Jeudi 1er avril
Combat d'artillerie en Champagne autour de Beauséjour et de Villes-sur-Tourbes. Activité incessante en Argonne, spécialement entre le Four-de-Paris et Bagatelle. Nous avons enlevé 150 mètres de tranchées et fait des prisonniers. L'ennemi a bombardé, au bois Le Prêtre, les positions qu'il avait perdues. Il a attaqué en force, mais la lutte a tourné à notre avantage. Combats d'avant-postes près de la forêt de Parroy (Lorraine).Nos aviateurs ont lancé des bombes sur des bivouacs ennemis en Woëvre, en Champagne, dans le Soissonnais et en Belgique. La gare maritime de Bruges et le camp d'aviation de Gits ont été bombardés avec succès.
Les Russes refoulent les Allemands à l'ouest du Niémen, en faisant de nombreux prisonniers. Même succès en Pologne, plus au sud. Dans les Carpathes, la progression de nos alliés est irrésistible. 5500 Autricbiens sont tombés entre leurs mains. Les Allemands évacuent la région d'Ossovietz. Leur flotte a bombardé Libau, en Courlande, sans résultat appréciable. Le major Morath, le premier critique militaire d'outre-Rhin, admet que la Hongrie est fortement menacée.
Les sous-marins allemands - ils seraient dix maintenant dans la Manche - ont coulé deux vapeurs anglais : le Flaminian et le Crown of Castille. Le City of Cambridge, bien que criblé d'obus, a pu leur échapper.
 
Vendredi 2 avril
La lutte de rues se poursuit sur de nombreux points du front : nous faisons exploser quatre fourneaux près de Dompierre (région de Péronne) et un rameau de mines à la ferme du Choléra (région de Berry-au-Bac) : ici, un poste d'écoute allemand a disparu dans l'entonnoir. 140 prisonniers, dont 3 officiers, ont été faits par nous au bois Le Prêtre, où toutes les contre-attaques ont été repoussées. A l'ouest de ce bois, dans la Woëvre, nous avons occupé le village de Fay-en-Haye et nous nous y sommes maintenus. C'est un bataillon de landwehr qui a attaqué nos avant-postes dans la région de Parroy. Il a été arreté et a subi de fortes pertes. A signaler plusieurs exploits d'aviateurs. En Belgique, les aviateurs belges ont bombardé le camp d aviation de Handzaeme et le noeud ferré de Cortemarck. Près de Dixmude, Garros, à coups de mitrailleuse, abat un aviatik. Sur l'Aisne, un autre taube est abattu à coups de fusil par Navarre.
On annonce que l'escadre autrichienne est sortie de Cattaro et croise dans l'Adriatique.
Le vapeur français Emma, allant de Dunkerque à Bordeaux, a été torpillé près de Beachy Head. ll y a dix-sept victimes.
Des mesures vont être prises outre-Manche contre les méfaits de l'alcoolisme. Le roi George a fait écrire par son secrétaire une lettre pour montrer qu'il était prêt à s'associer à cette action. Lord Kitchener la favorisera.
L'état de siège a été proclamé par M. Roume au Tonkin et en Cochinchine.
 
Samedi 3 avril
Journée calme sur presque tout le front. A Dompierre, près de Péronne, nous avons détruit à la mine plusieurs tranchées ennemies. A Bagatelle, en Argonne, nous avons arrêté net une tentative d'attaque. Des avions français et anglais ont jeté une trentaine de bombes sur le champ d'aviation de Handzaeme. Un avion allemand a été abattu dans nos lignes, à l'est de Soissons. Une escadrille de bombardement a jeté cinqnante-trois obus sur les baraquements, les hangars et la gare de Vigneulles, en Woëvre. La plupart des objectifs ont porté. Nos avions ont été canonnés et quelques-uns ont subi des déchirures, mais aucun aviateur n'a été touché et tous sont rentrés sans accident.
Les troupes allemandes se retirent rapidement dans la région située à l'ouest du Niémen, où elles sont serrées de près par les Russes. Dans les Carpathes, nos alliés ont obtenu de nouveaux résultats. Ils ont escaladé des montagnes à pic, et où la neige était encore épaisse, et ont pris toute une série de hauteurs fortifiées, dans la chaîne des Beskides. En une seule journée, le 30 mars, ils ont capturé 80 officiers autrichiens, 5600 hommes, 4 canons et 14 mitailleuses. Les bataillons autrichiens qui s'étaient avancés vers Chotine, en Bessarabie, ont été partiellement anéantis. Les survivants, soit 1500 hommes, ont été fait prisonniers. La piraterie allemande continue. Un vapeur norvégien et trois chalutiers anglais ont été torpillés par des sous-marins. On annonce qu'un accord aurait été conclu entre la Serbie et l'Italie au sujet de la répartition des régions riveraines de l'Adriatique. Un lieutenant-colonel russe, nommé Miassoyedoff, a été pendu pour haute trahison. La polémique continue dans la presse d'Athènes, entre M. Venizelos et le nouveau ministre des Affaires étrangères, M. Zographos, au sujet de l'orientation diplomatique de la Grèce.
 


Dimanche 4 avril
La guerre de mines se poursuit avec avantage, dans la région de la Somme, vers Dompierre et la Boisselle. A Lassigny, une attaque allemande qui essayait de déboucher des tranchées a été arrêtée net. Deux autres attaques ont été repoussées à Burnhaupt-le-Haut, en Alsace. Le nombre des prisonniers faits ces jours-ci par nous, au bois Le Prêtre, dépasse deux cents.
Un incident sérieux s'est produit à la frontiére serbo-bulgare : une bande de comitadjis bulgares a franchi cette frontière, attaqué les avant-postes serbes à Valandovo et à la gare de Stroumitza et enlevé deux canons. Les Serbes ont d'abord reculé, puis après avoir reçu des renforts, ont refoulé les envahisseurs auxquels ils ont repris les canons.
Les Russes ont infligé de grosses pertes aux Allemands, à l'ouest du Niémen. Dans les Carpathes, ils ont progressé antour d'Usjok, en se saisissant d'un certain nombre de sommets et de positions fortifiées. Autour de Meso-Laboretch (Hongrie), une série d'offensives autrichiennes ont été brisées; 2300 prisonniers ont été faits par nos alliés. La nouvelle classe russe, environ 600.000 hommes, vient d'être appelée sous les drapeaux.
L'Autriche, inquiète des manifestations interventionnistes qui se produisent en Italie et des mesures militaires prises par le gouvernement de Rome, a demandé des éclaircisements à ce dernier. M. Salandra, a répondu que ces manifestations et ces mesures ne devaient pas être considérées comme des menaces.
Les aviateurs alliés ont jeté des bombes sur l'arsenal de Malines.
Un grand conseil de guerre a siégé à Constantinople. Il en ressort que les dirigeants de l'empire ottoman appréhendent un prochain désastre.

Lundi 5 avril
Nos progrés ont continué en Woëvre. Nons avons enlevé le village de Régniéville, à 2 kilomètres et demi à l'ouest de Fay-en-Haye, déjà enlevé le 1er avril.
L'offensive russe est toujours couronnée de succès dans les Carpathes. Les progrès de nos alliés se confirment spécialement dans la région d'Usjok. Ils ont capturé 100 officiers et 7000 hommes, ce qui atteste la désagrégation et la démoralisation de l'armée autrichienne. Le général Alexeief remplace au commandement des armées du nord-ouest le géneral Rousski.
Des voyageurs arrivés d'Autriche en Italie, racontent que des révoltes ont éclaté à Vienne, à Prague et à Brünn et que des barricades y ont été dressées. La population n'a plus de quoi manger et les enfants meurent en masse faute de lait.
L'incident serbo-bulgare serait réglé : la Bulgarie aurait désavoué les comitadjis et promis de les châtier. Il est avéré, d'autre part, que des Turcs s'étaient glissés parmi les bandes qui ont attaqné Valandovo et la gare de Stroumitza.
Le croiseur turc Medjidieh, de 3500 tonnes, a heurté une mine et a coulé.
L'Italie poursuit ses préparatifs militaires. Le gouvernement a créé la charge de sous-chef de l'état-major général et constitué une catégorie de capitaines en premier. Mais les ministres sont partis en vaçances. M. Salandra est à Sorrente. On dit que les décisions diplomatiques sont désormais prises.
Des taubes ont survolé Saint-Dié, les environs de Chalons-sur-Marne et Clermont-en-Argonne.

Mardi 6 avril
Nous avons réalisé des progrés intéressants à l'est de Saint-Mihiel et à l'ouest de Régniéville.
D'après les renseignements qu'a recueillis l'autorité militaire, les avions de l'armée britannique ont endommagé le hangar à dirigeables de Berghen-Sainte-Agathe (Belgique), ainsi qu'un dirigeable qui y était abrité. A Hoboken, ils ont incendié les chantiers de constructions navales, détruit deux sous-marins, endommagé un troisième sous-marin, tué et bléssé 102 Allemands.
L'Amérique a rappelé tous ceux de ses officiers qui étaient en mission à l'armée allemande. On croit que le cabinet de Berlin se serait déclaré froissé de l'attitude de ces officiers qui étaient trop favorables, d'après lui, à la cause des alliés.
L'armée russe qui opérera contre Constantinople comprendra 150.000 honmes.
Les sous-marins allemands ont coulé deux vapeurs anglais et un voilier russe. Ils auraient aussi torpillé un navire italien.
Le général Porro a été nommé sous-chef d'état-major de l'armée italienne.
Les pertes allemandes sont maintenant, officiellement de 1.500.000 hommes.
Des manifestations ont eu lieu à la Haye contre le nouveau ministre d'Allemagne, M. de Cuhlmann.
Le ministre de Bulgarie a présenté ses excuses, à Athènes, à M.Zographos, ministre des Affaires étrangères, au sujet, d'un attentat commis contre la légation hellénique à Sofia.
Un prêtre catholiqne a été pendu en Syrie pour avoir écrit une lettre au président de la Chambre française en dénonçant la situation faite aux Libanais.

Mercredi 7 avril
A l'est de Verdun, nos troupes ont occupé le village de Gussainville et les crêtes qui dominent le cours de l'Orne. Au bois d'Ailly et au bois Le Prêtre, nous avons conquis de nouvelles tranchées. Nous avons également progressé au sud-est d'Hartmannswiller.
Il ressort d'une statistique officielle qu'à la date du 25 mars, l'armée allemande avait déjà perdu plus de la moitié de ses officiers.
Une escadre anglaise a bombardé Smyrne dont la reddition n'est plus qu'une question de temps.
Les Russes progressent toujours dans les Carpathes où les Autrichiens se trouvent dans une situation critique.

Jeudi 8 avril
Un détachement allemand qui avait réussi à passer l'Yser avec trois mitrailleuses, près de Driegrachten, a été attaqué et enlevé par les troupes belges.
A l'est de Verdun, et à proximité d'Etain ,(3 kilomètres au maximum), nous avons enlevé les fermes du Haut-Bois et de l'Hôpital. Près de Pareid, nous avons pris deux lignes de tranchées. Aux Eparges, nous avons réalisé un bond important. En dépit de contre-attaques furieuses, les Allemands n'ont rien regagné : ils ont été absolument fauchés par notre feu. Nous avons progressé également au bois d'Ailly et au bois Brûlé, et fait de nombreux prisonniers. La journée a été également bonne au bois Le Prêtre.
Dans les Carpathes, près de la chaîne des Beskides, où leur offensive a réalisé de sérieux résultats (la plupart des sommets sont en leurs mains), les Russes ont capturé 2900 autrichiens.
L'incident serbo-bulgare n'est toujours pas réglé. La Grèce a envoyé une note à Sofia pour signaler l'intrusion des comitadjis sur son territoire.

Vendredi 9 avril
Nouveaux succès pour nous entre Meuse et Moselle. Nouveau bond en avant aux Eparge,où nous repoussons préalablement trois violentes contre-attaques et où nous comptons sur le terrain plus de 1000 cadavres allemands. Au bois de la Morville, plus au sud, nous détruisons complètement une compagnie ennemie. Au bois d'Ailly, nous prenons quelques tranchées. Au bois de Mortmare, nous nous installons dans les organisations défensives de l'ennemi, qui ne peut, malgré ses efforts, parvenir à nous en chasser.
D'après un résumé officiel, nous avons réalisé, au cour des quatre derniers jours, les progrés suivants : à l'est et au nord-est de Verdun, gain de un à trois kilomètres en profondeur sur un front de vingt kilomètres en longueur, occupation des hauteurs qui dominent l'Orne; sur les Hauts-de-Meuse, conquête de la position allemande des Eparges; près de Saint-Mihiel, prise de la partie sud-ouest du bois d'Ailly; dans la Woëvre méridionale, occupation de 3 kilomètres en profondeur sur un front de 7 à 8 kilomètres.
Les Autrichiens ont, une fois de plus, bombardé Belgrade sans résultat.
Le croiseur allemand Eitel Friedrich se fait interner aux Etats-Unis.
M.Venizelos déclare que, mécontent de l'attitude du roi à son égard, il va se retirer de la vie publique. Ses amis s'efforcent de le faire revenir sur cette décision.
Une violente manifestation interventionniste a eu lieu à Gênes.
Les Turc ont vainement dirigé une attaque contre le canal de Suez.

 
 
Du Camp des Romains aux Eparges
En haut, la situation des assiègeants : le fort du Camp des Romains et le combat des Eparges. Le camp, qui marque la pointe extrême de l'avance allemande entre Toul et Verdun est à 150 mètres de l'autre côté de la route de Commercy à Saint-Mihiel. Quant au combat, à peine trouble-t-il le paysage. Le ruisseau de Longeau coule paisiblement, tandis que des milliers d'hommes, à un kilomètre de là, luttent et meurent héroïquement pour sauver l'indépendance de la patrie.
 


Samedi 10 avril
Les troupes britanniques ont repoussé une attaque entre Kemmel et Wulverghem, près d'Ypres. Entre Meuse et Moselle, brillantes actions françaises. La position des Eparges, qui domine la Woëvre, est toute entière entre nos mains, toutes les contre-attaques ennemies ayant échoué. Les derniers îlots occupés par les Allemands ont été enlevés et nous avons fait 150 prisonniers.
Nous avons repoussé trois attaques au bois d'Ailly; quinze attaques au bois Mortmare, où les pertes allemandes sont énormes. En Champagne, combat assez vif près de Beauséjour, où les pertes allemandes ont été sensibles aussi et d'où nous avons complètement refoulé nos adversaires. Nous avons fait encore 150 prisonniers à l'Hartmannswillerkopf.
Les troupes russes ont franchi la crête des Carpathes, qu'elles tiennent sur une longueur de 100 kilomètres. Elles ont capturé 1200 Allemands et Autrichiens. La ville de Czernowitz, en Bukovine, a été détruite par un incendie. Sur le Niénien, les combats n'ont plus qu'une importance secondaire.
Les sous-marins allemands ont coulé un chalutier anglais et un voilier portugais.
Les Turcs fortifient les lignes de Tchataldja, entre Constantinople et Andrinople, comme s'ils appréhendaient une agression bulgare.
M. Venizelos, refusant de céder aux instances de ses amis, persiste dans sa volonté de quitter la vie politique.
Le bruit qui avait couru d'une violation du territoire hollandais par les troupes allemandes est catégoriquement démenti.

Dimanche 11 avril
Entre Meuse et Moselle, nouveaux progrès des troupes françaises. Dans la région des Eparges, la totalité de la position étant en notre pouvoir, l'ennemi n'a tenté aucune offensive. Deux divisions ont été successivement engagées par lui, depuis deux mois, dans ce secteur, et ses pertes sont évaluées à 30.000 hommes.
Au bois de Mortmare, nous enlevons une nouvelle ligne de tranchées et repoussons une contre-attaque. Au nord de Regniéville, nous élargissons légèrement notre position. En Lorraine, les Allemands ont capturé une demi-compagnie qui s'était aventurée, à Bezange-la-Grande (sud-ouest de Château-Salins), en dehors de nos lignes.
Les Russes poursuivent une offensive efficace entre la frontière de la Bessarabie et Czernowitz.
Les Etats-Unis ont reçu de l'Allemagne une note passablement arrogante, où celle-ci leur demande de respecter strictement la neutralité.
Les avions alliés ont jeté des bombes dans la région Heyst-Bruges et Knocke.
Le ministère allemand de la guerre fait appel à tous les éléments encore disponibles. Le Landsturm non exercé commence à partir. C'est la véritable levée en masse.
Les opérations ont repris dans les Dardanelles. Djavid bey, qui semble être décidément un négociateur officieux de la Porte, a eu un entretien à Berne avec le ministre russe.
L'emploi du français est interdit sous des peines sévères dans la Haute-Alsace.

Lundi 12 avril
Action d'artillerie en Belgique. Au nord d'Albert, les Allemands ont prononcé une attaque sur les deux rives de l'Ancre, vers Hammel et le bois de Thiepval; ils ont été repoussés. Dans l'Argonne, lutte violente : nous avons démoli un blockhaus, pris 300 mètres de tranchées, brisé deux contre-offensives. Aucune action du côté des Eparges et de Combres. Au bois d'Ailly, nous nous rendons maîtres d'une nouvelle ligne de tranchées. Au bois de Mortmare, nous avons gagné, puis reperdu, quelques tranchées. Au bois Le Prêtre, avance de nos troupes, puis refoulement de deux contre-attaques ennemies.
Nos avions ont bombardé avec de gros obus la gare maritime et la fonderie de Bruges.
Bulgares et Serbes continuent à publier de longues notes au sujet des incidents de Valandovo. Les Bulgares, à l'encontre des Serbes, affirment que l'attaque n'a pas été le fait de comitadjis armés et concentrés dans leur pays.
Dans les Carpathes, les Russes ont enlevé un mamelon important. Sur un autre point, ils ont capturé 1000 Autrichiens. Mais une neige épaisse couvre encore les pentes du versant sud vers la plaine hongroise.
L'état-major de Vienne continue à accumuler les préparatifs militaires dans le Trentin.
Deux meetings, l'un interventionniste, l'autre neutraliste, ont été interdits à Rome.
Le vapeur anglais Harpalyce a été coulé par un sous-marin allemand.
Le général Pau est rentré en France.

Dans les Carpathes, ces sentinelles autrichiennes et allemandes assurent leur garde sous un froid constant

Mardi 13 avril
Canonnade en Belgique et sur l'Ancre. Pas d'action d'infanterie.
Les Allemands ont contre-attaqué aux Eparges, mais ont été repoussés. Actions d'artillerie violentes au bois d'Ailly et dans la région de Flirey. Au bois Le Prêtre, les Allemands esquissent une attaque. mais sont facilement repoussés. Un dirigeable ennemi a jeté sept bombes sur Nancy, l'une est tomhée près d'un hôpital, l'autre près d'une école.
Les sous-marins allemands ont torpillé les vapeurs anglais Guernesey, Président et Wayfarer, le vapeur français Frédéric-Franck.
Le corsaire germanique Kronprinz Wilhellm, le dernier de la liste, a été interné aux Etat-Unis.
Un memorandum que le comte Bernstorff, ambassadeur allemand, vient de présenter au cabinet de Washington sur l'attitude de l'Union, soulève là-bas l'indignation générale.
Les Russes ont fait encore 2000 prisonniers dans les Carpathes. Guillaume II aurait pris la direction suprême de la défense en Hongrie. Le général bulgare Sarafov s'engage dans l'armées russe.
Les Jeunes-Turcs ont demandé a l'Allemagne de leur envoyer 300000 hommes : faute de quoi, ils feraient la paix avec la Triple Entente. L'ex-sultan Abdul-Hamid a été transféré à Smyrne.


Mercredi 14 avril
Rien à signaler entre la mer et l'Aisne, que quelques actions d'artillerie. Dans l'ensemble, nous avons maintenu et consolidé nos positions sur les divers points où nous avions antérieurement progressé. A l'est de Berry-au-Bac, nous avons enlevé une tranchée allemande. En Argonne, lutte de mines et combat à coups de bombes et de grenades d'une tranchée à l'autre. Entre Meuse et Moselle, nos troupes sont parvenues, en plusieurs points, au contact des réseaux de fil de fer de la défense ennemie.
Nos avions ont bombardé efficacement les hangars militaires de Vigneulles, en Woëvre, et dispersé un bataillon en marche.
D'après un télégramme de source danoise, des avions français ont jeté des bombes sur des casernes à Hambourg, en y provoquant l'incendie.
Les Austro-Allemands ont tenté une contre-offensive contre les Russes des Carpathes, en tournant leur aile gauche dans la direction de Stryj, mais ils ont été repoussés avec des pertes énormes.
La presse américaine attaque avec une violence croissante le comte Bernstorf, ambassadeur d'Allemagne, dont la note outrecuidante contient des termes injurieux pour la grande république.
Un important conseil des ministres a eu lieu à Rome. L'heure décisive approche pour l'Italie et M. Giolitti, jusqu'ici partisan de la neutralité, aurait déclaré que la guerre entre son pays et l'Autriche devenait inévitable.
L'Allemagne publie une note pour se plaidre du traitement infligé en Angleterre aux équipages des sous-marins capturés et pour annoncer qu'elle exercera des représailles sur les marins britanniques tombés entre ses mains.

Jeudi 15 avril
Nous avons enlevé une tranchée près de Berry-au-Bac, puis l'ennemi l'ayant reprise, nous nous sommes installés à proximité dans une tranchée nouvelle. En Champagne, notre feu a arrêté sur place (près de Perthes) un détachement d'infanterie qui tentait de sortir de ses lignes. Aux Eparges, notre artillerie a brisé une contre-attaque qui débouchait de Combres.
Progrès de nos troupes au bois d'Ailly et au bois de Mortmare: nous capturons des soldats, des fusils et des munitions.
Un zeppelin a jeté des bombes à Bailleul, tuant trois civils. Deux avions allemands ont atterri dans nos lignes, à Braine et près de Lunéville: les aviateurs ont été faits prisonniers. Un troisième avion a été abattu par le feu de nos avant-postes, à Ornes, au nord de Verdun.
Les Russes ont obtenu un succès près du col d'Uszok, dans les Carpathes, où ils ont fait 2.700 prisonniers, dont un très grand nombre d'officiers. Dans la région du Niémen, ils ont repoussé plusieurs attaques allemandes.
Un contre-torpilleur et un croiseur anglais sont entrés dans les Dardanelles, où ils ont repris un bombardement efficace. Un aviateur français a jeté des bombes sur les forts de Smyrne.
L'Italie poursuit avec vigueur ses préparatifs militaires.
Une révolte de femmes a eu lieu à Prague et des régiments tchèques se sont de nouveau révoltés en Hongrie.

Vendredi 16 avril
A Ovillers, près de la Boisselle, notre artillerie bouleverse les ouvrages ennemi.
Brillant succès pour nous près d'Arras. Tout l'éperon sud-est de Notre-dame-de-Lorette est enlevé à la baionnette, par nos troupes. Nous repoussons deux attaques à Thiepval. A Bagatelle, en Argonne, nous démolissons la principale tranchée allemande. Aux Eparges, trois offensives allemandes sont brisées avec de fortes pertes pour l'agresseur. Une autre offensive est refoulée au bois de Mortmare; une autre encore au bois Le Prêtre. En Alsace, près de Metzeral (région de Munster), nous progressons de 1500 mètres.
La bataille est rude sur le front des Carpathes, où 4 millions d'hommes sont aux prises et où nos alliés continuent à faire des captures importantes. Sur le front de Pologne, ils prennent l'avantage, vers Sochatchew et Mlava.
Les sous-marins allemands ont torpillé un vapeur anglais et un vapeur hollandais. Les croiseurs allemands ont saisi quatre chalutiers à vapeur hollandais qui ont été amenés à Cuxhaven.
Un zeppelin, le Z-9, a jeté un certain nombre de bombes sur le littoral anglais du Northumberland. Les résultats ont été nuls : personne n'a été tué; les dommages matériels sont insignifiants.
Un taube a survolé et bombardé Calais. Un blessé.
Le bilan officiel des pertes anglaises au 11 avril est de 139347 hommes tués,blessés, prisonniers ou disparus.

Samedi 17 avril
Nos troupes ont repoussé trois contre-attaques à Notre-Dame-de-Lorette et une aux Eparges. Au bois de Mortmare, au cours d'un combat d'artillerie, nous avons réduit trois batteries au silence et fait sauter un dépôt de munitions. Notre artillerie a abattu un taube qui est tombé en face des lignes anglaises, au nord d'Ypres. Nos aviateurs ont jeté dix bombes sur les ateliers du chemin de fer de Léopoldshohe, - dix autres sur la poudrerie de Rothweil, et six ont porté, - quarante sur le Central Electrique de Maizières-lez-Metz.
Deux taubes ont fait quinze victimes à Anvers. Un taube a été abattu par Garros, entre Ypres et Armentières.
Des zeppelins ont survolé la côte anglaise de l'Essex et de Suffolk, mais leurs bombes n'ont produit aucun résultat : ils ont incendié un wagon et mis le feu à un dépôt de bois. Leur seule victime a été une poule.
Un incident s'est produit à la frontière austro-italienne, où quinze soldats ou douaniers autrichiens ont pénétré sur le sol italien. Le gouvernement de Rome change ceux de ses préfets qui passent pour favorables aux empires germaniques. tandis que les Allemands de marque quittent la Péninsule.
Un croiseur français a détruit le pont de la voie ferrée qui relie Saint-Jean-d'Acre à l'intérieur de la Syrie.
La situation est devenue très critique à Constantinople, où le manque de vivres se fait sentir. Au cours d'un conseil de guerre, le sultan Mehmed V a laissé entrevoir l'éventualité de son abdication.

Dimanche 18 avril
Nous arrêtons à Notre-Dame-de-Lorette trois contre-attaques successives et nos troupes s'organisent fortement sur le terrain conquis.
Sur l'Aisne, notre artillerie lourde bombarde les grottes de Pasly, où les Allemands s'abritent depuis plusieurs mois. Plusieurs d'entre elles se sont effondrées.
En Champagne, près de Perthes, l'ennemi a fait exploser deux mines, mais il n'a pu occuper aucun élément de tranchée. A Mesnil, une attaque dirigée par lui a été repoussée. En Woëvre, combat d'artillerie, spécialement dans la région de Mortmare.
Dans les Vosges, sensibles progrès pour nous sur les deux rives de la Fecht. Nous enlevons le grand massif du Schnepfenriethkopf, à 1255 mètres d'altitude.
Deux croiseurs anglais ont bombardé le golfe d'Enos, à l'ouest du golfe de Saros; un troisième est entré dans les Dardanelles. Un croiseur français a canonné des rassemblements de troupes ottomanes, à EI-Arish (frontière égypto-syrienne). Un contre-torpilleur turc s'est échoué et a été interné par les Grecs à Chio. La flotte russe de la mer Noire a bombardé à nouveau Eregli et Zunguldag. Nouveau succès anglais en Mésopotamie.
Un dirigeable français a bombardé la gare de Fribourg-en-Brisgau; un avion anglais a abattu un taube en Belgique, à Boesinghe. Un taube a lancé trois bombes sur Belfort. Un parseval a été accidentellement détruit.
La Hollande, dont la presse montre une irritation sans précédent, a remis à Berlin une protestation en règle contre la destruction du Katwijk.
Plus de 1000 canons ont été pris à Przemysl par les Russes, lors de la reddition de cette place.

Lundi 19 avril
Attaque allemande au bois de Saint-Mard, dans la vallée del'Aisne : elle est vigoureusement repoussée par le feu de l'artillerie et par une charge de baïonnette.
En Champagne, près de Perthes, l'ennemi doit évacuer l'entonnoir où il s'était installé à la suite d'une explosion de mines : nous lui enlevons aussi quelques dizaines de mètres de tranchées.
Canonnade en woëvre. Une série de petites offensives allemandes sont brisés par nous au nord et au sud de la forêt de Parroy.
En Alsace, nous refoulons une attaque à Orbey, trois attaques au Reichackerkopf, et nous gagnons du terrain au Schnepfenrieth près de Metzeral.
La bataille des Carpathes semble traverser une phase d'accalmie.
Nouveau succès anglais en Mésopotamie.
Un sous-marin britannique, en reconnaissant un champ de mines dans les Dardanelles, s'est échoué à la pointe de Képhis. L'équipage aurait été capturé par les Turcs, d'après un communiqué de Constantinople.
Un navire grec, l'Ellispontos, a été torpillé en mer du Nord.
Le club Union et Progrès a été fermé à Stamboul, sur l'ordre d'Enver pacha et de Talaat bey.

Mardi 20 avril
Les troupes britanniques ont enlevé en Belgique, près de 200 mètres de trancbées : elles ont consolidé leurs positions sur le terrain conquis. Des combats ont eu lieu aux Eparges, où nous avons repoussé une attaque; au bois de Mortmare, où les résultats sont incertains; à Regniéville, où nous avons l'avantage. En Alsace, notre avance s'est affirmée à nouveau sur les deux rives de la Fecht, où nous nous sommes installés sur toute une série de hauteurs, en prenant deux canons et deux mitrailleuses.
L'aviateur Garros a dû atterrir en Flandre, à Ingelmunster: il a été fait prisonnier.
La bataille des Carpathes est momentanément suspendue. Jusqu'ici, les Russes ont capturé 70.000 Austro-Allemands, 30 canons et 200 mitrailleuses. Des renforts bavarois sont arrivés vers Cracovie.
La canonnade a recommencé dans les dardanelles.
L'Autriche et l'Allemagne ont rappelé, par mesure de prudence, ceux de leurs vapeurs qui se trouvaient dans les eaux italiennes.
De nouvelles émeutes de la faim ont eu lieu en Autriche, spécialement dans le Trentin.
La Gazette de Francfort évalue les frais de la guerre, au 1er avril, pour tous les belligérants réunis à 42 milliards.


GARROS

Mercredi 21 avril
Les Allemands ont lancé sur Reims cinquante obus incendiaires. Lutte d'artillerie en Argonne et Champagne. Dans le bois de Mortmare, près de la route Essey-Flirey, nos attaques ont progressé. Au bois Le Prêtre, l'ennemi bombarde violemment nos positions, mais quand il veut passer à l'action d'infanterie, son offensive est aussitôt arrêtée. Combats d'avant-postes sur les lisières de la forêt de Parroy. Deux contre-attaques allemandes ont été repoussées sur l'Hartmanswillerkopf, en Alsace. Les manifestations de découragement et de lassitude se multiplient en Autriche-Hongrie, où l'on redoute l'invasion à la fois par le nord-est et par le sud.
Une mission hongroise, composée principalement des chefs de l'opposition, va arriver a Vienne.
M. de Bülow, comprenant sans doute que la vie à Rome lui serait désormais difficile, est décidé, paraît-il, à vendre sa villa Malta.
M.Lloyd George déclare aux Communes anglaises que l'appel à la conscription est superflu, en présence des bons résultats fournis par le libre recrutement.
Ce sont les marins anglais eux-mêmes qui ont détruit leur sous-marin E-15, échoué dans les Dardanelles, pour éviter qu'il ne tombât aux mains des Turcs.
Le vapeur néerlandais Olands a coulé en mer du Nord, après avoir heurté une mine.

Jeudi 22 avril
Les Allemands attaquent les tranchées conquises par les troupes britanniques à la cote 6o (Flandre). Ils sont repoussés; de ce côté, ils ont perdu, en quatre jours, de 3 à 4000 hommes. Canonnade dans la région d'Arras. En Champagne, à Ville-sur-Tourbe, et en Argonne, à Bagatelle, nous arrêtons net deux offensives ennemies. Entre Meuse et Moselle, combats d'importance seconde, au bois d'Ailly, au bois de Mortmare, au bois Le Prêtre. Nous enlevons une tranchée près de Flirey, où l'ennemi a laissé 300 morts sur le terrain. Canonnade en Lorraine. Nous repoussons un nouvel assaut à l'Hartmannswillerkopf.
Les Russes ont brisé une offensive autrichienne dans les Carpathes, en infligeant de grandes pertes à leurs adverbaires et en faisant de nouveaux prisonniers. Des avions allemands ont lancé une centaine de bombes sur Biélostok, entre Varsovie et Grodno.
La flotte franco-anglaise a bombardé Boulaïr dans la presqu'île de Gallipoli. Les torpilleurs russes ont coulé dix bateaux turcs chargés de munitions.
Le gouvernement allemand a pris la responsabilité de la note injurieuse remise par son ambassadeur Bernstorff au président Wilson. Ce dernier prépare une réponse qui sera, affirme-t-on, très énergique.

Vendredi 23 avril
Les troupes britanniques, en Flandre, repoussent deux attaques près de Langemarck. Les contre-attaques allemandes dirigées systématiquement contre la côte 60, près de Zvartelen, ont définitivement échoué. Elles se sont soldées, pour l'enmemi, par des pertes plus sensibles encore qu'on ne l'avait cru d'abord. Combat d'artillerie dans le secteur de Reims. Une attaque allemande est repoussée à Bagatelle dans l'Argonne. Nous enlevons deux lignes de tranchées importantes dans la forêt d'Apremont, Près de St-Mihiel. Les pertes ennemies sont graves. En Alsace, nos progrès continuent sur les deux rives de la Fecht et nous nous rapprochons de Metzeral.
Les Autrichiens ont enregistré une nouvelle défaite, trés sanglante, dans les Carpathes. Guillaume II est arrivé à Czernovitz, où il a harangué les troupes, après quoi il est reparti pour Cracovie. Trois avions ont survolé Varsovie en jetant des bombes.
La flotte alliée continue à bombarder les fortifications turques de Gallipoli. Le gouvernement italien vient de réquisitionner tous les transatlantiques. Il a préparé toute une série de décrets qui sont tenus secrets.
M.Bryan, secrétaire d'Etat de l'Union, a publié la réponse qu'il a adressée à la note insolente de l'ambassadeur allemand. L'Amérique continuera, comme sa neutralité l'y autorise, à vendre aux alliés des armes et des munitions.

Samedi 24 avril
Combats en Flandre. Au nord de Dixmude, les Belges ont repoussé une attaque dirigée sur le château de Vicogne, en infligeant de fortes pertes à l'ennemi. Au nord d'ypres, les Allemands, en employant quantité de bombes asphyxiantes, dont l'effet a été ressenti jusqu'à 2 kilomètres en arrière de nos lignes, avaient réussi à nous faire reculer quelque peu. Mais une vigoureuse contre-attaque n'a pas tardé à nous restituer le terrain perdu, et nous avons, avec le concours de l'armée belge à notre gauche et de l'armée anglaise à notre droite, fait de nombreux-prisonniers. Ceux qui sont tombés aux mains des anglais appartenaient à trois régiments différents.
A Beauséjour, en Champagne, nous avons démoli une pièce ennemie sous casemate qui battait nos tranchées en enfilade.
Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons brisé trois attaques à Calonne, aux Eparges et à Combres.
Près de St-Mihiel, au hois d'Apremont et au bois d'Ailly, nos progrés ont continué, 700 mètres de tranchées ont été conquis. Nous avons fait sauter deux dépôts de munitions dont l'explosion a presque totalement anéanti une compagnie.
Les nouveaux récits qui arrivent de l'affaire de la cote 6o confirment l'importance des pertes allemandes.
Les relations maritimes ont été suspendues entre l'Angleterre et la Hollande.
Les troubles s'aggravent à Trieste, où la population se révolte contre les officiers; l'état de siège a été proclamé.
Des entretiens suprêmes ont eu lieu à Rome, entre M. Sonnino et les ambassadeurs de l'Allemagne et de l'Autriche : MM.de Bülow et Macchio.

Dimanche 25 avril
Au nord d'Ypres, les Allemands ont essayé d'exploiter la surprise provoquée par l'emploi de leurs gaz asphyxiants. Ils ont échoué. Ils ont reperdu, devant une vigoureuse poussée des zouaves et des carabiniers belges, le village de Lizerne qu'ils avaient enlevé; ils ont dû ensuite reculer encore au delà. Les troupes britanniques, violemment attaquées, ont riposté par une forte contre-attaque.
En Champagne, où l'ennemi a fait exploser des mines près de nos tranchées, nous avons occupé les entonnoirs (fortin de Beauséjour).
Nous avons repoussé plusieurs attaques aux Eparges, à la forêt d'Apremont, au bois d'Ailly, au sud de la forêt de Parroy, et au Reichackerkopf.
L'Allemagne et l'Autriche, pour essayer d'arrêter l'Italie au moment suprême, lui ont adressé de nouvelles offres de concessions, mais qui sont jugées tout aussi insuffisantes, que les précédentes.
Quatre bâtiments de diverses nationalités ont été encore torpillés par les sous-marins allemands.
De nouveaux troubles, et beaucoup plus graves que les précédents, se sont produits a Trieste.
Deux taubes ont paru sur Hazebrouck mais ont dû aussitôt rebrousser chemin.
On réclame à nouveau, outre-Rhin, la confiscation de stocks de pommes de terre par l'Etat, ces tubercules étant accaparés par certaines personnes et vendus à des prix très élevés.
La Grèce serait encore une fois entrée en pourparlers avec la Triple Entente.  
 
Lundi 26 avril
En Belgique, nos contre-attaques se poursuivent avec succès. Les Allemands, qui attaquaient avec deux corps d'armée, ont usé de nouveau de gaz asphyxiants. Mais nous avons sensiblement progressé sur la rive droite du canal de l'Yser, tandis que les Anglais gardaient toutes leurs positions.
En Argonne, action très vive; nous avons enlevé une tranchée, pris deux-mitrailleuses et fait des prisonniers.
Sur les Hauts-de-Meuse, une division ennemie qui attaquait a d'abord fait plier notre première ligne, puis a été ramenée en arrière par une contre-attaque.
La flotte russe de la mer Noire, renforcée d'un dreadnought, est passée devant Constantza, le port roumain, se dirigeant vers le sud.
Les journaux italiens reconnaissent que l'Italie est tombée d'accord avec la Triple Entente sur l'objet des dernières négociations.
Le parti de l'indépendance hongroise, très mécontent de l'attitude du comte Tisza, recommence son opposition au gouvernement.
Les Serbes ont détruit un monitor austro-hongrois sur le Danube.
 
 
Mardi 27 avril
Les troupes britanniques ont repoussé deux attaques allemandes débouchant de Paschendaële et de Brodseinde, en Flandre. L'ennemi a bombardé Ypres, mais au nord de cette ville, nous l'avons refoulé en lui infligeant de grosses pertes. Il a recouru encore aux gaz asphyxiants, mais un excellent moyen de protection a été mis en usage de notre côté.
Une offensive allemande a été arrêtée à Notre-Dame-de-Lorette.
Violent combat à Fay, autour d'un entonnoir, d'où nos troupes ont délogé l'ennemi et où elles se sont maintenues.
A Beauséjour, nous brisons une offensive allemande.
Les attaques de nos adversaires ont subi un échec complet sur le front Eparges-St Rémy-Calonne. Leurs cadavres couvrent les pentes. Leur mouvement s'était prononcé avec deux divisions.
Les Allemands ont réussi à reprendre pied sur la cime du "Vieil Armand" : mais nous restons à cent mètres de là.
Le corps expéditionnaire franco-anglais a débarqué, sous les ordres du général John Hamilton, à Gallipoli. La résistance turque a été brisée et les troupes ont immédiatement coopéré à la reprise de l'attaque du détroit.
Un zeppelin a été détruit en Flandre.
Les ambassadeurs d'Autriche et d'Allemagne tentent un dernier effort pour maintenir l'Italie dans la neutralité.
 
 

Mercredi 28 avril
Nos progrès ont continué au nord d'Ypres, de même que ceux de l'armée britannique, nous avons fait de nombreux prisonniers, capturé aussi du matériel.
Sur le front des Hauts-de-Meuse, les attaques allemandes ont été complètement refoulées. On a compté sur un seul point près d'un millier de cadavres. De la défense initiale, nous sommes passés à l'offensive et nous progressons.
Nos troupes se sont réinstallées au sommet de l'Hartmannswillerkopf, puis elles ont avancé de 200 mètres sur les pentes Est.
Les forces alliées, aux Dardanelles, ont débarqué à la fois sur la rive asiatique et sur la côte européenne. Ce sont les contingents français qui ont opéré sur la rive asiatique, à Koum-Kalé, avec l'appui de l'artillerie de la flotte; ils ont occupé le village de ce nom et ont réussi à s'y maintenir, malgré de violentes contre-attaques. Cinq cents Turcs ont été capturés.
La flotte russe a bombardé l'entrée du Bosphore.
A la suite de l'échec allemand d'Ypres, trois généraux bavarois ont été mis à la retraite.
Lord Kitchener, ministre de la Guerre anglais, a protesté à la tribune contre le traitement infligé, outre-Rhin, aux prisonniers britanniques.
D'importantes conférences ont eu lieu à Rome, entre M. Sonnino, M. Barrère, ambassadeur de France et M. Rennel Rodd, ambassadeur d'Angleterre.
Des taubes ont survolé Belfort et Epernay sans faire de dommages.
Le Léon Gambetta a été torpillé dans l'adriatique par un submersible autrichien.

Jeudi 29 avril
Notre progression s'est poursuivie au nord d'Ypres et particulièrement à notre gauche. Nous avons pris des mitrailleuses, des lance-bombes et fait plusieurs centaines de prisonniers. Les pertes ennemies sont extrêmement élevées. En Champagne, les Allemands nous ont enlevé près de 300 mètres de tranchées avancées près de Beauséjour: nous en avons repris la moitié. En Argonne, à Marie-Thérèse, nous enrayons une tentative d'attaque. Sur les Hauts-de-Meuse, près des Eparges, nous avons gagné un kilomètre, infligé de fortes pertes à nos adversaires et détruit une batterie d'artillerie. Canonnade, mais sans attaque d'infanterie, à l'Hartmannswillerkopf.
Cent-trente-six hommes du Léon-Gambetta ont été sauvés, grâce à la coopération des autorités navales italiennes.
La bataille continue dans les Carpathes sans que la décision soit encore en vue, mais les Austro-Allemands se heurtent à un mur.
Notre action aérienne s'est fortement développée. Nos avions ont lancé 27 obus sur la gare de Bollwiller (près de Guebwiller, voie ferrée de Strasbourg à Mulhouse): 60 sur la gare de Chambley et sur celle d'Arnaville (à proximité de Metz); 6 sur les hangars des zeppelins à Friedrischafen (lac de Constance); 21 sur l'usine de Léopoldshoelle (duché de Bade). Nous avons abattu quatre avions ennemis.

Vendredi 30 avril
En Belgique, nous continuons à progresser, en liaison avec les troupes belges, sur la rive droite du canal de l'Yser, où nous avons pris 150 hommes et deux mitrailleuses. Deux attaques ennemies ont été repoussées : l'une près d'Ypres, l'autre aux Eparges.
La ville d'Epernay, quoique ouverte, a été bombardée par des avions, avec des obus incendiaires. Nous avons détruit le zeppelin qui avait opéré il y a quelques jours, au-dessus de Dunkerque.
Durant le dernier mois écoulé, et contrairement aux témoignages mensongers de l'agence Wolff, nous avons progressé de trois à quatre kilomètres sur tout le front lorrain, du canal de la Marne au Rhin jusqu'aux premiers contreforts des Vosges.
Le contre-amiral Senès qui avait arboré son pavillon sur le Léon-Gambetta a péri avec ce croiseur-cuirassé.
Les troupes alliées sont établies solidement sur plusieurs points de la presqu'île de Gallipoli. Enver pacha aurait fait fortifier les environs immédiats de Constantinople.
Le principal organe neutraliste italien reconnaît à son tour qu'il sera malaisé d'éviter la rupture avec l'Autriche, le cabinet de Vienne se refusant à accepter les concessions réclamées par l'Italie.
Dans les Carpathes et en Pologne orientale, les Russes ont remporté toute une série de succès significatifs.
Une délégation irlandaise est arrivée à Paris; elle vient affirmer le dévouement de l'île soeur à la cause des alliés.

SIX ALLEMANDS PRETENDENT " FAIRE KAMERAD " 
 
De la ligne française on aperçoit les Allemands dans leur tranchée