Dimanche 1er août
Des avions allemands ont bombardé Saint-Pol-sur-Mer, où ils n'ont d'ailleurs commis aucun dégât, et Gravelines, ou un enfant a été tué. Fusillade et canonnade en Artois, autour de Souchez et du Labyrinthe. Une explosion d'une mine a été suivie d'une lutte assez vive, en Argonne, au carrefour de la route Servon-Bagatelle et du Layon de Binarville.
Des bombes ont été lancées sur Nancy, ne faisant que des dégâts insignifiants. Un appareil allemand a dû atterrir, mais les aviateurs ont pu s'échapper. Le col de la Schlucht a été encore une fois bombardé.
Les critiques militaires français, anglais, russes et italiens approuvent le plan tactique adopté par le grand-duc Nicolas et qui consiste à évacuer le saillant de Pologne ( Varsovie, Ivangorod et Novo-Georgievsk).
Des combats d'avant-garde ont eu lieu, au front oriental, entre Niémen et Drina. Les Allemands ont réitéré vainement leurs attaques près de Suwalki. Ils se sont rapprochés de la forteresse de Kovno; duel d'artillerie sur la Narew, où les Russes ont obtenu quelques succès. Les Allemands ont attaqué par grandes masses sur les deux rives de la Wieprz, entre Vistule et Bug, mais ont été rejetés presque partout.
Sur le Bug près de Sokal, les Russes ont capturé un millier d'hommes et quatre mitrailleuses.
Sur le front austro-italien, petits combats favorables aux Italiens sur la rive occidentale du lac de Garde. En Cadore ( vallée du Boito ), les Autrichiens ont été défaits dans leurs diverses tentatives. Ils ont été battus également dans le val de San Pellegrino; dans le Carso, les Italiens ont enlevé plusieurs éléments de tranchées. Ils ont capturé quatre officiers et cent-vingt soldats à l'ennemi, tout près de Gradisca.

Lundi 2 août
Nous repoussons, autour de Souchez, en Artois, quelques attaques allemandes à la grenade.
Nos batteries d'artillerie déciment un rassemblement ennemi en formation dans la Haye, entre Moselle et Meuse. Nous refoulons des offensives au Sobratzaennele et au Reichackerkopf, dans les Vosges, en infligeant de lourdes pertes à l'ennemi.
Nos avions ont lancé trente obus sur le camp d'aviation de Dalheim, près de Morhange et six obus sur un train militaire, près de Château-Salins.
Guillaume II, à l'occasion de l'anniversaire de la guerre, a adressé à ses troupes un manifeste où, une fois de plus, il prétend que l'Allemagne et l'Autriche ont été attaquées. Il a le mensonge tenace!
Les Italiens ont réalisé toute une série de progrès. Ils ont repoussé des attaques dans le val Camonica, au Freikopel, en Carnie; ils ont avancé dans la zone du Pal Piccolo, et auprès de Plava, sur l'Isonzo. Ils se heurtent maintenant, de ce côté, à la seconde ligne de défense des Autrichiens. On sait que les généraux austro-hongrois ont vainement demandé des renforts à Vienne, où sans doute les réserves sont épuisées.
Les Russes contiennent toujours les Allemands sur la Narew et en Courlande et les Austro-Hongrois à la frontière de Galicie. Ils n'en exécutent pas moins le plan de repliement stratégique conçu par leur généralissime. Lublin a été évacué.
Un sous-marin allemand a canonné le paquebot anglais Iberian, qui avait des passagers américains. Deux de ces derniers ont été tués. Voilà un nouvel incident entre Washington et Berlin.

Mardi 3 août
Vifs engagements en Argonne, où nous reprenons partiellement une tranchée occupée par l'ennemi. Dans la région de Marie-Thérèse, les Allemands font de nouveau usage de liquides enflammés. Dans les Vosges, nous nous emparons de plusieurs tranchées allemandes devant les hauteurs du Linge.
La lutte se poursuit toujours devant Varsovie, mais les Allemands n'avancent guère. A la séance solennelle tenue par la Douma, M. Sazonoff apporte d'importantes déclarations. Il fait prévoir la possibilité d'une alliance japonaise et affirme que la Russie fera la guerre jusqu'au bout. Après lui, M. Goremykine proclame au nom du tsar, l'autonomie de la Pologne.
L'amirauté anglaise annonce qu'un sous-marin britannique a coulé un contre-torpilleur allemand.
Dans la vallée de San Pellegrino et dans le haut Cordevole, les attaques autrichiennes contre les positions italiennes ont échoué. En Carnie, nos alliés ont enlevé plusieurs tranchées, faisant 107 prisonniers, dont sept officiers.

Mercredi 4 août
En Artois et en Argonne, luttes très vives à coups de pétards et de grenades. Dans le secteur Saint-Hubert, Marie-Thérèse, Fontaine-aux-Charmes, les attaques allemands n'ont pu déboucher.
M. Poincaré a parcouru le front nord et remis des drapeaux et des décorations aux troupes. A l'occasion de l'anniversaire de l'ultimatum remis par l'Allemagne à la Belgique, le Président de la République a tenu à rendre visite aux souverains belges. Il a décerné la croix de guerre au roi Albert.
Les Russes opposent une résistance très vive aux Allemands devant Varsovie. On croit que la ville tiendra plus longtemps qu'on ne l'avait pensé tout d'abord.
Dans la mer Noire, les torpilleurs russes ont incendié un dépôt de houille et détruit dix voiliers chargés de charbon. Sur les côtes d'Anatolie, ils ont coulé plus de 200 voiliers.
Aux Dardanelles, le corps australien et néo-zélandais a enlevé un important réseau de tranchées.

Jeudi 5 août
Combats à la grenade, en Artois, près du château de Carleul. Lutte assez vive en Argonne. Les Allemands ont prononcé deux attaques : l'une entre la cote 213 et la Fontaine-au Charmes, l'autre à Marie-Thérèse. Ils ont été partout reooussés. Fusillade au Four-de-Paris et à la Haute-Chevauchée. Combats à coups de grenades et de pétards dans les Vosges, au Linge et au Schratzmaennele. Au Barrenkopf, nous repoussons une attaque ennemie.
Les Italiens ont refoulé, en Carnie, une nonvelle offensive contre le Monte Medatta. Dans le Carso, ils ont brisé également une offensive autrichienne au Monte Sei Busi. Ils ont fait environ 350 prisonniers dans cette affaire.
Les Russes ont remporté des avantages sur les Allemands dans la région de la Narew, mais dans l'ensemble, ils ont poursuivi, en infligeant de très lourdes pertes à l'ennemi, leur mouvement de repliement du saillant de Pologne. Leurs torpilleurs et contre-torpilleurs poursuivent la destruction systématique de la marine marchande turque, portant des renforts ou des munitions, dans la mer Noire.
La Roumanie accentue ses mesures de prohibition de transit de la contrebande de guerre à destination de l'empire ottoman.

Vendredi 6 août
Grandes séances à la Chambre et au Sénat français, où a été lu le message du Président de la République, pour l'anniversaire de la guerre. MM. Deschanel et Dubost ont également prononcé des discours.
Combats d'artillerie en Artois, autour de Souchez, et à Tracy-le-Val et Vailly (vallée de l'Aisne); fusillade et jets de bombes en Argonne; attaque allemande enrayée sur les Hauts-de-Meuse, au Bois Haut; bombardement en forêt d'Apremont. Combats acharnés dans les Vosges, le long de la Fecht (Lingekopf, Schratzmaennele, etc.). L'ennemi est chassé d'un de nos blockhaus dont il s'était momentanément emparé : il subit de grosses pertes.
Le bruit court que les Allemands sont entrés dans Varsovie, mais le communiqué russe ne fait pas mention de cette opération. Il signale, par contre, un très gros échec infligé aux ennemis sur la rive droite de la Wieprz.
D'éloquents discours ont été prononcés en Angleterre, à propos de l'anniversaire de la guerre, en particulier par M. Balfour, premier lord de l'amirauté.
Les Autrichiens sont encore une fois repoussés dans le Carso devant le Monte Sei Busi.
Des télégrammes sont échangés entre le roi d'Angleterre et M. Poincaré.

Samedi 7 août
Combat à la grenade autour de Souchez. Tentative allemande enrayée devant Neuville-Saint-Vaast. Lutte de bombes et de pétards dans l'Argonne, autour de la côte 213, à la Fontaine-aux-Charmes et à Saint-Hubert. Les Allemands ont été arrêtés chaque fois qu'ils ont tenté de sortir de leurs tranchées.
Sur les Hauts-de-Meuse, nous arrêtons deux offensives à coups de grenades et par des feux d'artillerie. Canonnade à Apremont.
En Lorraine, les ennemis bombardent Emberménil et Reillon. Deux avions ont jeté des bombes sur Fraize (Vosges), tuant deux femmes et un soldat.
Le général Sarrail prend le commandement en chef de l'armée des Dardanelles, en remplacement du général Gouraud, blessé, comme on le sait.
Un communiqué du grand état-major russe reconnaît que les troupes du grand-duc ont abandonné Varsovie, après avoir coupé les ponts de la Vistule. Les Allemands sont entrés dans la ville, mais sans y faire aucun butin. Les lignes russes se sont repliées dans l'ensemble et méthodiquement derrière Varsovie, Ivangorod et Lublin. On annonce que Guillaume II va tenir à Berlin un grand conseil où il serait parlé de la Pologne.
Un croiseur français a bombardé Adalia, en Asie Mineure.
Un dirigeable italien a opéré au-dessus du port militaire autrichien de Pola, mais il est ensuite tombé à la mer.

Général Sarrail 1856-1929

Dimanche 8 août
Actions d'artillerie en Artois, autour de Souchez et de Roclincourt; entre Somme et Oise, entre Oise et Aisne, au plateau de Nouvion.
En Argonne, combat à la côte 213. Les Allemands sont deux fois repoussés; ils sont également chassés d'une tranchée où ils avaient pris pied.
Dans la forêt d'Apremont, bombardement intense.
Dans les Vosges, l'ennemi canonne le Linge et le Schratzmaennele. Sur ce dernier point, il a prononcé une attaque que nos tirs de barrage ont arrêtée. Une autre offensive a été rejetée à la baïonnette.
Les Italiens avancent autour de Goritz, que les Autrichiens évacuent progressivement.
Les Russes continuent à se battre avec vaillance autour de Varsovie.
On annonce que les Allemands envoient des quantités de troupes vers le front occidental.
L'Italie a adressé une nouvelle demande d'explications à la Turquie.

Lundi 9 août
Actions d'artillerie en Belgique, près de Steenstraete, en Artois, sur le front de Santerre, dans la vallée de l'Aisne, où Soissons est bombardée.
En Argonne, les Allemands avaient réussi à pénétrer dans un de nos saillants, près de Fontaine-Houyette. Ils en ont été chassés et ne se sont maintenus que dans un poste d'écoute en avant de notre première ligne. A la Fille-Morte, ils ont pris pied dans une de nos tranchées, mais n'en ont pu garder que trente mètres. Activité d'artillerie en Woëvre, dans la région de Flirey et du bois Le Prêtre.
Dans les Vosges, plusieurs attaques ennemies ont été brisées au Lingekopf, au Schratzmaennele et au col qui sépare ces deux sommets. Les Allemands ont subi là de lourdes pertes.
Les Italiens ont bombardé Rovereto, entre Ala et Trente. Ils ont, une fois de plus constaté la présence de troupes allemandes dans le Tyrol.
Hindenburg se livre à des attaques furieuses contre Kovno et Ossovietz. Les Russes résistent toujours en vigueur.
La Roumanie a mobilisé de nouvelles classes de réserve.
On reparle d'une dissolution de la Chambre grecque.
L'Amérique a remis à l'Allemagne de nouvelles protestations contre sa politique navale.

Mardi 10 août
Violente cannonade en Artois. Une attaque allemande a été repoussée près de Souchez. A Neuville-Saint-Vaast, à l'est de Lille, l'ennemi, après avoir fait exploser une mine, a bombardé nos positions et a essayé de sortir de ses tranchées : il a été arrêté.
En Argonne, nouvelles attaques à coups de bombes et de grenades contre nos postes avancés. Elles ont été refoulées. Fusillade près de Vauquois et à la Haute-Chevauchée.
Canonnade dans les Vosges, spécialement dans la région du Lingekopf.
Une escadrille de trente-deux avions français, escortés par d'autres avions de chasse, a été bombarder la gare et les usines de Sarrebrück. Elle a lancé 164 Obus et determiné de nombreux incendies.
Les Italiens ont avancé en Cadore, du côté de Sexten.
Les Russes ont repoussé les attaques dirigées contre Ossovietz et Kovno.
Le cuirassé turc Barbarossa Kheiveddin qui était un ancien cuirassé allemand, a été coulé dans la mer de Marmara, par un sous-marin.
L'Allemagne et l'Autriche commencent à se quereller au sujet de la Pologne, à laquelle François-Joseph voudrait donner un archiduc comme vice-roi.
Le poète d'Annunzio croit que la guerre durera jusqu'en 1916.

Mercredi 11 août
Deux attaques allemandes ont été repoussées au nord de Souchez. Canonnade et fusillade en Argonne, spécialement près de Vauquois.
Au bois Le Prêtre, une offensive ennemie est arrêtée dans la région de la Croix-aux-Carmes; une autre, accompagnée d'un bombardement par obus asphyxiants, a été également enrayée.
Une reconnaissance allemande a été repoussée à Moncel.
Quatre des avions qui ont été opérer à Sarrebrück ne sont pas rentrés. Mais l'un d'eux a atterri près de Payerne, en Suisse.
Cinq zeppelins ont fait un raid sur la côte anglaise, tuant quatorze civils. L'un des zeppelins a été détruit.
Dans la presqu'île de Gallipoli, les derniers combats ont abouti à des progrès importants. A l'est de la route de Krithia, nous avons avancé de 200 yards et nous nous sommes maintenus en dépit d'énergiques contres-attaques que nous avons repoussées.
Les Russes ont repoussé les Allemands en leur infligeant des pertes énormes près de Kovno. La flotte allemande, forte de neuf cuirassés et de douze croiseurs, a tenté vainement d'atteindre Riga. Par trois reprises, elle a renouvelé son attaque et a perdu plusieurs navires.
Les ministres de la Quadruple Entente ont fait des démarches à Sofia, à Nisch, à Athènes, pour essayer de provoquer un regroupement favorable des Etats balkaniques.
Le roi de Danemark fait démentir qu'il ait servi d'intermédiaire à des propositions de paix de l'Allemagne à la Russie.
La presse allemande attribue moins d'importance que les premiers jours à la prise de Varsovie.
Le Président de la République a rendu visite à nos troupes de l'Est.
Les intellectuels allemands publient un nouveau manifeste où ils réclament l'annexion des côtes françaises de la Manche, de la Belgique et des provinces baltiques.
Le cabinet japonais s'est reconstitué sous la présidence du comte Okuma. Il ne semble pas que la politique générale de l'empire du Mikado doive être modifiée.

Jeudi 12 août
Action d'artillerie, en Artois, au nord d'Arras.
Après avoir bombardé nos positions en Argonne et projeté sur elles des gazs asphyxiants, les Allemands lancent à l'assaut des régiments contre nos ouvrages, entre la route de Binarville-Vienne-le-Château, et le ravin de Houyette. Ils réussissent à pénétrer dans nos tranchées puis en sont rejetés par une contre-attaque. Nous faisons des prisonniers wurtembergeois. Plus à l'est, à la Fontaine-aux-Charmes, l'ennemi a été repoussé.
Canonnade au bois Le Prêtre et dans les Vosges.
Les communiqués russes attestent que l'échec des Allemands devant Kovno a été complet. Nos alliés n'en ont pas moins évacué les services civils de cette ville comme de Vilna. Ils contiennent toujours leurs agresseurs, à l'est de Riga et de Dvinsk.
Le grand-duc de Mecklembourg prend le commandement en chef aux Dardanelles.
Les Austro-Allemands ont amené, parait-il, 120.000 hommes à la frontière serbe.

Vendredi 13 août
Canonnade autour de Souchez et de Neuville-en-Artois.
En Argonne, l'ennemi a attaqué deux fois nos tranchées près de Marie-Thérèse et de la Fontaine-aux-Charmes. Il a subi un échec complet. Nous avons, d'autre part, regagné une partie de l'élément de tranchée que nous avions perdu près de la route Binarville-Vienne-le-Château. Canonnade en Woëwre septentrionale, au bois Le Prêtre et dans les Vosges. Au Lingekopf, une attaque allemande a été répoussée.
Les Russes ont eu un avantage près de Riga, sur la rivière Eckau. A Schoeneberg, ils ont également repoussé l'ennemi. A Kovno, ils ont anéanti trois bataillons; ils offrent une résistance tenace de la Narew au Bug et arrêtent l'offensive de leurs adversaires près de Novo-Georgievsk. Ils ont encore un succès sur la Wieprz. Un combat se livre, très acharné, sur le Dinester, au confluent de la Stripa. Les critiques militaires envisagent l'éventualité d'une tentative allemande sur Petrograd.
Les contre-attaques autrichiennes ont été repoussées par les Italiens dans le Cadore et près de Plava. Nos alliés ont recueilli de nouveaux avantages dans le Carso.
Un sous-marin autrichien a été torpillé dans l'Adriatique par un sous-marin italien.
Un croiseur auxiliaire allemand, menacé par une flottille britannique, s'est fait sauter en mer du Nord.
Les alliés ont progressé à Gallipoli.

Samedi 14 août
Une tentative allemande est arrêtée à Nieuport, en Belgique; une autre en Artois, près du château de Carleul; plusieurs autres en Argonne, entre la route Binarville-Vienne-le-Château et la Houyette.
Les Autrichiens ont perdu, après le sous-marin U-12, le sous-marin U-3.
Les alliés ont encore progressé dans la presqu'île de Gallipoli et procédé à des débarquements dans le golfe de Saros.
Les Russes ont paralysé l'offensive allemande dans la région de Riga, sur terre et sur mer. Près de Dvinsk, ils continuent à progresser avec succès en talonnant l'ennemi : au nord de Vlodava, ils ont occupé deux localités et fait des prisonniers; près de Kovno, ils restent vainqueurs, sauf sur un point, à Godlevo. Ils contre-attaquent le long de la voie ferrée de Kiew, à Malkine; entre Wieprz et Bug. Mackensen est à nouveau arrêté; les cadavres allemands sont accumulés dans cette région. D'une façon générale, l'enveloppement conçu par Hindenburg a totalement échoué.
Un grand conseil va se tenir à Bucarest.
Le gouvernement bulgare publie une note officieuse pour indiquer à quelles conditions la ligne balkanique pourrait se reconstituer.
Le baron Ishii, ambassadeur du Japon à Paris, a accepté le portefeuille des Affaires étrangères à Tokio.

Dimanche 15 août
Canonnade en Belgique, devant Lombaertzyde, Saint-Georges, Boesinghe et Woesten.
Lutte de grenades et de pétards en Artois, à Carleul et à Souchez. A l'est de la route de Lille, nous avons détruit à la mine des travaux avancés de l'ennemi et fait sauter un dépôt de Munitions.
Au nord de Lassigny, nous avons bombardé des positions allemandes à la Tour-Roland.
Une attaque ennemie a été repoussée, en Argonne, dans le secteur de Marie-Thérèse : les Allemands ont subi des pertes sensibles. Canonnade à la Houyette, au bois de Mortmare, à la Tête-à-Vache, et dans les Vosges, à la Chapelotte et à la Fontenelle.
Les Anglais ont débarqué à la baie de Suvla,dans la presqu'île de Gallipoli. Ils ont progressé à Gaba-Tépé, où ils ont pris neuf mitrailleuses et 650 soldats. Plus au sud nous avons quelque peu avancé.
En Courlande, les Russes ont rejeté les Allemands au delà de l'Aaa. Ils ont enregistré également des succès près de Dwinsk et de Vilkomir. Dans le secteur de Kovno, Hindenburg a suspendu ses attaque. Sur la Vistule moyenne, le repliement russe s'est poursuivi conformément au programme fixé.
Des attaques autrichiennes ont été arrêtées par les Italiens, en Cadore, sur le Haut-Cordevole et sur l'Isonzo, dans la région du Monte Nero et dans celle de Plava. Nos alliés ont encore obtenu un succès dans le Carso.
Les Autrichiens, reprenant l'offensive contre la Serbie, ont bombardé depuis Orsova la rive serbe du Danube.

Lundi 16 août
Bombardement en Artois (Souchez, Roclincourt); en Champagne (Beauséjour); en Lorraine (Leintrey et Reillon). L'ennemi a lancé quelques obus, à longue distance, sur la ville ouverte de Montdidier. Nos contre-batteries ont arrêté son tir.
Entre Oise et Aisne, nous avons fait exploser une mine au nord de Puysaleine et occupé l'entonnoir après un violent corps à corps. En Argonne, notre artillerie force les Allemands à interrompre leur bombardement à la Fontaine-aux-Charmes et aux Courtes-Chausses. A Bagatelle, combats pour l'occupation d'un entonnoir dont nous restons maîtres.
Dans les Vosges (à la Faye), une mine allemande explose sans causer de dommages. Nous bombardons la gare de Sainte-Marie-aux-Mines et le camp de Barrenstall.
Un groupement de dix-neuf de nos avions a lancé 108 obus sur les parcs et depôts allemands de la vallée de Spada. Tous sont rentrés.
C'est notre contre-torpilleur Bisson qui a coulé dans l'Adriatique le sous-marin autrichien. Il faisait partie d'une escadrille italienne.
Russes et Allemands continuent à se heurter en Courlande. A Kovno, nos alliés ont encore repoussé six attaques. Combats entre Narew et Bug. Combat également devant Novo-Georgievsk, qui n'est pas évacué. Sur la rive gauche du Bug, sanglantes rencontres dans la région de Siedlec et de Loukow.
La Douma a répondu au message de la Chambre française.
Les Autrichiens ont recommencé à bombarder Belgrade : les Serbes ripostent.

Mardi 17 août
Le combat d'artillerie redouble de violence sur un grand nombre de points du front.
Nos batteries causent de très fortes pertes à l'ennemi dans la région de Quennevières et arrêtent le bombardement sur le plateau de Nouvron. Elles endommagent les travaux allemands, entre Berry-au-Bac et Loivre.
Pour riposter à la canonnade dirigée contre Saint-Dié, nous faisons sauter les gazomètres de Sainte-Marie-aux-Mines; un autre tir de représailles détermine l'incendie d'une fabrique allemande, à l'est de Munster.
Un coup de mines sur une tranchée ennemie, entre Burnhaupt-le-Bas et Ammertzwiller, nous a permis de faire des prisonniers.
Les Russes ont infligé des échecs aux Allemands entre la Narew et le Bug. L'ennemi a été arrêté sur la rive gauche du Bug, le long de la voie ferrée de Siedlec à Loukow. Nos alliés ont fait 800 prisonniers. De nouvelles attaques ont été repoussées à Novo-Georgievsk. Succès russes sur la Zlota-Lipa et sur la Dounaïetz; rencontre avec les Autrichiens sur le Dniester.
Progrès italiens dans le val Popena, dans la vallée de Sexten, dans le bassin de Plezzo et sur le Monte Nero.
La Chambre grecque s'est réunie. Le candidat de M. Venizélos a obtenu pour la présidence, 182 voix contre 93 au candidat de M. Gounaris. Le cabinet Gounaris a démissionné.
Le baron Burian, ministre des Affaires étrangères d'Autriche-Hongrie, s'est rendu à Berlin pour discuter la question du régime de la Pologne, qui met aux prises les deux empires alliés.

Mercredi 18 août
Canonnade assez vive en Flandre, à Boesinghe, à Quennevières, et en Lorraine, à Arracourt et à Leintrey.
Combat de grenades à la Fontaine-aux-Charmes et à la Haute-Chevauchée en Argonne. Les Allemands étant sortis de leurs tranchées, y ont été rejetés par notre feu. Dans les Vosges, nous avons bombardé leurs positions à l'est de Munster, et pris possession d'un mamelon.
L'armée allemande est décidément arrêtée dans les provinces baltiques, les Russes ont refoulé l'ennemi loin de Mitau et avancé de plusieurs points sur la rivière Aa. Nouveaux combats sous Kovno, comme aussi entre Narew et Bug, où nos alliés ont infligé de grandes pertes à leurs adversaires.
Dans le Caucase et l'Arménie, la poussée russe continue. Un combat dans la région de l'Euphrate à été désastreux pour les Turcs.
Un sous-marin allemand a bombardé sans résultat Parton, Harrigton et Whitehaven, ports du Cumberland, sur la mer d'Irlande.
Les Italiens ont à nouveau progressé dans plusieurs vallées qui descendent du Cadore vers la Drave. Dans la région de l'Isonzo, ils ont fait 300 prisonniers.
Un sous-marin allemand a coulé en mer Egée le transport anglais Royal Edward, qui contenait, outre un équipage de 220 matelots, 1382 officiers et soldats : 600 ont été sauvés.
M.Venizelos a été mandé par le roi de Grèce, qui lui a confié la formation du cabinet.
Les nationaux libéraux allemands se prononcent énergiquement pour une politique d'annexion.

jeudi 19 août
Combats d'artillerie en Artois, au nord d'Arras; entre Somme et Oise, dans la région de Roye et de Lassigny; en Champagne, dans la forêt d'Apremont et à la Louvière et à la Vaux-Féry; au bois Le Prêtre, dans la région de la Croix-des-Carmes et sur le front de la Seille.
Lutte de mines près de Roye; lutte de bombes et de pétards en Argonne (Haute-Chevauchée, Fontaine-aux-Charmes, bois de Cheppy).
Toutes les tentatives de l'ennemi à Marie-Thérèse ont échoué.
Dans les Vosges, nous avons repoussé plusieurs attaques sur la crête de Sondernach.
Les Russes ont brisé diverses offensives dans les régions de Riga et de Jacobstadt, comme dans celle de Dwinsk. Devant Kovno, l'ennemi a employé l'artillerie lourde, puis a essayé de prendre d'assaut les fortifications de la gauche du Niémen. Il a enlevé un fortin. Il attaque également avec violence les travaux défensifs de Novo-Georgiewsk.
Les Italiens ont avancé sérieusement dans le massif de l'Ortler, et dans la vallée de l'Isonzo. Ils ont infligé un échec à l'escadre autrichienne qui essayait de reprendre l'île de Pelagosa.
Un nouveau raid de zeppelins a eu lieu sur la côte est de l'Angleterre. Il y a dix morts. Un dirigeable aurait été atteint.
M. Venizélos a été chargé par le roi de Grèce de former le cabinet,

Vendredi 20 août
Grande activité sur le front en Artois. Nous avons pris le carrefour de la route Béthune-Arras et du chemin d'Ablain-Angres, où la position allemande faisait saillant dans notre avant-ligne. Nous avons capturé cinq mitrailleuses et un certain nombre de prisonniers.
Au nord de Carleul, l'ennemi qui avait bombardé nos positions à courte distance a ensuite tenté des attaques que nous avons repoussées. Fusillade dans la région Berles-Adinfer.
Canonnade entre Oise et Aisne, dans le secteur de Vailly, ainsi qu'à Quennevières et à Nouvron.
En Argonne, notre artillerie manifeste sa supériorité à la Fontaine-aux-Charmes et à Marie-Thérèse.
Lutte dans les Vosges, sur le sommet du Linge. Nous prenons une tranchée au Schratzmaennele.
Les Allemands sont entrés dans Kovno, où ils prétendent avoir saisi un matériel important.
Les Italiens ont démoli un fort au Tonale et en ont occupé l'emplacement. Sur toute la ligne de l'Isonzo, ils demeurent inébranlables dans leurs positions, malgré les offensives réitérées des Autrichiens.
M. Pachitch a convoqué la Chambre serbe en séance secrète pour lui communiquer les proposition de la Quadruple Entente.
Les journaux italiens réclament de nouveau la rupture avec la Turquie.



Samedi 21 août
 

 
Bombardement réciproque à Bailly, sur les bords de l'Oise, au plateau Quennevieres; en Champagne, à Perthes-Beauséjour; entre Argonne et Meuse (région de Béthincourt-Haucourt).
En Artois, après une violente action d'artillerie et trois nouvelles contre-attaques, l'ennemi a réussi à reprendre pied dans les tranchées que nous lui avions enlevées sur le chemin d'Ablain à Angres. Il a subi des pertes sensibles.
Lutte de mines dans l'Argonne, à Vienne-le-Château; coups de pétards et de grenades dans le secteur de Saint-Hubert et de Marie-Thérèse.
Les pertes allemandes ont été très importantes au Lingekopf et au Schratzmaennele, en Alsace. On a trouvé un grand nombre de cadavres ennemis dans les 250 mètres de tranchées que nous avons conquis.
Aux Dardanelles, combats de patrouilles et lutte d'artillerie dans la zone sud. Dans la zone nord, l'aile gauche anglaise a réalisé des progrès dans la plaine d'Anasarta.
Les Allemands annoncent qu'ils ont pris Novo-Georgiewsk, où ils auraient capturé du matériel.
Un sous-marin avait torpillé, le 19, le steamer anglais Arabic. On apprend que six passagers, dont trois Américains et trente-huit marins ont péri. Cet acte de banditisme surexcite à nouveau les colères américaines.
M. de Bethmann-Hollweg a prononcé, au Reichstag, un discours où il essaie de justifier sa politique.

Dimanche 22 août
Grande activité de l'artillerie, de part et d'autre, en Artois (secteurs de Noulette et de Neuville). Vive canonnade dans les régions de Roye et de Lassigny, dans la vallée de l'Aisne à en Champagne. Reims a été bombardé. Lutte de bombes à Perthes et à Beauséjour.
En Argonne, l'ennemi canonne Vauquois : nous ripostons en exécutant sur ses tranchées un tir très efficace.
Nous faisons sauter plusieurs dépôts de munitions en Alsace, dans la région d'Ammertzviller.
Au front oriental, les combats ont pris un tour d'extrême acharnement devant Ossovietz. Les troupes austro-allemandes convergent vers Brest-Litowsk, dont elles s'approchent. Une bataille navale se développe, entre les flottes russes et allemandes, dans le golfe de Riga. Un zeppelin a été abattu à Vilna.
Un hydravion anglais a détruit un transport turc en mer de Marmara.
M. Venizélos a accepté de constituer le nouveau cabinet grec.
Le vote des crédits de guerre au Reichstag a eu lieu agrès un discours du ministre des Finances allemand Helferich, qui a célébré la puissance économique de l'empire, en mettant bien entendu de côté tout ce qui allait à l'encontre de sa thèse.


Venizelos et le roi Constantin

Lundi 23 août
En Artois, au nord de Souchez, une tentative d'attaque allemande menée par un faible effectif a été rapidement enrayée. Dans la région du Labyrinthe, combat à coups de grosses bombes. Canonnade violente autour de Neuville et de Roclincourt.
Canonnade aussi à Roye, à Quennevières, sur le front de L'Aisne et autour de Reims.
Lutte d'engins de tranchées aux Courtes-Chausses, dans l'Argonne.
Combat à coups de bombes, à Flirey, en Woëvre.
Une attaque ennemie a été repoussée sur la crête de Sondernach, dans les Vosges.
Un grave incident s'est produit entre l'Allemagne et le Danemark. Un contre-torpilleur allemand avant tiré des coups de canon, au mépris du droit international, contre un sous-marin anglais échoué dans les eaux danoises et l'ayant coulé, le cabinet de Copenhague a adressé une protestation à Berlin.
Les Italiens ont enregistré de précieux succès sur l'Isonzo.
Les Allemands ont perdu un croiseur et deux torpilleurs dans le golfe de Riga.
M. Venizélos garde, dans son ministère, le portefeuille des Affaires étrangères.
Une entrevue a eu lieu à Boulogne-sur-Mer, entre M. Ribot et M. Mac Kenna, chancelier de l'Echiquier britannique.

Mardi 24 août
Activité des deux artilleries dans l'Artois (Souchez-Neuville-Roclincourt) avec luttes de grenades et de bombes.
L'ennemi bombarde Arras, Montdidier et Reims. Nous avons riposté avec efficacité par notre tir sur les tranchées ennemies.
Canonnade entre Somme et Oise et entre Oise et Aisne. Lutte de grenades et de pétards en Champagne, sur le front Perthes-Beauséjour: une de nos mines, par son explosion, détruit une tranchée avancée de l'ennemi, près de Ville-sur-Tourbe.
Luttes de grenades en Argonne, à Fontaine-Madame et dans le bois de Bolante.
Après une préparation sérieuse, nous avons pris quelques tranchées dans les Vosges, au Linge et au Barrenkopf.
Nos avions ont bombardé les gares de Lens, Hénin-Liétard et Loos et la voie ferrée de Douai à Lille.
Les Allemands ont subi un véritable désastre naval dans le golfe de Riga. Au cours de leurs opérations des derniers jours, ils ont perdu, tant par le feu des navires russes que par l'action d'un sous-marin anglais, un dreadnought, deux croiseurs et huit torpilleurs. Une tentative de débarquement qu'ils ont faite à Riga a été repoussée avec des pertes pour eux.
Deux de nos torpilleurs ont coulé un destroyer allemand au large d'Ostende. Nous n'avons subi aucune perte.
M. Venizélos a complètement constitué son cabinet.

Mercredi 25 août
Actions d'artillerie en Belgique (Boesinghe); en Artois (nord d'Arras), entre Somme et Oise.
L'ennemi a lancé quelques obus sur Montdidier, mais notre artillerie a fait cesser son tir.
En Champagne (Perthes-Beauséjour)et en Argonne, lutte continuelle à coups de grenades et de bombes avec intervention des artilleries de divers calibres.
Une escadrille de sept avions a bombardé, dans la nuit du 23 au 24, les gares de Tergnier et de Noyon, lançant plus de 80 projectiles. Plusieurs incendies ont éclaté dans la gare de Tergnier. Tous les avions sont rentrés.
Le nombre des navires que les Allemands ont perdus en Baltique monte maintenant à douze : à la liste précédente s'ajoute un croiseur auxiliaire.
Sur le front oriental, la bataille continue à faire rage.
Les Italiens ont repoussé une série d'attaques ennemies sur le Cordevole et autour de Tolinino.
Une flotte anglaise a bombardé Zeebrugge.
La Chambre serbe a décidé, après avoir délibéré en séance secrète, d'approuver la politique de M.Pachitch, en ce qui concerne les négociations avec la Quadruple Entente et les concessions à faire à la Bulgarie.
Le comte Bernstorf, ambassadeur d'Allemagne, demande aux Etats-Unis de surseoir à toute décision au sujet de l'Arabic.

Jeudi 25 août
Sur l'ensemble du front, canonnades plus ou moins violentes, au nord d'Arras, entre Somme et Oise, en Champagne, en Argonne, au bois Le Prêtre. Nos engins de tranchée et notre artillerie de gros calibre sont intervenus efficacement.
Combats à la grenade à Souchez, et dans les Vosges, au Barrenkopf. Dans le secteur d'Alsace, la lutte est devenue moins vive.
Un avion français a bombardé la gare de Loerrach (grand-duché de Bade). Un aviatik a lancé quatre bombes sur Vesoul. Une femme et un enfant ont été légèrement blessés. Dégâts matériels insignifiants.
Aux Dardanelles, à Suvla, l'aile gauche britannique a pris 800 mètres de tranchées turques. Plus au sud, combat de patrouilles. Une compagnie française a enlevé un poste d'écoute. Notre escadrille a bombardé le point de débarquement d'Achashiliman (côte d'Europe), au nord de Nagara. Un de nos avions a coulé un grand transport turc.
Entre Kovno et Vilna, les Russes contiennent l'offensive allemande. Ils se replient entre Bobr et Narew, sur la rive gauche du Bobr et ont fait sauter les ouvrages d'Ossowietz. Entre Narew et Bug, ils ont repoussé plusieurs offensives ennemies et fait des prisonniers. Une autre offensive a été arrêtée sur la rive droite du Bug.
Le comte Bernstorff a soulevé une vive irritation aux Etats-Unis, en demandant que le président Wilson attendît avant de se prononcer sur la destruction de l'Arabic.

Vendredi 26 août
Canonnade assez vive en Artois, autour de Souchez et de Neuville. Actions d'artillerie aussi dans la région de Roye et dans la vallée de l'Aisne, où nous avons visé les organisations allemandes au nord de Soissons.
L'ennemi bombarde Reims, tandis que nous exécutons un tir efficace sur ses tranchées à Cernay-les-Reims.
Lutte de grenades et de pétards en Argonne. Duels d'artillerie à Flirey, en Woëvre, à la Fontenelle, et à Lusse, dans les Vosges, dans la vallée de la Doller, en Alsace.
Grande activité de nos avions. L'un d'eux opère au-dessus de la gare d'Offenbourg (grand-duché de Bade); 62 au-dessus des hauts fourneaux de Dillingen, près de Sarrelouis; nos appareils bombardent des cantonnements à Pannes et à Baussant, en Woëvre, à Grandpré, Châtel, Cernay et Fléville, en Argonne; à Tergnier, la gare; à Vitry-en-Artois, le parc d'aviation; à Boisleux, la gare a reçu des obus. 60 avions français, anglais et belges ont allumé des incendies dans la forêt d'Houthulst. 127 obus ont été lancés par une escadrille sur la gare de Noyon.
Les italiens ont remporté un succès dans la région de Tonale.
Les Russes maintiennent les Austro-Allemands, qui tachent de converger vers Brest-Litovsk.
M. Pachitch, premier ministre serbe, s'est rendu auprès du régent de Serbie pour arrêter, d'accord avec lui, les termes de la note a remettre à la Quadruple Entente.

Samedi 28 août
Canonnade au nord d'Arras. Nous y avons bouleversé des éléments de tranchées ennemies et détruit un dépôt de munitions.
Canonnade dans la région de Roye et entre Oise et Aisne. Nous avons atteint par nos obus les cantonnements allemands.
L'ennemi a tiré à longue distance sur la ville de Compiègne. Une ambulancière a été tuée et une autre grièvement blessée.
En Champagne, à Auberive-sur-Suippes, une reconnaissance offensive allemande a été repoussée.
Lutte de mines en Argonne.
Dans les Vosges, au sud de Sondernach, nous avons rectifié notre front et activé notre installation sur la crête, entre Sondernach et Landersbach, nous emparant de plusieurs tranchées. Nous avons repoussé une contre-attaque. Les Allemands ont canonné Thann.
Le Reichstag allemand a manifesté sa joie de l'occupation de Brest-Litovsk qui lui a été notifiée. C'est maintenant Bielostok et Vilna que visent les armées germaniques.
Le comte Bernstorff a déclaré au secrétaire d'Etat américain et le chancelier de Bethmann-Hollweg a affirmé à l'ambassadeur des Etats-Unis, M. Gérard, que le cabinet de Berlin modifierait sa politique navale. C'est une reculade sur toute la ligne.
Une nouvelle grève de mineurs a éclaté dans le pays de Galles.

Dimanche 29 août
Action d'artillerie et bombardement efficace, de notre part, dans la région de Nieuport-Hetsas, et au nord d'Arras, à l'est de la route de Lille.
Lutte de bombes sur le plateau de Quennevières et de Nouvron.
Combat d'artillerie dans l'Argonne, avec supériorité pour nous, à la Fille-Morte, à Marie-Thérèse, à Saint-Hubert et au Four-de-Paris.
Canonnade au bois Le Prêtre, à la forêt de Parroy et à la Chapelotte, dans les Vosges.
Six taubes étaient partis : trois de la région de Soissons et trois de celle de Compiègne, se dirigeant sur Paris. Ils ont manqué leur objectif et ont lancé seulement quelques bombes sur Nogent-sur-Marne, Montmorency, Montfermeil, Ribécourt et Compiègne, où ils ont tué deux infirmiers et un enfant. Canonnés, ils ont rebroussé chemin. L'un d'eux a été abattu près de Senlis; le pilote a été carbonisé.
Des combats opiniâtres se livrent sur le front russe, vers Friedrichstadt, dans la direction de Dwinsk, et au nord de Bielostok.
Les alpins italiens ont enlevé les sommets du massif de l'Adamello et nos alliés ont encore progressé dans le Carso.
L'on accueille avec un réel scepticisme, aux Etats-Unis, les offres de l'Allemagne, qui paraissent peu sincères.

Lundi 30 août
Combats d'artillerie dans un grand nombre de secteurs -spécialement dans le Nord (Hetsas-Steenstraete)- à Ablain, à Roye, à Chaulnes, au nord de l'Aisne (Craonne, Berry-au-Bac, Ailles, Courtecon); en Champagne, au nord du camp de Châlons, entre Meuse et Moselle (Pannes, Euvezin, Mortmare).
Violents corps à corps à Marie-Thérèse et à l'ouest du bois de Malancourt (Argonne), pour les possessions d'entonnoirs de mines dont nous restons maîtres.
Nous bombardons les tranchées sur tout le front de la frontière lorraine Gremecey, Bezange, Gondrexon, Embermesnil.
Lutte de bombes et de grenades à Metzeral.
Nos avions ont bombardé la gare et les baraquements ennemis de Grandpré, ainsi que les cantonnements de Moncheutin et Lançon (Argonne).
Les démarches de l'Allemagne sont de plus en plus froidement accueillies par les Américains. Ils ne se laisseront pas désarmer par quelques promesses sans consistance.
Les Russes luttent avec acharnement en Courlande, en aval de Vilna, au nord de Bielostok, sur la rive droite du Bug, sur le Haut-Bug, la Zlota-Lipa et le Dniester.
Les Italiens ont repoussé une série d'offensives autrichiennes dans la vallée de Sexten et dans divers districts du Cadore.

Mardi 31 août
Combats d'artillerie en Artois et dans la région de Quennevières, où nous avons bouleversé des tranchées et atteint des cantonnements allemands.
En Argonne, lutte d'artillerie, explosions de mines, combats de bombes et de grenades. Nous endommageons les tranchées ennemies à Courtes-Chausses, aux Meurissons et à Bolantes. Sur plusieurs points nos batteries ont eu le dessus.
Canonnade en Lorraine (Molicel, Besanges, Chazelles) et dans les Vosges (Linge, Rabodeau, Lannois).
Les Russes se sont retirés à l'ouest de Friedrichstadt; ils ont livré de violents combats sur la rive droite de la Wilia et entre cette rivière et le Niémen. Ils ont opéré un changement de front en Galicie pour éviter d'être tournés. Ce déplacement s'est accompli sous le couvert de combats au nord-ouest de Loutsk.
Près de Vlodava, un aéroplane russe a abattu un zeppelin et en a mis deux autres en fuite.
Les Italiens ont fait des progrès, après une lutte acharnée sur le mont Rombon, une des positions dominantes du Haut Isonzo. Leurs avions ont à nouveau bombardé l'aérodrome d'Aisovizza.
Les Allemands appellent les hommes de quarante-cinq à cinquante-quatre ans et les Autrichiens les jeunes gens de dix-huit ans.