Mardi 1er avril
Le Comité des Quatre a examiné la question de Dantzig, qui se présente sous un double aspect : le passage des troupes polonaises du général Haller et sa cession à la Pologne.
Le maréchal Foch a invité l'Allemagne à envoyer un plénipotentiaire à Spa, où il se rendra personnellement, pour discuter le problème du débarquement. La date du 3 avril a été fixée.
D'après certaines informations, le siège de la Société des Nations serait fixé à Genève, mais la Belgique réclame en faveur de Bruxelles.
Les partis de gauche du Luxembourg envoie une délégation à Paris pour négocier avec l'Entente.
Les indépendants ont obtenu pour la première fois la majorité à l'élection des C.O.S de Berlin.
La mission financière allemande attend à spa.
La réunion de la Chambre italienne est ajournée au 23 avril. Les élections générales auraient lieu en octobre.
Le nouveau gouvernement hongrois a ordonné une diminution du loyer des petites habitations. Petloura aurait repris l'offensive contre les bolcheviks : ceux-ci se préoccupant surtout, à l'heure actuelle, d'attaquer la Roumanie.
M. Wilson a reçu à Paris une douzaine de parlementaires américains. Il leur a montré les difficultés de la paix, mais il a insisté en même temps sur l'urgence d'aboutir.

L'imérial réfugié d'Amerongen se promène Mercredi 2 avril
Le président des Etats-Unis et les présidents du Conseil des gouvernements alliés, assistés de leurs ministres des Affaires étrangères, se sont réunis au ministère de la Guerre, à 3 heures. La réunion à pris fin à 7.15.
Après le départ des ministres, MM. Lloyd George, Balfour, Lansing, Orlando, baron Sonnino, Stephen Pichon, M. Clemenceau a accompagné le président Wilson jusqu'à sa voiture.
Le maréchal Foch,le général Diaz et le général Wilson ont assisté à la première partie de la Conférence.
Les Cinq se sont réunis au Quai d'Orsay pour délibérer sur les points suivants :
1° Les préliminaires de paix seront-ils discutés à Versailles ou se bornera t-on à y signer le traité préalablement rédigé ?
2° Quelles seront les frontières Tchéco-slovaques ?
3° Tiendra-t-on, cette semaine, une séance plénière pour examiner et adopter les propositions établies par la commission de la législation internationale du travail ?
Le maréchal Foch est parti pour Spa, où il doit se rencontrer avec le délégué allemand Erzberger. Il lui signifiera la décisions de l'Entente au sujet du débarquement de Dantzig.
La délégation financière allemande va s'installer à Pont-Saint-Maxence (Oise). Elle aura des entrevues à Compiègne avec les délégués français.
Les Allemands ont été battus aux élections de Posen.
M. Winston Churchill a enlevé le vote des Communes sur la loi des effectifs après avoir exposé la situation des troupes britanniques sur les différents fronts.
Le roi des Belges est venu en avion de Bruxelles, au Bourget. Il s'est entretenu avec les ministres belges qui sont actuellement à Paris de la marche des conférences de la paix.
On annonce que M. Lloyd George restera parmi nous jusqu'à la fin des négociations. L'atténuation de la crise ouvrière anglaise le dispense, en effet, de rentrer immédiatement à Londres.
Les chefs de partis ont été réunis à Berlin par le gouvernement afin de donner leur avis sur les instructions qui ont été remises à M. Erzberger.
M. Allizé, notre agent diplomatique à Vienne, est arrivé dans cette capitale. M. Noulens est parti pour Cracovie, d'où il doit, à son tour, gagner Vienne en compagnie du premier ministre de Pologne, M. Paderewski.
Un colonel américain a tenté d'enlever Guillaume II à Amerongen. Il manifestait le désir de le ramener à Paris et de l'offrir en cadeau au président Wilson.
La Diète de Pologne a envoyé une adresse à la Chambre française.
Le blocus de l'Allemagne et celui de la Hongrie subsistent.


Jeudi 3 avril
Le Comité des Cinq a continué à délibérer sur les affaires de Teschen. Il s'agit du territoire contesté entre Polonais et Tchèques.
La commission du travail de la Conférence a remis son rapport. Elle a siégé trente­cinq fois et établi un texte développé. Elle prévoit la création d'un organe permanent, un bureau du travail, chargé de préparer les progrès de la législation internationale. Ce bureau résiderait dans la ville qui serait choisie comme siège de la Société des Nations. Il y aurait, en outre, une conférence annuelle.
Le rapport préconise toute une série de clauses et se fonde sur les principes suivants: " Le travail ne doit pas être considéré comme une marchandise; à travail égal, salaire égal; les femmes et les enfants doivent être specialement protégés; les assurances sociales doivent être généralisées; il importe de prendre, sauf exception, la journée de huit heures comme une base de l'effort humain normal."
Des troubles sanglants ont éclaté à Francfort-sur-Mein où quatre cents arrestations ont eu lieu. Il y a des morts et des blessés. La grève générale recommence dans le bassin houiller de Westphalie. Les extrémistes ont obtenu la majorité aux C. O. S. de Brunswick.


Vendredi 4 avril
Les Quatre ont siégé matin et soir. Ils ont continué l'étude des questions de l'Europe orientale.
Un communiqué a été publié : le premier depuis que les Quatre se sont substitués aux Dix.
Le voici :
«Le général Smuts part pour la Hongrie, dans le but de faire une enquête sur certains problèmes soulevés par l'armistice et sur lesquel le conseil suprême désire de plus amples informations. »
Malgré le laconisme de ce communiqué, on peut supposer que le général Smuts procédera à une étude générale de la situation en Hongrie, au point de vue politique, social, militaire et économique. Les questions qui sont connexes à l'application de l'armistice sont nombreuses et d'ordres très divers.
Le général Mangin, dont on avait parlé pour une mission dans l'Europe orientale, est retourné à Mayence.
On apprend qu'au moment où le colonel Vix quittait Pesth avec la mission alliée, Bela Kuhn, commissaire du peuple aux Affaires étrangères, lui remit une note où il insistait sur le désir de la République communiste hongroise d'entretenir de bons rapports avec l'Entente et sollicitant le concours de celle-ci pour le ravitaillement du pays.
La première entrevue entre les délégués financiers anglais, allemands et français a eu lieu au château de Villette, près de Pont-Sainte-Maxence. MM. de Lasteyrie et de Courcel représentaient la France, M. Keyns, l'Angleterre.
Dix-sept nouveaux sous-marins ont été livrés à la France.
De nouveaux troubles ont éclaté en Allemagne. Il y a grève générale à Stuttgart, où l'état de siège a été proclamé. La situation est grave dans le bassin de la Ruhr. Des troubles sanglants ont eu lieu à Francfort.

général Smuts



La délégation française à Spa : Maréchal Foch, général Weygand, l'interprète Laperche

Samedi 5 avril
Le Comité des Quatre a siégé hier matin et soir. Il a entendu le matin M. Orlando, qui a exposé les revendications de l'Italie dans l'Adriatique, et, l'après-midi, il a reçu M. Trumbitch, qui est venu formuler les desiderata des Yougo-Slaves. M. Orlando, toutefois, n'était pas présent à cette dernière audition.
Le Comité des Quatre a confié à une commission de trois membres le soin de lui proposer deux formules, l'une sur la question de la Sarre, l'autre sur la question de la rive gauche du Rhin.
Les délégués financiers français et allemands ont eu un second entretien à Pont-Sainte-Maxence.
Le maréchal Foch a conféré à Spa avec les généraux français qui résident dans cette ville, ou qui sont venus de Berlin d'une part, et avec M. Erzberger, de l'autre.
Une commission alliée prépare à Dantzig des logements pour les troupes polonaises.
On confirme que les bolchevistes ont perdu une grande bataille au Caucase en janvier. Leurs adversaires leur auraient fait 50.000 prisonniers.
Par contre, on a de vives craintes en Angleterre pour les troupes qui se trouvent en Mourmanie et à Arkhangel et une partie de la presse de Londres réclame énergiquement l'envoi de renforts.
La grève générale des mineurs aurait échoué dans le bassin de la Ruhr.



La délégation allemande à Spa : M.Erzberger, général von Hammerstein, M Langwerth

Dimanche 6 avril
Les Quatre ont reçu le roi des Belges. Albert Ier a exposé une fois de plus devant eux les revendications de son pays en matière territoriale et pour les réparations.
M. Wilson n'est pas sorti de chez lui. Il a été remplacé au Comité des Quatre par le colonel House.
L'entrevue de Spa est terminée. La note suivante a été publiée:
" Conformément à la décision prise par les gouvernements alliés et associés, le droit résultant pour les Alliés de la convention d'armistice du 11 novembre d'utiliser le port de Dantzig pour le débarquement des troupes polonaises actuellement en France a été maintenu formellement.
En outre, pour hâter l'arrivée de ces troupes en Pologne, il a été décidé de faire usage d'autres lignes de transport proposées par le gouvernement allemand.
L'ensemble de ces dispositions répond entièrement aux voeux des gouvernements alliés et associés.
Le socialiste Bernstein a reconnu, au cours d'un meeting pangermaniste, les droits des Polonais. La grève générale est terminée dans la Ruhr, et en voie d'extinction à Stuttgart. Mais le gouvernement allemand continue à nourrir des craintes pour Berlin.
Des mouvements de troupes bulgares sont signalés aux frontières roumaines.
On dément que Bela Kuhn se soit rendu à Munich.
Les bolchevistes ont subi un échec sur le front d'Arkhangel. Le bruit court que Kerenski se rallierait au gouvernement des commissaires du peuple.

Lundi 7 avril
Les Quatre se sont réunis matin et soir, le colonel House remplaçant M. Wilson. Les experts financiers étaient présents. Ces séances ont été particulièrement importantes et de sérieux progrès ont été acquis.
L'accord de principe a été conclu sur la question des indemnités à réclamer de l'Allemagne et l'on va passer à l'examen des modalités d'application.
La commission chargée d'élaborer une formule au sujet du bassin de la Sarre a terminé à peu près ses délibérations.
La légation belge a publié cette note:
" Pendant son séjour à Paris, le roi des Belges a pris contact avec les personnalités les plus éminentes des gouvernements alliés et associés. Il a eu l'occasion de s'entretenir, avec les chefs de ces gouvernements, des intérêts essentiels de la Belgique. Il régnait en Belgique quelque anxiété. On se demandait si les questions belges avaient conservé leur rang dans la sollicitude de la Conférence. Le roi a pu donner des précisions sur les points principaux du programme belge, et, particulièrement, sur les réparations qui sont dues à la Belgique pour assurer son relèvement économique et sur les conditions de sa sécurité.
Le roi a été écouté partout avec la plus grande attention, et il a quitté Paris, satisfait des impressions qu'il a recueillies.»
Le gouvernement de l'Etat serbo-croato­slovène a offert de régler, au moyen de consultations populaires, ses litiges territoriaux avec l'Italie et la Roumanie. Il a remis une note verbale au Comité des Quatre.
Une délégation dalmate a été conduite par M. Pachitch chez M. Pichon.
M. Wilson va mieux.
On annonce l'évacuation d'Odessa.
Les troupes finnoises qui servaient dans les effectifs alliés, sur la côte mourmane, se sont mutinées.
Le maréchal Douglas Haig regagne définitivement l'Angleterre.
Les bolchevistes menacent les frontières galiciennes.
MM. Noullens et Paderewski sont arrivés à Paris.



Le naufrage de L"U-118" devant Hastings
Mardi 8 avril
Les Quatre ont siégé pour continuer l'examen de la question financière. Des experts avaient été chargés de fournir un rapport sur ce point.
M. Clemenceau a reçu le maréchal Foch, qui lui a rendu compte des pourparlers de Spa.
Le général Smuts est arrivé par train spécial dans la capitale hongroise.
La République des Soviets a été proclamée à Munich.

Mercredi 9 avril
Le Comité des Quatre a siégé. Il a discuté les réparations.
Le projet, qui est adopté en principe, comporte avant tout une énumération des dommages dont l'Allemagne devra réparation. On fixera la nature des pertes qui seront indemnisées ou encore des dépenses que nos adversaires auront à rembourser. Par exemple, selon toute probabilité, le budget des pensions sera mis à la charge des empires centraux par les Etats qui les acquitteront. C'est plus tard que l'on évaluera le montant même des sommes à récupérer, lorsqu'on tiendra en mains tous les éléments indispensables. Il faudra au préalable qu'on connaisse les prix des matériaux et de main-d'oeuvre.

Jeudi 10 avril
Le Comité des Quatre a teuu deux séances. Il s'est réuni le matin au ministère de la Guerre, le colonel House remplaçant M. Wilson, et l'après-midi à l'hôtel du président des Etats-Unis, qui a ainsi assisté à la délibération.
La question de la Sarre a fait l'objet du debat de la matinée, les Quatre ayant examiné la formule qui avait été préparée par la commission spéciale.
Odessa a été occupée par les soviets ukrainiens.

Vendredi 11 avril
Le Comité des Quatre a siégé matin et soir.
Il a délibéré sur la question de la Sarre, et un progrès vers la solution a été réalisée.
Le problème des réparations a donné lieu à un échange de vues. L'accord s'est fait définitivement sur les bases suivantes :
1° L'Allemagne devra payer tous les dommages qui auront été causés par elle;
2° On fixera une somme qu'elle acquittera immédiatement. Des annuités suivront, dont le minimum sera déterminé.

Samedi 12 avril
On annonce que les pourparlers des Quatre ont progressé en ce qui concerne le bassin de la Sarre et les réparations.
Le George Washington, qui vient chercher M. Wilson, a quitté New-York.

Dimanche 13 avril
La Conférence de la paix, en séance plénière, a adopté le projet relatif à la législation internationale du travail.
Genève a été choisie par douze voix contre sept pour siège de la Sociéte des Nations.

Lundi 14 avril
Le Comité des Quatre a siégé matin et soir; Il a repris les divers problèmes qu'il avait déjà traités cette semaine.
Il est entendu que nous aurons l'exploitation du bassin de la Sarre, qui nous fournira ainsi la compensation des dommages causés à nos mines du Nord et du Pas-de-Calais.
De même, des résolutions ont été adoptées pour les réparations.
L'Allemagne devra verser une provision qui s'élèvera à 150 milliards et qui sera représentée par des bons. La moitié environ de cette provision sera attribuée à la France. Ces bons seront payables en or ou en matières premières évaluées en or. Ici encore, l'on a homologué les décisions auxquelles on avait souscrit en principe cette semaine.
Les Ouatre se sont enfin entretenus de la Syrie. Le mois dernier, à la suite de la visite rapide du général Allenby, le comité avait prévu l'envoi d'une commission d'enquête en Syrie. Cette idée a été abandonnée, parce qu'il a paru que des intrigues de toute nature pourraient trop aisément s'exercer pendant cette investigation.
Le Parlement anglais montre une extrême impatience de voir aboutir les travaux des Quatre. M. Lloyd George va partir pour Londres.

Mardi 15 avril
Le Comité des Quatre a envisagé les Questions qui se rapportent à l'occupation de la rive gauche du Rhin. On recherche dans quelle mesure les forces anglaises et américaines coopéreront à la garde du fleuve.
Pour la Syrie, des négociations directes ont été ouvertes entre les puissances intéressées; la France réclamant Beyrouth, Alexandrette, Alep et Damas.
M. Clemenceau a reçu les délégués du groupe radical-socialiste et leur a fait des déclarations touchant les préliminaires de paix.
On annonce que les délégués allemands seraient, à très bref délai, convoqués à Versailles.
Des batailles de rues ont eu lieu à Dusseldorf et à Brunswick.
Les élections générales belges auront lieu au mois d'octobre.

Mercredi 16 avril
M. Wilson a fait une déclaration aux termes de laquelle les plénipotentiaires allemands seraient convoqués pour le 25 avril.
Les Quatre ont délibéré sur la question rhénane, tandis que les Cinq traitaient des affaires marocaines.
La commission d'enquête désignée partira finalement pour la Syrie.
Des désordres se sont produits à Milan.
On signale une très grosse effervescence dans l'Inde.
Brockdorf Rantzau est revenu de Weimar à Berlin pour conférer avec les autres membres de la délégation allemande à Versailles.


L'EX-EMPEREUR D'AUTRICHE ET SA FAMILLE EN SUISSE




Charles 1er oublie à Wartegg les tristesses d'un règne aussi court que malheureux

La révolution bolcheviste ayant rendu dangereux son séjour en Autriche, Charles 1er s'est installé en Suisse, au château de Wartegg, dans le canton de Saint-Gall, proche du lac de Constance. C'est là que l'ex-empereur mène une existence toute familiale :
Voici : Charles 1er, au premier plan, et le colonel anglais Shutt, chargé de sa garde, devant le château de Wartegg. Au milieu, les petits princes et l'empereur avec deux amis qui l'on suivit en exil. En bas, l'ex-souverain se promène avec le colonel Shutt.


Jeudi 17 avril
Les deux réunions que le Comité des Quatre a tenues ont été des plus importantes.
Les chefs de gouvernement ont décidé, en principe, que la rive gauche du Rhin serai occupée militairement pendant une durée de quinze années. Cette occupation serait confiée d'abord à l'ensemble des troupes interalliées, et ensuite aux forces franco-belges. Les contingents de l'Entente seraient progressivement retirés, au fur et à mesure que l'Allemagne exécuterait les obligations financières qu'elle devra contracter. 0n prévoit trois étapes.
Il a été arrêté également, en conformité avec les propositions faites par la commission compétente, que deux plébiscites seraient institués pour le Slesvig: l'un, pour la partie septentrionale, aurait un caractère général; l'autre, pour les districts du centre, s'opérerait par fractions.

Vendredi 18 avril
D'importantes délibérations ont été prises dans une séance où se trouvaient réunis, au quai d'Orsay, les représentants des dix-huit puissances à intérêt limité qui ont déclaré la guerre à l'Allemagne.
Un télégramme de convocation aux plénipotentiaires allemands a été lancé pour le 25. Il a été transmis par le maréchal Foch au général Nudant qui le communiquera lui-même aux commissions germaniques de Spa.
Le Comité des Quatre a entendu M. Hymans sur les revendications belges.
Un Comité des Dix a encore siégé pour délibérer sur le désarmement de l'Allemagne, la ratification eventuelle des préliminaires de paix et le paiement par nos ennemis des frais d'occupation.
M. Lloyd George, à Londres, et M. Pichon, à Paris, ont fait des déclarations sur la politique étrangère. Le gouvernement français a obtenu un note de confiance.

Samedi 19 avril
Les Cinq se sont réunis pour envisager la rédaction du traité des préliminaires qui sera, en fait un traité de paix et qui contiendra un millier d'articles. Il sera établi en français, en anglais, en italien, mais non en allemand.
A la suite de troubles qui se sont produits à Milan, des grèves ont éclaté dans plusieurs villes d'Italie, entre autres, à Turin et à Bologne.
Brockdorff-Rantzau persiste à dire qu'il ne cédera pas sur la question de la Sarre.
L'état de siège a été proclamé dans plusieurs districts des Indes anglaises.
La grève générale a éclaté à Brême. Une bataille semble imminente aux portes de Munich. Le chef des paysans bavarois, Gandorfer, a été arrêté.

Dimanche 20 avril
Les Quatre ont discuté la question de Dantzig.
Le gouvernement polonais a obtenu un couloir entre Varsovie et la mer; Dantzig sera une ville libre placée sous son contrôle.
Le débat sur Fiume a commencé. Le gouvernement italien maintient intacte ses prétentions.
Un nouveau télégramme a été envoyé de Paris au général Nudant pour être transmis aux commissaires allemands de Spa. Il demande au gouvernement de Berlin de faire connaître de façon précise le nombre et les qualités de ses envoyés à Versailles.
Les soviets annoncent que la cavalerie bolchéviste a occupé Eupatoria, en Crimée.
Les combats ont commencé près de Munich entre les communistes et Ies troupes d'Hoffmann.

Lundi 21 avril
Les Quatre ont réglé dans sa totalité l'affaire de Dantzig. Ce port de la région de Marienwerder formeront un Etat autonome sous le contrôle de la Pologne.
Les délibérations sur Fiume ont continué. Le gouvernement italien persiste à réclamer la ville en laissant le faubourg de Sussak à la Serbie. Le président Wilson insiste pour que l'Italie fasse des concessions en Dalmatie.
MM. Wilson, Clemenceau et Lloyd George continuent à négocier une convention d'alliance défensive qui nous offrirait toutes garanties contre une nouvelle agression allemande et qui serait publiée en même temps que le texte du pacte de la Société des Nations.
Les Cinq ont statué sur la révision du traité de 1839 relatif à la Belgique et sur le ravitaillement des pays baltiques.
Le maréchal Foch a fait à M. Clemenceau une longue visite.
Le comte Czernin a été arrêté à la frontière autrichienne.

Mardi 22 avril
Le ministre des Affaires étrangères d'Allemagne a fait savoir que son gouvernement n'enverrait, le 25, à Versailles, que trois délégués de qualités secondaire pour recueillir le texte des préliminaires de paix et le rapporter à Berlin.
Les Ouatre ont continué à délibérer sur la question de Fiume sans aboutir encore.
Les combats ont commencé sous Munich. Ils ont été défavorables aux troupes du gouvernement de Bamberg.
0n annonce qu'un accord aurait été conclu entre le gouvernement allemand et les commissaires du peuple de Moscou.
Le George Washington, qui doit ramener le président Wilson en Amérique, est arrivé à Brest.

Mercredi 23 avril
A la suite de la nouvelle note de l'Entente, réclamant l'envoi de plénipotentiaires à Versailles, le gouvernement allemand a répondu qu'il acceptait d'agir comme il lui était demandé. Ses délégués seront : le comte de Brockdorff-Rantzau. ministre des Affaires étrangères; le docteur Landsberg, ministre de la Justice; M. Giesberts, ministre des Postes; M. Leinert, président de l'Assemblée nationale prussienne; le docteur Melchior; le professeur Schuking.
Les troupes gouvernernentales bavaroises ont repris Augsbourg.


Brockdorff-Rantzau, Landsberg, Giesberts, Leinert, Melchior, Schuking

Jeudi 24 avril
Réunion des Trois: MM. Wllson, Clemenceau, Lloyd George. M. Orlando n'était pas présent. Le débat sur l'Adriatique est suspendu.
Par contre, on a discuté l'affaire de Kiao-Tchéou. Le Japon, qui a occupé en 1914 cette ancienne colonie allemande, déclare ne la vouloir restituer à la Chine que sous condition. La Chine prétend, par contre, que les traités entre elle et l'Allemagne étant tombés du fait de la guerre, Kiao-Tchéou doit lui revenir purement et simplement.
La commission des responsabilités a terminé ses travaux.
Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en France, M. Hugh Wallace, a remis ses lettres de créance à M. Poincaré.
Les armées sibériennes ont réalisé de nouveaux progrès à l'ouest de l'Oural. Les troupes anglaises de la côte mourmane annoncent, de leur côté, un succès sur les bolchevistes.
M. Dernburg prend définitivement le portefeuille des Finances à Berlin.
M. La Cierva a renouvelé à Madrid l'offre de sa démission, qui a été de nouveau repoussée.

Vendredi 25 avril
M. Wilson ayant publié une déclaration où il s'exprime à l'encontre des revendications italiennes dans l'Adriatique. M. Orlando a écrit une lettre à MM. Clemenceau et Lloyd George pour les informer que la délégation italienne avait décidé de quitter Paris.
Les plénipotentiaires allemands n'arriveront à Versailles que le 1er mai au plus tôt.
De vives manifestations ont eu lieu dans toute l'Italie pour soutenir la politique de M. Orlando à la Conférence de la paix. D'Annunzio a adressé au président du Conseil italien un message d'encouragement.
On signale un conflit parmi les communistes munichois.
L'armée Koltchak poursuit son avance vers la Volga. Une armée bolcheviste s'est rendue aux Ukrainiens.
Les Anglais ont progressé sur la côte mourmane.

Samedi 26 avril
M. Orlando et M. Barzilaï sont partis pour Rome, après une série de négociations avec MM. Wilson, Clemenceau et Lloyd George. L'accord n'ayant pu se produire sur la question de Fiume, M. 0rlando désire obtenir un mandat nouveau du Parlement italien. La déclaration de M. Wilson a produit une vive émotion dans toute la Péninsule. Des manifestations continuent à se succéder à Rome, Venise, Turin, Bologne. M. Orlando avait d'ailleurs, dans un document développé, répondu à la déclaration de M. Wilson. La Solution suivante a été suggérée pour Fiume : ville libre sous le patronage de la Société des Nations.
La Hongrie est serrée entre l'armée tchéco­slovaque et les progrès de l'armée roumaine.
La comtesse de Paris est morte.
Les combats se poursuivent aux abords de Munich. Les " fourriers "  de la délégation allemande sont arrivés à Versailles.

Dimanche 27 avril
MM. Sonnino et Salandra sont partis à leur tour pour Rome. A son passage à Turin, M. Orlando a été acclamé par 50.000 personnes.
La presse allemande essaie d'exploiter l'incident de Fiume pour montrer que la désunion s'est mise parmi les Alliés.
Le maréchal Foch a été entendu au conseil des ministres sur les stipulations militaires des préliminaires de paix.
L'avance des Roumains et des Tchécoslovaques continue en Hongrie.
On annonce que Kiew aurait été reprise aux bolchevistes.
Les escarmouches continuent davant Munich. Eichhorn, qui avait été capturé, a été délivré par la foule à Halberstadt. L'Allemagne, par des arguties, essaie de retarder la livraison de sa flotte marchande à l'Entente.

Lundi 28 avril
Acclamé par la foule romaine à son arrivée à la gare, M. 0rlando a prononcé un discours pour souligner la gravité de l'heure, la nécessité de la réflexion et de l'entente.
Les Trois, à la Conférence, se sont occupés de l'affaire de Kiao-Tchéou, tandis que les ministres des Affaires étrangères délibéraient sur les prisonniers de guerre, le transit aérien, les colonies allemandes.

Mardi 29 avril
Des manifestations en faveur du rattachement de Fiume et de Zara continuent dans toute l'Italie.
La Conférence de la paix a tenu une séance plénière.
La Chine a formulé dans une note ses plaintes et revendications contre le Japon.
L'armée roumaine a, de nouveau, progressé en Hongrie, mais Bela-Kuhn proclame encore une fois la solidité du régime des soviets à Pesth.


MM. Orlando et Sonnino Mercredi 30 avril
M. de Brochdorf-Raudzau est arrivé à Versailles.
Le Comité des Trois a tenu deux séances. Au cours de celle du matin, il a discuté le problème de Kiao-Tchéou. Aucune solution n'a encore été acquise.
L'après-midi, les délégués belges furent entendus. M. Hymans fit un exposé qui dura près de trois heures et qui produisit une très vive impression sur ses auditeurs. Il insista surtout sur le désir de son pays - qui en a le plus profond besoin - d'obtenir à bref délai une provision de l'Allemagne sur les indemnités légitimement dues et il fixa le chiffre de 2 milliards et demi. Il obtint finalement des promesses formelles des Trois.
La séance historique a eu lieu au parlement italien. MM. Orlando et Sonnino furent accueillis par des ovations indescriptibles. Après avoir exposé les points de vue français, anglais, américain, italien sur l'Adriatique, M. Orlando conclut ainsi :
« Nous n'oublierons jamais les soldats de l'Angleterre et de la France tombés valeureusement en défendant la terre d'Italie comme leur patrie.
«Des terres ensanglantées se lève, pour tous, la majesté de cet ordre: les alliés d'hier doivent l'être aujourd'hui et tous les peuples, parmi lesquels le peuple américain en première ligne, qui se sacrifièrent pour la victoire de l'idée, au nom de cette même idée, doivent marcher sur le chemin de la justice et de la civilisation, unis par un lien d'amitié loyale.
« Pour obéir à cet ordre suprême, le gouvemement italien, conscient de la solennité de l'heure, affirme de nouveau devant le Parlement qu'il est animé d'un esprit de conciliation compatible avec les nécessités impérieuses de la conscience et de la dignité nationales.
« Avec la même sincérité, je dis qu'en ce moment difficile, je ne peux pas déterminer dans qu'elle forme et par quels moyens on peut atteindre ce but, car, au cours de la dernière conversation du 24 avril, le dissentiment s'est produit non seulement sur notre point de vue, mais aussi entre celui de nos alliés et celui de M Wilson. »
La Chambre, à l'unanimité moins les voix des socialistes officiels, vota cet ordre du jour:
«La Chambre, tutrice de la dignité et interprète de la volonté du peuple italien, se déclare solidaire avec le gouvemement, auquel elle renouvelle l'affirmation de sa pleine confiance pour faire valoir les droits suprêmes de l'Italie, dont la reconnaissance est la condition indispensable d'une paix juste et durable. »
Le Sénat vota à l'unanimité le même ordre du jour. Enfin, la même unanimité se retrouva dans la presse.
Le gouvemement italien a publié une note que M. Wilson lui a remise le 14 avril et où il précisait ses conceptions sur le règlement de l'affaire de l'Adriatique.
Les troupes Tchécoslovaques sont à une heure de Budapest.