Dimanche 1er avril
Au nord et au sud de l'Oise, faible activité.
Au sud de l'Ailette, nous avons attaqué avec succès les positions ennemies en plusieurs points du front Neuville-sur-Margival-Vrégny. Nos troupes ont réalisé de sérieux progrès à l'est de cette ligne et enlevé brillamment plusieurs points d'appui importants malgré l'énergique défense des Allemands.
Plusieurs contre-attaques ennemies ont été refoulées.
En Champagne, les Allemands ont multiplié les tentatives sur les positions reconquises par nous à l'ouest de Maisons-de-Champagne. Ils ont dirigé successivement cinq contre-attaques violentes qui ont été brisées par nos feux de mitrailleuses et nos tirs de barrage. L'ennemi a subi des pertes très sérieuses. Le chiffre des prisonniers atteint 80 dont 2 officiers.
Echec d'un coup de main ennemi à Ammerstwiller, en Alsace. Nous dispersons des patrouilles près du Pfetterhausen.
Les Anglais ont pris les villages de Ruyaulcourt, de Sorel-le-Grand et de Fins et progressé vers Heudicourt où un certain nombre de prisonniers sont restés entre leurs mains. Ils ont rejeté une attaque au sud de Neuville-Bourgonval.
Le gouvernement provisoire russe a lancé une proclamation pour appeler à la vie une Pologne indépendante et unifiée.

Lundi 2 avril
Sur la Somme et sur l'Oise, actions d'artillerie intermittentes; fusillades assez vives aux avant-postes. Nous avons dispersé des patrouilles ennemies et fait quelques prisonniers.
Au sud de l'Ailette, au cours d'une action offensive vivement menée, nos troupes ont enlevé depuis l'Ailette jusqu'à la route de Laon p1usieurs systèmes de tranchées et des points d'appui organisés à l'est de Neuville-sur-Margival. L'ennemi, qui a fait une défense énergique, a été rejeté avec des pertes sérieuses jusqu'aux abords de Vauxaillon et de Laffaux. 108 prisonniers dont 2 officiers et 4 mitrailleuses sont restés entre nos mains.
En Champagne, grande activité des deux artilleries à l'ouest de Maisons-de-Champagne. Nos batteries ont pris sous leurs feux des contingents ennemis aperçus en marche dans cette région.
Sur tout le front belge, violente lutte d'artillerie, spécialement dans la région de Dixmude. Lutte de bombes et de grenades vers Steenstraete.
Les Anglais ont pris Epéhy et deux autres localités et effectué plusieurs raids heureux sur les tranchées allemandes.
En Macédoine, l'ennemi a bombardé nos positions du Vardar et tiré une quarantaine d'obus sur Monastir.
La riposte vigoureuse de notre artillerie lourde contre les batteries adverses a provoqué une explosion dans le secteur de la Cerna. Une attaque autrichienne a été repoussée par les Ita1iens près de Gorizia.

Mardi 3 avril
Dans la région de Saint-Quentin, nos patrouilles ont poussé au nord-est de Dallon et au nord de Castres jusqu'aux lignes ennemies qu'elles ont trouvées fortement occupées.
Dans le secteur au sud de l'Oise, fusillade assez vive aux avant-postes.
Au nord de l'Ailette, nous avons progressé dans la région de Landricourt. Au sud de l'Ailette, nos troupes, poursuivant leurs succès, ont rejeté les Allemands au delà de Vauxaillon. Des patrouilles ennemies ont été prises sous notre feu et dispersées. Le chiffre de nos prisonniers atteint 120.
En Champagne, plusieurs contre-attaques ennemies sur les positions que nous avons reconquises à l'ouest de Maisons-de-Champagne ont été arrêtées par nos feux. Des tentatives contre nos petits postes à l'est d'Auberive et à l'ouest de la ferme Navarin, ont complètement échoué.
En Alsace, nous avons réussi un coup de main au bois de Carspach et ramené des prisonniers.
Les Anglais ont pris Francilly, Selency, Holnon, le bois de Saint-Quentin, Villecholles, Bihecourt et les positions avancées de l'ennemi entre la route Bapaume-Cambrai et Arras.
On signale de nouveaux désordres à Berlin, à Dusseldorf et à Cologne.
Le Congrès américain s'est réuni en session extraordinaire de guerre pour entendre les propositions du président Wilson.
Un navire armé américain a été coulé par un submersible allemand.

Mercredi 4 avril
A l'est et à l'ouest de la Somme après une violente préparation d'artillerie, nos troupes se sont portées à l'attaque de la position ennemie qui s'étend du nord de la ligne Castres-Essigny-Benay, depuis l'Epine de Dallon jusqu'à l'Oise. Malgré la résistance acharnée de l'ennemi, nos soldats ont atteint partout leurs objectifs et enlevé sur un front de 13 kilomètres environ, une série de points d'appui solidement organisés et tenus par des forces importantes. L'Epine de Dallon, les villages de Dallon, Giffecourt et Cerisy, plusieurs hauteurs au sud d'Urvillers sont en notre pouvoir.
Au sud de l'Ailette, nous avons continué à progresser dans la région de Laffaux, dont nous tenons les lisières. Nos troupes se sont également emparées de Vauveny et ont pris pied sur la croupe au nord de ce hameau.
L'ennemi a bombardé violemment la ville de Reims qui a reçu plus de 2000 obus. Plusieurs civils ont été tués.
Les Anglais ont pris Hemm-sur-Cojeul, après un dur combat. Une contre-attaque ennemie a été brisée. Nos alliés ont aussi occupé le bois de Ronssoy.
Le président Wilson a lu au Congrès américain un message constatant l'état de guerre et déclarant que les Etats-Unis coopéreront avec l'Entente.
Mme Sturmer, la femme de l'ancien premier ministre de Russie, s'est suicidée en se coupant la gorge à l'aide d'un rasoir.

Jeudi 5 avril
Nos troupes ont continué à refouler l'ennemi sur le front de la Somme à l'Oise et l'ont rejeté au delà d'une position dominante très importante, jalonnée par les villages de Grugies, Urvillers, Moy, qui ont été enlevés brillamment par nos troupes.
Au nord de la ferme de la Folie, les Allemands, bousculés par une attaque irrésistible de nos soldats, ont lâché précipitamment trois lignes de tranchées précédées de réseaux de fils de fer en abandonnant des blessés, et un important matériel; trois obusiers de 150 et plusieurs camions d'escadrille sont tombés en notre possession.
Au sud de l'Ailette, aucun changement dans la situation.
Violente lutte d'artillerie dans la région de Margival et de Laffaux.
En Woëvre, nos pièces à longue portée ont pris sous leurs feux des détachements signalés en gare de Vigneulles.
Dans les Vosges, un avion allemand a été abattu par le tir de nos canons spéciaux.
Les Anglais ont infligé un échec aux Allemands à 1'ouest de Saint-Quentin.
Les Russes ont été refoulés sur le Stokhod par les Austro-Allemands.
M. Jusserand, ambassadeur de France, a été longuement acclamé par la foule à New-York.
M. Goremvkine, ancien premier ministre russe, qui avait été emprisonné, est devenu fou.

Vendredi 6 avril
Entre Somme et Oise, l'artillerie allemande a violemment bombardé nos positions au nord d'Urvillers. Une vigoureuse riposte de nos batteries a fait cesser le tir de l'ennemi. Action intermittente d'artillerie sur la rive ouest de l'Oise et au sud de 1'Ailette.
Aux lisières ouest de l'Argonne, après un vif bombardement, les Allemands ont exécuté un coup de main sur une de nos tranchées au nord de Vienne-le-Château. L'ennemi, qui a fait usage de liquides enflammés, a été repoussé par nos barrages et a laissé des morts et des prisonniers entre nos mains.
Au nord-ouest de Reims, une attaque allemande s'est développée sur un front de 2500 mètres entre Sapigneul et la ferme du Godat. L'ennemi avait reçu de nombreuses troupes d'assaut. L'attaque a complètement échoué sur la plus grande partie du front ou nous avons réoccupé presque immédiatement toutes nos tranchées de première ligne. Des contre-attaques de notre part sont encore en cours.
Notre artillerie a infligé de fortes pertes à une troupe allemande sur la rive gauche de la Meuse.
Les Russes avouent de lourdes pertes sur le Stokhod.
Le Sénat américain a voté, par 82 voix contre 6, la déclaration de belligérance.
Un cargo brésilien, le Parana, a été coulé par un submersible.

Samedi 7 avril
Entre Somme et 0ise et dans la région au nord de Soissons, lutte d'artillerie en divers points du front sans action d'infanterie.
Au nord-ouest de Reims, nous avons continué à progresser à la grenade à l'est de Sapigneul. Les Allemands ont violemment bombardé la ville de Reims.
En Argonne, un coup de main sur les tranchées ennemies de la Fille-Morte nous a permis de faire un certain nombre de prisonniers, dont 3 officiers.
Nos avions ont détruit deux ballons captifs allemands.
Les Anglais, continuant leur attaque vers Roussoy, au nord de Saint-Quentin, ont enlevé le village de Lempire. Un certain nombre de prisonniers et 3 mitrailleuses sont tombés entre leurs mains. Ils ont effectué une avance au nord-est de Noreuil, puis repoussé une contre-attaque. Ils ont réussi un coup de main sur les tranchées allemandes à l'est d'Arras et un autre en face de Wynschaete.
Leurs pilotes ont bombardé d'importants dépôts de munitions, aérodromes et noeuds de chemins de fer.
La Chambre des Représentants des Etats-Unis a voté la déclaration de belligérance par 373 voix contre 50. Le gouvernement américain demande 17 milliards et le service militaire obligatoire.

Dimanche 8 avril
Actions d'artillerie assez vives au cours de la journée en divers points du front, notamment entre la Somme et l'Oise, au sud de 1'Ailette et dans la région au nord-ouest de Reims.
En Argonne, un coup de main ennemi sur nos tranchées de la vallée de 1'Aire a été repoussé après un vif combat.
D'après de nouveaux renseignements, les Allemands ont lançé en vingt-quatre heures 7500 obus sur Reims. Quinze personnes de la population civile ont été tuées et beaucoup d'autres blessées.
Sur le front belge, dans la région de Hetsas, les batteries belges ont exécuté des tirs réussis sur les travaux ennemis. Vive activité d'artillerie dans l'ensemble des secteurs.
Canonnade sur le front italien.
Le nombre des steamers allemands dont l'Amérique a pescrit la saisie est de 91. Leur valeur monte à 1500 millions.
Le cabinet de Washington fait arrêter un certain nombre d'Allemands qui étaient tenus pour dangereux.
La république de Cuba a proclamé l'état de guerre entre elle et l'empire germanique.
La situation est redevenue très troublée en Grèce, où l'on redoute de nouvelles échauffourrées sanglantes.

Lundi 9 avril....début de la bataille d'Arras
En Belgique, nos troupes ont pénétré sur deux points dans les positions ennemies de la région de Lombaertzyde. De nombreux cadavres allemands ont été trouvés dans les tranchées bouleversées par notre tir. Une tentative ennemie sur un de nos petits postes, au sud du canal de Paschendaele, a été repoussée à coups de grenades.
De la Somme à 1'Aisne, actions d'artillerie intermittentes et rencontres de patroui1les en divers points du front.
Les Allemands ont lancé 1200 obus sur Reims : un habitant civil a été tué, trois blessés.
Dans les Vosges, coup de main sur une de nos tranchées de la région de Celles a été aisément repoussé. Une autre tentative ennemie sur Largitzen a coûté des pertes aux assaillants sans aucun résultat.
Des avions allemands ont lancé des bombes sur Belfort : ni dégats ni pertes.
Les Anglais ont progressé vers Saint-Quentin, entre Selency et Jeancourt, et atteint les abords de Fresnoy-1e-Petit. Canonnade très vive vers Arras et Ypres.
Guillaume II, par un rescrit, annonce qu'i1 opérera des réformes après la guerre dans la constitution prussienne, en revisant la loi électorale et en réorganisant la Chambre des Seigneurs sur une base nouvelle.

Mardi 10 avril
De la Somme à l'Aisne lutte d'artillerie et rencontres de patrouilles.
Au nord-ouest de Reims, une attaque allemande sur nos positions, en face de Courcy, a échoué sous nos tirs de barrage. Au sud de cette localité, deux détachements ennemis ont été repoussés après un vif combat à la grenade.
Dans la région de Maisons-de-Champagne, nous avons réalisé quelques progrès.
L'armée britannique a attaqué l'ennemi sur un large front. Du sud d'Arras au sud de Lens, elle a pénétré partout dans les lignes ennemies, réalisant sur tout les points une progression satisfaisante. Vers Cambrai, elle a enlevé les villages de Hermies et de Boursies et pénétré dans le bois d'Havrincourt. Du côté de Saint-Quentin, elle s'est emparée de Fresnoy-le-Petit et avancé sa ligne au sud-est de Verguier. Le chiffre des prisonniers paraît considérable.
L'Allemagne se refuse à reconnaitre l'état de guerre entre elle et l'Amérique.
La république de Cuba, après avoir déclaré la guerre à l'empire germanique, a prescrit la saisie de tous les bâtiments allemands qui se trouvaient dans ses eaux.
M. Goutchkof a révoqué deux généraux responsables de l'échec russe du Stokhod.




LANCIERS INDIENS EN ARTOIS


Mercredi 11 avril
Au nord de l'Oise, l'artillerie ennemie a montré moins d'activité que les jours précédents. Rencontres de patrouilles et fusillades aux premières lignes. Au sud de l'Oise, nous avons réalisé des progrès à l'est de la basse forêt de Coucy.
Lutte d'artillerie assez vive dans la région au nord-est de Soissons et principalement dans le secteur de Laffaux. Au sud-est de Reims, nous avons repoussé un coup de main dirigé sur l'une de nos tranchées au nord de Sillery.
En Champagne, lutte à coups de grenades à l'ouest de Maisons-de-Champagne.
Les Anglais qui, la veille, avaient enlevé les lignes ennemies en Artois, sur une profondeur de 3 à 5 kilomètres, continuent leur offensive. Après avoir occupé Neuville-Vitasse, Telegraph-Hill, Tilloy-les-Mofioines, Observation-Bridge, Saint-Laurent-Blangy, les Tilleuls et la ferme de la Folie, Feuchy-Chapel, Feuchy, Hyderabad-Redoubt, Athies, Thelus et dénombré 11000 prisonniers, dont 235 officiers; ils se sont installés à l'extrémité nord de la crête de Vimy : toutes ces contre-attaques allemandes ont été repoussées, 100 canons ont été capturés.
Les alliés ont pris Fampoux et les descentes voisines au nord et au sud de la Scarpe.
Vers Saint-Quentin, l'ennemi a été chassé des hauteurs entre le Verguier et Hargicourt.
Le Brésil a rompu avec l'Allemagne. Une très vive effervescence se marque dans toute l'Amérique du Sud.
Le gouvernement provisoire russe vient de lancer un émouvant appel au peuple. Il montre que l'Etat est en danger et qu'un vigoureux effort est nécessaire pour rejeter l'ennemi. La Russie ne veut ni conquérir des territoires ni attenter à la liberté d'aucune nation, mais libérer son propre territoire de l'invasion.
Le transatlantique New-York, du port de New-York, a heurté une mine allemande au moment où il entrait dans ce port. Il a été avarié, mais a pu se mettre à l'abri par ses propres moyens.
Le ministre de la Guerre autrichien, le général Krobakin, compromis dans un scandale, a démissionné.

Jeudi 12 avril
Lutte d'artillerie assez active dans la région de Saint-Quentin.
Au sud de l'Oise, l'ennemi, après un vif bombardement, a refoulé un de nos détachements au nord-est de Verneuil-sous-coucy. Nous l'avons rejeté immédiatement de nos positions par une contre-attaqne.
Activité marquée des deux artilleries dans la région de Berry-au-Bac et de la Pompelle, ainsi que divers points du front de champagne.
Au bois le Prêtre, nous avons exécuté des tirs de destruction efficaces sur les organisations ennemies.
La neige, qui tombe en abondance, a gêné les opérations sur le front britannique. Deux contre-attaques allemandes sur les nouvelles positions de Monchy-Le-Preux ont été rejetées.
Plus au sud, quelques éléments anglais ont pénétré dans les positions allemandes vers Bulcourt et ont fait des prisonniers. Contre-attaqués par des forces importantes, ils ont du se replier. L'assaillant a subi de grosses pertes.
Canonnade dans la vallée de l'Adige, sur le front italien.
La République Argentine a approuvé l'attitude des Etats-Unis et déclaré qu'au premier bateau torpillé, elle romprait avec l'Allemagne.

Vendredi 13 avril
Entre Somme et Oise, la lutte d'artillerie a continué pendant la nuit avec une certaine violence, notamment dans la région d'Urvillers.
Au sud de l'Oise, nos troupes, après une préparation d'artillerie, ont attaqué les positions allemandes a 1'est de la ligne Coucy-la-Ville-Quincy-Basse. Après un vif combat, nous avons repoussé l'ennemi jusqu'aux lisières sud-ouest de la haute forêt de Coucy. Plusieurs points d'appui importants sont tombés entre nos mains malgré la résistance de l'ennemi qui a laissé de nombreux cadavres sur le terrain et des prisonniers. Au nord-est de Soissons (secteur de Laffaux), canonnade. Au nord de l'Aisne, nos patrouilles ont fait une quarantaine de prisonniers.
A l'est de Sapigneul, nous avons chassé l'ennemi de quelques éléments de tranchées qu'il occupait encore. En Champagne, nous avons arrêté deux coups de main.
Sur le front anglais, le temps continue à être humide et nuageux. Nos alliés ont enlevé deux importantes positions au nord de Vimy, des deux côtés de la rivière Souchez. Ils ont fait des prisonniers. Ils ont brisé deux attaques des Allemands à la pointe nord de la côte de Vimy.
On signale des émeutes sanglantes à Sofia.
Sur le front d'Orient, canonnade autour de Monastir.

Samedi 14 avril
Au sud de Saint-Quentin, nos troupes ont attaqué et enlevé, malgré une résistance acharnée de l'ennemi, plusieurs lignes de tranchées entre la Somme et la route de la Fère à Saint-Quentin. Nous avons ramené des prisonniers et de nombreuses mitrailleuses. Notre artillerie a violemment bombardé les organisations allemandes entre la Somme et l'Oise.
Au sud de l'Oise, nos éléments avancés ont progressé à l'est de Coucy-la-Ville et capturé des prisonniers et du matériel.
Lutte d'artillerie dans la région de l'Aisne et en Champagne.
Dans la région de Verdun, deux coups de main de l'ennemi ont échoué sons nos feux.
Les Anglais ont attaqué entre Saint-Quentin et Cambrai. Ils ont pris les positions ennemies sur un large front entre Hargicourt et Metz-en-Couture. Ils ont occupé la ferme le Sart, le village et le bois de Gouzancourt. Ils ont effectué avec succès un coup de main sur Loos.
Canonnade sur le front belge, au sud de la Maison-du-Passeur.
En Macédoine, les Serbes ont repoussé une attaque ennemie dans la région de Budimnica.
Les Russes ont repoussé les Austro-Allemands près de SoKal. Ils ont infligé un autre échec à l'ennemi sur 1a Bistritsa.

Dimanche 15 avril
Entre Saint-Quentin et l'Oise, nos batteries ont poursuivi leurs tirs de destruction. Nos troupes se sont organisées sur le terrain conquis.
L'ennemi a réagi, par son artillerie, sur nos premières lignes, notamment aux abords de la vallée de la Somme.
Au sud de l'Oise, nons avons réalisé des progrès sur le plateau au nord-est de Quincy-Basse. Notre artillerie s'est montrée particulièrement active sur les organisations allemandes de la forêt de Saint-Gobain et de la haute forêt de Coucy.
Au nord de 1'Aisne et dans la région de Reims, activité réciproque des deux artilleries.
En Champagne et dans les Vosges, canonnade assez violente dans divers secteurs. Un coup de main ennemi sur un de nos petits postes au nord-est de Ville-sur-Tourbe a échoué.
Les Anglais ont enlevé le village de Fayet, au nord de Saint-Quentin, ainsi que les positions de la ferme de l'Ascension et de la ferme du Grand-Parel. Au nord de la Scarpe, après avoir occupé Angres, Givenchy-en-Gohelle, Vimy, ils se sont emparés de la fosse n° 6 et de la gare de Vimy. Le chiffre des pièces de canon prises par eux monte à 170. Le terrain conquis rejoint les positions saisies lors de la bataille de Loos.
Un navire hôpital anglais a coulé sur une mine; il y a 52 manquants. Un autre a été torpillé.
Le Brésil a saisi les navires allemands internés. La Bolivie a rompu avec le cabinet de Berlin.

Lundi 16 avril Deuxième bataille de l'Aisne
Activité d'artillerie au nord et au sud de l'Oise. Nos reconnaissances ont trouvé partout les tranchées ennemies fortement occupées.
En Champagne, violente canonnade. Escarmouches à 1a grenade à l'ouest de Maisons-de-Champagne. Nos reconnaissances ont pénétré en plusieurs points dans les tranchées allemandes complètement bouleversées par notre tir.
Sur la rive droite de la Meuse, l'ennemi a lancé deux attaques : l'une sur la corne nord-est du bois des Caurières, l'autre vers les Chambrettes. Ces deux tentatives ont été brisées par nos feux.
En Lorraine, rencontres de patrouilles vers Pettoncourt et dans la forêt de Parroy. Nos escadrilles de bombardement ont opéré sur les gares et établissements du bassin de Briey et de la région Mézières-Sedan. Les casernes de Dieuze ont été également bombardées.
Les Anglais ont arrêté une forte attaque allemande sur un front de plus de 10 kilomètres de chaque côté de la route Bapaume-Cambrai. L'attaque a été repoussée sauf à Lagnicourt, où l'ennemi a pris pied, mais d'où il a été aussitôt chassé. Nos alliés ont enlevé la ville de Liévin et la cité Saint-Pierre. Sur tout le front de la Scarpe, ils se sont avancés à une distance de 3 à 5 kilomètres de la falaise de Vimy. I1s arrivent aux abords de Lens.
Les Belges ont pénétré dans les deuxièmes lignes ennemies qu'ils ont trouvées inoccupées, près de Dixmude.
Violente canonnade en Macédoine, entre le Vardar et le lac Prespa.


LA PRISE DE LA CRETE DE VIMY PAR LES CANADIENS


Canadiens avançant à travers l'ancien " no man's land " zone de mort qui séparait les premières lignes
Rassemblement des blessés pour leur évacuation sur les wagonnets d'un chemin de fer à voie étroite
Cavalerie légère canadienne allant prendre part à l'action
Les Canadiens franchissent la crête de la falaise de Vimy
Prisonniers allemands traversant les lignes britanniques sous le tir de barrage de leur propre artillerie
La recherche des soldats allemands encore dissimulés dans leurs abris


Mardi 17 avril
Entre Saint-Quentin et l'Oise, tirs de destruction sur les organisations allemandes. La riposte ennemie à été vive dans la région au sud de Saint-Quentin.
Au sud de l'Oise, nous avons continué à progresser vers l'est, sur le plateau, entre Barisis et Quincy-Basse et occupé de nouveaux points d'appui ennemis. Nos patrouilles sont au contact des tranchées allemandes sur la lisière ouest de la haute forêt de Coucy.
Entre Soissons et Reims, après une préparation d'artillerie qui a duré plusieurs jours, nous avons attaqué les lignes allemandes sur une étendue de 40 kilomètres. La bataille a été acharnée.
Entre Soissons et Craonne, toute la première position allemande est tombée en notre pouvoir. A l'est de Craonne, nous avons enlevé la deuxième position ennemie au sud de Juvincourt. Plus au sud, nous avons porté notre ligne jusqu'aux lisières ouest de Berméricourt et jusqu'au canal de l'Aisne, de Loivre à Courcy. De violentes attaques déclenchées par l'ennemi au nord de la Ville-au-Bois ont été brisées. Le chiffre de nos prisonniers actuellement dénombrés dépasse 10.000. Nous avons également capturé un matériel important non encore recensé. Lutte d'artillerie sur le reste du front de Champagne.
Les Anglais ont fait au total 14000 prisonniers et ont capturé 194 canons.
Echec des Germano-Bulgares en Macédoine, dans la boucle de la Cerna. Fusillade dans le secteur italien.

Mercredi 18 avril
Au nord et au sud de l'Oise, activité intermittente des deux artilleries. Nos patrouilles ont ramené des prisonniers.
Entre Soissons et Reims, nos troupes se sont organisées sur les positions conquises. Dans la région d'Ailles, une forte contre-attaque allemande sur nos nouvelles lignes a été brisée par nos barrages et nos feux de mitrailleuses qui ont fait subir des pertes élevées aux assaillants.
D'autres contre-attaques ennemies dans le secteur de Courcy ont également échoué. Le temps continue à être très mauvais sur l'ensemble du front.
En Champagne, nous avons attaqué à l'ouest d'Auberive, sur un front de 11 kilomètres en enlevant la première ligne ennemie et, sur certains points, la seconde. Cette avance nous a valu de faire 2500 prisonniers.
Sur le front, entre Soissons et Reims, où les pertes allemandes ont été très considérables, le chiffre de nos prisonniers atteint à 11000.
Les ouvriers de Berlin se sont mis en grève pour protester contre le rationnement, qui est devenu insupportable. Des bagares sanglantes ont eu lieu, de même qu'à Leipzig.
Les aviateurs anglais et français ont accompli un raid aérien de représailles sur Fribourg-en-Brisgau.

Jeudi 19 avril
Les Allemands ont attaqué nos positions au sud de Saint-Quentin. Ils ont réussi à pénétrer dans nos éléments avancés, mais tous les occupants ont été ensuite tués ou capturés. Notre ligne est rétablie.
Entre Soissons et Auberive, notre action s'est poursuivie. Au nord de Chavonne, nous avons pris Ostel et rejeté l'ennemi à un kilomètre. Braye-en-Laonnois a été conquis ainsi que tout le terrain aux abords de Courtecon. L'ennemi s'est replié en désordre, abandonnant ses dépôts de vivres. Un seul de nos régiments a fait 300 prisonniers. Nous avons capturé 19 canons.
Au sud de Laffaux, nos troupes ont culbuté l'ennemi et pris Nanteuil-la-Fosse.
Sur la rive sud de l'Aisne, nous avons pris la tête de pont organisée entre Condé et Vailly, ainsi que cette dernière localité. Deux contre-attaques lancées par les Allemands ont été brisées par nos mitrailleuses.
A l'est de Courcy, la brigade russe a enlevé un ouvrage. Au total, nous avons capturé dans cette région, 27 canons, dont 3 de 150. En Champagne, nous avons pris 20 canons et 500 hommes. Le chiffre global des prisonniers est de 17.000, celui des canons déjà dénombrés de 75. Les Anglais ont progressé vers Fampoux.
Une crise gouvernementale a éclaté à Vienne.





Photographies prises le 19 avril, à 1 heure de l'après-midi


Vendredi 20 avril
Au sud et au sud-ouest de Saint-Quentin, grande activité des deux artilleries. Rencontres de patrouilles aux lisières de la haute forêt de Coucy.
Entre l'Aisne et le chemin des Dames, nous avons continué à progresser au nord de Vailly et d'Ostel. Une attaque ennemie sur la légion de Courtecon a été arrêtée par nos mitrailleurs. Une autre attaque a été fauchée pas nos feux sur le plateau de Vauclerc. Nous avons occupé les villages d'Aizy, de Jouy, de Laffaux et le fort de Condé, ainsi qu'un point d'appui au nord de la ferme de Hurtebise. Nous avons fait 500 prisonniers et capturé 2 canons de 105. A l'ouest de Berméricourt, nous avons fait 50 prisonniers.
En Champagne, lutte violente dans le massif de Moronvilliers. Nous avons élargi nos positions au nord du Mont-Haut. Au nord-ouest d'Auberive, nous avons enlevé un système de tranchées et capturé 150 Allemands.
Echec d'une tentative ennemie à Bolante, dans l'Argonne.
Progrès anglais près de Loos. Le butin de nos alliés est maintenant de 228 canons.
Le cabinet Romanonès a donné sa démission à Madrid. Il a été remplacé par un cabinet Garcia Prieto.
Le général von Bissing, gouverneur général de Belgique, est mort.

Samedi 21 avril
Entre Saint-Quentin et l'Oise, activité des deux artilleries, spécialement au nord de Grugies.
Journée calme au sud de l'Oise. Au nord de l'Aisne, nos troupes harcelant l'ennemi ont continué à progresser vers le chemin des Dames. Nous avons occupé le village de Sancy.
Après une violente préparation d'artillerie, les Allemands ont lancé sur la région Ailles-Hurtebise une attaque à gros effectifs qui a été brisée par nos feux d'artillerie et de mitrailleuses et complètement repoussée.
En Champagne, nous avons enlevé plusieurs points d'appui important dans le massif de Moronvilliers, malgré une résistance acharnée de l'ennemi.
En quatre jours, nous avons fait 19000 prisonniers entre Soissons et Auberive. Le chiffre des canons actuellement recensés dépasse la centaine. En Argonne, après un vif combat, nos troupes ont atteint la deuxième tranchée ennemie.
Les Belges ont dispersé une reconnaissance près de Stuyvekensaerke, en faisant des prisonniers.
En Macédoine, nos troupes ont repris quelques éléments de tranchée qui avaient été perdus à Cervena-Stena.
Les Serbes ont repoussé deux attaques à l'est de la Cerna.
Un raid d'avions autrichiens a échoué à Venise.
Simple fusillade sur le front russe.




Dimanche 22 avril
Entre Somme et Oise, actions violentes des deux artilleries, notamment dans la région au sud de Saint-Quentin.
Entre l'Aisne et le chemin des Dames, nous avons poursuivi nos progrès sur le plateau au nord de Sancy. Une lutte à la grenade nous a pennis de gagner du terrain dans le secteur de Hurtebise. Par quatre fois, nos tirs de barrage ont brisé des tentatives faites par l'ennemi pour déboucher des tranchées au nord de Braye-en-Laonnois.
Canonnades assez vives dans la région de Reims et en Champagne.
Du 9 au 20 avril, le chiffre des prisonniers allemands faits par les troupes franco-britanniques dépasse 33000. Le nombre des canons capturés est de 330.
Les Anglais se sont emparés de Gonnelieu, à l'alignement des positions qu'ils tiennent plus au sud. Un parti ennemi, qui tentait de pénétrer dans leurs tranchées près de Fauquissart, a été repoussé.
Les armées britanniques ont également remporté des succès en Mésopotamie, près de Samarra, où le général Maude a fait plus de 1200 prisonniers, et aux abords de Gaza.
Le cabinet portugais, présidé par M. d'Almeida, a démissionné.
Les grèves se multiplient en Allemagne dans les usines de munitions, à Berlin, Essen, Nuremberg, Magdebourg, etc.

Lundi 23 avril
Entre Somme et Oise, lutte d'artillerie très active dans la région au sud de Saint-Quentin et au nord d'Urvi1lers.
Entre Soissons et Reims, action d'artillerie intermittente daus certains secteurs.
En Champagne, la journée a été marquée par une série de réactions de l'ennemi sur les hauteurs que nous tenons daus le massif de Moronvilliers.
Une violente attaque, dirigée sur le Mont-Haut, a été réduite à néant après un vif combat: nos feux de mitrailleuses et nos contre-attaques ont infligé de sanglantes pertes à l'ennemi. Un bataillon ennemi a été pris sous nos feux et s'est dispersé.
Trois avions ennemis ont été abattus par nos pilotes.
Les troupes britanniques ont effectué une nouvelle progression à l'est du bois d'Avrincourt et la partie sud du village de Trescault est tombée entre leurs mains. Vif combat au sud-est de Loos. Nos alliés ont réa1isé une nouvelle avance en ce secteur et ont fait des prisonniers. Ils ont abattu quatre avions allemands, mais quatre des leurs ne sont pas rentrés.
Une escadrille de cinq destroyers allemands a lancé des obus sur Calais, puis sur Douvres. Attaquée devant cette ville par des navires patrouilleurs anglais, elle a perdu deux de ses unités: les autres ont pris la fuite.
Canonnade sur l'ensemble du front italien.
On annonce une sortie de la flotte allemande de la Baltique dans la direction des côtes russes.

Mardi 24 avril
En Belgique, l'ennemi a déclenché plusieurs attaques en divers points de notre front. Ces attaques ont été complètement repoussées par nos feux. Quelques fractions ennemies qui avaient réussi à pénétrer dans nos éléments avancés, en ont été rejetés immédiatement après un combat corps à corps. Les Allemands ont laissé des prisonniers entre nos mains.
Entre la Somme et l'Oise, nos batteries ont exécuté des tirs de destruction efficaces sur les organisations allemandes.
Entre l'Aisne et le chemin des Dames, nous avons réalisé quelques progrès au nord de Sancy.
La lutte d'artillerie a été particulièrement vive dans le secteur de la ferme Hurtebise.
Nos pilotes ont livré de nombreux combats aériens, abattant six avions ennemis. Un groupe de quatorze de nos avions a lancé 1740 kilos de projectiles sur des gares et des bivouacs de la vallée de l'Aisne.
Canonnade sur le front belge.
Les Anglais ont attaqué sur un large front, des deux côtés de la rivière Souchez. Les troupes ont progressé de façon satisfaisante. Nos alliés, au sud de la route Bapaume-Cambrai, ont pris une grande partie du bois d'Havrincourt.
En Macédoine, canonnade dans la région du lac Doiran et dans la boucle de la Cerna. Nous avons repoussé plusieurs attaques.

Mercredi 25 avril
Actions d'artillerie sur l'ensemble du front.
Nous avons continué nos tirs de destruction sur les batteries et les organisations ennemies dans les régions de Saint-Quentin, de l'Oise, de Corbeny-Juvincourt et en Champagne; des explosions ont été constatées dans un certain nombre de batteries.
Nous avons ramené 4 obusiers allemands de 105, capturés au cours de réçents combats sur le plateau du chemin des Dames.
Près de Moronvilliers, nos éléments léger ont pénétré, après une courte préparation d'artillerie dans les tranchées allemandes, qu'ils ont trouvées remplies de cadavres.
Canonnade intense sur le front belge.
Les Anglais ont repoussé de fortes contre-attaques avec des pertes énormes sur le front de Croisilles, au nord de Gavrelle. Ils ont maintenu toutes leurs positions. Nos alliés ont progressé à l'est de Monchy et aux abords de Roeux. Ils ont avancé également â nouveau à l'est d'Epehy sur un large front et atteint le canal de Saint-Quentin au nord de Vendhuille. Ils ont occupé les deux villages de Villers-Plouich et de Beaucamp. Le chiffre de leurs prisonniers depuis la veille atteint 2000. Ils ont détruit 15 avions allemands et forcé 24 autres appareils ennemis à atterrir, désemparés.
Le Reichstag est rentré en session.
La mission officielle, composée du maréchal Joffre, de M. Viviani et de leurs collaborateurs, est arrivée aux Etats-Unis et y a reçu un accueil chaleureux.

Jeudi 26 avril
Entre Somme et Oise, calme relatif.
Un commencement de bombardement de nos tranchées près de la Fère a été arrêté net par la riposte de notre artillerie.
Dans la région de l'Aisne, nous avons réalisé quelques progrès au sud-est de Cerny-en-Laonnois, et fait des prisonniers.
Au nord de Vauxaillon, une attaque allemande sur nos tranchées a été enrayée par nos feux d'artillerie et de mitrailleuses.
Les Allemands ont subi un sanglant échec dans une attaque sur la ferme Hurtebise. Arrêtés une première fois par nos feux, ils ont repris peu après leur assaut. Une contre-attaque vigoureuse les a rejetés sur leurs lignes. Notre artillerie a pris sous son feu et dispersé d'importants rassemblements au nord du plateau de Vauclec.
Les Anglais ont pris le hameau de Bithens, au nord-est de Trescault, à l'est du bois d'Avrincourt. Un combat s'est engagé sur toute l'étendue du front, entre le Cojeul et la Scarpe. Nos alliés ont progressé. Depuis le 23, ils ont fait 3029 prisonniers, dont 56 officiers.
Un croiseur russe a disparu en mer Noire.
Des aviateurs anglais ont coulé un contre-torpilleur allemand. Un de nos torpilleurs a coulé au cours d'un engagement au large de Dunkerque. On ignore les pertes allemandes.

Vendredi 27 avril
En Belgique, grande activité des deux artilleries dans le secteur de Westende.
Au sud de l'Ailette, nous avons pris sous nos feux et dispersé un rassemblement ennemi près de Vauxaillon.
Entre l'Aisne et le chemin des Dames, les Allemands, après leur sanglant échecs de la veille n'ont pas renouvelé leurs tentatives. La lutte d'artillerie a été violente dans les secteurs de Cerny et d'Hurtebise et n'a été suivie d'aucune action d'infanterie.
Sur la rive gauche de la Meuse, une forte reconnaissance ennemie qui tentait d'aborder nos lignes au bois d'Avocourt a été repoussé par nos grenadiers.
Les troupes britanniques ont attaqué à l'ouest du lac Doiran. Ils ont pris les tranchées ennemies sur un front de 1000 mètres et s'y sont maintenues après avoir repoussé quatre contre-attaques.

Samedi 28 avril
Activité marquée des deux artilleries dans la région au nord-ouest de Reims et en Champagne.
Aucune action d'infanterie.
Au cours de la journée du 26, 3 avions allemands ont été abattus par nos pilotes, 6 autres appareils ennemis sérieusement endommagés, ont été contraints d'atterir ou sont tombés dans leurs lignes. Dans la nuit du 26 au 27 avril, un de nos groupes de bombardement a lancé de nombreux projectiles sur les gares et bivouacs dans la région de Ribemont-Crecy-sur-Serre (Aisne).
Sur le front britannique, l'ennemi a tenté sans succès une petite attaque dans les environs de Fayet, au nord-ouest de Saint-Quentin. Après un combat acharné, ses troupes ont été rejetées avec des pertes. L'ennemi a laissé un certain nombre de prisonniers entre les mains de nos alliés. Les soldats britanniques se sont emparés des carrières qui se trouvent aux lisières est d'Hargicourt, où l'ennemi a abandonné des fusils et du matèriel d'équipement.
Une attaque de destroyers allemands a été mise en échec devant Ramsgate.

Dimanche 29 avril
Entre Saint-Quentin et l'Oise, actions d'artillerie assez violentes au cours de la nuit. Escarmouches à la grenade aux premières lignes, dans la région au sud de Saint-Quentin.
Vers Laffaux, l'ennemi a tenté, sans succès, un coup de main sur nos postes avancés.
En Champagne, activité assez grande des deux artilleries. Une attaque allemande, précédée d'un violent bombardement et dirigée sur une de nos tranchées à l'est d'Auberive, a été brisée par nos feux de mitrailleuses et nos barrages.
Sur la rive gauche de la Meuse, un de nos détachements a pénétré dans les lignes allemandes de la cote 304 et a ramené des prisonniers.
Le matèriel capturé par nos troupes dans la bataille engagée le 16 avril comprend 173 canons lourds et de campagne, 412 mitrailleuses, 119 canons de tranchée. Le chiffre des prisonniers atteint 20780.
Les Anglais ont attaqué, au nord de la Scarpe, sur un front de plusieurs kilomètres. Ils progressent dans d'excellentes conditions, malgré la vigoureuse résistance de l'ennemi.
Les Bulgares avaient réussi à reprendre pied dans les tranchées récemment conquises par les Anglais, à l'ouest du lac Doiran. Une contre-attaque immédiate les a rejetés.

Lundi 30 avril
Entre Somme et Oise, actions d'artillerie intermittentes.
Des tentatives de coups de main ennemies, dans la région de Laffaux et au nord de Cerny-en-Laonnois, ont échoué sous nos feux. Rencontres de patrouilles et combats à la grenade dans le secteur de Craonne.
Au nord-ouest de Reims, des opérations de détail effectuées par nous dans la région au nord et au sud de Courcy, nous ont permis d'élargir sensiblement nos positions. Nous avons fait 200 prisonniers.
En Haute-Alsace, nos détachements ont pénétré en plusieurs points jusque dans les deuxièmes lignes ennemies. De vifs combats à la grenade se sont terminés à notre avantage.
Les Anglais ont livré un violent combat de la Scarpe à la route Acheville-Vimy. Ils ont enlevé Arleux-en-Gohelle et les positions ennemies sur un front de plus de 3500 mètres au nord et au sud de ce village. Ils ont avancé également au nord-est de Gavrelle et sur les pentes ouest de Greenland-Hill, entre Gavelle et Roeux, ainsi qu'au nord de Monchy-le-Preux.
La conscription a été votée à la Chambre américaine par 397 voix contre 24, et au Sénat, par 81 voix contre 8.