Nos alliés font sauter un pont à Chauny Jeudi 4 avril
Sur le front de la Somme et de l'Oise, activité croissante des deux artilleries.
Au sud de Moreuil, l'ennemi a prononcé une vive attaque contre nos positions entre Morisel et Mailly-Raineval. Repoussés par nos feux, les assaillants n'ont pu prendre pied qu'en un seul point de nos lignes de défense.
Une tentative ennemie au nord de Rollot a échoué sous nos feux. Nous avons exécuté une opération de détail sur les pentes au nord du Piémont, au cours de laquelle nos troupes ont élargi sensiblement leurs positions et fait soixante prisonniers.
Nos escadrilles ont jeté 12.000 kilos de projectiles sur les voies ferrées et cantonnements de Ham, Chauny, Noyon, etc.
Un grand incendie s'est déclaré à la gare de Chaulnes. Les cantonnements ennemis de la région de Roye ont été copieusement arrosés de projectiles et mitraillés à faible hauteur.
Dix avions ennemis ont été abattus.
Les troupes britanniques ont repoussé, après un vif combat, une attaque allemande dans le voisinage de Fampoux: De nombreux morts et quelques prisonniers allemands sont restés entre leurs mains.
Une attaque locale dans le voisinage d'Ayette, leur a rendu la possession de ce village. Elles ont fait cent prisonniers et capturé trois mitrailleuses.
D'autres détachements ont exécuté un raid au nord-est de Loos et fait trente et un prisonniers.
Les Italiens ont enlevé un poste autrichien dans le val Lagarina et en ont anéanti la garnison.


Vendredi 5 avril
Après une violente lutte d'artillerie, les Allemands, avec des effectifs énormes ont procédé à une attaque au nord de Montdidier. Après avoir été dix fois repoussés en subissant des pertes sanglantes, ils ont réussi à s'emparer des villages de Mailly-Rainceval et de Morisel. Nous avons occupé les hauteurs avoisinantes. A Grivesnes, 1'ennemi a dû reculer : la localité reste entre nos mains et au cours d'une contre-attaque, nous avons même gagné du terrain.
Au nord-ouest de Reims, en Champagne, et sur la rive gauche de la Meuse, nos troupes ont pénétré en plusieurs points dans les tranchées ennemies. Elles ont ramené une trentaine de prisonniers et deux mitrailleuses.
Des coups de main ennemis à l'est de Reims, au bois d'Avocourt, et au nord de Saint-Dié, sont restés sans succès.
Les Anglais ont enlevé un poste de mitrailleurs allemands près d'Hébuterne, en prenant la mitrailleuse. Ils ont fait des prisonniers dans d'autres secteurs.
Activité d'artillerie et de patrouilles sur le front italien.
Des détachements arméniens ont repris Erzeroum, que les Turcs avaient occupé après l'évacuation par les Russes.


Samedi 6 avril
Les Allemands ont continué leurs attaques avec un acharnement qui ne s'est pas ralenti durant la nuit et en jetant dans la bataille des forces nouvelles. Nous avons identifié quinze divisions, dont sept divisions fraîches. Malgré la supériorité marquée de ses effectifs, qu'il a dépensés sans compter, l'ennemi n'a pas atteint son objectif, qui était la voie ferrée d'Amiens à Clermont, comme en témoignent les ordres saisis sur les prisonniers.
Nos régiments, par leur résistance pied à pied et leurs énergiques contre-attaques, ont maintenu leurs lignes dans l'ensemble et infligé à 1'ennemi des pertes cruelles.
Tandis qu'au nord nous reportions nos positions aux abords ouest de Castel, nous rejetions l'ennemi du bois de 1'Arrière-Cour, à l'ouest de Mailly-Raineval.
Au sud-est de Grivesnes, une contre attaque, brillamment menée, nous donnait la ferme de Saint-Aignan, que nous gardions en dépit de tous les assauts.
Plus au sud, nos troupes s'emparaient de la majeure partie du bois de l'Epinette, près d'Orvilliers-Sorel.
Enfin nous élargissions nos positions au nord du mont Renaud.
Dans l'après-midi, les tentatives allemandes cessant, nous contre-attaquions et gagnions du terrain près de Mailly-Raineval et de Cantigny.
Les Anglais onf rejeté toute une série d'attaques entre la Luce et la Somme. Mais ils se repliaient légèrement et occupaient une série de nouvelles positions à l'est de Villers-Bretonneux.
Vive canonnade au nord de la Somme, dans le voisinage de Bucquoy et dans la vallée de la Scarpe.

Infanterie française et cavaliers anglais autour d'Amiens
Dimanche 7 avril
La lutte d'artillerie s'est maintenue violente sur le front de l'Oise et de la Somme. L'ennemi a prononcé une forte attaque sur nos positions entre Mesnil-Saint-Georges et à le Monchel. L'attaque, brisée par nos feux, a complètement échoué. De nombreux cadavres sont restés devant nos lignes.
Plus au nord, nos batteries ont dispersé des rassemblements ennemis dans le bois au sud de Hangard et dans la région de Dumuin.
Dans le secteur de Noyon, les Allemands, après un bombardement par obus de gros calibre, ont tenté de nous arracher nos gains au nord du mont Renaud. Après un combat très vif, nos troupes ont gardé l'avantage et conservé le terrain conquis.
Sur la rive gauche de l'Oise, la journée a été marquée par une série de violentes attaques lancées par les Allemands sur le front Abbecourt, sud de Chauny-Barisis. Nos troupes ont résisté sur nos lignes d'avant-postes, et, après avoir infligé des pertes élevées aux assaillants, sont venues occuper conformément aux ordres reçus, des positions préparées.
En Argonne, dans la région de Saint-Mihiel et au Ban-de-Sapt, activité des deux artilleries.
Sur le front anglais, continuation de la lutte au sud d'Ayette.
L'ennemi a constamment renouvelé ses attaques avec des forces considérables, mais elles n'ont pas eu plus de succès que précédemment.
Nos alliés ont légèrement amélioré leur position au sud de la Somme, près de Hangard, par une contre-attaque.

Batterie de 155 en rase campagne


Lundi 8 avril
Notre artillerie a arrêté des tentatives d'attaques ennemies dans la région de Hangard-en-Santerre, et pris sous nos feux des rassemblements de troupes en divers points du front, au nord de Montdidier.
Nous avons repoussé une attaque dans la région de Grivesnes.
A l'ouest de Noyon, un fort détachement ennemi qui avait réussi à prendre pied dans notre ligne avancée en a été aussitôt rejeté par notre contre-attaque.
Sur le front de l'Oise, les Allemands n'ont pas renouvelé leurs tentatives dans la région de Chauny-Barisis.
Des coups de main ennemis au nord du Chemin des Dames sont demeurés sans résultat.
Reims à été violemment bombardée.
Sur la rive droite de la Meuse, une forte attaque allemande au nord-est de la cote 344 a été repoussée après un vif combat. L'ennemi a subi des pertes sérieuses et laissé entre nos mains vingt-trois prisonniers dont trois officiers.
Nos bombardiers ont jeté 5000 kilogrammes de projectiles sur les gares et cantonnements de la région de Roye.
Les Anglais ont fait 120 prisonniers dans la région d'Aveluy.
Ils ont repoussé un assaut allemand en face d'Albert, et brisé une attaque au sud d'Hébuterne.
Au sud de la Somme, ils ont amélioré leurs positions et fait quarante prisonniers.

Mardi 9 avril...........................Troisième bataille des Flandres - poche du Kemmel -
Actions d'artillerie violentes, notamment sur la rive gauche de l'Oise. Nos reconnaissances se sont montrées très actives.
Sur la rive gauche de la Meuse et en Argonne des coups de mains ennemis ont échoué.
Sur le front britannique, des opérations de détail heureuses, entreprises par nos alliés sur la Somme, ont amené de vifs combats locaux. L'ennemi a vigoureusement contre-attaqué et tenté de reprendre ses positions. Il a subi de lourdes pertes. Le nombre des Allemands faits prisonniers s'élève à plus de cent quarante. Plusieurs mitrailleuses ont été capturées. L'ennemi a fait deux tentatives d'attaque contre les positions anglaises à Bucquoy. Ses troupes ont été chaque fois arrêtées et dispersées par le tir de l'artillerie.
Sur le front italien, les deux artilleries adverses ont exécuté des tirs de harcèlement intermittent et de peu d'intensité. Les éclaireurs ont été plus actifs à l'ouest du lac de Garde et dans le val Lagarina.
Sur le plateau d'Asiago, des patrouilles anglaises ont attaqué en plusieurs points la ligne avancée ennemie, détruit la garnison d'un petit poste et ramené des prisonniers.

Mercredi 10 avril
Grande activité des deux artilleries sur de nombreux points du front, au nord de Montdidier et entre Montdidier et Noyon. Pas d'action d'infanterie.
Sur la rive gauche de l'Oise, bombardements intermittents.
Nos éléments avancés, conformément aux ordres donnés, ont effectué leur repli vers les positions organisées, au sud-ouest de la basse forêt de Coucy et au sud de Coucy-le-Château.
Les troupes ennemies, maintenues constamment sous le feu de notre artillerie ont subi, au cours de cette opération, des pertes élevées.
Au nord-ouest de Reims, deux coups de main ennemis ont échoué.
D'autres tentatives allemandes sur nos petits postes vers les Eparges, dans le secteur de Reillon, au nord du Bonhomme, n'ont pas eu plus de succès.
Sur le front britannique, l'artillerie allemande a déployé une grande activité depuis le canal de la Bassée jusqu'au sud d'Armentières.
Violent bombardement dans les environs de Villers-Bretonneux et de Méricourt-L'abbé.
M. Lloyd George a prononcé un véhément discours devant la Chambre des Communes pour justifier la nouvelle loi militaire. Il annonce que deux armées turques ont été détruites, l'une en Palestine, l'autre en Mésopotamie.

Jeudi 11 avril
Actions locales entreprises par l'ennemi sur plusieurs points du front.
Dans la région de Hangard-en-Santerre, les Allemands ont prononcé une attaque puissante, précédée d'une forte préparation d'artillerie. Un combat acharné s'est engagé pour la possession du village qui a passé de main en main. Une contre-attaque de nos troupes, à 3 heures du matin, nous a rendu entièrement le village et le cimetière.
Une tentative de l'ennemi pour nous chasser des bois à l'ouest de Castel, a subi un sanglant échec.
A l'ouest de Noyon, les Allemands n'ont pas été plus heureux dans la région de Suzoy.
Nos troupes y ont brisé l'effort de l'ennemi qui a accru le chiffre de ses pertes sans obtenir de résultat.
Au nord-est du mont Renaud, nos reconnaissances ont fait des prisonniers et capturé deux mitrailleuses.
Les troupes britanniques et portugaises ont été attaquées par de gros contingents ennemis, depuis le canal de la Bassée jusqu'au voisinage d'Armentières.
L'ennemi, favorisé par une brume épaisse, a réussi à pénétrer dans les positions alliées. Il a repoussé au centre les Portugais et à une aile les Anglais, jusqu'à la Lys, entre Estaires et Bac-Saint-Maur.
L'ennemi a été rejeté à Givenchy et à Fleurbaix. Il a pris Richebourg-Saint-Vaast et Laventie.


L'EVACUATION DES BLESSES PENDANT LA BATAILLE




Allemands relevés par nos ambulanciers et blessés français croisant un convoi


Depuis que la grande offensive est déclenchée, le service de santé a fonctionné avec une régularité parfaite et un ordre digne d'éloges. Les ambulanciers français, anglais et américains ont rivalisé de zèle et de courage. Sous une pluie de fer et de feu, ils parcourent jour et nuit le champ de bataille à la recherche des grands blessés. Ceux-ci sont mis à l'abri aussi rapidement que possible, tandis que les hommes légèrement atteints sont dirigés en hâte vers l'arrière pour y recevoir les premiers soins.


Vendredi 12 avril
Notre artillerie s'est montrée active entre Montdidier et Noyon. Au cours de divers combats, nous avons fait une trentaine de prisonniers.
Un détachement ennemi pris sous nos feux dans la région d'Orvillers-Sorel, s'est dispersé avant d'avoir abordé nos lignes.
Au nord-ouest et à l'est de Reims, nous avons réussi des coups de main et ramené une douzaine de prisonniers et une mitrailleuse. En Champagne, l'ennemi a attaqué nos postes avancés à l'est de Souain et a été repoussé après un vif combat. Une autre tentative ennemie en forêt d'Apremont, a échoué sous nos feux.
Sur le front britannique, les Allemands ont lancé une nouvelle et puissante attaque contre les positions de nos alliés entre la Lys, à Armentières et la rive est du canal d'Ypres-Comines. Des combats acharnés ont été livrés. Au nord d'Armentières, la puissance des assauts ennemis a obligé les troupes anglaises à se retirer sur la ligne Wytschaete-hauteurs de Messine-Ploegsteert.
Des détachements d'infanterie allemande qui avaient réussi à pénétrer dans Messines en ont été chassés par une contre-attaque. Armentières, rendue intenable par les gaz toxiques, a été évacuée. Au sud de la ville, les Allemands se sont établis sur la rive gauche de la Lys, en certains endroits à l'est d'Estaires et dans le voisinage du Bac-Saint-Maur. L'ennemi a pris et reperdu Lestrem.
M. Clemenceau publie le texte de la lettre de Charles 1er qui reconnaît nos droits sur l'A1sace-Lorraine.

Samedi 13 avril
La lutte d'artillerie a pris une certaine violence dans la région de Hangard-en-Santerre. Nos reconnaissances se sont montrées actives dans les secteurs de Noyon et de Canny-sur-Matz. Nous avons fait un certain nombre de prisonniers.
Bombardements assez vifs dans la région du canal de l'Oise et en forêt de Parroy.
Nous avons réussi des coups de main sur les lignes ennemies vers Chermisy (nord de l'Ailette) et à l'ouest de la Butte du Mesnil et ramené des prisonniers.
L'ennemi a poussé ses attaques avec force sur le front britannique.
Des assauts violents et répétés ont été exécutés par des divisions allemandes fraîches dans la région de la rivière Lawe entre Loisne et Lestrem. Dans ce combat, la 51eme division a repoussé les attaques incessantes en infligeant à l'ennemi de grosses pertes, et a, par des contre-attaques énergiques et heureuses, repris les positions dans lesquelles l'ennemi avait pénétré. Une lutte violente a eu lieu à Estaires et entre ce point et Steenwerck. Dans ce secteur, l'ennemi a également attaqué en force et a réussi à refouler la ligne anglaise immédiatement au nord de ces points.
Au nord d'Armentières, une attaque énergique s'est déployée contre les positions britanniques, dans le voisinage du bois de Ploegsteert et l'ennemi, a progressé. Il a été rejeté plus au nord, dans le voisinage de Wytschaete et de Hollebeke.
La lutte continue entre le canal de la Bassée et le canal d'Ypres-Comines.

Dimanche 14 avril
Les contre-attaques menées par nos troupes dans la région de Hangard-en-Santerre ont refoulé complètement l'ennemi, qui avait pris pied dans ce village. Nous tenons la localité et le cimetière. Les Allemands ont laissé entre nos mains soixante-dix prisonniers dont trois officiers. La lutte d'artillerie continue avec violence.
Entre Montdidier et Noyon, bombardements assez vifs et activité de patrouilles. Nous avons fait une dizaine de prisonniers au nord d'Orvillers-Sorel.
Entre la Miette et l'Aisne, deux coups de main ennemis ont échoué sous nos feux. De notre côté, nous avons fait des prisonniers dans les secteurs de Saint-Hilaire et de Souain.
Reims continue à être bombardé par les Allemands. Une partie de la ville est en flammes.
En forêt d'Apremont, les Allemands ont renouvelé leurs attaques sur nos positions du bois Brûlé. Les troupes américaines, en liaison avec les nôtres, ont combattu avec vigueur et brisé la plupart des tentatives ennemies.
Sur le front britannique, un combat violent s'est engagé autour de Neuve-Eglise et de Wulverghem.
Nos alliés ont progressé près de Festubert et fait des prisonniers.
Un assaut allemand avec des contingents importants a échoué à l'est de Locon. Un autre assaut dans le même secteur a échoué également. L'ennemi a été repoussé à l'ouest de Merville.
Au nord de la Somme, activité de l'artillerie allemande.

Lundi 15 avril
Actions d'artillerie assez vives entre Montdidier et Noyon. Nos reconnaissances opérant dans cette région ont ramené des prisonniers.
An nord de Saint-Mihiel et en Lorraine, dans les secteurs d'Emberménil et de Bures, nous avons pénétré dans les lignes ennemies et fait une dizaine de prisonniers.
Nous avons repoussé des coups de main allemands ,au nord de la cote 304, dans la région de Saint-Mihiel, en Woëvre et au col du Bonhomme.
Nos alliés britanniques, après une lutte violente qui a duré toute une soirée, ont repoussé les assauts lancés par l'ennemi entre Meteren et Wulverghem. Les Allemands ont attaqué Neuve-Eglise pour la quatrième fois et ont été repoussés.
Près de Festubert, les efforts ennemis ont été également brisés, ainsi qu'au nord-ouest de Locon.
De nombreux détachements allemands ont été pris sous le feu de l'artillerie et dispersés.
Malgré une lutte incessante, toute la ligne britannique du front de la Lys a été maintenue intacte. Les pertes allemandes ont été extrêmement élevées.

Mardi 16 avril
Dans la région de Hangard, nous avons effectué une opération de détail qui a parfaitement réussi et nous a ramené une dizaine de prisonniers.
Le nombre des prisonniers que nous avons faits dans ce secteur depuis quatre jours est de cent cinquante.
Entre Montdidier et Noyon et en Champagne, au sud du mont Têtu, plusieurs coups le main nous ont permis également de ramener des prisonniers.
Sur le front britannique, le combat a continué avec acharnement autour de Neuve-Eglise. Après avoir rejeté de nombreux assauts, nos alliés ont dû se replier en arrière du village.
L'ennemi a déclenché de vigoureuses attaques sur de nombreux points du front de bataille, de la Lys, au nord-ouest de Merville.
L'infanterie allemande a été rejetée avec de lourdes pertes. Des éléments avancés, sur la berge nord du canal de la Lys, ont été pris sous le feu anglais. Sept attaques ont été lancées infructueusement dans le secteur de Merville. La ligne britannique, qui avait légèrement fléchi, a été rétablie.
A l'est de Robecq, nos alliés ont fait cent cinquante prisonniers.
Le comte Czernin, ministre des Affaires étrangères d'Autriche-Hongrie, a donné sa démission.

Mercredi 17 avril
Dans la région au nord de Montdidier, assez grande activité de l'artillerie.
Dans le secteur de Noyon, nous avons réalisé quelques progrès au cours d'une opération de détail.
Nos reconnaissances se sont montrées très actives, notamment dans la région du canal de l'Oise: un de nos détachements a franchi le canal à l'ouest de Pierremande et ramené dix prisonniers et une mitrailleuse.
Nos patrouilles ont fait également des prisonniers dans le secteur de Corbeny, en Champagne, dans la région de Seicheprey et dans les Vosges.
Un coup de main ennemi au Téton a échoué.
Sur le front anglais, l'ennemi a déclenché une très puissante attaque contre les positions entre Bailleul et Neuve-Eglise. L'assaut a été donné par trois divisions de choc, qui ont réussi, après une lutte acharnée, à enlever les hauteurs à l'est et au sud-est de Bailleul, le mont de Lille et le Ravensberg. Les troupes britanniques se sont retirées sur de nouvelles positions au nord de Bailleul et de Wulverghem, en abandonnant Bailleul.
Une attaque allemande s'est dessinée près de Wytschaete, une autre près de Vieux-Berquin : cette dernière a été immédiatement brisée. Nos alliés ont fait un certain nombre de prisonniers près de Robecq.
Dix chalutiers allemands ont été coulés dans le Cattégat par la flotte anglaise.

Jeudi 18 avril
Sur le front de la Somme et de l'Oise, assez grande activité des deux artilleries et rencontres de patrouilles.
Nous avons exécuté plusieurs coups de main dans les lignes ennemies, notamment au sud-ouest de la butte du Mesnil, dans la région de Tahure et au nord de Flirey. Nous avons fait un certain nombre de prisonniers.
Sur la rive droite de la Meuse, une tentative ennemie, à l'est de Samogneux, a échoué.
Les Anglais avaient perdu Wytschaete, Saint-Eloi et Meteren. Ils ont contre-attaqué avec succès près de Wytschaete. A Meteren, leur contre-attaque a également rétabli la situation et ils ont repris le village.
L'ennemi a lancé des assauts répétés an nord de Bailleul. Il a été repoussé et a subi des pertes. Des éléments ennemis, pris sous le feu de nos alliés, ont été décimés: des prisonniers ont été faits.
Les Allemands ont tenté de progresser à l'est de Robecq; ils ont été arrêtés par le feu de l'artillerie.
A la suite des progrès effectués par l'ennemi sur le front de la Lys, les troupes britanniques qui occupaient des positions avancées à l'est d'Ypres, ont été retirés, et occupent une nouvelle ligne. Le repli a été exécuté méthodiquement sans que l'ennemi intervînt.
L'artillerie allemande a fortement augmenté son feu devant le front britannique au sud de la Somme.

Vendredi 19 avril
Pas d'action d'infanterie sur notre front.
L'ennemi a bombardé violemment nos premières lignes et quelques villages de la région au nord de Montdidier. Nos batteries ont efficacement contrebattu l'artillerie ennemie et exécuté des concentrations de feux sur les positions allemandes.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Quatre avions allemands ont été abattus par nos pilotes.
Sur le front belge, les Allemands se sont livrés à une attaque en force contre le système des avant-postes entre l'étang Blanckaert et le chemin de fer d'Ypres à Thourout.
Ils ont réussi à prendre pied dans plusieurs des postes belges, mais d'énergiques contre-attaques de nos alliés les en ont complètement chassés. Six cents prisonniers environ sont restés entre nos mains.
L'ennemi a déclenché sur presque tout le front de bataille anglais de la Lys de violents bombardements, qui, de la forêt de Nieppe jusqu'à Wytschaete, ont été suivis d'attaques d'infanterie. Toutes ces attaques ont été repoussées et des pertes considérables infligées à l'ennemi.
Les troupes britanniques, qui avaient réussi à pénétrer dans les villages de Meteren et de Wytschaete, n'ont pas pu s'y maintenir.
Des troupes françaises coopèrent avec les forces anglaises sur ce front.
En Italie, les patrouilles anglaises sur le plateau d'Asiago et les patrouilles italiennes dans la région du mont Tomba ont capturé des prisonniers et du matériel.
En Afrique orientale, la colonne britannique du général Edwards, venant du littoral, et la colonne du général Northey, venant du lac Nyassa, exécutent un mouvement convergent contre les Allemands. La colonne du général Northey a occupé Magna.

Samedi 20 avril
Dans la région de Corbeny, nous avons pris sous nos feux et dispersé avec pertes un fort détachement ennemi qui tentait d'aborder nos lignes après une préparation d'artillerie.
L'ennemi a lancé plusieurs coups de main en Champagne et sur la rive droite de la Meuse, à l'est du bois des Caurières et vers Damloup, notamment. Toutes les tentatives ont été repoussées.
De notre côté, nous avons réussi, au nord-ouest de Reims et en Lorraine plusieurs incursions dans les lignes ennemies et fait un certain nombre de prisonniers.
Aucun changement sur le front britannique.
Au cours de la nuit, l'artillerie allemande a déployé une grande activité dans le secteur sud du front de la Lys, entre Givenchy et la lisière est de Robecq. Un violent bombardement des lignes entre Locon et Robecq a continué jusqu'au delà du lever du jour.
Les troupes anglaises ont repoussé des attaques locales dans le secteur de Merris.
Les pertes allemandes ont été très sensibles entre la forêt de Nieppe et Wytschaete.
L'infanterie ennemie attaqua en trois vagues au sud-est du mont Kemmel et, sur un point, refoula légèrement la ligne anglaise. La situation se rétablit par une contre-attaque.
Trois assauts, déclenchés par l'adversaire dans le secteur de Bailleul ont été chaque fois complètement brisés.
Lord Milner remplace lord Derby au ministère anglais de la Guerre.

Dimanche 21 avril
Aucune action d'infanterie sur notre front.
La lutte d'artillerie a été très active dans la région Castel-Grivesnes et sur la rive droite de la Meuse.
Sur le front britannique, les attaques ennemies au sud du mont Kemmel ont été repoussées complètement. D'autres assauts, lancés par les Allemands dans ce secteur, ont été brisés par les canons et les mitrailleuses de nos alliés.
Ceux-ci, au cours d'opérations de détail, ont fait quelques prisonniers et capturé des mitrailleuses.
Il a été établi que des régiments appartenant à six divisions différentes ont été engagés dans les attaques infructueuses déclenchées par les Allemands dans la région Givenchy-Saint-Venant. Le combat, à Givenchy et ailleurs, s'est terminé par l'échec complet de l'ennemi qui, après des assauts coûteux et poussés à fond avec une extrême énergie, n'est parvenu à prendre pied que sur un ou deux points limités dans les défenses les plus avancées. Il est certain que les Allemands, avant l'assaut, ont été extrêmement éprouvés par le feu de l'artillerie et que leurs pertes, pendant le combat, n'ont pas été moins lourdes.
Sur le front d'Asiago, des détachements italiens ont exécuté des coups de main heureux contre des positions avancées, infligeant des pertes sensibles et contrôlées à l'adversaire auquel vingt-trois prisonniers ont été capturés.
Un avion autrichien a été abattu près de Rotgo par une batterie anglaise contre avions.
En Macédoine, nous avons bombardé les campements ennemis au nord de Serès.

Lundi 22 avril
L'ennemi a tenté un coup de main dans la région de Hangard-en-Santerre. Des prisonniers dont un officier sont restés entre nos mains.
L'activité des deux artilleries s'est maintenue très vive entre Lassigny et Noyon.
Nos détachements ont effectué de nombreux coups de main sur divers points du front ennemi, notamment au nord-ouest et à l'est de Reims, en Champagne, dans le secteur de Juvincourt et vers les côtes de Meuse.
Nous avons fait un certain nombre de prisonniers. De son côté, l'ennemi a dirigé plusieurs tentatives, toutes repoussées, à l'ouest de la butte du Mesnil et en Woëvre.
L'artillerie ennemie s'est montrée active sur différents points du front et a entrepris, dès l'aube, sur les positions de nos alliés, à Caudescure, au nord de Merville, un bombardement violent qui n'a été suivi d'aucune attaque d'infanterie.
L'artillerie britannique a bombardé efficacement des troupes ennemies et des transports le long des routes en arrière du secteur de la Lys.
M. Sonnino a fait une déclaration au Parlement italien au sujet des maneuvres de paix de l'Autriche-Hongrie. L'Italie à cet égard, n'a cessé de demeurer en parfait accord avec ses alliés.


L'INTIME COOPERATION FRANCO-BRITANNIQUE



Camions automobiles emmenant des soldats anglais vers le front de la Somme................................. Des convois français et anglais sur la même route
Mardi 23 avril
Activité d'artillerie particulièrement à l'ouest de l'Avre et sur les deux rives de la Meuse.
L'ennemi ayant prononcé une attaque sur un front d'un kilomètre à l'est de Saint-Mihiel, vers Seicheprey, avait pris pied dans quelques-unes de nos tranchées avancées. Des contre-attaques immédiates l'en avaient en partie rejeté. D'autres contre-attaques nous ont rendu la presque totalité de ces tranchées. Des unités américaines, combattant auprès des nôtres, ont repoussé une vive attaque allemande dans le même secteur. Plusieurs coups de main ont été effectués par nos troupes en Lorraine et dans les Vosges. Nos avions ont jeté quatre tonnes de projectiles sur le terrain d'atterrissage de Charpien et sur des bivouacs de la région Ham-Guiscard-Noyon. 1860 kilos ont été jetés dans la région de Roye et de Moreuil; soixante-dix appareils ont bombardé efficacement la gare de Saint-Quentin et les voies ferrées de Jussy. Les troupes anglaises ont exécuté avec succès des entreprises de détail au sud d'Hébuterne. Elles ont légèrement avancé leurs lignes, capturé trente-sept prisonniers et trois mitrailleuses. L'ennemi a attaqué un poste britannique au sud de la Scarpe. Il a été repoussé après un assez vif combat. Il a été également repoussé par l'artillerie au nord-est d'Ypres. Il a subi des pertes et laissé des prisonniers près de Robecq. Les Belges ont brisé une attaque entre le canal de Passchendaele et le grand Peverdyk.



Des combattants appartenant aux deux armées.............................. Un convoi d'artillerie britannique traverse un village en ruine

Mercredi 24 avril
Un coup de main ennemi a été repoussé à l'est de l'Avre, dans la région de Thennes. Nous avons fait des prisonniers. Activité réciproque de l'artillerie en divers points du front de la Somme, de l'Avre et de l'Oise, ainsi que sur la rive droite de la Meuse. Au nord de Seicheprey, il ne reste plus un Allemand dans nos tranchées. L'ennemi a bombardé Reims où plusieurs incendies se sont déclarés. Sur le front britannique, des combats locaux avantageux pour nos alliés ont eu lieu dans le voisinage de Robecq, où les troupes ennemies ont été rejetées de quelques-uns de leurs postes avancés. En Macédoine, l'ennemi a violemment bombardé les villages dont les troupes britanniques et grecques s'étaient antérieurement emparées. Action d'artillerie dans le secteur de Doiran, et de part et d'autre du Vardar. Dans le Trentin, les Italiens ont attaqué et détruit des postes ennemis aux environs de Mori. Ils ont recueilli des prisonniers. Tirs de concentration dans la conque d'Asiago.



Des combattants,retour du feu, dans un cantonnement..............................Français et Anglais achetant de menus objets à un marchand
Jeudi 25 avril
Quatre avions allemands et deux ballons captifs ont été détruits par nos pilotes. Un cinquième avion a été abattu par le tir de l'infanterie. En outre, seize appareils ennemis sont tombés dans leurs lignes, fortement endommagés à la suite de combats aériens. Notre aviation de bombardement, au cours des deux dernières journées a effectué de nombreuses sorties. 49.000 kilos de projectiles ont été jeté sur les gares, cantonnements, terrains d'aviation ennemis, dans les régions de Saint-Quentin, Jussy Chaulnes, Royes, Ham, Guiscard et Asfeld. Deux incendies ont éclaté en gare de Chaulnes et en gare d'Asfeld. Un dépôt de munitions à l'est de Guiscard a fait explosion. Sur le front britannique, l'ennemi a déclenché, après un violent bombardement, une action locale contre les positions à l'est d'Albert ; il a été repoussé. Nos alliés ont légèrement amélioré leurs positions dans les secteurs de Villers-Bretoneux, Albert et Robecq. Ils ont exécuté de nombreux raids au sud et au nord de Lens, capturé des prisonniers et des mitrailleuses. En Macédoine, les troupes allemandes ont effectué des coups de mains au sud de Doiran et dans la région de Vetrenik.

Vendredi 26 avril
Entre la Somme et l'Avre, le bombardement ennemi a pris un caractère d'extrême violence sur le front franco-anglais, notamment dans la région Villers-Bretonneux- Hangard-en-Santerre. Notre artillerie a contrebattu énergiquement les batteries ennemies. Dans la région de l'Ailette et du bois d' Avocourt, nos patrouilles ont ramené des prisonnbiers. Canonnade intermittente sur le reste du front. Nos alliés anglais ont exécuté d'heureuses opérations locales au nord d'Albert. Ils ont amélioré leurs positions et capturé soixante prisonniers. Ils en ont fait cent vingt dans un combat local à l'est de Robecq, tout en enlevant un certain nombre de mitrailleuses. Ils ont remporté un autre avantage à proximité de Meteren. Dans le voisinage de Fampoux, un détachement anglais est entré dans les tranchées ennemies, et a pénétré dans la ligne de soutien. Les aéroplanes alliés ont travaillé utilement. Plusieurs reconnaissances à longue distance ont été effectuées. Les avions de bombardement ont jeté dix-neuf tonnes de bombes sur plusieurs buts : gare de Thourout, dépôts de munitions d'Engel, Warneton, Armentières et Roulers. Sept avions ennemis ont été abattus, six autres contraints d'atterrir, désemparés. En outre, un avion ennemi a été abattu par les canons antiaériens. Nous avons forcé un avion triplace allemand à atterir près de Nogent-l'Artaud, à l'est de Meaux. Les forces f:ranco-anglaises ont exécuté un raid naval contre les bases allemandes d'Ostende et de Zeebrugge. On a fait échouer cinq vieux croiseurs pour boucher les issues. Des troupes ont été débarquées sur le môle de Zeebrugge pour occuper temporairement l'attention de l'ennemi.

Samedi 27 avril
Le bombardement intense des positions franco-anglaises au sud de la Somme et sur l'Avre a été suivi par une attaque allemande menée sur tout le front par des forces considérables. Les efforts de l'ennemi se sont portés sur Hangard-en-Santerre, la région d'Hailles et sur le bois Sénécat au sud de l'Avre. La bataille a été particulièrement acharnée dans la région de Hangard. Après une série d'assauts furieux, l'ennemi a réussi à prendre dans les bois au nord de Hangard, ainsi que sur la lisière est du village, que nos troupes défendaient avec acharnement. La lutte a été non moins violente dans la région d'Hailles. Plusieurs assauts ennemis, dirigés sur la croupe à l'est du village, ont été brisés par nos feux et nos contre-attaques. Plus tard, l'ennemi a pris, reperdu et repris Hangard. Nous en tenons les débouchés immédiats. Les Allemands ont également attaqué sur tout le front britannique, au sud de la Somme. Ils ont pu progresser Villers-Bretonneux et entrer dans le village. D'autres attaques, poussées par l'ennemi sur la rive nord de la Somme et au nord d'Albert, ont été repoussées. Nos alliés ont fait quelques prisonniers. A la suite d'une opération locale exécutée avec succès au nord-ouest de Festubert, les troupes britanniques ont repris les positions qui leur avaient été enlevées le 22. Elles ont fait quatre-vingt-quatre prisonniers à l'est de Robecq.

Dimanche 28 avril
Sur notre front, au sud de la Somme, luttes d'artillerie violentes. Nous avons exécuté de nombreux coups de main en divers points du front, notamment dans la région à l'est de Lassigny, entre la Miette et L'Aisne, vers Bezonvaux, aux Eparges, en Lorraine et dans les Vosges. En Woëvre, à la suite d'un violent bombardement, les Allemands ont prononcé une attaque dans le secteur de Regniéville. Nos troupes ont rejeté l'ennemi de quelques éléments avancés où il avait pris pied et rétabli complètement leurs lignes. Des prisonniers sont restés entre nos mains. En Flandre, le front a été violemment attaqué depuis le nord de Bailleul jusqu'à l'est de Wytschaete. Après un dur combat qui s'est livré contre des forces grandement supérieures, les troupes alliées ont dû céder du terrain et l'ennemi a pris pied sur la colline de Kemmel. La bataille continue dans les environs de Dranoutre, Kemmel et Vierstraat. Au sud de la Somme, les troupes australiennes et anglaises ont déclenché des contre-attaques heureuses; elles ont repris Villers-Bretonneux, rétabli la ligne et fait six cents prisonniers. Nos alliés ont réussi une opération de moindre importance à l'ouest de Merville où ils ont capturé cinquante-huit Allemands et trois mitrailleuses. Ils ont pris des postes ennemis au sud-est de Villers-Bretonneux. Ils ont abattu treize avions ennemis.

Lundi 29 avril
Au cours de la nuit, le bombardement s'est poursuivi de part et d'autre sur le front Villers-Bretonneux-Hangard. Nos troupes ont contre-attaqué de Villers-Bretonneux au sud de la Luce et repris une portion sensible de terrain. Une attaque allemande sur nos organisations du chemin de fer à l'ouest de Thennes n'a pu aborder nos lignes. Nous avons réussi des coups de main dans la région du canal de l'Oise, vers Loivre et au front du Cornillet, et fait un certain nombre, de prisonniers. Lutte d'artillerie assez active, sur la rive droite de la Meuse. Au nord de la Lys, la bataille continue à faire rage sur tout le front, depuis les abords de Dranoutre jusqu'au canal d'Ypres-Comines. L'ennemi s'est emparé de Dranoutre, du mont Kemmel et du village. Les troupes françaises ont contre-attaqué. Elles ont d'abord réussi à faire quelques progrès et à capturer un certain nombre de prisonniers. L'ennemi a renouvelé son attaque et dirigé son assaut avec une violence particulière contre les positions alliées qui s'étendent de Locre à la Clytte et contre celles qui sont à cheval sur le canal Ypres-Comines. Dans le voisinage de la Clytte et de Scherpenberg, toutes les attaques de l'ennemi ont été contenues. Après un dur combat au cours duquel une série d'attaques résolues ont été repoussées avec de lourdes pertes pour ses troupes, l'ennemi est parvenu à faire reculer la ligne alliée dans la direction de Locre. Des deux côtés du canal Ypres-Comines, l'ennemi a également fait quelques progrès. Les aviateurs britanniques ont bombardé Menin, Roulers, Armentières et les cantonnenents allemands.

Mardi 30 avril
Actions d'artillerie violentes au nord de l'Avre et dans la région entre Lassigny et Noyon. Au nord du Chemin des Dames, nous avons réussi deux coups de main sur les lignes allemandes, qui nous ont permis de ramener vingt-cinq prisonniers. Nous avons repoussé des tentatives, ennemies précédées de vifs bombardements au nord-ouest de Reims, dans les secteurs de Saint-Mihiel, de Lunéville et du bois Le Prêtre. Des prisonniers sont restés entre nos mains. Les artilleurs belges ont exercé des tirs de représailles sur les communications ennemies. L'artillerie allemande a bombardé le front belge au sud du lac Blankaert. Elle a été contre-battue efficacement. Des raids ennemis ont échoué. Sur le front britannique, l'ennemi a tenté d'exploiter les avantages qu'il avait déjà tenus. Après de longues heures de lutte, ses attaques ont été enrayées sur tous les Points, avec de lourdes pertes pour lui. Les assauts ont été particulièrement violents contre les positions de Locre à la Clytte. L'ennemi a réussi à enlever Locre, mais les alliés contre-attaquèrent, refoulèrent les Allemands et reprirent le village. Combat acharné au nord de Kemmel et près de Woormezeele. L'ennemi a été repoussé, perdant plusieurs centaines de prisonniers. Au sud de la Somme, les troupes alliées ont eu l'avantage. Notre ligne a été avancée.