Samedi 1er avril
Au sud de la Somme, l'ennemi a tenté une série de coups de main sur les petits postes de la région de Dompierre. Il a échoué.
En Champagne nous avons bouleversé les tranchées allemandes au sud de Sainte-Marie à-Py. Un avion a été abattu par nos canons spéciaux.
En Argonne, nous bombardons des troupes en marche dans la direction de Varennes.
A l'ouest de la Meuse, l'ennemi a lancé une série d'attaques contre le village de Malancourt. Après une lutte acharnée et qui a coûté des pertes sensibles aux assaillants, nos troupes (un bataillon) ont évacué les ruines de la localité. Les Allemands n'ont pu déboucher de Malancourt.
Ils ont déclanché de fortes attaques, mais sans résultat, sur le Mort-Homme, par le nord-est et par l'ouest.
En Woëvre, ils ont été repoussés à l'est d'Haudromont.
En forêt d'Apremont, nous canonnons les campements ennemis de Varvinay.
Violent bombardement sur le front belge (Pervyse et Dixmude).
Deux avions étrangers ont jeté des engins sur la ville suisse de Porrentruy.
Les Russes ont repoussé des contre-attaques allemandes dans la région de Riga et de Dwinsk.
M. Asquith est arrivé à Rome et le prince hétitier de Serbie, à Londres.

  Dimanche 2 avril
En Belgique, nous bombardons les cantonnements ennemis de Langemark (nord-est d'Ypres).
Au nord de l'Aisne, activité d'artillerie dans les régions de Moulin-sous-Touvent et de Fontenay.
En Argonne, uous canonnons les organisations allemandes au nord de la Harazée, à la Fille-Morte et les campements de la partie nord du bois de Cheppy.
A l'ouest de la Meuse, bombardement intense de nos positions entre Avocourt et Malancourt.
A l'est, dans la région de Vaux, l'ennemi a déclanché trois attaques à gros effectifs : la première a été arrêtée par nos tirs de barrages et nos feux d'infanterie avant d'avoir abordé nos lignes; au cours de la seconde, les Allemands, après une lutte très vive, ont pris pied dans la partie ouest du village que nous occupions. Une troisième attaque sur le ravin entre le fort de Douaumont et le village de Vaux a échoué devant nos tirs de barrage.
Canonnade en Woëvre.
Un raid de zeppelins a eu lieu sur la côte orientale de l'Angleterre. L'un des dirigeables, atteint par un obus, a coulé à l'entrée de la Tamise.
La Hollande a suspendu les permissions des militaires et les Chambres ont été convoquées d'urgence. Ces mesures se rattacheraient aux incidents de la guerre sous-marine.

 
 
Le L-15 photographié au petit jour, le 1er avril, tandis qu'on essayait de le remorquer vers la côte du comté de Kent
 

Lundi 3 avril
A l'ouest de la Meuse, bombardement violent de nos positions du bois d'Avocourt.
A l'est de la Meuse, l'ennenmi a attaqué nos positions entre le plateau de Douaumont et le village de Vaux. Il a pénétré dans le bois des Caillettes, puis a été repoussé par une contre-attaque dans la partie nord de ce bois. Par quatre reprises, il avait renouvelé cet assaut avec de forts effectifs.
Activté d'artillerie en Woëvre.
Au bois le Prêtre, nos canons spéciaux ont abattu un aviatik.
Un second raid de zeppelins a eu lieu sur l'Angleterre.
Activité de l'artillerie sur le front belge.
Canonnade sur le front anglais entre Souchez et la redoute Hohenzollern, comme aussi près d'Ypres. Nos alliés repoussent trois attaques à la grenade près de Saint-Eloi.
Sur le front russe, les Allemands sont repoussés à la tête de pont d'Uxkul. Canonnade près de Dwinsk.
Sur le front italien, les Autrichiens sont repoussés près de Mori et de Rovereto. Une de leurs colonnes est dispersée sur l'Isonzo.

Mardi 4 avril
Entre Soissons et Reims, nous exécutons des tirs de concentration sur les organisations allemandes au nord du bois des Buttes et du mont de Sapigneul.
En Argonne, nos batteries ont violemment canonné la corne ouest du bois d'Avocourt. Un blockhaus ennemi a été détruit et un dépôt de munitions a sauté.
A l'ouest de la Meuse, les Allemands ont lancé une vigoureuse attaque entre Haucourt et Béthincourt sur nos positions de la rive nord du ruisseau de Forges, que nous avions reportées sur la rive sud le 31 mars sans que l'ennemi s'en apercût. Surprises par un feu violent, les troupes ennemies ont subi des pertes importantes sans avoir combattu.
Bombardement de la région des bois Bourrus.
A l'est de la Meuse, nos contre-attaques se sont développées au cours de la journée. Nous avons rejeté l'ennemi jusqu'à la lisière nord du bois de la Caillette et au nord de l'étang de Vaux. Une dernière contre-attaque nous a permis de réoccuper la partie ouest du village de Vaux.
Canonnade en Woëvre (Moulainville).
Dunkerque a reçu la visite d'un zeppelin. En représailles, trente et un avions alliés ont bombardé les cantonnements allemands en Belgique.
Nos escadrilles ont opéré sur la gare de Conflans. Quatre taubes ont été abattus près de Verdun.
Un troisième raid de zeppelins est signalé sur l'Angleterre.

  Mercredi 5 avril
Au nord de l'Aisne et en Argonne, nous exécutons des tirs efficaces sur les batteries ennemies.
A l'ouest de la Meuse, une attaque ennemie, dirigée sur le village d'Hautcourt, a totalement échoué.
A l'est de la Meuse, le bombardememt a repris au cours de la journée avec une grande violence entre Douaumont et Vaux. Les Allemands ont lancé une très forte attaque sur nos premières lignes. Leurs vagues d'assaut successives ont été fauchées par notre artillerie et notre infanterie, et ils ont dû refluer sous le bois du Chauffour, où nos batteries leur ont encore fait subir des pertes considérables.
En Woëvre, duel d'artillerie au pied des Côtes-de-Meuse.
Dans les Vosges, une attaque allemande a été rejetée devant nos tranchées de Seppois.
Un de nos dirigeables a bombardé la gare d'Audun-le-Roman.
Trois hydravions autrichiens ont été détruits par les Italiens après un raid sur Ancône.
L'activité d'artillerie reprend en avant de Salonique.
Les Russes ont accompli de nouveaux progrès en Arménie et les Turcs sont pris de panique en Asie Mineure.
 

Jeudi 6 avril
En Belgique, tir de destruction sur les tranchées ennemies.
Au nord de l'Aisne, notre artillerie se montre active au sud de Craonne et dans la région de Berry-au-Bac.
En Argonne, lutte à coups de grenades dans le secteur de Bolante. Nous faisons sauter deux mines à la Fille-Morte. Nous canonnons les voies de communication de l'ennemi, dans la région de Montfaucon et des bois de Malancourt.
Nous progressons dans les boyaux au nord du bois de la Caillette ( est de la Meuse). Canonnade dans le secteur Douaumont-Vaux.
Les Allemands jettent des mines dans la Meuse, près de Saint-Mihiel : elles viennent exploser contre nos barrages sans causer de dégâts.
En Lorraine, entre Arracourt et Saint-Martin, l'ennemi lance plusieurs attaques sur nos positions. Il est partout rejeté.
Un sous-marin allemand a été coulé par une escadrille franco-anglaise.
Le général Zupelli est remplacé au ministère de la Guerre italien par le général Marrone.
La Chambre hollandaise a tenu une séance secrète.
 

A l'entrée du fort de Saint-Mihiel 

Vendredi 7 avril
En Argonne, un coup de main sur une tranchée ennemie, près de la route de Saint-Hubert, nous a permis de faire subir des pertes sensibles à l'adversaire et de ramener une vingtaine de prisonniers.
A l'ouest de la Meuse, les Allemands après un bombardement d'une extrême violence entre Avocourt et Béthincourt, ont déclanché une série d'attaques à très gros effectifs.
Toutes leurs tentatives contre le village de Béthincourt ont été brisées par nos feux. Au centre, après des échecs répétés et de sanglants sacrifices, ils ont pris pied dans le village d'Hautcourt, que nous tenons sous le feu de nos positions.
De notre côté, nous avons enlevé près du réduit d'Avocourt, une large portion de terrain dite le bois Carré et fait des prisonniers.
A la côte du Poivre, l'ennemi n'a pu sortir de ses tranchées. Au sud-ouest du fort de Douaumont, nos troupes ont progressé sur un front de 500 mètres et une profondeur de plus de 200.
Activité de notre artillerie en Lorraine (est de Lunéville).
Un cinquième raid de zeppelins a eu lien sur l'Angleterre.
Le chancelier allemand a fait son exposé au Reichstag. Il déclare que le maintien du statu quo est impossible en Pologne et en Belgique, et rejette une fois de plus les responsabilités de la guerre sur les alliés.

Samedi 8 avril
En Belgique, notre artillerie lourde a exécuté des tirs de destruction sur les organisations allemandes de Middelkerke et de Langemarck.
A l'ouest de la Meuse, l'ennemi, à la faveur d'un violent bombardement sur nos positions entre Béthincourt et la cote 265, à pénétré dans notre tranchée de première ligne le long de la route Béthincourt-Chattancourt. Une contre-attaque immédiate l'a rejeté de la plus grande partie de ce qu'il avait pu occuper. Une lutte à la grenade a ensuite accentué son refoulement.
Les Allemands ont lancé une attaque puissante sur un front de 2 kilomèttes contre nos positions au sud et au débouché est du village d'Hautcourt. Ils ont été arrêtés par nos tirs de barrage et par le feu de nos mitrailleuses et ont dû rentrer dans leurs tranchées en laissant de nombreux cadavres sur le terrain.
Bombardement du Mort-Homme et du village de Cumières.
Lutte d'artillerie à l'est de la Meuse. Nous continuons à progresser dans les boyaux ennemis au sud-ouest du fort de Douaumont.
Le rapport sur le torpillage du Sussex, qui a été transmis à Wahington, établit que ce paquebot a bien été torpillé.

  Dimanche 9 avril
Au sud de l'Avre, les tirs de notre artillerie ont détruit le moulin de Saint-Aurin, où se trouvait un observatoire et bouleversé les tranchées ennemies au nord de Beuvraignes.
En Champagne (Navarin), nous avons répondu par des tirs de barrage à un violent bombardement. Aucune attaque d'infanterie.
En Argonne, lutte de mines à la Fille-Morte; concentration de feux sur les batteries ennemies du bois de Cheppy et de la région Montfaucon-Malancourt.
A l'ouest de la Meuse, les Allemands ont subi un échec à l'est d'Hautcourt et réussi à prendre pied dans deux petits ouvrages entre Hautcourt et la cote 287 que nous occupons.
A l'est de la Meuse, nous repoussons une attaque ennemie à la grenade au nord de la croupe du fort de Vaux.
Activité de notre artillerie dans la vallée de la Fecht (Vosges); nous dispersons une reconnaissance près de Sandernach.
Un sous-marin français a coulé un transport autrichien dans la mer Adriatique.
 
Lundi 10 avril
En Argonne, nous exécutons des concentrations de feux sur les voies de communication de l'ennemi. Nos batteries lourdes ont canonné d'importants rassemblements de troupes.
A l'ouest de la Meuse, une bataille violente s'est engagée d'Avocourt à Cumières et même elle s'est étendue à la rive droite du fleuve. Après avoir évacué de propos délibéré Béthincourt qui faisait saillant, nous avons formé une ligne continue du réduit d'Avocourt à Chattancourt. Toute cette ligne violemment attaquée a résisté aux assauts les plus furieux.
Les Allemands ont subi un échec sanglant du Mort-Homme à Cumières. Leurs colonnes se sont dispersées sous notre feu, abandonnant des centaines de cadavres.
Un autre échec leur a été infligé entre le bois d'Avocourt et le ruisseau de Forges. Une troisième attaque, dirigée sur un de nos ouvrages au sud-est d'Avocourt, et qui avait pris pied dans une tranchée, en a été aussitôt rejetée.
Activité d'artillerie à l'est de la Meuse. Les attaques ennemies n'ont pu déboucher.
Les Anglais ont capturé un fokker. Activité d'artillerie sur leur front autour de Neuville-Saint-Vaast. Ils ont gardé une bonne partie du terrain conquis autour de Saint-Eloi le 27 mars.
Les Russes se rapprochent à nouveau de Trébizonde.
Les Bulgares concentrent des troupes dans la région du Danube.
 
 

  Mardi 11 avril
Dans la région de Roye, une reconnaissance ennemie a été dispersée par notre fusillade avant d'avoir atteint nos fils de fer, au nord d'Andéchy.
En Argonne, notre artillerie a endommagé les organisations allemandes au nord de la Harazée. Nous avons canonné la partie du bois d'Avocourt occupée par l'ennemi.
A l'ouest de la Meuse, bombardement d'une intensité croissante. Une attaque allemande, débouchant de la région Haucourt-Béthincourt sur nos positions au sud du ruisseau de Forges a été brisée avec de grosses pertes sur l'ennemi. Une autre attaque sur le front Mort-Homme-Cumières - où, durant la nuit précédente, l'ennemi avait pris pied dans une tranchée avancée, -n'a pas eu plus de succès; nos tirs de barrage l'ont contenue.
A l'est de la Meuse après un bombardement violent de la côte du poivre, les Allemands ont dirigé plusieurs attaques infructueuses sur le bois de la Caillette.
Nous avons abattu un fokker près d'Esnes, un autre fokker en Woëvre; un troisième a été capturé en Champagne. Un taube a survolé Nancy, lançant deux bombes.
Un dirigeable italien a jeté des obus sur Riva (lac de Garde).
Le conseil des ministres a siégé à Washington pour délibérer sur la suite à donner à l'affaire du Sussex.
 
Mercredi 12 avril
Au nord de l'Aisne, notre artillerie a pris sous son feu une forte colonne allemande qui se déplaçait sur le chemin des Dunes. L'ennemi a subi des pertes sérieuses.
Activité de notre artillerie en Argonne.
A l'ouest de la Meuse, bombardement assez intense sur le front le Mort-Homme-Cumières. Pas d'action d'infanterie.
A l'est après une violente préparation d'artillerie, complétée par un envoi intensif d'obus lacrymogènes, les Allemands ont lancé une forte attaque sur nos tranchées entre Douaumont et Vaux. L'ennemi qui avait pris pied dans quelques éléments avancés de nos lignes en a été rejeté peu après par une contre-attaque de nos troupes, au cours de laquelle une centaine d'Allemands valides, dont un officier, ont été capturés.
Lutte d'artillerie en Woëvre ( Moulainville, Ronvaux et Châtillon).
Au nord-est de Saint-Mihiel, nos pièces à longue portée ont canonné avec succès un train arrêté au nord de la gare d'Heudicourt.
Une de nos ascadrilles de bombardement a lancé en deux fois, 48 obus sur les gares de Nantillois et de Brieulles.
M. Asquith a prononçé un vibrant discours en réponse à celui du chancelier allemand.
Activité intense d'artillerie sur tout le front italien.
 
 

Jeudi 13 avril
Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont lancé une attaque avec emploi de liquides enflammés sur nos positions du bois des Caurettes entre le Mort-Homme et Cumières ; ils ont été refoulés.
Sur la rive droite, l'activité d'artillerie a été grande entre Douaumont et Vaux, mais l'ennemi n'a pas renouvelé ses attaques. On confirme qu'il a subi de très grosses pertes dans ce secteur, pendant les journées précédentes.
Sur le front britannique, combat de grenades à l'est de Saint-Eloi avec des alternatives diverses. Grande activité d'artillerie en face de Wytschaete. Un taube a été descendu.
Les Italiens ont appelé un certain nombre de contingents de diverses classes.
L'Autriche n'arrive pas à boucler son emprunt.
L'Allemagne a fait remettre sa réponse au cabinet de Washington, au sujet du Sussex.
Des manifestations de femmes affamées ont eu lieu à Athènes devant le Parlement.
L'Allemagne a institué le recensement du sucre.
Les parlementaires français ont visité les chantiers de la Clyde (Ecosse).

Vendredi 14 avril
Activité de notre attillerie dans le secteur de Langemark (Belgique).
Entre Somme et Oise, nos tirs de destruction bouleversent les tranchées près de Parvillers (Roye).
En Argonne, nous faisons jouer quatre camouflets à la Fille-Morte, à la Haute-Chevauchée et à Vauquois; nous occupons les lèvres de deux entonnoirs en avant de nos trancbées.
A l'ouest de la Meuse, après un bombardement de la cote 304, l'ennemi essaye de déboucher de ses tranchées : il en est empêché par nos tirs de barrage.
A l'est de la Meuse et en Woëvre, activité moyenne d'artillerie; pas d'action d'infanterie.
Les Italiens ont enlevé une série de positions près de Riva sur le lac de Garde en infligeant des pertes sensibles aux Autrichiens.
Les Russes se sont emparés de nouveaux secteurs à l'ouest d'Erzeroum. Sur le front de la Dvina, ils ont repoussé plusieurs attaques ennemies.
Les Anglais ont rejeté sur leur front plusieurs petites offensives allemandes.
Un sous-marin allemand a été coulé par un torpilleur russe dans la mer Noire.
Les journaux allemands prétendent que la Russie fermerait sa frontière du côté roumain.

Samedi 15 avril
Entre Oise et Aisne, activité de notre artillerie sur les organisations ennemies de Moulin-sous-Touvent et de Nampcel.
A l'ouest de la Meuse, l'ennemi bombarde sans discontinuer nos positions du Mort-Homme et de Cumières.
A l'est de la Meuse et en Woëvre, activité moyenne d'artillerie; aucune action d'infanterie n'a été déclanchée.
Une de nos pièces à longue portée a tiré sur la gare de Novéant-sur-Moselle et sur le pont de Corny, au nord de Pont-à-Mousson. Un incendie s'est déclaré dans les bâtiments de la gare.
Un arrangement commercial a été signé entre l'Allemagne et la Roumanie. Ainsi se trouve close la phase de tension qui régnait depuis plusieurs mois entre les deux pays. On affirme, du côté roumain, que cet accord ne signifie nullement un changement de politique générale; le cabinet de Bucarest l'aurait conclu, d'une part, pour assurer la vente des produits agricoles du pays et, de l'autre, pour lui permettre de se procurer les articles fabriqués indispensables.
Le général Sarrail a été décoré à Salonique, des mains du général Mahon, de l'ordre anglais de Saint-Michel et Saint-George.
Les Russes ont repoussé une attaque allemande près d'Ikskul et une autre près du Narotch.
L'ennemi a contre-attaqué vainement les Italiens sur diverses parties du front et spécialement près du lac de Garde.
 
  Dimanche 16 avril
Bombardement violent sur la rive gauche de la Meuse, devant nos lignes de la cote 304. Sur la rive droite, les Allemands ont déclanché, en fin de journée, une petite attaque sur nos positions de Douaumont. Cette attaque a été complètement repoussée.
La nuit a été calme, sauf un bombardement vers Haudromont.
Duel d'artillerie en Woëvre (Moulainville).
La dernière note allemande au sujet du Sussex a fortement mécontenté les Etats-Unis. Le président Wilson a prononcé à New-York un discours qui trahit son irritation.
Le général Carranza a demandé à l'Union américaine de cesser la poursuite des bandes de Villa au Mexique. Le cabinet de Washington a refusé de retirer les ordres donnés.
Sept terroristes allemands ont été arrêtés aux Etats-Unis.
Les Anglais bombardent les positions ennemies dans le Pas-de-Calais (Souchez et Carency). Ils ont rejeté plusieurs attaques accompagnées d'émissions de gaz lacrymogènes.
Le cabinet portugais reste au pouvoir.
Le général Porro, sous-chef d'état-major italien, a été controler les installations de Vallona.
Les parlementaires français ont visité la flotte britannique.
 

Lundi 17 avril
Au nord de Roye, une reconnaissance ennemie qui abordait nos tranchées a été dispersés par notre feu.
En Argonne, activité de nos batteries dans la région de Saint-Hubert et aussi sur les routes et cheminements allemands de la région Montfaucon-Malancourt.
A l'ouest de la Meuse, l'ennemi bombarde nos positions entre le bois de Malancourt et la cote 304. Nos batteries se sont montrées actives notamment à l'ouest du bois des Corbeaux et sur les points de passage du ruisseau de Forges.
Bombardement intermittent à l'est de la Meuse et en Woëvre.
A l'ouest de Pont-à-Mousson, nous dispersons de nouveaux convois.
Dans les Vosges, rencontres de patrouilles : une reconnaissance allemande est très éprouvée par notre feu au sud du col de Sainte-Marie-aux-Mines.
Les Russes accusent un sérieux succés sur la Strypa, où toutes les tentatives de l'ennemi pour leur reprendre les tranchées conquises sont demeurées vaines. Un taube a été accueilli à coups de fusil et a dû rebrousser chemin à la frontière de la Bessarabie.
Après six jours de combat, l'armée russe du Caucase a rejeté une forte offensive turque.
Les Italiens ont conquis les points culminants du massif de l'Adamello, à 3500 mètres au-dessus de la Vatteline.

  Mardi 18 avril
En Argonne, nous canonnons les routes de la région de Montfaucon, où l'on signalait des mouvements de troupes.
A l'ouest de la Meuse, l'ennemi a bombardé nos positions du bois des Caurettes et la région d'Esnes.
Sur la rive droite, nous avons déclanché une attaque sur les positions allemandes au sud de Douaumont. Cette tentative a réussi et nous a permis d'occuper quelques éléments de tranchées ennemies et de faire 200 prisonniers, dont deux officiers.
Bombardement intermittent en Woëvre.
Sur la rive gauche de la Meuse, l'ennemi a bombardé avec violence nos positions du bois d'Avocourt et de la cote 304.
Les Russes ont pris l'offensive dans la région de Dwinsk; ils ont repoussé plusieurs attaques allemandes dans la région de Gorbornosvka. 14 de leurs avions ont bombardé les gares de Bouckza et de Czernovitz. Nos alliés ont fait 243 prisonniers à Tspavanopla. Ils ont dispersé une division turque dans la région de Bitlis et capturé 363 officiers et soldats.
Les Italiens ont pris d'assaut la position de Santo Oswaldo, dans le val Siegecca.
Les Anglais ont brisé une série d'attaques allemandes près de Saint-Eloi. Activité d'artillerie sur leur front, dans la région de Souchez. La Roumanie entreprend de nouveaux préparatifs militaires.
Quelques escarmouches d'avant-postes sont signalés sur le front de Salonique.
 
Mercredi 19 avril
A Vauquois, nous avons fait sauter un poste ennemi avec ses occupants.
Sur la rive droite de la Meuse, aprés un bombardement intense, les Allemands ont lancé une puissante attaque à l'effectif de deux divisions sur un front de 4 kilomètres. Ils n'ont pu prendre pied que dans un petit saillant au sud du bois du Chauffour. Ils en ont été rejetés en partie. Le mauvais temps a ensuite gêné les opérations.
A l'est de Saint-Mihiel, nos batteries ont canonné des rassemblements ennemis près de Woinville.
La Chambre a décidé que l'heure légale sera avancée d'une heure.
Un hydravion français et trois hydravions italiens ont bombardé des points importants près de Trieste.
Après une attaque foudroyante, les troupes russes du Caucase ont pris Trébizonde. Un débarquement des troupes de la flotte, opéré avec une témérité inouie, a permis aux troupes de terre d'enlever la ville.
Le prince Alexandre de Serbie est arrivé à Corfou.
 
 

Jeudi 20 avril
Bombardement assez violent à l'est de la Meuse, dans la région sud du bois d'Haudromont.
La victoire russe à Trébizonde apparaît très grosse de conséquences, et la presse neutre la tient pour un événement considérable. Un sous-marin turc a été coulé au large du port ottoman.
Une escadrille aérienne française a opéré un raid de nuit sur les lignes ennemies en avant de Salonique.
Sur le front russe, duel d'artillerie près d'Ikskul; échec allemand près de Kervo; échec autrichien en Galicie à Popova; le butin de nos alliés a été très appréciable de ce côté.
La progression italienne continue sur la rive ouest du lac de Garde. De violentes attaques autrichiennes ont été brisées, laissant plus de 200 prisonniers aux mains de nos alliés.
Des hydravions ennemis ont fait un raid sur Trente; on signale l0 morts et 20 blessés; l'un des hydravions a été abattu et ceux qui le montaient, capturés.
Trois hydravions français et un hydravion italien escortés des torpilleurs italiens, ont bombardé efficacement, près de Trieste, des endroits ayant une importance militaire.
Les Anglais, sur le front occidental ont pénétré en plusieurs endroits dans les tranchées ennemies.

Vendredi 21 avril
En Argonne, à la Haute-Chevauchée, lutte de mines à notre avantage.
Sur la rive gauche de la Meuse, bombardement continu de notre deuxième ligne.
Sur la rive droite nos troupes ont mené contre les positions allemandes, au nord-ouest de l'étang de Vaux, une vive attaque qui nous a permis d'occuper des éléments de tranchée et d'enlever une redoute fortifiée. Cette action a coûté des pertes sérieuses à l'ennemi. Nous avons pris 10 officiers, 16 sous-officiers et 214 soldats, et, en outre, une certaine quantité de matériel.
Aux Eparges, trois attaques allemandes ont été brisées avec des pertes sérieuses pour l'ennemi.
Le président Wilson a fait une déclaration au congrès américain au sujet des rapports avec l'Allemagne. Si le cabinet de Berlin n'abandonne pas la piraterie navale, le cabinet de Washington rompra avec lui.
Un contingent de soldats russes a débarqué à Marseille.
Les Russes anéantissent, en Asie Mineure, des éléments turcs qui arrivaient de Gallipoli.
Dans la région de Dvinsk, ils ont arrêté plusieurs tentatives allemandes.
Les Italiens se sont emparés d'une forte position au col di Lana, dans les Dolomites.

Samedi 22 avril
A la Haute-Chevauchée (en Argonne), nous avons occupé un entonnoir provoqué par l'explosion d'une mine allemande.
Sur la rive ganche de la Meuse, notre avance au Mort-Homme a progressé. Nous avons de plus, enlevé une tranchée à la lisière nord du bois des Caurettes, en capturant 4 officiers et 150 hommes.
A l'est de la Meuse, l'ennemi a tenté une puissante action offensive sur un front de 2 kilomètres. Après avoir réussi à prendre pied dans nos lignes au sud du fort de Douaumont et au nord de l'étang de Vaux, il a été refoulé par nos contre-attaques. Nous avons fait des prisonniers.
Nous avons progressé à l'ouest de Douaumont (secteur sud du bois d'Haudromont), en délivrant des prisonniers français blessés.
Une de nos pièces à longue portée a bombardé la gare de Vigneulles (nord-est de Saint-Mihiel). Au nord de Regniéville, nous avons, par notre feu dispersé des convois.
Les Anglais ont capturé deux canons et 188 officiers et soldats tures en Mésopotamie.
 
  Dimanche 23 avril
En Belgique, nous bombardons le secteur à l'est de la route Ypres-Plikers.
En Argonne, lutte de mines assez vive à Vauquois et à la Fille-Morte. Nous bombardons les communications en arrière du front ennemi.
A l'ouest de la Meuse, les Allemands attaquent trois fois nos positions au nord du Mort-Homme. Les Allemands sont complètement rejetés avec des pertes sanglantes. Une autre attaque de leur part échoue également au nord du bois des Caurettes.
A l'est de la Meuse, bombardement de nos premières lignes depuis le fleuve jusqu'au fort de Vaux. Mais l'ennemi ne peut sortir de ses tranchées, décimé par notre artillerie.
Une de nos pièces à longue portée canonne la gare de Vigneulles : la voie ferrée est coupée et un incendie se déclare.
Nos avions de bombardement opèrent sur les bivouacs ennemis près d'Azannes et de Villers-lès-Mangiennes (nord-est de Verdun).
Un avion français a lancé quatre bombes sur la ville de Sofia.
Les Russes progressent assez sensiblement à l'ouest de Trébizonde. Le maréchal von der Goltz est mort à son quartier général en Turquie.
 
Lundi 24 avril
Au sud de la Somme, notre artillerie a exécuté des tirs de concentration sur les tranchées allemandes, à Fransart et à Hattencourt (sud de Chaulnes).
A l'ouest de la Meuse, l'ennemi a subi un échec près de Vauquois. Nous avons réussi un coup de main à Avocourt; bombardement violent de la cote 304.
A l'est de la Meuse et en Woëvre, rafales d'artillerie. Pas d'action d'infanterie.
En Lorraine, nous avons canonné vigoureusement les ouvrages ennemis de Leintrey.
La note américaine a été publiée à Berlin avec trois jours de retard. La presse allemande marque une très vive surexcitation et entrevoit la possibilité de la guerre avec les Etats-Unis. Le Chili, après le Brésil et l'Argentine, semble approuver délibérément le geste de M. Wilson.
 
  Mardi 25 avril
En Belgique, activité de notre artillerie dans les secteurs de Westende et de Steenstraete.
Au nord de l'Aisne, une reconnaissance allemande a été repoussée avec pertes sur le plateau de Paissy.
En Argonne, nous avons exécuté des tirs de concentration sur la région de Malancourt.
A l'ouest de la Meuse, le Mort-Homme a été à nouveau bombardé. Nous avons dispersé plusieurs reconnaissances ennemies au sud d'Haucourt. Au bois des Caurettes, nous avons progressé à la grenade et fait une trentaine de prisonniers, dont un officier.
Canonnade intermittente à l'est de la Meuse et en Woëvre.
Dans les Vosges, vers le Bonhomme, nons avons enlevé un petit poste allemand.
Nos avions ont jeté 28 obus et bombes incendiaires sur la gare de Longuyon, 5 obus sur celle de Stenay, 12 sur les bivouacs à l'est de Dun, 32 sur les bivouacs de la région de Montfaucon.
Un aéroplane allemand qui venait sur Douvres a été chassé.
 
Mercredi 26 avril
Au nord de l'Aisne (la Ville-aux-Bois), nous avons enlevé un petit bois au sud du bois des Buttes.
En Argonne, notre artillerie lourde a détruit un petit poste et bouleversé des tranchées.
Trois attaques successives des Allemands sur le Mort-Homme et une quatrième dans le secteur d'Avocourt, ont échoué.
Bombardement violent du secteur de Moulainville, en Woëvre.
Une de nos pièces à longue portée bombarde la gare d'Heudicourt.
En Lorraine, une forte attaque allemande sur notre saillant de la Chapelotte a complètement échoué. Des fractions ennemies qui avaient pris pied dans la partie nord-est du saillant ont été en partie anéanties. Nous avons fait vingt-cinq prisonniers dont un officier.
Un taube a été détruit près de Vauquois, un autre sur la côte du Poivre, un troisième dans les bois des Forges; un fokker, près d'Hatton-Châtel. Nos avions ont bombardé la gare de Conflans.
Des zeppelins ont survolé les côtes d'Angleterre; le résultat de ce raid est nul.
Une escadre allemande a tenté d'attaquer le littoral britannique près de Lowestoft. Elle a été chassée.
Une émeute à éclatée à Dublin, aussitôt maîtrisée.
Un croiseur auxilliaire allemand qui essayait de débarquer des armes en Irlande a été coulé.
 
  Jeudi 27 avril
Au nord de l'Aisne, bombardement réciproque dans la région du bois des Buttes. Nous avons fait, dans ce secteur, 158 prisonniers dont 4 officiers.
En Champagne, nous avons opéré des tirs de concentration sur les parcs ennemis de la vallée de la Dornoise.
Activité de nos batteries en Argonne sur la cote 285, sur Vauquois et le bois de Cheppy.
A l'ouest de la Meuse, bombardement d'Avocourt, de la cote 304, d'Esnes et de Montzéville. Quelques rafales d'artillerie vers le Mort-Homme.
Canonnade à l'est de la Meuse et en Woëvre.
Une pièce allemande à longue portée a tiré vers Varangeville et Lunéville.
Une attaque allemande est brisée net au nord de Senones, en Lorraine. Nous faisons des prisonniers. A la Chapelotte, l'ennemi a perdu un millier d'hommes.
Nous avons capturé un aviatik dans l'Oise; un taube a été abattu au nord du Four-de-Paris. Nos avions ont bombardé les environs d'Etain, de Dansviller, la gare de Brieulles, celles de Conflans et de Pierrepont, celles de Mézières et de Rethel, les aciéries de joeuf-Homécourt.
Grande activité de nos appareils aussi dans l'Oise. Un zeppelin a survolé les environs d'Etaples.
Un raid de zeppelins sur le comté anglais de Kent a avorté.
Un biplan allemand a survolé la Suisse, près de Porrentruy : grande indignation dans les cantons.
 

Vendredi 28 avril
Intense activité d'artillerie sur la rive gauche de la Meuse (Avocourt, Esnes et Cumières).
Deux simulacres d'attaques ont été faits sur la rive droite par les Allemands : l'un, d'Haudromont à la ferme de Thiaumont; l'autre, entre Douaumont et Vaux; mais l'ennemi, arrêté par nos tirs de barrage, n'est pas sorti de ses tranchées.
Activité de nos batteries dans la région de Roye et à l'ouest de Pont-à-Mousson.
Nous avons abattu un avion ennemi en avant du fort de Vaux.
Trois de nos dirigeables ont bombardé, avec des projectiles de gros calibre, les gares d'Etain et de Bensdorf, et la voie ferrée d'Arnaville.
Nos avions ont lancé 37 obus de 120 sur différentes gares de la vallée de l'Aire, 25 obus de 120 sur les bivouacs de la vallée de l'Orne, 6 obus de 120 sur la gare de Thionville et 8 sur celle de Conflans.
Canonnade sur le front belge. Un communiqué officiel du secrétaire d'état américain invite la presse à ne pas montrer trop d'optimisme en ce qui concerne le conflit avec l'Allemagne.
La bataille a repris à Dublin entre les émeutiers et les troupes. Au parlement anglais, les deux chefs de partis irlandais, Redmond et Carson, flétrissent la révolte.

Samedi 29 avril
Au nord de l'Aisne, canonnade dans la région du bois des Buttes.
A l'ouest de la Meuse, lutte d'artillerie dans le secteur du bois de Malancourt.
A l'est, bombardement violent de nos positions entre la côte du Poivre et Douaumont.
Journée calme en Woëvre. Dans les Vosges, nous prenons sous notre feu un convoi ennemi aux abords de Moussey, au sud-est de Celles.
Nos avions ont bombardé la gare d'Audun-le-Roman, des baraquements près de Spincourt, les gares de Grandpré et de Challerange.
Canonnade sur le front belge, spécialement près de Ramscapelle.
Les Anglais ont envahi des tranchées ennemies près de Carnoy, ils ont repoussé des attaques au sud de Frelinghien, à la cote 60, à Saint-Eloi, dans la région Hohenzollern, à l'est et au nord-est de Loos.
Le croiseur anglais Russel a sauté sur une mine en Méditerranée. Il y a 124 manquants.
Un sous-marin allemand a été coulé en mer du Nord.
La situation s'ameliore en Irlande. L'ambassadeur américain à Berlin, M. Gérard, est parti pour le quartier génétal du kaiser afin d'y conférer avec ce dernier et avec le chancelier.

Dimanche 30 avril
Actions d'artillerie particulièrement vives en Belgique (sud de bixchoote).
En Argonne, un coup de main éxécuté au nord de Four-de-Paris nous a permis de nettoyer une tranchée adverse et de ramener des prisonniers.
Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands se sont massés au nord de la cote 304 en vue d'une action sur nos lignes. Attaqués aussitôt à la grenade, ils n'ont pu déboucher et se sont dispersés. Bombardement très vif dans la région d'Avocourt et d'Esnes.
Sur la rive droite, les Allemands ont lancé une attaque avec emploi de liquides enflammés sur nos tranchées, à l'ouest de la ferme de Thiaumont. Fauchés par nos tirs, ils ont été repoussés avec de fortes pertes. Nos feux ont également brisé une attaque sur nos positions entre Douaumont et Vaux.
En Lorraine, nous avons repoussé une reconnaissance ennemie au sud de Donesse.
Dans les Vosges, échec d'une attaque allemande à la Chapelotte.
Nos avions ont bombardé une usine à Hayange (Lorraine annexée).
Le général Townshend s'est rendu aux Turcs, en Mésopotamie, après 143 jours de résistance. Il avait avec lui 2970 Anglais et 6000 Hindous : les munitions lui manquaient.