| Jeudi 1er avril Combat d'artillerie en Champagne autour de Beauséjour et de Villes-sur-Tourbes. Activité incessante en Argonne, spécialement entre le Four-de-Paris et Bagatelle. Nous avons enlevé 150 mètres de tranchées et fait des prisonniers. L'ennemi a bombardé, au bois Le Prêtre, les positions qu'il avait perdues. Il a attaqué en force, mais la lutte a tourné à notre avantage. Combats d'avant-postes près de la forêt de Parroy (Lorraine).Nos aviateurs ont lancé des bombes sur des bivouacs ennemis en Woëvre, en Champagne, dans le Soissonnais et en Belgique. La gare maritime de Bruges et le camp d'aviation de Gits ont été bombardés avec succès. Les Russes refoulent les Allemands à l'ouest du Niémen, en faisant de nombreux prisonniers. Même succès en Pologne, plus au sud. Dans les Carpathes, la progression de nos alliés est irrésistible. 5500 Autricbiens sont tombés entre leurs mains. Les Allemands évacuent la région d'Ossovietz. Leur flotte a bombardé Libau, en Courlande, sans résultat appréciable. Le major Morath, le premier critique militaire d'outre-Rhin, admet que la Hongrie est fortement menacée. Les sous-marins allemands - ils seraient dix maintenant dans la Manche - ont coulé deux vapeurs anglais : le Flaminian et le Crown of Castille. Le City of Cambridge, bien que criblé d'obus, a pu leur échapper. |
Vendredi 2 avril La lutte de rues se poursuit sur de nombreux points du front : nous faisons exploser quatre fourneaux près de Dompierre (région de Péronne) et un rameau de mines à la ferme du Choléra (région de Berry-au-Bac) : ici, un poste d'écoute allemand a disparu dans l'entonnoir. 140 prisonniers, dont 3 officiers, ont été faits par nous au bois Le Prêtre, où toutes les contre-attaques ont été repoussées. A l'ouest de ce bois, dans la Woëvre, nous avons occupé le village de Fay-en-Haye et nous nous y sommes maintenus. C'est un bataillon de landwehr qui a attaqué nos avant-postes dans la région de Parroy. Il a été arreté et a subi de fortes pertes. A signaler plusieurs exploits d'aviateurs. En Belgique, les aviateurs belges ont bombardé le camp d aviation de Handzaeme et le noeud ferré de Cortemarck. Près de Dixmude, Garros, à coups de mitrailleuse, abat un aviatik. Sur l'Aisne, un autre taube est abattu à coups de fusil par Navarre. On annonce que l'escadre autrichienne est sortie de Cattaro et croise dans l'Adriatique. Le vapeur français Emma, allant de Dunkerque à Bordeaux, a été torpillé près de Beachy Head. ll y a dix-sept victimes. Des mesures vont être prises outre-Manche contre les méfaits de l'alcoolisme. Le roi George a fait écrire par son secrétaire une lettre pour montrer qu'il était prêt à s'associer à cette action. Lord Kitchener la favorisera. L'état de siège a été proclamé par M. Roume au Tonkin et en Cochinchine. |
Samedi 3 avril Journée calme sur presque tout le front. A Dompierre, près de Péronne, nous avons détruit à la mine plusieurs tranchées ennemies. A Bagatelle, en Argonne, nous avons arrêté net une tentative d'attaque.
Des avions français et anglais ont jeté une trentaine de bombes sur le champ d'aviation de Handzaeme. Un avion allemand a été abattu dans nos lignes, à l'est de Soissons. Une escadrille de bombardement a jeté cinqnante-trois obus sur les baraquements, les hangars et la gare de Vigneulles, en Woëvre. La plupart des objectifs ont porté. Nos avions ont été canonnés et quelques-uns ont subi des déchirures, mais aucun aviateur n'a été touché et tous sont rentrés sans accident. Les troupes allemandes se retirent rapidement dans la région située à l'ouest du Niémen, où elles sont serrées de près par les Russes. Dans les Carpathes, nos alliés ont obtenu de nouveaux résultats. Ils ont escaladé des montagnes à pic, et où la neige était encore épaisse, et ont pris toute une série de hauteurs fortifiées, dans la chaîne des Beskides. En une seule journée, le 30 mars, ils ont capturé 80 officiers autrichiens, 5600 hommes, 4 canons et 14 mitailleuses. Les bataillons autrichiens qui s'étaient avancés vers Chotine, en Bessarabie, ont été partiellement anéantis. Les survivants, soit 1500 hommes, ont été fait prisonniers. La piraterie allemande continue. Un vapeur norvégien et trois chalutiers anglais ont été torpillés par des sous-marins. On annonce qu'un accord aurait été conclu entre la Serbie et l'Italie au sujet de la répartition des régions riveraines de l'Adriatique. Un lieutenant-colonel russe, nommé Miassoyedoff, a été pendu pour haute trahison. La polémique continue dans la presse d'Athènes, entre M. Venizelos et le nouveau ministre des Affaires étrangères, M. Zographos, au sujet de l'orientation diplomatique de la Grèce. |

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| Du Camp des Romains aux Eparges En haut, la situation des assiègeants : le fort du Camp des Romains et le combat des Eparges. Le camp, qui marque la pointe extrême de l'avance allemande entre Toul et Verdun est à 150 mètres de l'autre côté de la route de Commercy à Saint-Mihiel.
Quant au combat, à peine trouble-t-il le paysage. Le ruisseau de Longeau coule paisiblement, tandis que des milliers d'hommes,
à un kilomètre de là, luttent et meurent héroïquement pour sauver l'indépendance de la patrie. |



| Dimanche 25 avril Au nord d'Ypres, les Allemands ont essayé d'exploiter la surprise provoquée par l'emploi de leurs gaz asphyxiants. Ils ont échoué. Ils ont reperdu, devant une vigoureuse poussée des zouaves et des carabiniers belges, le village de Lizerne qu'ils avaient enlevé; ils ont dû ensuite reculer encore au delà. Les troupes britanniques, violemment attaquées, ont riposté par une forte contre-attaque. En Champagne, où l'ennemi a fait exploser des mines près de nos tranchées, nous avons occupé les entonnoirs (fortin de Beauséjour). Nous avons repoussé plusieurs attaques aux Eparges, à la forêt d'Apremont, au bois d'Ailly, au sud de la forêt de Parroy, et au Reichackerkopf. L'Allemagne et l'Autriche, pour essayer d'arrêter l'Italie au moment suprême, lui ont adressé de nouvelles offres de concessions, mais qui sont jugées tout aussi insuffisantes, que les précédentes. Quatre bâtiments de diverses nationalités ont été encore torpillés par les sous-marins allemands. De nouveaux troubles, et beaucoup plus graves que les précédents, se sont produits a Trieste. Deux taubes ont paru sur Hazebrouck mais ont dû aussitôt rebrousser chemin. On réclame à nouveau, outre-Rhin, la confiscation de stocks de pommes de terre par l'Etat, ces tubercules étant accaparés par certaines personnes et vendus à des prix très élevés. La Grèce serait encore une fois entrée en pourparlers avec la Triple Entente. | |
| Lundi 26 avril En Belgique, nos contre-attaques se poursuivent avec succès. Les Allemands, qui attaquaient avec deux corps d'armée, ont usé de nouveau de gaz asphyxiants. Mais nous avons sensiblement progressé sur la rive droite du canal de l'Yser, tandis que les Anglais gardaient toutes leurs positions. En Argonne, action très vive; nous avons enlevé une tranchée, pris deux-mitrailleuses et fait des prisonniers. Sur les Hauts-de-Meuse, une division ennemie qui attaquait a d'abord fait plier notre première ligne, puis a été ramenée en arrière par une contre-attaque. La flotte russe de la mer Noire, renforcée d'un dreadnought, est passée devant Constantza, le port roumain, se dirigeant vers le sud. Les journaux italiens reconnaissent que l'Italie est tombée d'accord avec la Triple Entente sur l'objet des dernières négociations. Le parti de l'indépendance hongroise, très mécontent de l'attitude du comte Tisza, recommence son opposition au gouvernement. Les Serbes ont détruit un monitor austro-hongrois sur le Danube. |
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| Mardi 27 avril Les troupes britanniques ont repoussé deux attaques allemandes débouchant de Paschendaële et de Brodseinde, en Flandre. L'ennemi a bombardé Ypres, mais au nord de cette ville, nous l'avons refoulé en lui infligeant de grosses pertes. Il a recouru encore aux gaz asphyxiants, mais un excellent moyen de protection a été mis en usage de notre côté. Une offensive allemande a été arrêtée à Notre-Dame-de-Lorette. Violent combat à Fay, autour d'un entonnoir, d'où nos troupes ont délogé l'ennemi et où elles se sont maintenues. A Beauséjour, nous brisons une offensive allemande. Les attaques de nos adversaires ont subi un échec complet sur le front Eparges-St Rémy-Calonne. Leurs cadavres couvrent les pentes. Leur mouvement s'était prononcé avec deux divisions. Les Allemands ont réussi à reprendre pied sur la cime du "Vieil Armand" : mais nous restons à cent mètres de là. Le corps expéditionnaire franco-anglais a débarqué, sous les ordres du général John Hamilton, à Gallipoli. La résistance turque a été brisée et les troupes ont immédiatement coopéré à la reprise de l'attaque du détroit. Un zeppelin a été détruit en Flandre. Les ambassadeurs d'Autriche et d'Allemagne tentent un dernier effort pour maintenir l'Italie dans la neutralité. |
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| SIX ALLEMANDS PRETENDENT " FAIRE KAMERAD " |
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De la ligne française on aperçoit les Allemands dans leur tranchée |