ainsi : « Nous n'oublierons jamais les soldats de l'Angleterre et de la France tombés valeureusement en défendant la terre d'Italie comme leur patrie. «Des terres ensanglantées se lève, pour tous, la majesté de cet ordre: les alliés d'hier doivent l'être aujourd'hui et tous les peuples, parmi lesquels le peuple américain en première ligne, qui se sacrifièrent pour la victoire de l'idée, au nom de cette même idée, doivent marcher sur le chemin de la justice et de la civilisation, unis par un lien d'amitié loyale. « Pour obéir à cet ordre suprême, le gouvemement italien, conscient de la solennité de l'heure, affirme de nouveau devant le Parlement qu'il est animé d'un esprit de conciliation compatible avec les nécessités impérieuses de la conscience et de la dignité nationales. « Avec la même sincérité, je dis qu'en ce moment difficile, je ne peux pas déterminer dans qu'elle forme et par quels moyens on peut atteindre ce but, car, au cours de la dernière conversation du 24 avril, le dissentiment s'est produit non seulement sur notre point de vue, mais aussi entre celui de nos alliés et celui de M Wilson. » La Chambre, à l'unanimité moins les voix des socialistes officiels, vota cet ordre du jour: «La Chambre, tutrice de la dignité et interprète de la volonté du peuple italien, se déclare solidaire avec le gouvemement, auquel elle renouvelle l'affirmation de sa pleine confiance pour faire valoir les droits suprêmes de l'Italie, dont la reconnaissance est la condition indispensable d'une paix juste et durable. » Le Sénat vota à l'unanimité le même ordre du jour. Enfin, la même unanimité se retrouva dans la presse. Le gouvemement italien a publié une note que M. Wilson lui a remise le 14 avril et où il précisait ses conceptions sur le règlement de l'affaire de l'Adriatique. Les troupes Tchécoslovaques sont à une heure de Budapest. |